Château de Rixensart, stage photo 1974

Château de Rixensart 23 mars 1974 © Jean-Claude Renier

23 mars 1974 © Jean-Claude Renier

Ces photos n/b des jardins et parterres du parc du Château de Rixensart ont été prises à l’occasion d’un stage photo effectué en 1974 à la Maison des Jeunes de Rixensart, se souvient Jean-Claude Renier.

23 mars 1974 © Jean-Claude Renier

juillet 2014 © Monique D’haeyere

Place Jack Jefferys, la partie la plus ancienne du village

La partie la plus ancienne du village de Rixensart se situe à hauteur de l’actuelle place Jack Jefferys. En effet, comme que nous le montre Ferraris, au 18ème siècle, l’habitat à Rixensart, était groupé autour de l’actuelle place Jefferys dans les rues de l’Institut, de l’Eglise, du Patch et en partie de la Gare et Boisacq (1).

Précédemment, ce lieu se nommait la Place (1639), la Belle Place, la Grand-Place, devenue le Try du Marchau (2), la place du Maréchal (1878) et ensuite place Communale, la maison commune se situant au n° 7 de la rue de l’Eglise. En 1962, elle devient la place Jack Jefferys (3).

Jack Jefferys naquit à Ixelles le 21 août 1896, et décéda en 1961. De père anglais et de mère hollandaise, il opta pour la Belgique en 1913. Il fit la guerre de 1914-1918 dans l’armée belge. Aquarelliste jusqu’en 1944, il se consacra ensuite exclusivement à la céramique (4). Il habita de 1940 à 1961 au n° 2B de la rue de l’Eglise et fit partie de l’Armée Secrète, sous l’autorité de James Thiriar, responsable de la section de Rixensart (5).

Vous détenez d’anciennes photographies permettant de compléter cette notice ? Merci de les partager sur Rétro Rixensart > eric.de.sejournet@gmail.com.

12621-88965852-1

septembre 2012 © Monique D’haeyere


(1) BUFFIN Paul, Portrait des rues de l’ancienne commune de Rixensart, 1996
(2) Un try, en wallon, est une terre non cultivée pendant une période plus ou moins longue, ou un espace libre, une placette où se joignent trois chemins. Le mot tri viendrait du francisque ‘thrinska’ et du moyen néerlandais ‘driesch’. Le marchau est le maréchal ferrant » (3)
(3) BUFFIN Paul, Portrait des rues de l’ancienne commune de Rixensart, 1996
(4) GEERT Robert, Jack Jefferys, Monographies de l’art belge, Bruxelles 1959
(5) BUFFIN Paul, Portrait des rues de l’ancienne commune de Rixensart, 1996

Castellum Rixensart

05af0-3027853909-1

début XVIIIe | Castellum Rixensart, Jacques Harrewyn fecit (1)

Spécialisé dans la gravure de cartes, plans et vues remarquables de Bruxelles et des Pays-Bas espagnols, le bruxellois Jacques Harrewyn (1660-1727) réalisa cette gravure sur cuivre du Château de Rixensart.

Observez … le toit du donjon médiéval, tout comme celui de la tour-porche, apparaît en ruine, suite aux incendies qui ont ravagé le château en 1668 et 1678 (2). En effet, les troupes françaises incendièrent en 1678 le château dans le cadre des opérations de prestige menées par le Roi Soleil, Louis XIV. Philippe-Charles Spinola répara les ruines du château en respectant le plan de son père Philippe-Hippolyte (3).

A gauche sur la gravure, les armes des Spinola : D’or, à la fasce échiquetée d’argent et de gueules de trois tires, accompagnée en chef d’une épine en forme de fleur-de-lis de gueules, fichée dans la fasce (4).

Château de Rixensart 21.03.2013 © Monique D'haeyere 2

mars 2013 © Monique D’haeyere

Crayon généalogique de la famille Spinola (5)

Annibal Spinola x N. Leoporto

dont

Dom Gaston Spinola, chevalier de l’Ordre de Saint-Jacques, gouverneur du duché de Limbourg, obtint le 17 avril 1603 des archiducs Albert et Isabelle érection en comté de la seigneurie artésienne de Brouay et concession de ce titre (transmissible par ordre de primogéniture)(4), x (Bruxelles le 26 juin 1586) Marie de Renty, dame d’Embry, Brouay, Curlu, Haffringhes, Waudringhem (fille d’Oudart x Marie de Recourt dite Licques)

dont

Bertin-Oudart Spinola, chevalier, comte de Brouay, seigneur d’Embry, Curlu, Affringues, Vaudringhem, la Motte d’André, x Claire de Ligne d’Aremberg

dont

Philippe-Hippolyte-Charles Spinola, comte de Brouay, seigneur d’Embry, Curlu, Affringues, Vaudringhem, la Motte d’André, gouverneur de Lille, Douai, Orchies, chevalier de la Toison d’Or, x (2 avril 1646) Françoise-Conrardine de Gavre (fille de Pierre-Ernest, comte de Frezin et d’Elisabeth-Catherine de la Marck)

Castellum Rixensart Atlas Ferraris Rixensart 1777 (1)

XVIIIe siècle | Château de Rixensart, Ferraris fecit


→ OBJECTIF RIXENSART | Château de Rixensart


(1) LE ROY, Jakob, Groot Wereldlyk Tooneel des Hertogdoms van Braband
(2) ZECCHINON Alessandra, Le Château de Rixensart. Histoire et architecture, mémoire de licence, U.C.L. Louvain-la-Neuve, 1990
(3) SYNDICAT D’INITIATIVE DE RIXENSART, Rixensart et la Vallée de la Lasne, 1973
(4) RIETSTAP J.B., Armorial Général, tome II p 812 – Gouda 1887 + Paul JANSSENS et Luc DUERLOO, Armorial de la Noblesse belge, Crédit Communal, Bruxelles 1992
(5) L.J.P.C.D.S., Quartiers généalogiques des familles nobles des Pays-Bas, Cologne, 1776 + Justin de PAS, Notes pour servir à la Statistique Féodale dans l’étendue de l’ancien Bailliage et de l’Arrondissement actuel de Saint-Omer, éd. Mémoires de la Société des Antiquaires de la Morinie, tome XXXIII, Saint-Omer, 1921-1924

Lucien Dessy, médecin et bourgmestre

362B. Funérailles Dr Lucien Dessy mars 1947 Collection Dupuis Delbrassinne

Lucien Dessy (1872-1947), coll. Dupuis-Delbrassinne

Né en 1872, Lucien Dessy fut docteur en médecine, président du conseil d’administration des Papeteries de Genval et bourgmestre de Rixensart (1). Le Docteur Lucien Dessy fut bourgmestre de 1921 à 1940. Absent en 1940, il ne reprit son écharpe qu’en 1944 jusqu’en 1946 (2).

1921 | Lucien Dessy et Auguste Lannoye à Genval © Fonds Lannoye
août 1925 | Auguste Lannoye est fait ‘Chevalier de Saint-Grégoire’, distinction remise par l’Abbe Mottard en présence de Lucien Dessy © Fonds Lannoye
avant 1927 © Jean Lannoye (à droite) en visite chez les Dessy

Il fut proche d’Auguste Lannoye et participa à de nombreuses événements familiaux. Le docteur Dessy, compagnon d’étude, témoin des débuts difficiles, lui prêta l’entièreté de son modeste avoir à un moment où les risques encourus étaient réels et inquiétants. Il devint ‘l’ami de toujours’, écrit Luc Lannoye en 1978 dans ‘Regards sur le passé (4).

3ac5f-4125559726

avant 1947 | Devant les Pyramides … photo souvenir du voyage en Egypte du
Docteur Lucien Dessy, ancien bourgmestre de Rixensart, et de son épouse.
coll. Marcelle Dupuis

Il décéda le 13 mars 1947.

Il aimait trop la vie, ses chances et ses dons, pour ne pas redouter l’approche mystérieuse de la mort … Et pourtant, avec son exceptionnel diagnostic, il l’a vue venir, sans illusion ni amertume. C’est qu’il avait trouvé dans le sacrement des malades et le Saint Viatique, le courage de l’accepter et même de l’offrir avec la sérénité et la générosité du vrai chrétien. Seigneur, reçois-le en ton paradis et donne-lui la vie qui ne trompe plus. Car il a été perspicace et bon au chevet des malades, généreusement voué au service de la cité, fidèlement attaché aux petits enfants, à ses amis, aux siens… La charité fut sa meilleure prière. C’est ainsi que le village de Rixensart fit, en mars 1947, ses adieux au Docteur Lucien Dessy et qu’il organisa en grande pompe ses funérailles.

362. Funérailles Dr Lucien Dessy mars 1947 Collection Dupuis Delbrassinne

mars 1947 | Funérailles du Docteur Lucien Dessy, Place de la Vieille Taille, coll. Dupuis-Delbrassinne (voir les 24 photos > ‘Lire la suite’)

Bob Sentroul en fit un reportage que Herman Dupuis († 1985) a su conserver durant toutes ces années. Aujourd’hui, la famille Dupuis-Delbrassinne partage avec vous cet album de photos complet, un témoignage solennel. Ce dossier des funérailles du bourgmestre Lucien Dessy en mars 1947 contient 26 photos et est appelé à être complété. Si vous reconnaissez l’un ou l’autre personnage, merci de transmettre vos informations à eric.de.sejournet@gmail.com. Elles seront intégrées au fur et à mesure dans cette notice.

En 1949, le rond-point qui coupe l’avenue de Montalembert fut baptisé ‘square Dessy’.


(1) BUFFIN Paul, Portrait des rues de l’ancienne commune de Rixensart, 1996
(2) En 1940, Orner Mayné fit fonction de bourgmestre de Rixensart durant quelques mois. Le prince Félix de Merode assura l’interim dès la fin de 1940 jusqu’à son décès en 1943. Les occupants nommèrent alors M. Evrard, rexiste qui s’enfuit en septembre 1944 (3).
(3) Ibid.
(4) LANNOYE Luc, Regards sur le passé, 1978

Continuer la lecture de Lucien Dessy, médecin et bourgmestre

La ‘station’ de Rixensart, le long du Wawa

1931 L'Ange Eternel coll. Jean-Louis Lebrun

1931 | Vue depuis le Sentier Lambermont vers la rue de la Reine (Bourgeois), coll. Jean-Louis Lebrun 

Au coin de la rue de la Bassette et de l’ancienne voie du tram, devenue sentier, est situé ce que les gens du coin appellent ‘L’Ange de l’Eternel’. Vers 1925, une ancienne maison de la rue est achetée et transformée (1).

1931 coll. Jean-Louis Lebrun ↔ 2018 © Eric de Séjournet

1950 Rue de la Bassette Château de la Délivrance L'Ange Eternel coll. CHR

1950 | Château de la Délivrance, rue de la Bassette 16 à Bourgeois.
A droite, on distingue les rails de la ligne vicinale.
coll. Cercle d’Histoire de Rixensart

Ce diaporama nécessite JavaScript.

1950 | Château de la Délivrance (côté jardin), coll. Jean-Claude Renier
2008 | Vue depuis le chemin de la Voie du Tram © Eric de Séjournet
2019 | Vue depuis la rue de la Bassette © Monique D’haeyere

Rixensart0493

L’entrée de l’Ange de l’Eternel, sise rue de la Bassette n° 11, le long de la ligne vicinale à Bourgeois, coll. Jean-Claude Renier

coll. Jean-Louis Lebrun ↔ 1950 coll. Jean-Claude Renier

Ce diaporama nécessite JavaScript.

1938 coll. Jean-Louis Lebrun → coll. Francis Broche → 1989 © Jean-Claude Renier → 2009 © Monique D’haeyere

La communauté, nommée ‘Les Amis de l’Homme’ (2), d’origine suisse et fondée par M. Freytag, n’est associée à aucune autre église. Elle se réfère à la Bible et prône l’harmonie spirituelle, morale et physique de l’humanité (3). Le voisinage loue la serviabilité des membres de la communauté et bénéficie de son potager qui est un modèle du genre (4).

coll. Jean-Claude Renier → coll. Jean-Louis Lebrun

Le groupe statufié, en face de la villa, représente l’homme en harmonie avec les animaux d’après une prophétie d’Isaïe (5).

Panorama à partir du Sentier Lambermont, coll. Jean-Claude Renier

Station de Rixensart éd. Oeuvre philantropique Les Amis de l'Homme

‘La station de Rixensart’ (6), éd. Oeuvres philanthropiques Les Amis de l’Homme

années ’60 coll. Jean-Claude Renier ↔ 2018 © Eric de Séjournet
A gauche la ligne vicinale, qui devint le chemin de la Voie du Tram

Château de la Délivrance vue depuis le sentier Denis coll PR copie

années ’60 | Vue depuis le sentier Denis 


→ OBJECTIF RIXENSART | Chemin de la Voie du Tram


(1) BUFFIN Paul, Portrait des rues de l’ancienne commune de Rixensart, 1996
(2) VERNETTE Jean & MONCELON Claire, Dictionnaire des groupes religieux aujourd’hui – Religions, églises, sectes, nouveaux mouvements religieux, mouvements spiritualistes, Paris, Presses universitaires de France, 2001
(3) WIKIPEDIA | Amis de l’Homme
(4) BUFFIN Paul, Portrait des rues de l’ancienne commune de Rixensart, 1996
(5) Ibid.
(6)  lire « une station d’essai pour établir le royaume de Dieu sur la terre » 

Armoiries de Rixensart

1bac4-2950114326-1

1959 | Couverture du ‘Rixensart’, le précurseur du ‘Rixensart Info’

Jusqu’en 1954, les sceaux des communes auxquelles des armoiries particulières n’avaient été attribées portèrent pour empreinte le Lion Belgique, avec pour légende ‘L’Union fait la Force’, et en exergue le nom de la province et celui de la commune (1).

Le 9 mars 1953, le conseil communal de Rixensart émit le vœu de pouvoir faire usage d’armoiries particulières. Normalement, le choix devait se porter sur l’ancien sceau scabinal de la cour de Rixensart, mais en l’absence de celui-ci, c’est le blason des Spinola qui fut retenu (2). En effet, en 1715, les Merode reçurent les seigneuries de Rixensart, Genval et Bourgeois (cette dernière par moitié), de la comtesse douairière de Bruay, veuve de Philippe-Charles-Frédéric de Spinola.

Le 10 avril 1954, après avis favorable du conseil héraldique, un arrêté royal octroya à la commune de Rixensart les armes d’or à la fasce échiquetée d’argent et de gueules de trois tires accompagnée en chef d’une épine en forme de fleur de lis de gueules fichée dans la fasce, l’écu sommé d’une couronne à trois fleurons séparés par deux fleurons d’un module inférieur et entouré du collier de la Toison d’or (2)(3)(4).

En sa séance du 15 février 1977, le Conseil communal décida de solliciter l’autorisation de faire usage des armoiries qui avaient été attribuées par l’Arrêté royal du 10 avril 1954. Satisfaction fut obtenue, par l’Arrêté royal du 1er décembre 1977 (1).

Armoiries Spinola ↔ 2016 logo de la commune de Rixensart

En observant ce blason, commente Paul Gilson (2), il est intéressant de remarquer que Spinola, en latin spinula, veut dire épine. Or ce meuble se retrouve en forme de fleur de lis fichée dans la fasce. Alors que les Spinola étaient comtes de Bruay, la couronne surmontant l’écu semble bien être celle de marquis. Il arrivait en effet fréquemment que la couronne sommant le blason fut d’un titre supérieur à celui porté réellement.

Quant au collier de la Toison d’or qui entoure si joliment les armoiries, institué en 1429 par Philippe le Bon, il n’était octroyé qu’aux membres de la plus haute noblesse et, pour l’obtenir, il fallait réellement l’avoir mérité. Charles-Quint rehaussa encore le prestige et les prérogatives de cet ordre. Pirenne nous dit que « cette distinction suprême était aussi passionnément désirée par la noblesse belge que la Légion d’honneur le fut par les soldats de Napoléon ». Le collier se compose de briquets de Bourgogne en or reliés entre eux par des pierres précieuses ef supportant la célèbre Toison d’or. Le premier Spinola de Rixensart, Philippe Hippolite, Grand d’Espagne, fut créé chevalier de la Toison d’or par la reine régente, au nom de Charles Il, le 10 avril 1668, en récompense des grands services militaires et politiques rendus à la cause des Pays-Bas et de l’Espagne».

Evoquer les armoiries de Rixensart, c’est un peu retourner le couteau dans la plaie des Rosièrois et des Genvalois, souligne Eric Meuwissen … en 1995 (5). Et pour cause puisqu’avec la fusion des communes (ndlr. en 1977), ces deux dernières localités ont tout simplement perdu leurs armoiries au profit de la commune éponyme (Rixensart). Aujourd’hui encore, certains ne cachent pas leur amertume.

4dfd8-150198863-2-1

1986 | logo du Cercle d’Histoire de Rixensart

C’est pourquoi, explique Colette Claes (ndlr. en 1995), la présidente du Cercle d’Histoire de Rixensart, nous avons choisi pour sigle de notre cercle, un écu qui reprend les armoiries des trois communes fusionnées (Rixensart, Rosières et Genval). Un choix qui ne fut pas fait par le conseil communal.


→ CERCLE D’HISTOIRE DE RIXENSART | Paul GILSON, Armoiries de Rixensart


(1) Qu’en est-il des armoiries communales? in Rixensart Info 6 de janvier 1978

(2) GILSON Paul, Armoiries de Rixensart, in Regards sur le passé de Rixensart-Bourgeois
(3) Héraldique | Les métaux : l’or (jaune) et l’argent (blanc). Les couleurs : gueules (rouge), azur (bleu), sable (noir), pourpre (violet), sinople (vert)
(4) Héraldique | Echiqueté à trois tires > damier sur trois rangées

(5) MEUWISSEN Eric, Miroir de l’identité communale (X) : Rixensart, le blason des Spinola in Le Soir, 18 aôut 1995

Bourgeois, naissance d’une paroisse

181129 Première église de Bourgeois coll Vivien de Walque (1)

début XXe siècle | Eglise Saint-François-Xavier à Bourgeois, coll. Vivien de Walque

Ravissante et pittoresque, la place du Bourgeois doit son charme aux arbres dont elle est plantée sur toute sa surface. Sous les ombrages, l’instituteur a lâché ses clampins (1).

A la requête des habitants de Bourgeois, la construction de la ‘chapelle-annexe’ de Bourgeois fut décidée en 1875 (…). Le 29 novembre 1875, le Conseil communal décide de demander à l’autorité supérieure la permission de donner à la Fabrique d’église de Rixensart une parcelle de 20 ares à prendre sur la place publique de Bourgeois qui s’appelait à l’époque : place Saint-Roch. Cette autorisation ne fut accordée, le 18 juin 1876, que pour la superficie strictement nécessaire, soit 4 ares environ. Pendant la construction de l’église, des offices religieux furent célébrés dans le bâtiments de l’école de Bourgeois (…). La paroisse fut érigée en succursale le 3 mars 1877 par les autorités civiles. Par mandement du 17 mars, le cardinal Dechamps, archevêque de Malines, érige la nouvelle paroisse sous le vocable de Saint-François-Xavier (2).

Rixensart0380

La Place, aujourd’hui place Cardinal Mercier, coll. Jean-Claude Renier

La nouvelle église paroissiale se dresse sur un espace triangulaire appelé autrefois place Saint-Roch. Le sanctuaire est dédié à saint François-Xavier, patron de Mgr de Merode dont la famille contribua financièrement à la réalisation de ce projet (3).

Rixensart0383

Bourgeois-lez-Rixensart, coll. Jean-Claude Renier
(cette carte postale a circulé durant la Première Guerre mondiale)

1903/1908 | coll. Imelda De Thaey et Jean-Claude Renier

L’église Saint-François-Xavier était cachée dans les frondaisons de très grands arbres dont le nombre et la hauteur lui donnaient le même charme que celui dégagé actuellement par la place d’Ohain (4).

Rixensart0392

avant 1925 | Place de Bourgeois, coll. Jean-Claude Renier

La première grande transformation de l’église Saint-François-Xavier date de 1925. C’est à cette époque que la nef fut allongée d’une dizaine de mètres et que la tour fut construite (5).

Place Cardinal Mercier 4.2013 © Monique D'haeyere

avril 2013 | Place Cardinal Mercier © Monique D’haeyere


(1) RENOY Georges, Genval, La Hulpe et les environs en cartes postales anciennes, Bibliothèque Européenne – Zaltbommel, Pays-Bas, 1972
(2) de WALQUE André, Un siècle à Bourgeois 1877-1977, Rixensart, 1977
(3) Cercle d’Histoire de Rixensart
(4) de WALQUE André, Un siècle à Bourgeois 1877-1977, Rixensart, 1977
(5) Ibid.

Château du Belloy, Béloi, Baillois

0025e-2961637830

1904 | Château du Belloy, coll. Jean-Claude Renier

Au bord de la Lasne s’érigeait, une construction massive mais sobre. Elle fut commandée par le comte Charles de Montalembert (1810-1860), académicien français et membre de la Chambres des Pairs, époux de la comtesse Anne de Merode (1816-1904)(1).

d390c-2509010259

1904 | Château du Béloi à Bourgeois, coll. Imelda De Thaey

Beloi, Baillois ou Belloy ? Voilà une orthographe bien controversée. D’après certaines anciennes cartes postales, on écrivait ‘Beloi’. Pour l’administration communale, c’est ‘Baillois’. Mais d’après les historiens, dont feu M. Monefeld – l’orthographe exacte est ‘Belloy’, c’est aussi l’avis de nombreux anciens du Bourgeois (2).

Château du Béloy 1904 coll. Jean-Louis Lebrun

1905 | Château du Béloi,  coll. Jean-Louis Lebrun

Ce diaporama nécessite JavaScript.

coll. Jean-Claude Renier

2ccb8-2955891087Propriété de la comtesse de Montalembert, le château du Baillois était loué fin du XIXe siècle à Jules de Burlet (voir portrait ci-contre), chef du Cabinet du 26 mars 1894 au 25 février 1896 (ou chef du gouvernement belge, le nom de Premier ministre n’étant utilisé qu’après 1918), décédé le 1 mars 1897 à l’âge de 53 ans.

Cessant d’être habité, le domaine du Baillois passait petit à petit à l’abandon et sa grande demeure à la ruine. Plus que jamais, le Coin Perdu allait mériter son nom où la désolation ne se chargerait plus de poésie qu’au seul chant des oiseaux (3).

Rixensart0480

Château de Burlet, coll. Jean-Claude Renier

Tout le versant de la vallée de la Lasne, appelé ‘Bois du Baillois’, appartenait à la comtesse de Montalembert, écrit Colette Pinson, en se référant au plan cadastral établi par Popp en 1850. L’appellation ‘Baillois’ ou ‘Belloy’, désigne sans doute un endroit planté de bouleaux. Après la première guerre mondiale, cette demeure était en ruines et fut vendue par les héritiers de la comtesse de Montalembert (4).


(1) Anne de Merode (1816-1904) repose au centre du cimetière de Bourgeois sous le calvaire.
(2) GINION Marcel, D’un siècle à l’autre, in Les feuillets historiques N°11, mai 1997
(3) Les Feuillets historiques n°7, 1871-1921, un demi siècle de vie publique, Ed. François De Troyer.
(4) PINSON Colette, Rixensart et la Famille de Merode, Cercle d’Histoire de Rixensart, p.46, septembre 2005

Bois du Calvaire, vue sur le château

969. Vue sur le bois du Calvaire c JCR

1915/1921 | Vue sur le Bois du Calvaire
(à droite, le photographe se met en scène)
coll. Jean-Claude Renier

Le Bois du Calvaire se situe à l’Est de l’avenue Royale, entre les drèves des Etangs et du Calvaire. Depuis ce bois, le château de Rixensart se dévoile au gré des saisons.

Aux alentours du château de Rixensart, le pays est charmant, avec ses profonds ombrages et ses coteaux aux flancs escarpés, Ne manquez pas d’explorer, notamment, le beau bois qui s’étend à l’est du village. Les coins pittoresques y abondent. C’est le bois de Rixensart, lit-on en juillet 1905 dans le Bulletin officiel du Touring Club de Belgique.

mars 2013 © Monique D’haeyere + mars 2014 © Christine Blavier

1340. Bois du Calvaire

1923 | Bois du Calvaire

A voir ces imposantes futaies, on sent qu’elles ne sont pas livrées à une main inexperte, ni à un homme d’affaires, soucieux uniquement de ‘faire de l’argent’. Les maîtres du domaine ont compris qu’ils peuvent concilier le soin de leurs intérêts avec la préoccupation de garder intacte la beauté de cette antique forêt seigneuriale. On voit qu’ils ont l’amour d’une nature plantureuse, où le pittoresque s’allie au grandiose. Et quel plaisir doit être le leur, lorsqu’ils cheminent à travers ces solitudes forestières, d’y rencontrer le paisible touriste, admis, grâce à leur obligeance, à contempler ces beaux paysages sylvestres ! (1)

1915/1921 ↔ 2012 © Monique D’haeyere

1264. Château du Prince Félix de Merode vu du carrefour de l'Etoile coll. JCR BOU

vers 1949 | Vue sur le château de Rixensart depuis la Drève du Calvaire, coll. Jean-Claude Renier

vers 1950 ↔ 2018 © Annick Dedobbeleer

Ces prises de vue ont été réalisée depuis une trouée dans les bois de Rixensart au lieu-dit ‘carrefour de l’Etoile’. A cet endroit, plusieurs sentiers se rejoignent et forment entre les chapelles du Calvaire et Sainte-Anne un dessin caractéristique, comme le démontrent les cartes de Ferraris, datant de 1777, ainsi que celle éditée par Philippe-Christian Popp entre 1842 et 1879.

Château de Rixensart vu depuis la Drève du Calvaire avril 1947 coll Eric de Séjournet (1)

avril 1947 | Château de Rixensart photographié depuis le bois du Calvaire.
En contre-bas, la courbe de l’avenue Royale et de la rue de l’Eglise.
coll. Eric de Séjournet

1947 ↔ 2011 © Monique D’haeyere


→ OBJECTIF RIXENSART | Bois du Calvaire


(1) Bulletin officiel du Touring Club de Belgique, juillet 1905

 

Rue Haute, direction Quai du Tram

c0dbc-4277295384-1

début XXe siècle | La rue Haute à Bourgeois est en travaux © Elisabeth Taburiaux 

A gauche, une fontaine publique. Au centre, l’habitation d’Edouard Taburiaux et Joséphine Desteinbachberick, tous deux enseignants à l’école publique de Bourgeois.

début XXe siècle ↔ 2014 © Monique D’haeyere

Rue Haute 1923 coll. Jean-Louis Lebrun

1923 | Rue Haute, direction Quai du Tram, coll. Jean-Louis Lebrun

86. Rue Haute à Rixensart - Le Bourgeois Collection Michel Nauwelaers

début années ’60 | Rue Haute … bétonnée, coll. Michel Nauwelaers

En remontant la rue Haute, à gauche au n° 112 … le club de tennis Parival, qui fut créé en 1951, en association entre RIT et les Papeteries de Genval. Cet acronyme, Parival, est facile à reconstituer : PApeteries, RIt et GenVAL (1).

Au n° 33, – la boulangerie Ernaelsteen actuelle, était installé le maréchal-ferrant ‘Gustave el Marchau’. Ce haut lieu du fer et du feu faisait l’admiration des enfants, écrit Paul Buffin. A côté de la boulangerie, au n° 35, résidait depuis la fin des années trente, le peintre Van Den Eeckhoudt (1875-1945). Influencé par le fauvisme, son style était très monumental. Il peignit de nombreux portraits dont certains sont conservés au Musée d’Art Moderne à Bruxelles (2).


→ RÉTRO RIXENSART | Rue Haute, direction Merode


(1) BUFFIN Paul, Portrait des rues de l’ancienne commune de Rixensart, 1996
(2) Ibid.

Rue Haute, direction Merode

Rue Haute Bourgeois Phototypie 9 rue de Chambéry Bruxelles coll. Jean-Louis Lebrun

1913/1920 | Rue Haute à hauteur du Quai du Tram (à gauche), coll. Jean-Louis Lebrun

Initialement, chemin du Glain, ensuite rue Longue (1883), et ‘el Rèwe’ (la rue en wallon), l’artère devint la rue Haute (1).

56693-2454048960-1

1913 | Rue Haute à Bourgeois, coll. Monique D’haeyere

1913 ↔ 2014 © Monique D’haeyere

1919 Un groupe de villas Bourgeois rue Haute coll. Jean-Louis Lebrun

1919 | coll. Jean-Louis Lebrun

Au bout de la rue Haute, la Maison Van Luppen-Broymans marque le paysage.

1922 Rixensart0370

1922 | La rue Haute et ses pavés, coll. Jean-Claude Renier

a97e9-899895177-1

1925 | coll. Francis Broche

1925 ↔ 2014 © Christian Petit

58301-2439911697

1926 | coll. Serge Watté  

Venant du Quai du Tram au Bourgeois, la rue Haute se prolonge jusqu’à l’avenue de Merode. Au bout, on aperçoit le Café du Coin (anciennement Maison Van Luppen-Broymans)

A gauche sur la photo, la villa ‘La Taupinière’ (2), sise au n° 19. A l’époque, il y avait une petite chapelle (à gauche de la personne qui se trouve au milieu de la photo), explique Serge Watté.

1950 Rue Haute Bourgeois coll. Jean-Louis Lebrun

avant 1950 | coll. Jean-Louis Lebrun

Dernière photo des pavés de la rue Haute.

Rue Haute Bourgeois B coll. Jean-Louis Lebrun

vers 1950 | La rue Haute … bétonnée, coll. Jean-Louis Lebrun

180723 Course cycliste le 23 juiillet 1950 à l'entrée du Bourgeois rue Haute Collection Cercle d'Histoire de Rixensart

23 juillet 1950 | Une course cycliste passe rue Haute (Bourgeois), coll. Cercle d’Histoire de Rixensart

Selon le CLEP (3), le Guidon Rixensartois avait organisé le 5 juillet 1950 une course cycliste pour débutants. A gauche, le salon de coiffure pour hommes Herent, sis rue Haute 7 à Rixensart, signale un lecteur, habitant rue Haute.

1950 ↔ 2014 © Monique D’haeyere


→ RÉTRO RIXENSART | Rue Haute, direction Quai du Tram


(1) BUFFIN Paul, Portrait des rues de l’ancienne commune de Rixensart, p.129, 1996
(2) actuellement, la villa ‘Les Abeilles’
(3) CLEP – Cinquantième anniversaire du Cercle Local d’Education Populaire 1938-1988

La grange-église de Froidmont, dédiée à Saint-Etienne

ed56c-1681196673-2-1

1974 | Entrée de la Ferme de Froidmont © Jean-Claude Renier

Sur l’ancienne porte de la ferme, un écriteau prévient : « Défense de circuler sur les chantiers sous peine d’amende », marquant un moment crucial de l’histoire de ce lieu : sa transformation et sa rénovation.

eda3c-3310849181-1

juillet 2015 © Monique D’haeyere

avant 1976 Renovation de la grange de la Ferme de Froidmont © Maurice Goethals 1

avant 1976 | Ferme de Froidmont, avant la transformation de la grange © Maurice Goethals

Le 24 décembre 1972, les familles Demeure et Dubost, ayant décidé de lotir les terres cultivées par les fermiers de Froidmont, firent donation de la ferme à la fabrique d’église de la nouvelle paroisse St-Étienne (1).

On en parlait depuis 1965, mais c’est le 17 octobre 1966 que la nouvelle éclata au Conseil paroissial de Sainte-Croix : M. l’abbé Jacques Hemeleers, vicaire à Notre-Dame du Sacré-Cœur à Etterbeek, était nommé chapelain de la paroisse en création. Grâce à l’amabilité de M. et Mme Delacroix, le chapelain put dire la messe dans un petit local, le ‘garage’ de la rue Albert Ier (ndlr. actuellement dénommée rue du Monastère). Tout aussitôt, deux autres endroits sont ouverts à la célébration eucharistique : le salon de M. et Mme Dechamps, avenue de Merode et celui de M. et Mme Leloup, rue de l’Augette. Le 7 octobre 1967, la nouvelle chapelle provisoire en bois avenue Françoise (ndlr. au n° 9)(2) est inaugurée solennellement par Mgr Lagasse, vicaire général (1).

Eglise Saint-Etienne Abbé Hemeleers et projet architecture Kroll coll Maurice Goethals 7413

L’Abbé Jacques Hemeleers pose devant projet de l’architecte Lucien Kroll
avant 1976 © Maurice Goethals

Le chapelain, devenu entretemps curé à part entière, envisagea avec le bureau paroissial de créer un centre religieux à Froidmont, en association avec la communauté des Dominicains de la Sarte à Huy. L’architecte, M. Lucien Kroll, réalisa un projet pour transformer la grange en église (3), dont le budget fut approuvé par le Conseil Communal. Dans la foulée, le Conseil de la Fabrique d’église de St-Étienne fut créé le 19 novembre 1970. De 1971 à 1972, trois côtés de la ferme de Froidmont furent aménagés pour abriter une communauté chrétienne formée de religieux dominicains, de couples et du curé de la paroisse (1).

avant 1976 Renovation de la grange de la Ferme de Froidmont © Maurice Goethals 3

1976 © Maurice Goethals

1976 © Maurice Goethals

Ce diaporama nécessite JavaScript.

1976 | Diaporama de l’extérieur de la nouvelle église Saint-Etienne © Maurice Goethals

Ce diaporama nécessite JavaScript.

1976 | Diaporama de l’intérieur de la nouvelle église Saint-Etienne © Maurice Goethals

Ce fut un rêve qui devint une idée, une idée qui devint un projet, un projet qui se réalisa, écrivit André Cordy, Président du Conseil de Fabrique (4).


(1) UNITÉ PASTORALE SAINT-ETIENNE, Froidmont, naissance d’une paroisse
(2) BUFFIN Paul, Portrait des rues de l’ancienne commune de Rixensart, p.60, 1996
(3) Son acoustique, très étudiée et sa disposition intérieure permettent des représentations théâtrales et des concerts de haute qualité (2)
(4) CORDY André, Naissance d’une paroisse, in Venez à Froidmont … Trente ans déjà, Louvain-la-Neuve

Comte Félix de Merode, appel au peuple

Comte Félix de Merode, coll. Monique D’haeyere et coll. Paul Gilson

Félix de Merode naquit le 13 avril 1791 à Maastricht, deuxième fils de Charles-Guillaume et de Marie d’Ongnies de Mastaing. Il passa ses premières années en Allemagne avant de rentrer avec sa famille à Bruxelles en 1800. A l’âge de 18 ans, il épousa Rosalie de Grammont (1792-1823), nièce du marquis de La Fayette. Après le décès de son épouse qui, ‘repose en terre de France’, il s’intéressa davantage aux questions religieuses et politiques de son époque. C’est ainsi qu’en 1828 il signa, avec son père et son frère Henri, la pétition des catholiques et libéraux belges qui réclamèrent les libertés d’enseignement et de presse. En 1829, il commença à collaborer au journal le ‘Catholique des Pays-Bas’ (…) et défendit le catholicisme et la liberté face au régime absolutiste de Guillaume Ier. En 1830, il est rappelé à Bruxelles, lors du décès de son père et ce retour va lui permettre de vivre les événements de la Révolution belge (1).

Le gouvernement provisoire belge de 1830, par Charles Picqué Source L’Illustration nationale, 1880

Gravure reproduisant un tableau du Gouvernement provisoire de Belgique,
d’après le tableau réalisé en 1830 par Charles Picqué (2)

Le 24 septembre 1830, le comte Félix de Merode, Sylvain Vandeweyer et Alex. Gendebien, membres composant le Gouvernement provisoire, lancent l’Appel au PeupleAux armes ! Braves Belges. Les Hollandais ont osé attaquer Bruxelles : le peuple les a écrasés. De nouvelles troupes peuvent tenter une seconde attaque. Nous vous conjurons, au nom de la Patrie, de l’honneur et de la Liberté de voler au secours des Braves Bruxellois.

Comte Félix de Merode lithographie par Charles Baugniet

Comte Félix de Merode, Ministre d’Etat, membre de la Chambre des Représentants, lithographie par Charles Baugniet

En 1831, il épousa en seconde noces Philippine de Grammont, soeur de sa première épouse, fille de Théodule, marquis de Grammont, et de Rosalie de Noailles (3).

Félix de Merode fut l’homme qui, par son exemple, son intelligence, sa force de caractère, son courage, participa très activement et très efficacement à l’éclosion de notre pays. A nos yeux de Rixensartois, il reste par sa carrière d’homme d’Etat, le gentilhomme qui réinstalla effectivement son illustre famille à Rixensart, un lieu qu’il chérissait (4).

Détail Monument Comte Félix de Merode

Détail du Monument Comte Félix de Merode,
sis rue de l’Église à Rixensart

L’annonce de sa mort en 1857 causa une grande émotion dans le pays tant dans le monde officiel que dans celui des petits. Après les funérailles nationales durant lesquelles le peuple montra toute sa tristesse, le corps fut ramené à Rixensart par un train spécial tendu de noir (5).

La foule l’aperçut de loin, tant le convoi s’acheminait lentement. Il y avait d’abord le ‘remorqueur’ (ndlr. la locomotive) pavoisé de drapeaux tricolores et de drapeaux noirs. Suivaient douze voitures dont la première était une voiture funèbre tendue de draperies noires et blanches, parfaitement décorées pour la circonstance et surmontées d’une croix. Après avoir franchi la gare de La Hulpe, voici celle de Rixensart. Autour de cette dernière règne le silence. Et tandis que le train ramenant de Bruxelles la dépouille mortelle du comte de Merode entre en gare, la foule se recueille. Il est 10h30 en ce jeudi 12 février 1857. Dans le train ont pris place les plus importantes personnalités du royaume. Le comte a droit à des funérailles nationales. La Chambre des Représentants a même suspendu ses travaux. Elle assiste en corps aux funérailles. (…) Le train funèbre entre en gare et le clergé entonne le chant des morts. Le cortège s’apprête à traverser le village dont les chemins suivant l’usage sont jonchés de paille. La foule est considérable et recueillie nous apprend le ‘Journal de Bruxelles’. Partout sur le passage du convoi, les villageois se découvrent, partout, ils s’agenouillent. Et puis, c’est l’arrivée à l’église castrale. Elle est tendue de noir et ornée des armoiries des Merode. De nombreux cierges y brûlent. L’atmosphère est solennelle. Le corps du comte Félix repose désormais à Rixensart où pourtant il n’aurait jamais habité (6). 


→ CERCLE D’HISTOIRE DE RIXENSARTUn bicentenaire à Rixensart : Félix de Merode
→ MEUWISSEN Eric | Les Merode ou le syndrome de la peau de chagrin à Rixensart
→ RÉTRO RIXENSART Monument Comte Félix de Merode
→ OBJECTIF RIXENSARTMonument Comte Félix de Merode


(1) PINSON Colette, Rixensart et la Famille de Merode, Cercle d’Histoire de Rixensart, septembre 2005
(2) De gauche à droite : 
Alexandre Gendebien, André Jolly, Charles Rogier, Louis de Potter, Sylvain Van de Weyer, Feuillien de Coppin, Félix de Merode, Joseph Vander Linden, Emmanuel van der Linden d’Hooghvorst. Source : Musées Royaux des Beaux-Arts de Belgique (acquis en 1864)
(3) D’HOORE Baudouin (Archives Générales du Royaume I 571), Inventaire des archives de la famille de Merode Westerloo (I. Papiers personnels de la famille de Merode, p. 398, Bruxelles 2014
(4) MONET Vally (membre de l’Association des écrivains belges), Rixensart à travers les âges, in Les Ardennes brabançonnes, Cercle d’Education Populaire de Rixensart, 1959
(5) GILSON Paul, Un bicentenaire à Rixensart : Félix de Merode, in Rixensart Info 118 de février-mars 1991, p.23
(6) MEUWISSEN Eric, Les Merode ou le syndrome de la peau de chagrin à Rixensart, in www.ericmeuwissen.be

Monument Comte Félix de Merode

6519f-3900273359

Monument sobre et géométrique, érigé en 1930 au bout de la Drève du Château à Rixensart, coll. Jean-Claude Renier

Ce monument honore la mémoire du comte Félix de Merode (1791-1857), membre du gouvernement provisoire de 1830 et frère de Frédéric de Merode, héros de la Révolution belge mort à Malines en 1830. De style ‘Art déco’, la stèle a été réalisée en 1930 par l’architecte rixensartois Ad. Debecker (1), et inaugurée le 5 octobre 1930, précise Colette Pinson, présidente du Cercle d’Histoire de Rixensart (2). Selon Paul Gilson (3), en septembre 1930, pour la commémoration du centenaire de l’Indépendance, tous les élèves de l’Ecole Communale du Centre reçurent une cocarde tricolore et participèrent au défilé et à l’inauguration du monument.

On ne peut que se réjouir que la commune lui ait érigé un monument digne du grand rôle qu’il joua, écrit Vally Monet, membre de l’Association des écrivains belges dans ‘Rixensart à travers les âges’. 

241c5-2095965938

1936 | L’Eglise et le Monument du Comte Félix de Merode, coll. Francis Broche

Lorsque la Drève du Château devint publique, le monument fut déplacé pour occuper sa place actuelle (2), à l’intersection de la rue de l’Eglise et de la rue des Ecoles, face au château de Rixensart et à l’église Sainte-Croix.

ca 1936 ↔ 2008  © Eric de Séjournet

1953 coll. Jean-Claude Renier ↔ 2018 © Monique D’haeyere

Sur la stèle en pierre blanche est gravé un hommage au comte Félix de Merode (1) : « Comte Félix de Merode / Membre du Gouvernement Provisoire et du Congrès National en 1830 / Représentant de l’arrondissement de Nivelles de 1831 à 1857 (4) / Né à Maestricht le 13 avril 1791, Mort à Bruxelles le 6 février 1857 ».

Une des marches de l’escalier en pierre bleue porte la mention ‘Monument érigé par souscription publique’. La face antérieure du pilier de gauche affiche le nom de l’architecte ‘Ad. Debecker Arch. Rixensart’ tandis que la face latérale du pilier de droite affiche ‘F.J. Bouffioux Court-Saint-Etienne’ (probablement le nom du sculpteur ou de la firme qui a réalisé le monument)(1).

c0bc8-2338902609

Rue de l’Eglise, coll. Magguy Van Goethem

99f24-4124721788

2014 © Francis Broche

Une imposante stèle aux lignes géométriques, frappée d’un médaillon orné du profil comtal, domine les quelques marches d’accès (5). La base de la stèle est ornée d’une frise de cannelures réminiscences de l’art gréco-romain. Il est précédé de deux courts piliers de section carrée portant, à gauche, le blason de la maison de Merode et le nom du comte Félix de Merode et, à droite, le blason et le nom de sa seconde épouse, Philippine de Grammont (1).

d0388-259868998-2

2017 © Eric de Séjournet

Situés à l’arrière du monument du Comte Félix de Merode, deux Hêtres pourpres (arbres remarquables) montent la garde (6).


→ OBJECTIF RIXENSART | Monument Comte Félix de Merode
→ ARBORESCENCE | 2 Hêtres pourpres, rue de l’Eglise


(1) MARDAGA Pierre, Le Patrimoine monumental de la Belgique, Bruxelles, Volume 1B, Pentagone E-M, 1993, p. 447
(2) PINSON Colette, Rixensart et la Famille de Merode, Cercle d’Histoire de Rixensart, septembre 2005
(3) GILSON Paul, Chronique d’une école 1840-1875-1925-2000, Rixensart, p11, mars 2000
(4) Selon Eric Meuwissen, « c’est une erreur. Il ne le fut que de 1833 à 1857. De 1831 à 1833, il fut bien député, mais de Bruxelles » (Le Soir, 26 février 1991).
(5) de GHELLINCK Bénédicte, Liste des biens repris dans l’Inventaire du Patrimoine Immobilier Culturel de la commune de Rixensart, Wallonie DGO Aménagement du territoire, Logement, Patrimoine et Energie
(6) ARBORESCENCE, association citoyenne

La Lasne pittoresque, rue du Moulin

a8b5d-106607958

avant 1904 | Le Moulin

Assis sur la Lasne, à la limite entre Genval et le Bourgeois, le moulin de Genval est cité dès 1655 (1). Sur l’arrière-plan, on distingue l’église Saint-Sixte.

Vanne du Moulin de Genval, coll. Jean-Claude Renier
1912 | Phototypie Marcovici

Pittoresque à souhait, ce site inspira de nombreux peintres avant de retenir l’attention du photographe, artiste à sa façon (2).

1d6ff-1194905397

1906 | La vanne sur la Lasne est dénommée ici ‘Cascade de la Lasne’

Bourgeois-lez-Rixensart, coll. Christian Lannoy

346_001

Chemin du Bourgeois

Ecluse du Moulin 1907 coll. Jean-Louis Lebrun

L’écluse au Moulin, coll Jean-Louis Lebrun

La Vallée de la ‘Lasnes’, coll. Francis Broche ↔ 2013 © Monique D’haeyere

Vues sur l’église Saint-Sixte de Genval et le pont sur la Lasne, rue du Moulin. Lasnes est orthographiée avec un ‘s’.

La Vallée de la ‘Lasnes’, coll. Jean-Claude Renier ↔ 2014 © Christian Petit

Vue sur l’ancien moulin de Genval, abritant actuellement une institution pour jeunes.

Moulin de Genval, coll. Paul Gilson (3)
Un coin de la Lasne, coll. Jean-Claude Renier

Paysage pris du moulin 1911 coll. Jean-Louis Lebrun

1911 | coll. Jean-Louis Lebrun

b5754-4156290893

1924 | coll. Francis Broche

2016 © Monique D’haeyere ↔ 2018 © Bruno Marchal (PCDN)

D’importants travaux de reméandrement de la Lasne furent réalisés durant l’été 2018 à la hauteur du pont de la rue du Moulin. Ce nouveau tracé facilite la libre circulation des poissons, permet un recul de la zone d’inondation et restaure le charme originel de la rivière. Une nouvelle passerelle piétonne fut également installée. Les travaux liés au déplacement de la rivière ont été réalisés par la Province du Brabant wallon et la passerelle a été financée par la commune (4).

Ce diaporama nécessite JavaScript.

janvier 2019 | Diaporama du reméandrement de la Lasne © Bruno Marchal


→ OBJECTIF RIXENSART | La Lasne, rue du Moulin


(1) PINSON Colette et GHYSSENS Roger, Le patrimoine rural du Brabant wallon, in E.C.H.A.R.P. (Entente des Cercles d’Histoire et d’Archéologie du Roman Païs), Centre Culturel du Brabant wallon, Court-Saint-Etienne, 1996
(2) RENOY Georges, Genval, La Hulpe et les environs en cartes postales anciennes, Bibliothèque Européenne – Zaltbommel, Pays-Bas, 1972
(3) extrait de ‘Le Brabant en images’
(4) PCDN, Quand la Lasne change de lit …, 2018

Les sapinières à Rixensart

190130 une vue sur les sapinières 1931-1933 c jcr bou

1931 | Une vue sur les sapinières (Bois du Héron), coll. Jean-Claude Renier

Entre 1806 et 1829, plusieurs semis de sapins furent effectués dans tous les bois de Rixensart. C’est en 1815 qu’ils sont réalisés dans certaines coupes du Bois du Héron. Le plan cadastral de P. C. Popp (1855) fait la distinction entre bois et sapinière. C’est ainsi que nous découvrons qu’un tiers du Bois du Héron (1) comprend des conifères. 

Au début du XXe siècle, la ‘route provinciale’ (actuelles avenues Franklin Roosevelt, John Kennedy et de Villefranche) reliant Bruxelles à Villers-la-Ville coupa le bois en deux. C’est à partir de ce moment que le bois fut progressivement démantelé, quadrillé de rues et loti … (2).

Lucienne Van Neck partage ses souvenirs : En 1924, il y avait des emplacements couverts de bruyère en face du Bois du Héron (…). Dans le Bois du Héron, divisé en terrains à bâtir, on pouvait, suivant la saison, y cueillir des fleurs diverses, anémones, ficaires, chèvrefeuille, jacinthes, des muguets également (…). Toutes les bruyères ont disparu ainsi que les genêts. La ‘route provinçiale’ était seulemen tracée, le sol de sable, et bordée des buissons sauvages, de mûriers (…). Cette route menait vers une large étendue de bois, de sapinières près de la ferme Anspach. En juillet, nous allions également y cueillir des myrtilles. Dans les sapinières poussaient de merveilleux champignons qui nous servaient de modèle pour nos dessins ‘d’après nature’ (3).

1777 | Carte Ferraris (4)
1911 | Sapinières à Bourgeois (Grande Bruyère), coll. Anne-Marie Delvaux


(1) Ce qui est aujourd’hui devenu parc communal était en réalité la tête nord de l’ancien Bois du Héron, le vivier Monseigneur, ainsi que quelques anciennes prairies et terres arables.
(2) SCHOUTERS Marianne (Cercle d’Histoire de Rixensart), Le parc communal : hier et aujourd’hui, in Rixensart – lnfo 156 de décembre 1995, p. 18 et 19
(3) BRION Liliane, Le Bois du Héron, son histoire
(4) de FERRARIS Joseph (comte), Carte de Cabinet des Pays-Bas autrichiens et de la Principauté de Liège (échelle 1:20 000), 1777 (en ligne sur Bibliothèque Royale de Belgique et rééditée en 2017 par les Editions Lannoo)

 

Les Sapinières, avenue de Merode

d5243-3797324715

début XXe siècle | Villa Les Sapinières – coll. Francis Broche

… au temps où les facteurs effectuaient leur tournée à pied (1), … dans l’actuelle avenue de Merode.

début XXe ↔ janvier 2019 © Monique D’haeyere

avant 1929 | Villa Les Sapinières, coll. Francis Broche

A gauche, la ligne vicinale longe l’avenue de Merode et descend vers le ‘Fond du Bois’. Ne distinguant pas de trace de troisième rail, on peut estimer la photo d’avant 1929, car un troisième rail fut placé en 1929 pour l’acheminement de wagons au gabarit des chemins de fer (écartement 1.435m) de la gare de Rixensart (2) vers les Soieries de Maransart (3). Ce rail fut enlevé en 1931 suite à la faillite de la soierie en 1930.

avant 1929 ↔ 2011 Avenue de Merode © Monique D’haeyere
Villa ‘La Sapinière’, coll. Jean-Louis Lebrun ↔ 2011 © Francis Broche


(1) CLEP, Cinquantième anniversaire du Cercle Local d’Education Populaire 1938-1988
(2) STEVENS Paul, De Braine-l’Alleud à Wavre … du temps du vicinal, Editions PRO-TRAM asbl, 12/1998
(3) Cercle de Généalogie et d’Histoire de Lasne, SA Les Soieries de Maransart

Sergent aviateur Robert Huens, ‘le Teuton’ de la ‘Three-Five-O’

2a4ce-03-thumb-1Robert Huens (1919-1945)

Le Sergent aviateur Robert Huens fut abattu par la ‘Flak’ (défense antiaérienne allemande) à Heckhalenfeld, près de la frontière belge, le 23 janvier 1945. II avait 25 ans (1).

Fils d’Alphonse Huens-Materne, Robert naquit à Rixensart le 12 septembre 1919 et y habita rue de la Station 8. Il était déjà membre de l’Aéronautique Militaire belge avant le début de la Seconde Guerre mondiale. En effet, élève-pilote appartenant à la ‘78e Promotion 01.09.1938 à Wevelghem’, il obtint le brevet élémentaire le 15 mai 1939 et le 18 août de la même année, le brevet militaire. En septembre 1939, il fut affecté à la 6/3/2Aé. La 2Aé, c’est la chasse avec douze ‘Hurricanes’ et des moins modernes, les ‘Gladiators’ et les Fiat. Ses terrains se situent à Schaffen et à Nivelles (2).

Le 10 mai 1940, il fut envoyé du Zoute à Vissenaeken (3) et subit le 13 mai suivant le bombardement de Vissenaeken. Il se replia sur Moerbeke-Waes. Le 14 mai, il fut détaché en renfort au 3 Aé à Aeltre, et le 18 du même mois il partit en France rejoindre le 2Aé à Frejorgues (Montpellier).

On sait également que Robert Huens rejoignit la Grande-Bretagne et qu’il fut incorporé à la Royal Air Force (matricule RAF 1899804) le 29 juillet 1943. A partir du 7 août 1943, il suivit une formation de pilote de chasse au R.A.F. College de Cranwell. On le retrouva le 31 janvier 1944 à la 5 (Pilot) Advanced Flying Unit à Ternhill. Dès le 3 avril 1944, ‘Bob’ compléta son entraînement à la 53 Operational Training Unit, basée à Kirton-in-Lindsey. Le 12 juin 1944, il fut affecté au 350 ‘Belgian’ Squadron de la R.A.F., la célèbre escadrille belge sur Spitfire, qui opéra depuis Westhampnett dans le West-Sussex. Dès août 1944, de nombreux pilotes du ‘Three – Five – O’ se distinguèrent en détruisant également de nombreuses bombes volantes V1.

eb5e8-1032628067-4-1

Les pilotes du 350 ‘Belgian’ Squadron de la Royal Air Force et un Spitfire Mark XIV + ‘Bob le Teuton’

En décembre 1944, l’escadrille déménagea en Belgique et fournit des patrouilles offensives pendant la Bataille des Ardennes. Lors d’une mission de reconnaissance (‘armed recce’), ‘Bob’ Huens, surnommé ‘Le Teuton’ par ses collègues pilotes, fut abattu le 23 janvier 1945 sur Spitfire Mk XIV n° NH711 par la défense anti-aérienne allemande, près de Saint-Vith.

Selon Albert De Cock (4), il se trouvait au centre d’une formation de trois Spitfires, quand son appareil fut touché par la flak au cours d’une mission de mitraillage d’une colonne allemande en retraite. Robert Bladt (5), qui le suivait, pense qu’il a été tué sur le coup. Son avion s’abat à Heckhalenfeld, près de la frontière belge. La famille est avisée que ‘son appareil a été abattu et qu’on espère qu’il ne lui est arrivé d’autre malheur que d’être fait prisonnier’. L’Ambassade belge à Londres a été informée de la mort de Robert Huens, en vue de prévenir les proches, mais elle ne donne pas suite et la famille est laissée dans l’attente et l’incertitude. C’est le 28 février 1946 seulement que les siens seront officiellement avisés du ‘décès présumé’ de Robert. La certitude n’en sera acquise qu’en mai 1947 grâce à l’intervention à Londres du comte de Laurens, chez qui Robert avait séjourné à Castelnaudary en 1942, mais l’avis officiel du Ministère de la Défense Nationale ne parviendra à la famille que le 27 novembre 1948 ! Le père de Robert se rendit sur la tombe de son fils, à Heckhalenfeld, et la trouva entretenue et fleurie par la femme du Bourgmestre de l’endroit, une maman qui espèra qu’on en aura fait autant pour ses deux fils disparus sur le front de l’Est. Après que les Anglais eurent regroupés les corps de leurs soldats tombés en Allemagne, autorisation fut donnée de rapatrier Robert Huens en Belgique.

52879-1015505979-1

Les funérailles religieuses et l’inhumation dans le caveau de famille à Rixensart eurent lieu le 18 avril 1949. Les honneurs militaires lui furent rendus par un détachement de la Force Aérienne belge (6).

Le 18 juin 1949, le Conseil communal de Rixensart décida de dénommer ‘Rue Aviateur Huens’ la partie de la rue de la Station comprise entre le pont du chemin de fer et la place Jefferys. Robert Huens était né au numéro 8 de la rue qui porte son nom » (5).


(1) BUFFIN Paul, Portrait des rues de l’ancienne commune de Rixensart, 1996
(2) LEVO Jean-Marie, Les sacrifiés du Canal Albert
(3) DILLIEN André, Promotions de pilotes militaires belges, Bruxelles, 2005-2010
(4) Robert Bladt, pilote de chasse et fondateur de la Patrouille des Diables Rouges, Rixensartois d’adoption
(5) DE COCK Albert, L’Adjudant-Aviateur Robert Huens, in Chroniques du Cercle d’Histoire de Rixensart, n° 19 d’août 1994, p. 3 à 5.
(6) légendes et sources iconographiques | photo 1 : Sergent aviateur Robert ‘Bob Le Teuton’Huens (album de feu Gaston Wardemer, propriétaire durant la guerre du restaurant belge ‘Chez Gaston’, à Londres / coll. André Bar – Musée Royal de l’Armée et d’Histoire Militaire de Bruxelles – Section Air et Espace) | photo 2 : Pilotes de la 350 ‘Belgian’ Squadron de la R.A.F. et un Spitfire Mark XIV (album de feu le Lieutenant-Général Aviateur e.r. Baron Michel ‘Mike’ Donnet D.F.C. / coll. André Bar – Musée Royal de l’Armée et d’Histoire Militaire de Bruxelles – Section Air et Espace) | photo 3 : Robert Huens, assis dans l’habitacle d’un Spitfire Mk V (album de feu Arthur Patiny / coll. André Bar – Musée Royal de l’Armée et d’Histoire Militaire de Bruxelles – Section Air et Espace) | photos 4 et 5 : cérémonies en la Maison communale de Rixensart et en l’église Sainte-Croix à Rixensart (coll. Cercle d’Histoire de Rixensart)
(7) cette notice de Rétro Rixensart a été rédigée avec l’aide de Mehdi Schneyders

Avenues des Sorbiers et des Pâquerettes, le Tienne Grand-Père le long du bois Grand-Mère

b9eb2-819442017

Villa située à l’angle des avenues des Sorbiers et des Pâquerettes à Rixensart, coll. Francis Broche

Au décès d’Anne-Henriette de Merode (1818-1904), épouse du comte Charles de Montalembert (1810-1870), ses quatre filles héritent 104 hectares de bois et de terres à Rixensart et au Bourgeois. En indivision, elles décident de valoriser leur patrimoine et fondent en 1907 la Société Immobilière de Rixensart. Entre les années 1910 et 1920, des terrains sont vendus et les ‘avenues’ sont tracées, que la commune nommera en 1921 : avenues de Montalembert, des Acacias et des Sorbiers (1).

f186f-1076312438

1928/1930 | Le nom ‘Les Pervenches’ se laisse deviner sur la façade de la villa, coll. Jean-Claude Renier

En 1922, l’avenue des Sorbiers est simplement bordée de sorbiers. Elle se termine en sentier et retrouve celui des Rossignols près des étangs. Jadis, ce n’était que le Tienne Grand-Père qui longeait le bois Grand-Mère, partie du bois du Héron (2).

Quant à l’avenue des Pâquerettes, bordée à l’époque de tilleuls, elle forme un arc de cercle qui limitait la propriété dite Bovy.

1927/1931 coll. Cedric Muscat ↔ 2010 © Monique D’haeyere

 

f17a8-1532020555

avant 1927 | Deux villas, sises aux n° 4 et 6 de l’avenue des Sorbiers à Rixensart, coll. Jean-Claude Renier

Les premières constructions se firent entre les années dix et trente. La crise qui suivit ralentit très fort le développement du site. Après la guerre 1940-1945, un nouvel essor fut donné au quartier (3).

rixensart - avenue des sorbiers (années 1920) coll jean-michel corbisier

avant 1928 | avenue des Sorbiers, coll. Jean-Michel Corbisier

Les villas sises aux n° 4, 6, 8, 13, 21 et 23 de l’avenue des Sorbiers ont pu être identifiées (voir photo-légende ci-après)

190117l rixensart - avenue des sorbiers (années 1920) coll jean-michel corbisier copie

 

1950 coll. Roger Mayné ↔ 2012 © Cedric Muscat

Cette photo fut prise en remontant le sentier venant de l’étang Gillet vers l’avenue des Sorbiers. A gauche, Roger Mayné en compagnie de ses amis.

1995 | Avenues des Pâquerettes (à gauche) et des Sorbiers (à droite)., coll. Anne-Marie Delvaux

6d1ca-3809449665

janvier 2015 © Monique D’haeyere


→ OBJECTIF RIXENSART | Avenue des Sorbiers + Avenue des Pâquerettes


(1) BUFFIN Paul, Portrait des rues de l’ancienne commune de Rixensart, 1996
(2) Ibid.
(3) Ibid.

Devoir de mémoire (Rixensart)

Durant la Seconde Guerre Mondiale, huit Rixensartois furent arrêtés par la Gestapo et fusillés. Sept le furent en janvier 1943, un ‘tomba’ (fusillé) le 3 septembre 1944. Onze autres résistants et un pilote militaire donnèrent également leur vie pour la Patrie.

Les Fusillés :

562B. Robert Boisacq

Robert Boisacq (1904-1943) | Né à Wavre le 26 novembre 1904. Droguiste (peintre en bâtiment à Rixensart), membre de la Résistance, époux de Louisa Flémal. Les Allemands ayant trouvé, lors de leur perquisition, un fusil caché dans un puits de son jardin, il fut arrêté le 17 décembre 1942 et fusillé à Breendonk le 6 janvier 1943 (1).

Sur sa carte de deuil il est écrit : « Il a obéi au devoir; il a souffert pour le devoir; il est mort pour le devoir. Le soldat qui donne sa vie pour défendre l’honneur de sa patrie et pour venger la justice violée accomplit un acte de charité qui a été béni par notre Seigneur lui-même : « Nous n’avons pas de meilleur moyen de pratiquer la charité que de donner notre vie pour ceux qui nous aimons » Jeunes gens, faites de votre vie l’hymne de votre gratitude fidèle envers ceux qui comme Robert Boisacq ont sacrifié tout le sang de leurs veines et tous les rêves de leur coeur avec la suprême joie et l’enthousiaste espoir de voir se lever derrière eux une jeunesse digne de reprendre en mains le drapeau aux trois couleurs rougi de leur sang ». La lecture se termine par une citation de Louis Veuillot : « Il n’y a pas de mort, il n’y a pas de séparation. Il n’y a qu’une absence qui peut finir demain. Nous pleurons mais nous aimons, nous souffrons mais nous croyons, nous ne sommes pas écrasés mais A GENOUX ».

Après la guerre, la commune modifia le nom de la rue du Pont en rue Robert Boisacq. Sa veuve Louisa Flémal continua l’exploitation de la droguerie, avenue de Merode, à l’endroit où se trouve le coiffeur Symens, y ajoute encore Jean-Claude Renier.

04967-2674166022Alphonse Collin (1909-1943) | Né à Léglise le 23 septembre 1909, employé communal à Rixensart, résistant. Il fut capturé et arrêté par l’occupant le 18 décembre 1942 et fusillé à Breendonk le 6 janvier 1943 (1).

Il est tombé, face à l’Allemand, dans une clairière silencieuse, loin de ceux qu’il aimait, sans avoir pu leur adresser un ultime adieu. Le soupir qui s’est échappé de sa poitrine brisée n’a été entendu de personne. Mais le souvenir de son immolation restera vivant dans le cœur de ses parents et dans la mémoire de ses innombrables amis, lit-on au verso de son faire-part de décès.

Une rue dans le centre de Rixensart porte son nom.

8b773-1699422151-1Albert Croy (1917-1943) | Né à Genval le 13 août 1917, domicilié à Rixensart. Il fut électricien aux Papeteries de Genval, résistant.

Son frère, Ernest, avait été assassiné à Genval, par un Allemand, agent des chemins de fer. Ce dernier avait traîné le corps sur la voie pour le faire déchiqueter et accréditer l’accident. Par vengeance, Albert s’engagea dans la résistance. Craignant les représailles de l’occupant, pour sa femme et son fils, et bien que connaissant le sort de ses amis de la résistance, arrêtés avant lui, il avait refusé de se réfugier dans la clandestinité (1).

Arrêté le 11 janvier 1943, il fut fusillé à Breendonk le 13 janvier 1943 et inhumé au Tir National à Schaerbeek dans l’Enclos des Fusillés.

La rue reliant l’avenue Franklin Roosevelt à Rochemur (Patch) porte son nom.

190106 deceuster denis coll eric de séjournetDeceuster Denis (1911-1943) | Né à Rixensart le 19 août 1911, domicilié rue du Patch 19 à Rixensart. Ouvrier aux Papeteries de Genval, il entra dans la résistance en 1942. Il fut arrêté le 8 janvier 1943 (1) et fusillé à Breendonk le 13 janvier 1943 et inhumé au Tir National à Schaerbeek dans l’Enclos des Fusillés. Une rue, – anciennement rue Neuve dans les années trente, dans le quartier de l’Athénée Royal de Rixensart porte son nom.

b84d5-270731080-1Edouard Dereume (1920-1943) | Né à Bruxelles le 20 novembre 1920, il habitait « l’ancienne ferme et café ‘Pagne’, rue du Viaduc 53. Il ne semblait pas faire partie du même mouvement de résistance que les autres (ndlr. fusillés rixensartois). Il était néanmoins en possession d’un fusil et de dynamite » (1). Arrêté le 9 janvier 1943, il fut fusillé à Breendonk le 13 janvier 1943.

La rue, – anciennement rue du Viaduc, reliant la Colline du Glain à Rochemur (Patch) porte son nom.

21.6 B LADRIERE MarcelMarcel Ladrière (1907-1943) | Né à Jumet le 21 juin 1907, combattant de 1940. Il fut employé aux Papeteries de Genval et épousa Celina Bierboom. Arraché de son foyer par la Gestapo à Genval le 19 décembre 1942, et fusillé à Bourg-Léopold (Source : souvenir pieux)  le 6 janvier 1943. Motif de l’exécution : otage (1). Le sentier reliant l’avenue des Combattants (Genval) à la Vallée de la Lasne porte son nom.

Le Conservateur du Museum Kamp van Beverlo, Sylvain Weuts, précise que Marcel Ladrière fit parti de l’Armée Secrète, et de la résistance secrète du 1er janvier 1941 au 6 janvier 1943.

Accompagné de Patrick Cannaerts (3), Etienne Bies s’est rendu en février 2014 au Gemeentebos à Hechtel (Bourg-Léopold) sur le lieu où Marcel Ladrière fut fusillé (tombe n° 165). « Entre 1945 et 1947, les corps des fusillés ont été déterrés. Certains ont été transférés vers la Citadelle de Liège ou vers le cimetière militaire de Leopoldsburg, d’autres vers leur village d’origine. Le corps de Marcel Ladrière ne se trouve ni à Liège, ni au cimetière militaire de Leopoldsburg ». On peut présumer que le corps de Marcel Ladrière fut transféré à Rixensart.

Ce diaporama nécessite JavaScript.

1945 | Camp de prisonniers à Bourg-Léopold, intérieur d’un baraquement pour prisonniers à Bourg-Léopold, lieu d’exécution au Gemeentebos à Hechtel (Bourg-Léopold), cimetière des fusillés au Gemeentebos à Hechtel, coll. Etienne Bies

4ba64-3989169693

Monument van de Weerstand (Gemeentebos à Hechtel, Leopoldsburg)
Montage photos février 2014 © Patrick Cannaerts

35115-2266086260-1

Marcel Tilquin (1903-1943) | Né à Rixensart le 7 février 1903, il y fut commerçant. Résistant durant la Seconde guerre mondiale, Marcel Tilquin fut fusillé le 6 janvier 1943 à Breendonk, parce qu’il ‘transportait et détenait des armes’ (1).

Une avenue dans le centre de Rixensart porte son nom.

albert mayné coll jcr0

Albert Mayné (1921-1944) | Né à Rixensart le 2 avril 1921, il tomba glorieusement pour la Belgique le dimanche 3 septembre 1944 à Chapelle-à-Oie. Son père tenait une quincaillerie, avenue de Merode à Rixensart, à l’emplacement de la pâtisserie Demaret. Il existait une autre quincaillerie Dedeyn à Rixensart, sise rue Aviateur Robert Huens (cfr Jean-Claude Renier).

Le rond-point devant l’ancienne gare de Rixensart porte son nom.

Les Résistants morts :

190106 beeckman l fusillés et résistants rixensartois juin 1943 coll. eric de séjournet9

Louis Beeckman | mort à Dachau (Bavière)

1063. André COLLART c JCRAndré Collart (1924-1944) | Né à Rixensart le 21 novembre 1924, résistant mort pour la Patrie le 3 septembre 1944. Une messe fut célébrée à sa mémoire en l’Eglise de Rixensart, le 31 octobre 1944. Sur la carte de deuil, son père écrivit : Mon petit André. Tu fus le Premier prisonnier de Rixensart en mai 1940. Tu es le Premier mort pour la délivrance. Si jeune tu avais droit à la Vie, mais tu as accompli ton devoir jusqu’au bout. Ta dernière pensée fut pour nous. Toutes les nôtres sont pour toi.

190106 craps a fusillés et résistants rixensartois juin 1943 coll. eric de séjournet0Albert Craps (1920-1944) (5)| Mort en Allemagne

190106 francart j fusillés et résistants rixensartois juin 1943 coll. eric de séjournet1Jean Francart (1926-1945) | Né à Rixensart le 28 décembre 1926, arrêté le 18 août 1944, mort à Blumenthal-Schützenhof (Brême) le 19 février 1945

190106 georis r fusillés et résistants rixensartois juin 1943 coll. eric de séjournet3Roger Georis

190106 mathy c fusillés et résistants rixensartois juin 1943 coll. eric de séjournet5Camille Mathy

5956d-1182976608-2Jean Herman | Mort à Lingen en Allemagne. A Rixensart, l’avenue Jean Hermant (sic) est nommée en sa mémoire. Sur le Monument aux Morts dédié aux fusillés et résistants rixensartois (3) son nom est orthographié Jean Herman (sans t donc).

190106 luyckx l fusillés et résistants rixensartois juin 1943 coll. eric de séjournet8Louis Luyckx

190106 margraff o fusillés et résistants rixensartois juin 1943 coll. eric de séjournet4Oscar Margraff (1922-1944)(5)| Mort au camp de concentration de Gross Rosen en Silésie

190106 paquet r fusillés et résistants rixensartois juin 1943 coll. eric de séjournet6Jules Paquet

190106 pirsoul j fusillés et résistants rixensartois juin 1943 coll. eric de séjournet7

Joseph Pirsoul (1911-1945)(5)

Les Militaires morts :

2a4ce-03-thumbRobert Huens (1919-1945) | Fils d’Alphonse Huens-Materne, Robert naquit à Rixensart le 12 septembre 1919 et y habita rue de la Station 8. Il était déjà membre de l’Aéronautique Militaire belge avant le début de la Seconde Guerre mondiale. Le Sergent aviateur Robert Huens fut abattu par la ‘Flak’ (défense antiaérienne allemande) à Heckhalenfeld, près de la frontière belge, le 23 janvier 1945. Il avait 25 ans (1). Le 18 juin 1949, le Conseil communal de Rixensart décida de dénommer ‘Rue Aviateur Huens’ la partie de la rue de la Station comprise entre le pont du chemin de fer et la place Jefferys (4). → RÉTRO RIXENSART | Sergent aviateur Robert Huens, le Teuton de la Three-Five-O

*

946bf-3683488728-1

1945/1947 | coll. Cercle d’Histoire de Rixensart

Cérémonie d’hommage au Château de Rixensart lors du rapatriement des corps des Rixensartois fusillés durant la Seconde Guerre mondiale. La date de cette cérémonie est inconnue et un compte-rendu manque.

*

180507 Fusillés et résistants rixensartois morts en service recommandé

1940-1945 | Fusillés et résistants rixensartois morts en service commandé, coll. Eric de Séjournet

Sur cette carte postale commémorative, les noms (par ordre alphabétique) et photos des fusillés et résistants qui, durant la Seconde Guerre mondiale, ont donné leur vie pour un monde meilleur, pour lutter contre l’ennemi, pour la liberté.

Sur le monument nos héros rixensartois sont répartis de la façon suivante, chaque nom étant précédé ou suivi d’une photo en médaillon : à gauche les Fusillés, et à droite les Résistants.


→ RÉTRO RIXENSARTMonument des Fusillés et des Résistants rixensartois
→ RÉTRO RIXENSARTMonument des Combattants de Rixensart
→ RÉTRO RIXENSART Devoir de mémoire (Bourgeois)
→ RÉTRO RIXENSART
Devoir de mémoire (Genval)
→ RÉTRO RIXENSARTDevoir de mémoire (Rosières)


(1) BUFFIN Paul, Portrait des rues de l’ancienne commune de Rixensart, 1996
(2) Le jeudi 7 janvier 1943, l’Oberfeldkommandatur de Bruxelles communique : « En expiation de l’assassinat commis le 31 décembre 1942 sur trois membres de l’armée allemande, et des agressions commises après le 24 décembre, à Bruxelles et dans les environs contre des citoyens belges, les 10 Terroristes suivants ont été fusillés : DUPREZ Pierre, ferblantier à Anderlecht ; DE VALLENS José, employé de commerce à Bruxelles ; VAN DEN HOUVEL Edmond-Léonard, serrurier à Bruxelles-Jette ; LANSEN André, garçon de café à Evere ; ANCART Alexandre, marchand de charbon à Genval ; TILQUIN Marcel, commerçant à Rixensart ; COLLIN Alphonse, employé communal à Rixensart ; ROUCHEAUX Georges, imprimeur à Genval ; LADRIERE Marcel, employé à Genval ; BOISACQ Robert, peintre en bâtiment à Rixensart » (extrait publié dans INTERNATIONAL MILITARY TRIBUNAL, Trial of the major war criminals before the International Military Tribunal of Nuremberg 14 november 1945 – 1 october 1946, Nuremberg, 1949, Volume XXXVII p. 377 et 378)
(3) dans le cimetière de Rixensart, rue de l’Institut
(4) DE COCK Albert, L’Adjudant-Aviateur Robert Huens, in Chroniques du Cercle d’Histoire de Rixensart, n° 19 d’août 1994, p. 3 à 5.
(5) Centre d’Etudes et de Documentation Guerre et Sociétés contemporaines (CEGESOMA)(avec l’aide de Mania Kozyreff)

↓ Documents et archives

Continuer la lecture de Devoir de mémoire (Rixensart)