Paul Terlinden, régisseur-bourgmestre

Paul Terlinden (1858-1935)
(coll. Commune de Rixensart)

Paul-François Terlinden, éc., naquit à Gand le 4 octobre 1858, fils de Charles, éc., président de Chambre à la Cour d’Appel de Bruxelles, et de Marie Blanquaert. Docteur en droit, il devint bourgmestre de Rixensart en 1884 (1).

Régisseur du domaine du comte de Merode, habitant le château de Rixensart pratiquement délaissé par ses propriétaires, il eut le plus long majorat de l’histoire contemporaine de Rixensart (2). Le cumul des fonctions de bourgmestre et de régisseur lui valurent les critiques du mouvement ouvrier, relayées par Paul Wynants, professeur émérite à l’Université de Namur (3) :

"L’influence de la famille des Merode, les principaux propriétaires fonciers de Rixensart est grande (...). Ce patrimoine englobe tous les bois situés dans les limites du village, la plupart des prairies bordant la Lasne et les autres cours d'eau, ainsi qu'une notable fraction des terres arables (...)".

Le leader socialiste Emile Vandervelde publia en 1898 une monographie critique sur Rixensart : "Le domaine de Rixensart est un exemple typique de ces propriétés d'origine féodale, assez rares aujourd'hui, qui appartiennent encore aux descendants, plus ou moins directs, des anciens seigneurs (...). La section tout entière [de Rixensart-village], sauf quelques insignifiantes parcelles, appartient aux Merode. Les propriétaires, absents, ont délégué leurs pouvoirs à un régisseur, avocat et bourgmestre, qui tient tout le village dans sa main. Les éléments étrangers, suspects de libéralisme, sont écartés avec un soin jaloux. Pour obtenir la moindre parcelle de terre, soit en propriété, soit à charge de rente annuelle, il faut montrer patte blanche. Les pauvres vivent sous la perpétuelle menace de se voir fermer, s'ils votent mal, l'accès des bois de monseigneur. Par contre, ceux qui sont bien notés jouissent de certains avantages. Quand ils se bâtissent une maison, on leur fournit le bois de charpente, gratuitement ou à très bon compte. On occupe, dans les bois ou dans les champs, à travailler aux chemins ou à étendre les bouses de vache sur les pâtures, assez bien de vieux ouvriers, repoussés de partout ailleurs. Quand ils deviennent tout à fait impotents, on leur donne des secours, voire même une petite pension de 20 francs par mois. Bref, nous trouvons en action, sur les terres de Rixensart, le système de protection et de dépendance dont Stuart Mill a fait si magistralement la critique (...). Les ouvriers qui n'ont pas de travail dépendent absolument du seigneur ou de son intendant : tandis que les habitants de La Hulpe ont le choix entre beaucoup de propriétaires, ceux de Rixensart, suivant l'expression d'un ouvrier de ce village, sont littéralement ‘attachés par la patte’. Sous peine d'être privés de la terre qu'ils cultivent et dont ils ont impérieusement besoin, ils doivent être, ou plutôt paraître, du même bord que l'unique propriétaire du village". 

Et Paul Wynants de poursuivre : "Qu'il y ait ou non pression sur la population, la famille de Merode exerce en tout cas une influence indéniable sur les autorités communales. En 1863-1864, le bourgmestre de Rixensart est un de ses principaux fermiers. Dans le dernier tiers du XIXe et au début du XXe siècle, les premiers magistrats de la localité, Jules Bosquet et Paul Terlinden, sont également régisseurs du domaine. Bien plus, la municipalité et la collectivité villageoise dépendent largement des ‘’bienfaits’ des châtelains (...). Mais la situaion socio-politique se complique à Rixensart. Le ’système de protection et de dépendance", mis en place jadis par la famille de Merode, est repoussé par certains habitants. Le régisseur-bourgmestre, Paul Terlinden, voit son autorité, jusqu'alors très étendue, remise en cause lors de scrutins locaux".

Emile Vandervelde rapporte à ce propos : "C'est ainsi qu'à Rixensart, aux élections communales de 1895, il s'en est fallu de bien peu, grâce au secret du vote, que la liste présentée par la Ligue ouvrière du Bourgeois ne l'emporte sur celle du bourgmestre. On nous disait même que les gens du village avaient voté contre ce dernier avec plus d'ensemble que ceux du hameau". La tension ne diminue pas au cours des années ultérieures : en 1899, un scrutin destiné à renouveler partiellement le conseil communal assure l'élection de trois socialistes et seulement de deux catholiques. En 1908, la zizanie s'installe au sein même de la majorité catholique. A en croire la supérieure du couvent de Rixensart, une partie des conseillers, que Paul Terlinden a fait lui-même élire quelques mois plus tôt, se retourne contre le bourgmestre. Ce dernier refuse tout compromis. S'il n'est pas suivi par les autres membres de la municipalité, il menace de fermer les écoles de Rixensart et du Bourgeois, ainsi que l'église de l'Exaltation de la Sainte-Croix, qui appartiennent aux Merode. Le ton monte entre les protagonistes de cette rivalité villageoise. Des conseillers osent dire à Paul Terlinden ce que beaucoup pensent, sans doute depuis des décennies : "Il y a trop longtemps que nous dépendons du comte de Merode. Nous ne voulons plus de ses classes, ni de son église".

"Une partie du conseil communal envisagea de fonder de nouvelles écoles, qui appartiendraient à la municipalité", rapporte in fine Paul Wynants.

Gendre de Jules Bosquet, à qui il succéda (ndlr. après le 3 juillet 1887) dans sa charge d’intendant du domaine, Paul Terlinden présida en 1902 aux travaux de consolidation du clocheton de l’église de Bourgeois.

La situation de la commune de Rixensart est toutefois loin d’être idéale en ce qui concerne l’alimentation en eau et l’état de la voirie (4). C’est ainsi qu’en 1906, ‘L’Union libérale’, journal hebdomadaire de l’arrondissement de Nivelles, critique avec virulence la politique du bourgmestre qu’elle qualifie ironiquement de ‘grand premier‘, d »illustre magistrat‘, de ‘gravure de mode‘ et de ‘potentat aux moustaches fines et artistement cirées‘. « Le maïeur est plus rare que les jours ensoleillés (…). Et dire que la commune marche (…) en pataugeant dans la boue (…). Les routes sont dans un état épouvantable (…). L’eau s’est absentée pendant plus de six semaines (…). Et comme il est aussi régisseur du château, on lui reproche d’être soumis à ses employeurs : « Un domestique en chef reste un domestique même s’il est aussi premier du village » (5) (6).

Les comptes-rendus des conseils communaux sont également des sources intéressantes. Celui du 20 mars 1915, par exemple : « Les ressources communales étant épuisées, c’est de ses deniers personnels que Monsieur le Bourgmestre a fait, depuis le commencement de la guerre, l’avance de tout ce que la Commune a à payer jusqu’au 15 mars (ndlr. 1915), charbon, bois, paille, lumière, fournis aux troupes allemandes, grains, farines, etc. et il a payé également de ses deniers les sommes dues à des tiers, au Comité national d’alimentation, les journées d’ouvriers et en général toutes autres dépenses. Ces avances se sont élevées à fr 28000, environ, mais par suite des subsides reçus du Comité national d’alimentation et d’autres recettes, sont actuellement ramenées au chiffre dont il sera parlé plus bas (…). Ce compte arrêté au 15 mars 1915, solde en sa faveur par fr 18000,81 ». La priorité du Conseil communal était d’éviter misère et famine à Rixensart-Froidmont et Bourgeois-Glain (7).

Paul Terlinden remplit la fonction de bourgmestre jusqu’en 1917, puis à nouveau du 20 décembre 1918 à 1921. Pourquoi cette interruption entre 1917 et 1918 ? C’est le journal néo-zélandais The Evening Star édité le 5 juin 1917 à Dunedin qui nous l’apprend (8) :

Emprisonnée pour avoir répliqué aux Allemands | Un Américain, écrivant une lettre du Havre à Chicago, relate une réplique, singulièrement acérée, adressée à un Allemand, ayant provoqué l'incarcération de l’auteur. Il raconte qu'un incident bien authentifié est survenu récemment lors d'une cour martiale allemande en Belgique. M. Paul Terlinden, bourgmestre de Rixensart, a comparu devant le tribunal, accusé d'avoir protégé un Français blessé, fait pour lequel il a été condamné à 12 mois de prison. Sa fille, la baronne De Coninck, une jeune femme mariée dont le mari (9) est au front, était présente au procès. Un officier allemand s'assit à côté d'elle en disant : «Je crois, Madame, je vous ai déjà rencontrée». La baronne De Coninck répondit : «Vous vous trompez. Je ne vous connais pas, monsieur». L'Allemand a persisté en disant : «Je me trompe peut-être, mais vous ressemblez beaucoup à une Anglaise que je connaissais bien». «Vous parlez évidemment de Miss Cavell», rétorqua la baronne. Pour cette réponse, elle fut condamnée à un mois de prison (traduction libre de l'anglais).

Le 28 novembre 1918, il devint parlementaire pour l’arrondissement de Nivelles en remplacement de Emile de Lalieux de la Rocq, décédé en exil à Onchy-Lausanne, le 7 septembre 1918, des suites d’une longue et pénible maladie contractée pendant sa captivité en Allemagne (10). Paul Terlinden occupa le mandat de député catholique jusqu’aux premières élections législatives d’après-guerre en novembre 1919.

Le 20 décembre 1918, Paul Terlinden « reprend sa place de bourgmestre, place qu’il avait dû quitter par ordre des boches » (11). Pendant son internement, les fonctions de bourgmestre furent assurées, de 1917 à 1918, par N. Walescotte, qui exploitait la ferme de Froidmont (12).

Pendant la Première Guerre mondiale, Valentine Bosquet (1862-1941)(13), l’épouse de Paul Terlinden, travaillait comme infirmière dans les hôpitaux militaires derrière la ligne de front. Le 21 avril 1919, le Conseil communal de Rixensart décida  » à l’unanimité d’adresser un télégramme de félicitations à Madame Terlinden qui est rentrée quelques jours à Bruxelles pour se reposer après plus de quatre années de service à l’armée belge où elle a rempli les fonctions d’infirmière avec dévouement admirable, sacrifiant sa vie et sa famille en s’exposant à tous les dangers du front pour soigner malades et blessés et en reconnaissance de quoi sa Majesté le Roi des Belges vient de la décorer de la Croix de Chevalier de l’Ordre de Léopold » (14).

Sur la photo ci-dessus provenant des archives de la Commune de Rixensart, Paul Terlinden est vêtu d’un habit-frac : grand costume en drap bleu du roi, doublé de soie blanche; collet droit; une rangée de neuf boutons en argent; broderies en argent. Culotte et gilet à une rangée de boutons, de casimir blanc; souliers à boucles d’argent. Chapeau à la française, à plumes blanches pour les bourgmestres, à plumes noires pour les échevins, avec ganse en argent à graine d’épinards et cocarde nationale. Epée droite le long de la cuisse (nacre et argent).

Lors du Conseil communal du 21 mai 1921, Paul Terlinden fit le bilan de l’exercice, félicitant « les conseillers élus du succès qu’ils ont obtenu, leur souhaitant la bienvenue, leur fait l’historique des mesures qu’a dû prendre l’ancienne administration durant la guerre, les œuvres qu’elle a créées, des travaux qu’elle a fait exécuter pour donner du travail et des ressources à la population. Il fait remarquer également que si les finances communales sont dans une situation très obérée, Rixensart jouit de tous les avantages des grandes villes, tram vicinal, eau, électricité, bonne voirie, qui donne une plus-value aux propriétés » (15).

En 1925, Paul Terlinden contribua financièrement à la transformation de l’église de Bourgeois (16).

Le 8 octobre 1927, il fut créé baron par le roi Albert Ier et décéda à Saint-Gilles (Bruxelles) le 11 avril 1935. Il est inhumé à Rixensart et son nom fut donné à une avenue rixensartoise, créée en 1933.


(1) VAN MOLLE Paul, Het Belgisch Parlement 1894-1969, N.V. Drukkerij Ersmus – Ledeberg-Gent, 1969, p. 314).
(2) de WALQUE André, Un siècle à Bourgeois (Rixensart) 1877-1977, Rixensart, 1977, p. 32-35
(3) WYNANTS Paul, Une fondation de la famille de Merode : l’école des filles de Rixensart, in Revue d’histoire religieuse du Brabant wallon, Vol.1988. T.II, Numéro 4, p. 253-282
(4) PINSON Colette, Rixensart et la Famille de Merode, in Chroniques du Cercle d’Histoire de Rixensart, n° 34 de septembre 2005, p. 52)
(5) Ibid.
(6) L’Union libérale du 21 janvier 1906, 3 juin 1906, 22 avril 1906, 21 octobre 1906, 9 juin 1907
(7) Rixensart Info d’avril 2014, p. 17
(8) THE EVENING STAR, 5h of June 1917 | Gaoled for retort to Germans | An American, penning a letter from Havre to Chicago, mentions a singularly sharp retort to a German, which caused the speaker incarceration in a gaol. He says that a well-authenticated incident which occurred recently during a German court martial in Belgium has just become known in Havre. M. Paul Terlinden, Burgomaster of Rixensart, appeared before the court, charged with shielding a wounded Frenchman, for which he was condemned to 12 months imprisonment. His daughter, Baroness De Coninck, a young married woman, whose husband is at the front, was present at the trial. A German officier sat down beside her, saying : « I believe, madame, I have met you before ». Baroness De Coninck replied : « You are mistaken; I don’t know you, sir ». The German persisted, saying : « Perhaps I am mistaken, but you greatly resemble an Englishwoman whom I knew well ». « Evidently you mean Miss Cavell », retorted the baroness. For this answer she was sentenced to one month in prison.
(9) Marie-Valentine Terlinden, ° Saint-Gilles 5 janvier 1891, † Bruxelles 1960, x Jean de Coninck de Merckem (baron), ° 29 avril 1890, †1979
(10) BEL MEMORIAL, de Lalieux de la Rocq Emile
(11) Rixensart Info d’avril 2014, p. 17
(12) de WALQUE André, Un siècle à Bourgeois (Rixensart) 1877-1977, Rixensart, 1977, p. 32-35
(13) Valentine Bosquet était la fille de Jules Bosquet (1833-1887), fondé de pouvoir de la comtesse de Montalembert, bourgmestre de Rixensart de 1870 à 1877.
(14) de WALQUE André, Un siècle à Bourgeois (Rixensart) 1877-1977, Rixensart, 1977, p. 32-35
(15) Rixensart Info d’avril 2014, p. 17
(16) de WALQUE André, Un siècle à Bourgeois (Rixensart) 1877-1977, Rixensart, 1977, p. 32-35

Villa Là-Haut, politique et cléricale

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Propriété J. De Becker, avenue Gevaert 145 à Genval, coll. Imelda De Thaey

Nommé par arrêté royal du 16 août 1907, Julien De Becker succéda à Jean-Baptiste Stouffs comme bourgmestre de Genval. Poursuivant la politique de construction entreprise par son prédécesseur, il fut, à Genval, le ‘bourgmestre-bâtisseur’. La plupart des bâtiments publics (1) réalisés dans la commune le furent sous son égide, durant l’immédiate avant-guerre 1914-1918. Négociant en vin, il s’intéressa à l’exploitation des Eaux minérales de Genval et fut présent dans la Compagnie fermière. Le 23 décembre 1926, il présida pour la dernière fois le Conseil communal (2).

La Villa Là-Haut fut ensuite occupée par les Frères Maristes.

Homme d’Eglise et pédagogue français (3), Marcellin Champagnat (1789-1840) fut le fondateur des Frères Maristes des Ecoles, dont la vocation était de promouvoir l’enseignement primaire dans les campagnes. Les Frères Maristes arrivèrent en Belgique en 1856 et furent surtout présents dans le Hainaut mais créèrent aussi différentes maisons dans le Brabant wallon, dont le collège Saint-Augustin à Genval. Celui-ci fut ouvert en 1949 avec l’aide de la fille du notaire Stévenart de La Hulpe, et épouse d’Auguste Lannoye, fondateur des Papeteries de Genval (4).

 

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1995/1999 © Hommes et Patrimoine ↔ mars 2013 © Monique D’haeyere

190815 Grotte Notre-Dame-de-Lourdes avenue Gevaert 11.2018 © Monique D'haeyere 0

2018 Grotte Notre-Dame-de-Lourdes, dans le parc du n° 145 © Monique D’haeyere


→ RÉTRO RIXENSART | Avenue Gevaert 172, siège d’une oeuvre missionnaire


(1) Presbytère de Genval, Maison communale de Genval
(2) GHYSSENS Roger, Genval-les-Eaux de 1895 à 1935, Editions de la Page, 2003
(3) Marcellin Champagnat fut proclamé Bienheureux par le Pape Pie XII le 29 mai 1955, jour de la Pentecôte.
(4) Revue d’Histoire religieuse du Brabant wallon, tome 12, fasc. 4, 1998

Lucien Dessy, médecin et bourgmestre

362B. Funérailles Dr Lucien Dessy mars 1947 Collection Dupuis Delbrassinne

Lucien Dessy (1872-1947), coll. Dupuis-Delbrassinne

Né en 1872, Lucien Dessy fut docteur en médecine, président du conseil d’administration des Papeteries de Genval et bourgmestre de Rixensart (1). Le Docteur Lucien Dessy fut bourgmestre de 1921 à 1940. Absent en 1940, il ne reprit son écharpe qu’en 1944 jusqu’en 1946 (2).

1921 | Lucien Dessy et Auguste Lannoye à Genval © Fonds Lannoye
août 1925 | Auguste Lannoye est fait ‘Chevalier de Saint-Grégoire’, distinction remise par l’Abbe Mottard en présence de Lucien Dessy © Fonds Lannoye
avant 1927 © Jean Lannoye (à droite) en visite chez les Dessy

Il fut proche d’Auguste Lannoye et participa à de nombreuses événements familiaux. Le docteur Dessy, compagnon d’étude, témoin des débuts difficiles, lui prêta l’entièreté de son modeste avoir à un moment où les risques encourus étaient réels et inquiétants. Il devint ‘l’ami de toujours’, écrit Luc Lannoye en 1978 dans ‘Regards sur le passé (4).

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avant 1947 | Devant les Pyramides … photo souvenir du voyage en Egypte du
Docteur Lucien Dessy, ancien bourgmestre de Rixensart, et de son épouse.
coll. Marcelle Dupuis

Il décéda le 13 mars 1947.

Il aimait trop la vie, ses chances et ses dons, pour ne pas redouter l’approche mystérieuse de la mort … Et pourtant, avec son exceptionnel diagnostic, il l’a vue venir, sans illusion ni amertume. C’est qu’il avait trouvé dans le sacrement des malades et le Saint Viatique, le courage de l’accepter et même de l’offrir avec la sérénité et la générosité du vrai chrétien. Seigneur, reçois-le en ton paradis et donne-lui la vie qui ne trompe plus. Car il a été perspicace et bon au chevet des malades, généreusement voué au service de la cité, fidèlement attaché aux petits enfants, à ses amis, aux siens… La charité fut sa meilleure prière. C’est ainsi que le village de Rixensart fit, en mars 1947, ses adieux au Docteur Lucien Dessy et qu’il organisa en grande pompe ses funérailles.

362. Funérailles Dr Lucien Dessy mars 1947 Collection Dupuis Delbrassinne

mars 1947 | Funérailles du Docteur Lucien Dessy, Place de la Vieille Taille, coll. Dupuis-Delbrassinne (voir les 24 photos > ‘Lire la suite’)

Bob Sentroul en fit un reportage que Herman Dupuis († 1985) a su conserver durant toutes ces années. Aujourd’hui, la famille Dupuis-Delbrassinne partage avec vous cet album de photos complet, un témoignage solennel. Ce dossier des funérailles du bourgmestre Lucien Dessy en mars 1947 contient 26 photos et est appelé à être complété. Si vous reconnaissez l’un ou l’autre personnage, merci de transmettre vos informations à eric.de.sejournet@gmail.com. Elles seront intégrées au fur et à mesure dans cette notice.

En 1949, le rond-point qui coupe l’avenue de Montalembert fut baptisé ‘square Dessy’.


(1) BUFFIN Paul, Portrait des rues de l’ancienne commune de Rixensart, 1996
(2) En 1940, Orner Mayné fit fonction de bourgmestre de Rixensart durant quelques mois. Le prince Félix de Merode assura l’interim dès la fin de 1940 jusqu’à son décès en 1943. Les occupants nommèrent alors M. Evrard, rexiste qui s’enfuit en septembre 1944 (3).
(3) Ibid.
(4) LANNOYE Luc, Regards sur le passé, 1978

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Affiches électorales d’antan

Notice mise en ligne sur Rétro Rixensart le 14 octobre 2018, après la fermeture des bureaux de vote 🙂

1938 Elections à Genval 16 octobre 1938 coll. Anne Fortemps

16 octobre 1938 | Tract électoral de l’Union Communale
(commune de Genval)
coll. Anne Fortemps

Extrait du tract

A tous les Genvalois

Les candidats de la liste de l’UNION COMMUNALE ont l’honneur de solliciter vos suffrages. Voici les principes fondamentaux qui régiront leur activité communale :

1. – S’inspirer de l’exemple du regretté Bourgmestre, Monsieur Auguste LANNOYE, pour se dévouer avec clairvoyance et désintéressement à la gestion du bien commun.
2. – Sauvegarder la situation financière, l’améliorer encore si possible, de façon à réduire les impôts communaux, qui sont déjà les plus bas du Brabant Wallon.
3. – Favoriser le commerce, le bâtiment et toutes les occasion de travail, en perfectionnant encore notre voirie et en attirant la clientèle extérieure.
4. – Veiller à ce que nos écoles continuent à procurer aux enfants une forte instruction ainsi que l’éducation morale et physique qui assureront leur avenir et la fierté de leurs familles.
5. – Tenir compte de toutes les revendications légitimes et de toutes les suggestions utiles, d’où qu’elles viennent, de façon à satisfaire les intérêts particuliers dans le cadre du bien général.

Ces principes fondamentaux seront appliqués par les élus de l’Union Communale au fur et à mesure des nécessités et des circonstances. Présenter un programme long et détaillé, cela ne coûte que l’encre pour l’écrire … Mais est-ce bien sage ?

A notre époque, il est plus prudent de faire chaque jour son possible avec loyauté et prévoyance, sans promettre tant et tant de choses qu’on pourrait être ensuite bien empêché de réaliser.

Le situation internationale (1) exige d’ailleurs le calme et la réflexion. Une campagne électorale agitée par des surenchères, des meetings, des débauches d’affiches serait, croyons-nous, très peu apprécié par la grande masse des électeurs.

Rétro Rixensart éditera ci-après les affiches électorales d’antan, que les Rixensartois, Genvalois et Rosiérois souhaiteront partager. Merci de la (les) transmettre par courriel à la rédaction de Rétro Rixensart.


(1) Actualités de septembre 1938 : état de siège proclamé dans les Sudètes, rencontre Hitler-Chamberlain, mobilisation générale en Tchécoslovaquie, conférence de Munich (accords de Munich) réunissant l’Allemagne, l’Italie, la France, et le Royaume-Uni, Mussolini donne son appui à Hitler, …

Léopold Gilson, bourgmestre de Rixensart

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« Régisseur des princes de Merode, agent immobilier, Léopold Gilson donna à la commune l’essor qu’on lui connaît actuellement», souligna Albert de Walque (XIX, p.34). Bourgmestre de Rixensart de 1953 à 1970, «il cumula tous les pouvoirs dans l’îlot féodal que fut le village du temps de la splendeur des princes de Merode », écrit Eric Meuwissen le 15 mars 2002 dans Le Soir (1).

« Léopold Gilson semblait prédestiné puisqu’il était né en 1906 dans l’ancienne maison communale place Albert Ier. Par la suite, il façonna la commune d’avant la fusion. Il était aussi le fondateur du Clair Logis (logement social) et c’est sous son maïorat que fut construite la maison de repos le Val du Héron, tandis qu’il lançait le dossier du complexe sportif ».

« Comme régisseur des Merode, Léopold Gilson avait succédé à son père en 1927. Il fit partie de la longue dynastie des régisseurs-bourgmestres catholiques de la famille. Jusqu’en 1920, les Merode ne résidaient pas à Rixensart. Ils déléguaient leur pouvoir à un régisseur. Il y en eut toute une série qui cumulèrent leurs fonctions avec celle de bourgmestre. Ainsi au XIXe siècle, le bourgmestre était un des principaux fermiers de la famille. C’était l’époque où les Merode contrôlaient 63 % de la superficie du village (537 ha!). Au siècle suivant, le régisseur-bourgmestre habite carrément le château. Paul Terlinden (1884-1917) (ndlr. : et bourgmestre de 1918 à 1921)(2) tient alors tout le village dans sa main. Et gare aux éléments suspects de libéralisme ou pire de… socialisme ».

« Avec le retrait de Léopold Gilson, les Merode perdirent leur dernier régisseur-bourgmestre et leur pouvoir sur cet îlot féodal que constitua longtemps la commune. Il faut dire que leur propriété s’est réduite au fil des lotissements successifs. Léopold Gilson se souvient que les Merode ont commencé à vendre à partir de 1930. Après la guerre, on a continué à beaucoup vendre (quartier du Beau Site, quartier Royale, RIT…) ».

En 2002, « il ne leur reste plus que… 140 ha sur Rixensart. A cela s’ajoute une centaine d’hectares sur Limal. Un espace sur lequel la famille rêva un moment de créer un golf de prestige ».


(1) MEUWISSEN Eric, Léopold Gilson, le dernier régisseur-bourgmestre des Merode, vient de décéder, in Le Soir, 15 mars 2002
(2) en 1917, Paul Terlinden fut arrêté et emprisonné par les Allemands

Ediles communaux en ripaille

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décembre 1972 | coll. Dupuis-Delbrassinne

Sur cette photo des édiles communaux en ripaille de décembre 1972, on reconnaîtra de gauche à droite: Joseph Verté, Armand Bonaventure, Armand Parent, Léopold Gilson, Marcel Gignon (avec un chapeau), Mr Conil (debout avec un chapeau) et Herman Dupuis (en bout de table). Herman Dupuis est le grand-père de Dominique Delbrassinne.

Je n’ai aucune idée de l’endroit où la fête s’est passée, sans doute dans une salle à Rixensart. Les Rixensart Information de l’époque ne relatent pas cet évènement, explique Jean-Claude Renier.