Chapelle castrale Sainte-Croix (I)

1B Eglise Sainte-Croix 1905 coll Jean-Claude Renier

1905 | Chapelle castrale, coll. Jean-Claude Renier

Au XIIIe siècle, les seigneurs de Rixensart assumaient l’entretien de l’église castrale qui relevait de la paroisse de Limal. Les lieux étaient consacrés à la sainte Croix, en l’honneur d’une relique ramenée des croisades. Cette église fut incendiée avec le château en 1668 et 1678 (1).

Jouxtant le château de Rixensart, cette ancienne chapelle castrale fut reconstruite, selon Paul et Marie Dubuisson, avant 1711; elle remplaça un sanctuaire plus ancien détruit par le feu (2).

1903 | L’église de Rixensart, coll. Imelda De Thaey ↔ 2011 © Monique D’haeyere

En date du 2 octobre 1807, la chapelle castrale fut remise à bail à la Commune avec tous les ornements et mobilier, pour servir d’église paroissiale, moyennant un loyer annuel de cinquante francs qui ne fut jamais exigé depuis, et abandonnée à la Commune d’abord, puis à la Fabrique de l’église (3).

1 Neuf Tilleuls Eglise et Ferme de la Basse-Cour 149 1906 coll Martin JCR

1906 | Eglise et Ferme de la Basse-Cour, coll. Jean-Claude Renier

Après le concordat (4), et quoique la famille de Merode en ait conservé la propriété, la chapelle Sainte-Croix de Rixensart (en 1873 de l’Exaltation de la Sainte-Croix, avec saint Célestin pour patron secondaire) fut érigée en succursale de la cure de La Hulpe et a, depuis, été réunie au doyenné de Wavre (5).

En 1835, l’édifice consistait en une courte nef renaissance, le chœur s’ouvrant dans un vestibule du château (6).

Ainsi que confirment les archives du château, en 1834, la nef fut allongée. Et, en 1850 et en 1855, deux croisillons furent ajoutés à l’édifice lui conférant ainsi une forme de croix latine, écrit Colette Pinson (7).

entre 1906 et 1908 | L’Eglise, coll. Jean-Claude Renier

L’arbre planté au centre du parvis mérite attention. S’agit-il …

  • d’un Meyboom ? La tradition de « l’arbre de mai » est un rite de fécondité lié au retour de la frondaison. Elle consiste à planter un arbre, ou un mat qui le représente, dans le courant du mois de mai. Dans ce cadre, l’arbre symbolise les forces de la Nature. Répandue dans toute l’Europe, elle connaît différentes variantes et déclinaisons de son nom, comme le Meyboom à Bruxelles.
  • d’une variante du tir à l’arc à la perche verticale ? Pratiqué dans nos régions, ce sport a pour but d’éjecter des oiseaux postiches situés sur plusieurs niveaux en haut d’une perche d’une trentaine de mètres.

La chapelle castrale fut remplacée en 1912 par un nouvel édifice.

A droite sur la photo, la rangée des grands arbres dans la cour principale du Château de Rixensart disparaîtra vers 1929.

→ RÉTRO RIXENSART | Eglise Sainte-Croix, 25 ans debout
→ RÉTRO RIXENSART | Eglise Sainte-Croix, tertio
→ OBJECTIF RIXENSART | Sainte-Croix
→ ARBORESCENCE | Neuf Tilleuls à grandes feuilles (Parvis Sainte-Croix)


(1) http://www.paroisses.beHistoire de l’église Sainte-Croix
(2) DUBUISSON P. et M., Le Nouveau Canton de Wavre – Au fil de l’histoire
(3) PINSON Colette, Rixensart et la Famille de Merode, Cercle d’Histoire de Rixensart, septembre 2005
(4) Instauré par Napoléon I afin d’assurer la paix religieuse, le Concordat de 1801 est à la base de nos fabriques d’église actuelles (décret du 30 décembre 1809).
(5) TARLIER Jules et WAUTERS Alphonse, La Belgique ancienne et moderne – Géographie et histoire des communes belges, Bruxelles, 1873
(6) http://www.paroisses.be |  Histoire de l’église Sainte-Croix
(7) PINSON Colette, Rixensart et la Famille de Merode, Cercle d’Histoire de Rixensart, septembre 2005

Monument Comte Félix de Merode

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Monument sobre et géométrique, érigé en 1930 au bout de la Drève du Château à Rixensart, coll. Jean-Claude Renier

Ce monument honore la mémoire du comte Félix de Merode (1791-1857), membre du gouvernement provisoire de 1830 et frère de Frédéric de Merode, héros de la Révolution belge mort à Malines en 1830. De style ‘Art déco’, la stèle a été réalisée en 1930 par l’architecte rixensartois Ad. Debecker (1), et inaugurée le 5 octobre 1930, précise Colette Pinson, présidente du Cercle d’Histoire de Rixensart (2). Selon Paul Gilson (3), en septembre 1930, pour la commémoration du centenaire de l’Indépendance, tous les élèves de l’Ecole Communale du Centre reçurent une cocarde tricolore et participèrent au défilé et à l’inauguration du monument.

On ne peut que se réjouir que la commune lui ait érigé un monument digne du grand rôle qu’il joua, écrit Vally Monet, membre de l’Association des écrivains belges dans ‘Rixensart à travers les âges’. 

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1936 | L’Eglise et le Monument du Comte Félix de Merode, coll. Francis Broche

Lorsque la Drève du Château devint publique, le monument fut déplacé pour occuper sa place actuelle (2), à l’intersection de la rue de l’Eglise et de la rue des Ecoles, face au château de Rixensart et à l’église Sainte-Croix.

ca 1936 ↔ 2008  © Eric de Séjournet

1953 coll. Jean-Claude Renier ↔ 2018 © Monique D’haeyere

Sur la stèle en pierre blanche est gravé un hommage au comte Félix de Merode (1) : « Comte Félix de Merode / Membre du Gouvernement Provisoire et du Congrès National en 1830 / Représentant de l’arrondissement de Nivelles de 1831 à 1857 (4) / Né à Maestricht le 13 avril 1791, Mort à Bruxelles le 6 février 1857 ».

Une des marches de l’escalier en pierre bleue porte la mention ‘Monument érigé par souscription publique’. La face antérieure du pilier de gauche affiche le nom de l’architecte ‘Ad. Debecker Arch. Rixensart’ tandis que la face latérale du pilier de droite affiche ‘F.J. Bouffioux Court-Saint-Etienne’ (probablement le nom du sculpteur ou de la firme qui a réalisé le monument)(1).

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Rue de l’Eglise, coll. Magguy Van Goethem

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2014 © Francis Broche

Une imposante stèle aux lignes géométriques, frappée d’un médaillon orné du profil comtal, domine les quelques marches d’accès (5). La base de la stèle est ornée d’une frise de cannelures réminiscences de l’art gréco-romain. Il est précédé de deux courts piliers de section carrée portant, à gauche, le blason de la maison de Merode et le nom du comte Félix de Merode et, à droite, le blason et le nom de sa seconde épouse, Philippine de Grammont (1).

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2017 © Eric de Séjournet

Situés à l’arrière du monument du Comte Félix de Merode, deux Hêtres pourpres (arbres remarquables) montent la garde (6).


→ OBJECTIF RIXENSART | Monument Comte Félix de Merode
→ ARBORESCENCE | 2 Hêtres pourpres, rue de l’Eglise


(1) MARDAGA Pierre, Le Patrimoine monumental de la Belgique, Bruxelles, Volume 1B, Pentagone E-M, 1993, p. 447
(2) PINSON Colette, Rixensart et la Famille de Merode, Cercle d’Histoire de Rixensart, septembre 2005
(3) GILSON Paul, Chronique d’une école 1840-1875-1925-2000, Rixensart, p11, mars 2000
(4) Selon Eric Meuwissen, « c’est une erreur. Il ne le fut que de 1833 à 1857. De 1831 à 1833, il fut bien député, mais de Bruxelles » (Le Soir, 26 février 1991).
(5) de GHELLINCK Bénédicte, Liste des biens repris dans l’Inventaire du Patrimoine Immobilier Culturel de la commune de Rixensart, Wallonie DGO Aménagement du territoire, Logement, Patrimoine et Energie
(6) ARBORESCENCE, association citoyenne

Sur les traces de l’enseignement communal à Rixensart

1355. Petite école auberge Ste Barbe croquis par Paul Gilson

Le premier document parlant d’enseignement à Rixensart date du 26 septembre 1606. Il atteste que Messire Alexandre, prêtre, a desservi pendant dix ans l’office de la chapelle et instruit et enseigné la jeunesse. Environ un siècle plus tard, entre 1736 et 1739, un rapport du curé de Saint-Martin de Limal, adressé à l’évêque de Namur, signale qu’il y a un maître d’enfants à Rixensart … Il utilise de bons livres et le catéchisme de Namur (1).

Il semble que cette situation continua jusqu’à la conquête de la Belgique par les troupes révolutionnaires en 1794. Jusqu’à la fin de la période française, l’instruction resta très médiocre dans tout le pays. En 1821, sous le régime hollandais, l’instruction primaire fut enfin organisée en application de la loi hollandaise de 1806 (2).

Le 20 juin 1822, Jacques Stenuit, le Bourgmestre, signala que seulement douze indigents fréquentent l’école primaire. En 1824, la Commune fut tenue d’inscrire une somme à son budget pour la création d’une école communale. Le 12 février 1824, le Bourgmestre écrivit à la Députation des Etats que l’établissement d’une école est tout à fait inutile dans notre commune puisqu’elle ne contient que presque tous journaliers, il n’y a que deux fermes et sept à huit petits propriétaires; par conséquent il n’y a pas des enfants qui peuvent fréquenter l’école. Il expliqua en plus que la taxe pour une école va reposer uniquement sur les pauvres journaliers qui ont besoin de leurs enfants pour les assister à vivre et que le grand propriétaire étant étranger à la commune n’interviendra pas dans le paiement de cette taxe (2).

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