Éloi-Auguste Glibert, curé à Rixensart de 1854 à 1874

Eloi-Auguste Glibert naquit à Nivelles le 27 octobre 1816, fils de Jean-Baptiste, tailleur, et de Charlotte Godart. En septembre 1841, il fut nommé professeur au collège de la Haute-Colline à Louvain. En décembre de la même année, il fut ordonné prêtre à Malines. En septembre 1850, il fut nommé vicaire à Ohain. 

Quatre années plus tard, il est nommé curé à Rixensart le 29 décembre 1854 (1).

Lors d’une épidémie de choléra, en 1866, il soigna et réconforta les malades dont plus personne n’osait encore s’occuper. Il ensevelit les morts qu’il conduisit au cimetière dans sa brouette. Monseigneur Xavier de Merode, en séjour à Rixensart, l’aida dans cette triste besogne (2).

Il décéda dans sa paroisse le 19 mai 1874 en prononçant ces dernières paroles : J’adore la sainte volonté de Dieu et m’y soumets de grand coeur; je veux tout ce que veux cette adorable volonté et je le voudrai toujours, toujours. Une simple dalle lui sert de tombe au cimetière du centre de Rixensart, rue de l’Institut (3).

Avant 1954, l’actuelle avenue Curé Glibert avait été baptisée avenue Révérend Clément, un des successeurs de l’abbé Glibert. Il y avait eu confusion entre les deux noms, ce fut corrigé en 1953.


(1) Mon vieux Nivelles – Souvenirs mortuaires
(2) BUFFIN Paul, Portrait des rues de l’ancienne commune de Rixensart, 1996
(3) ROY Léon, Les cimetières de Rixensart, in Revue de l’histoire religieuse du Brabant wallon, 2002 (tome 16,  p. 114 à 119)

Paul Terlinden, régisseur-bourgmestre

Paul Terlinden (1858-1935)
(coll. Commune de Rixensart)

Paul-François Terlinden, éc., naquit à Gand le 4 octobre 1858, fils de Charles, éc., président de Chambre à la Cour d’Appel de Bruxelles, et de Marie Blanquaert. Docteur en droit, il devint bourgmestre de Rixensart en 1884 (1).

Régisseur du domaine du comte de Merode, habitant le château de Rixensart pratiquement délaissé par ses propriétaires, il eut le plus long majorat de l’histoire contemporaine de Rixensart (2). Le cumul des fonctions de bourgmestre et de régisseur lui valurent les critiques du mouvement ouvrier, relayées par Paul Wynants, professeur émérite à l’Université de Namur (3) :

"L’influence de la famille des Merode, les principaux propriétaires fonciers de Rixensart est grande (...). Ce patrimoine englobe tous les bois situés dans les limites du village, la plupart des prairies bordant la Lasne et les autres cours d'eau, ainsi qu'une notable fraction des terres arables (...)".

Le leader socialiste Emile Vandervelde publia en 1898 une monographie critique sur Rixensart : "Le domaine de Rixensart est un exemple typique de ces propriétés d'origine féodale, assez rares aujourd'hui, qui appartiennent encore aux descendants, plus ou moins directs, des anciens seigneurs (...). La section tout entière [de Rixensart-village], sauf quelques insignifiantes parcelles, appartient aux Merode. Les propriétaires, absents, ont délégué leurs pouvoirs à un régisseur, avocat et bourgmestre, qui tient tout le village dans sa main. Les éléments étrangers, suspects de libéralisme, sont écartés avec un soin jaloux. Pour obtenir la moindre parcelle de terre, soit en propriété, soit à charge de rente annuelle, il faut montrer patte blanche. Les pauvres vivent sous la perpétuelle menace de se voir fermer, s'ils votent mal, l'accès des bois de monseigneur. Par contre, ceux qui sont bien notés jouissent de certains avantages. Quand ils se bâtissent une maison, on leur fournit le bois de charpente, gratuitement ou à très bon compte. On occupe, dans les bois ou dans les champs, à travailler aux chemins ou à étendre les bouses de vache sur les pâtures, assez bien de vieux ouvriers, repoussés de partout ailleurs. Quand ils deviennent tout à fait impotents, on leur donne des secours, voire même une petite pension de 20 francs par mois. Bref, nous trouvons en action, sur les terres de Rixensart, le système de protection et de dépendance dont Stuart Mill a fait si magistralement la critique (...). Les ouvriers qui n'ont pas de travail dépendent absolument du seigneur ou de son intendant : tandis que les habitants de La Hulpe ont le choix entre beaucoup de propriétaires, ceux de Rixensart, suivant l'expression d'un ouvrier de ce village, sont littéralement ‘attachés par la patte’. Sous peine d'être privés de la terre qu'ils cultivent et dont ils ont impérieusement besoin, ils doivent être, ou plutôt paraître, du même bord que l'unique propriétaire du village". 

Et Paul Wynants de poursuivre : "Qu'il y ait ou non pression sur la population, la famille de Merode exerce en tout cas une influence indéniable sur les autorités communales. En 1863-1864, le bourgmestre de Rixensart est un de ses principaux fermiers. Dans le dernier tiers du XIXe et au début du XXe siècle, les premiers magistrats de la localité, Jules Bosquet et Paul Terlinden, sont également régisseurs du domaine. Bien plus, la municipalité et la collectivité villageoise dépendent largement des ‘’bienfaits’ des châtelains (...). Mais la situaion socio-politique se complique à Rixensart. Le ’système de protection et de dépendance", mis en place jadis par la famille de Merode, est repoussé par certains habitants. Le régisseur-bourgmestre, Paul Terlinden, voit son autorité, jusqu'alors très étendue, remise en cause lors de scrutins locaux".

Emile Vandervelde rapporte à ce propos : "C'est ainsi qu'à Rixensart, aux élections communales de 1895, il s'en est fallu de bien peu, grâce au secret du vote, que la liste présentée par la Ligue ouvrière du Bourgeois ne l'emporte sur celle du bourgmestre. On nous disait même que les gens du village avaient voté contre ce dernier avec plus d'ensemble que ceux du hameau". La tension ne diminue pas au cours des années ultérieures : en 1899, un scrutin destiné à renouveler partiellement le conseil communal assure l'élection de trois socialistes et seulement de deux catholiques. En 1908, la zizanie s'installe au sein même de la majorité catholique. A en croire la supérieure du couvent de Rixensart, une partie des conseillers, que Paul Terlinden a fait lui-même élire quelques mois plus tôt, se retourne contre le bourgmestre. Ce dernier refuse tout compromis. S'il n'est pas suivi par les autres membres de la municipalité, il menace de fermer les écoles de Rixensart et du Bourgeois, ainsi que l'église de l'Exaltation de la Sainte-Croix, qui appartiennent aux Merode. Le ton monte entre les protagonistes de cette rivalité villageoise. Des conseillers osent dire à Paul Terlinden ce que beaucoup pensent, sans doute depuis des décennies : "Il y a trop longtemps que nous dépendons du comte de Merode. Nous ne voulons plus de ses classes, ni de son église".

"Une partie du conseil communal envisagea de fonder de nouvelles écoles, qui appartiendraient à la municipalité", rapporte in fine Paul Wynants.

Gendre de Jules Bosquet, à qui il succéda (ndlr. après le 3 juillet 1887) dans sa charge d’intendant du domaine, Paul Terlinden présida en 1902 aux travaux de consolidation du clocheton de l’église de Bourgeois.

La situation de la commune de Rixensart est toutefois loin d’être idéale en ce qui concerne l’alimentation en eau et l’état de la voirie (4). C’est ainsi qu’en 1906, ‘L’Union libérale’, journal hebdomadaire de l’arrondissement de Nivelles, critique avec virulence la politique du bourgmestre qu’elle qualifie ironiquement de ‘grand premier‘, d »illustre magistrat‘, de ‘gravure de mode‘ et de ‘potentat aux moustaches fines et artistement cirées‘. « Le maïeur est plus rare que les jours ensoleillés (…). Et dire que la commune marche (…) en pataugeant dans la boue (…). Les routes sont dans un état épouvantable (…). L’eau s’est absentée pendant plus de six semaines (…). Et comme il est aussi régisseur du château, on lui reproche d’être soumis à ses employeurs : « Un domestique en chef reste un domestique même s’il est aussi premier du village » (5) (6).

Les comptes-rendus des conseils communaux sont également des sources intéressantes. Celui du 20 mars 1915, par exemple : « Les ressources communales étant épuisées, c’est de ses deniers personnels que Monsieur le Bourgmestre a fait, depuis le commencement de la guerre, l’avance de tout ce que la Commune a à payer jusqu’au 15 mars (ndlr. 1915), charbon, bois, paille, lumière, fournis aux troupes allemandes, grains, farines, etc. et il a payé également de ses deniers les sommes dues à des tiers, au Comité national d’alimentation, les journées d’ouvriers et en général toutes autres dépenses. Ces avances se sont élevées à fr 28000, environ, mais par suite des subsides reçus du Comité national d’alimentation et d’autres recettes, sont actuellement ramenées au chiffre dont il sera parlé plus bas (…). Ce compte arrêté au 15 mars 1915, solde en sa faveur par fr 18000,81 ». La priorité du Conseil communal était d’éviter misère et famine à Rixensart-Froidmont et Bourgeois-Glain (7).

Paul Terlinden remplit la fonction de bourgmestre jusqu’en 1917, puis à nouveau du 20 décembre 1918 à 1921. Pourquoi cette interruption entre 1917 et 1918 ? C’est le journal néo-zélandais The Evening Star édité le 5 juin 1917 à Dunedin qui nous l’apprend (8) :

Emprisonnée pour avoir répliqué aux Allemands | Un Américain, écrivant une lettre du Havre à Chicago, relate une réplique, singulièrement acérée, adressée à un Allemand, ayant provoqué l'incarcération de l’auteur. Il raconte qu'un incident bien authentifié est survenu récemment lors d'une cour martiale allemande en Belgique. M. Paul Terlinden, bourgmestre de Rixensart, a comparu devant le tribunal, accusé d'avoir protégé un Français blessé, fait pour lequel il a été condamné à 12 mois de prison. Sa fille, la baronne De Coninck, une jeune femme mariée dont le mari (9) est au front, était présente au procès. Un officier allemand s'assit à côté d'elle en disant : «Je crois, Madame, je vous ai déjà rencontrée». La baronne De Coninck répondit : «Vous vous trompez. Je ne vous connais pas, monsieur». L'Allemand a persisté en disant : «Je me trompe peut-être, mais vous ressemblez beaucoup à une Anglaise que je connaissais bien». «Vous parlez évidemment de Miss Cavell», rétorqua la baronne. Pour cette réponse, elle fut condamnée à un mois de prison (traduction libre de l'anglais).

Le 28 novembre 1918, il devint parlementaire pour l’arrondissement de Nivelles en remplacement de Emile de Lalieux de la Rocq, décédé en exil à Onchy-Lausanne, le 7 septembre 1918, des suites d’une longue et pénible maladie contractée pendant sa captivité en Allemagne (10). Paul Terlinden occupa le mandat de député catholique jusqu’aux premières élections législatives d’après-guerre en novembre 1919.

Le 20 décembre 1918, Paul Terlinden « reprend sa place de bourgmestre, place qu’il avait dû quitter par ordre des boches » (11). Pendant son internement, les fonctions de bourgmestre furent assurées, de 1917 à 1918, par N. Walescotte, qui exploitait la ferme de Froidmont (12).

Pendant la Première Guerre mondiale, Valentine Bosquet (1862-1941)(13), l’épouse de Paul Terlinden, travaillait comme infirmière dans les hôpitaux militaires derrière la ligne de front. Le 21 avril 1919, le Conseil communal de Rixensart décida  » à l’unanimité d’adresser un télégramme de félicitations à Madame Terlinden qui est rentrée quelques jours à Bruxelles pour se reposer après plus de quatre années de service à l’armée belge où elle a rempli les fonctions d’infirmière avec dévouement admirable, sacrifiant sa vie et sa famille en s’exposant à tous les dangers du front pour soigner malades et blessés et en reconnaissance de quoi sa Majesté le Roi des Belges vient de la décorer de la Croix de Chevalier de l’Ordre de Léopold » (14).

Sur la photo ci-dessus provenant des archives de la Commune de Rixensart, Paul Terlinden est vêtu d’un habit-frac : grand costume en drap bleu du roi, doublé de soie blanche; collet droit; une rangée de neuf boutons en argent; broderies en argent. Culotte et gilet à une rangée de boutons, de casimir blanc; souliers à boucles d’argent. Chapeau à la française, à plumes blanches pour les bourgmestres, à plumes noires pour les échevins, avec ganse en argent à graine d’épinards et cocarde nationale. Epée droite le long de la cuisse (nacre et argent).

Lors du Conseil communal du 21 mai 1921, Paul Terlinden fit le bilan de l’exercice, félicitant « les conseillers élus du succès qu’ils ont obtenu, leur souhaitant la bienvenue, leur fait l’historique des mesures qu’a dû prendre l’ancienne administration durant la guerre, les œuvres qu’elle a créées, des travaux qu’elle a fait exécuter pour donner du travail et des ressources à la population. Il fait remarquer également que si les finances communales sont dans une situation très obérée, Rixensart jouit de tous les avantages des grandes villes, tram vicinal, eau, électricité, bonne voirie, qui donne une plus-value aux propriétés » (15).

En 1925, Paul Terlinden contribua financièrement à la transformation de l’église de Bourgeois (16).

Le 8 octobre 1927, il fut créé baron par le roi Albert Ier et décéda à Saint-Gilles (Bruxelles) le 11 avril 1935. Il est inhumé à Rixensart et son nom fut donné à une avenue rixensartoise, créée en 1933.


(1) VAN MOLLE Paul, Het Belgisch Parlement 1894-1969, N.V. Drukkerij Ersmus – Ledeberg-Gent, 1969, p. 314).
(2) de WALQUE André, Un siècle à Bourgeois (Rixensart) 1877-1977, Rixensart, 1977, p. 32-35
(3) WYNANTS Paul, Une fondation de la famille de Merode : l’école des filles de Rixensart, in Revue d’histoire religieuse du Brabant wallon, Vol.1988. T.II, Numéro 4, p. 253-282
(4) PINSON Colette, Rixensart et la Famille de Merode, in Chroniques du Cercle d’Histoire de Rixensart, n° 34 de septembre 2005, p. 52)
(5) Ibid.
(6) L’Union libérale du 21 janvier 1906, 3 juin 1906, 22 avril 1906, 21 octobre 1906, 9 juin 1907
(7) Rixensart Info d’avril 2014, p. 17
(8) THE EVENING STAR, 5h of June 1917 | Gaoled for retort to Germans | An American, penning a letter from Havre to Chicago, mentions a singularly sharp retort to a German, which caused the speaker incarceration in a gaol. He says that a well-authenticated incident which occurred recently during a German court martial in Belgium has just become known in Havre. M. Paul Terlinden, Burgomaster of Rixensart, appeared before the court, charged with shielding a wounded Frenchman, for which he was condemned to 12 months imprisonment. His daughter, Baroness De Coninck, a young married woman, whose husband is at the front, was present at the trial. A German officier sat down beside her, saying : « I believe, madame, I have met you before ». Baroness De Coninck replied : « You are mistaken; I don’t know you, sir ». The German persisted, saying : « Perhaps I am mistaken, but you greatly resemble an Englishwoman whom I knew well ». « Evidently you mean Miss Cavell », retorted the baroness. For this answer she was sentenced to one month in prison.
(9) Marie-Valentine Terlinden, ° Saint-Gilles 5 janvier 1891, † Bruxelles 1960, x Jean de Coninck de Merckem (baron), ° 29 avril 1890, †1979
(10) BEL MEMORIAL, de Lalieux de la Rocq Emile
(11) Rixensart Info d’avril 2014, p. 17
(12) de WALQUE André, Un siècle à Bourgeois (Rixensart) 1877-1977, Rixensart, 1977, p. 32-35
(13) Valentine Bosquet était la fille de Jules Bosquet (1833-1887), fondé de pouvoir de la comtesse de Montalembert, bourgmestre de Rixensart de 1870 à 1877.
(14) de WALQUE André, Un siècle à Bourgeois (Rixensart) 1877-1977, Rixensart, 1977, p. 32-35
(15) Rixensart Info d’avril 2014, p. 17
(16) de WALQUE André, Un siècle à Bourgeois (Rixensart) 1877-1977, Rixensart, 1977, p. 32-35

Jean Vanden Eeckhoudt (1875-1946), artiste peintre rixensartois

Jean Vanden Eeckhoudt et sa femme

1946 | Portrait du peintre Jean Vanden Eeckhoudt et de sa femme Jeanne
Huile sur toile – Don de Mme Jean Vanden Eeckhoudt et de ses enfants (Bourgeois-Rixensart, 1947)

Paul Delvaux, Jean-Marie Bertrand, Pierre Paulus, Jack Jefferys, Jean-Jacques Dopagne, Paul Smars, Henriette et Alice Ronner. Rixensart, n’aurait-il pas été un petit Laethem-Saint-Martin, sans le savoir, si aux peintres déjà cités on ajoute Jean Milo, James Thiriar et Jean Vanden Eeckhoudt ? (1)

Jean Vanden Eeckhoudt résida depuis la fin des années trente au n° 35 de la rue Haute à Bourgeois (2).

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2020 | Rue Haute 35 à Bourgeois-Rixensart © Phil Edengarden

Né à Bruxelles dans une famille d’artistes, Jean Vanden Eeckhoudt y fait ses études sous la direction de son oncle Isidore Verheyden et du peintre français Blanc-Garin. D’abord néo-impressionniste, ‘Vanden’, comme l’appelaient ses amis, se lie d’une étroite amitié avec Théo Van Rysselberghe, un des principaux représentants du pointillisme en Belgique. En découvrant la lumière dans le Midi de la France, l’artiste use de couleurs vives et contrastées, il simplifie les formes et se rapproche de l’école fauve. Il se rapproche d’Henri Matisse, de Simon Bussy et d’André Gide. À partir de 1915 et ce pendant plus de vingt années, Jean ‘Vanden’ travaille dans le Midi (3)(4). 

Alors qu’il peint le portrait de Catherine Gide (1935), ‘Vanden’ atteint de cataracte, perd complètement la vue d’un œil. L’autre œil est menacé. Il rentre définitivement en Belgique en 1937 afin de permettre à son épouse Jeanne, malade, d’être mieux soignée. Il se fixe à Bourgeois-Rixensart. C’est aussi l’occasion pour lui de retrouver tous ses anciens amis. Il se tourne vers le portrait, explorant la nature humaine et exprimant la vie profonde du personnage (5).

Jean Vanden Eeckhoudt cimetière de Bourgeois 4.2020 © Phil Edengarden 0 

2020 © Phil Edengarden

Jean Vanden Eeckhoudt décède en septembre 1946 et est inhumé au cimetière de Bourgeois.


(1) BUFFIN Paul, Portrait des rues de l’ancienne commune de Rixensart, 1996
(2) Ibid.
(3) Wikipedia
(4) Le Soir du 24 avril 2008
(5) Lancz Gallery
(6) Photo | Musées royaux des Beaux-Arts de Belgique

François-Auguste Gevaert, compositeur

Francois-Auguste GevaertFrançois-Auguste Gevaert (1828-1908), compositeur et musicologue belge, fut directeur de la musique à l’Opéra de Paris (1867-1870) puis directeur du Conservatoire de musique de Bruxelles (1). Il fit construire au début du XXe siècle la villa Chantecler (2) dans l’avenue, qui aujourd’hui porte son nom (3).

Dans une lettre datée du 22 août 1905 (4) et adressée à Maurice Emmanuel, il écrit : (…) Quant à moi, je suis resté tout seul, à la campagne à Genval. J’ai ici la solitude désirée pour achever mon traité d’harmonie et le loisir que me donnent mes courtes vacances. 

Maître de Chapelle de S.M. le Roi Léopold II, il composa en 1905 ‘Vers l’Avenir. L’Expansion belge’, un chant national pour voix d’homme avec accompagnement d’un choeur d’hommes. ‘Vers l’Avenir’ fut aussi l’hymne national du Congo belge (5).

FA Gevaert gravure coll Marc Pelsser

F-A Gevaert, coll Marc Pelsser

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Quelques oeuvres musicales de F-A Gevaert (8), coll Marc Pelsser

François-Auguste Gevaert et Vers l'Avenir

Rétro Rixensart recherche une ancienne photo de la villa Chantecler.


→ WIKIPEDIA | Courte biographie de François-Auguste Gevaert
→ IMSLP Bibliothèque Musicale Petrucci | Compositions de François-Auguste Gevaert
→ RÉTRO RIXENSART | Chantecler, siège d’une oeuvre missionnaire


(1) Service Commun de la Documentation de l’Université de Strasbourg
(2) Marc Pelsser y a habité quelques années. Il commente : Vous trouverez un buste de FA Gevaert dans la cour du Conservatoire Royal de Bruxelles (juste en haut du Sablon – rue de la Régence). Un CD avait été édité en 2008 à l’occasion du centenaire de son décès.
(3) CERCLE D’HISTOIRE DE RIXENSART, Eléments d’histoire de La Place communale de Genval du 18e au 20e siècle, in Chroniques n° 36, septembre 2008
(4) Académie Royale des sciences, des lettres et des beaux-arts de Belgique, Nouvelle Biographie Nationale – Volume 1, 1988
(5) WIKIPEDIA, Vers l’Avenir
(6) WIKIMEDIA, photo 1 de François-Auguste Gevaert, coll. Notenquester
(7) WIKIMEDIA, photo 2 de François-Auguste Gevaert, coll. Matthieu
(8) FA GEVAERT, Missa solemnis pro defunctis (Requiem)

Sur les traces de l’enseignement au Bourgeois

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1906 | La Place et, à droite, l’école de Bourgeois, coll. Jean-Claude Renier

Sur la place de Bourgeois, l’école dite des filles pendant très longtemps, fut fondée en 1879, à l’initiative du comte Xavier de Merode (1).

En 1879, la loi Van Humbeek, d’inspiration libérale, institue l’école primaire publique, neutre et laïque, placée sous son contrôle. La très catholique commune de Rixensart se prépare à résister de toute son énergie (2).

En 1881, le Ministère de l’Instruction Publique propose la création d’une école communale mixte au Bourgeois. La polémique est engagée. Tergiversations, atermoiements et autres manoeuvres (…) se succèdent pour rejeter continuellement les mesures décrétées par l’autorité supérieure. Cela durera trois ans et n’attestera ni la bonne foi ni le respect de la chose publique des dirigeants communaux (3).

La commune argue de la cherté du projet et de la pauvreté de sa trésorerie (…) et craint que les hameaux du Glain et de Froidmont exigent aussi une école, à l’exemple du Bourgeois, ce qui s’avérerait encore plus coûteux et exorbitant. L’ultime argument, qui est opposé à l’autorité supérieure, est la possibilité de créer une voie de communication entre le Bourgeois et Rixensart. On refuse l’école et on la remplace par une rue, telle est la proposition. Ce chemin permettrait aux enfants du Bourgeois de se rendre sans difficulté à l’école du ‘Centre’ c’est-à-dire, Place communale ou de la Vielle Taille actuelle. Enfin, la commune baisse sa garde en 1883, mais l’idée de ce qui deviendra l’avenue de Merode a germé de la résistance des conseillers communaux aux exigences légitimes de l’Etat (4).

Le 17 septembre 1890, le Conseil communal retire l’adoption de l’école mixte de Bourgeois et la déclare école communale … vu l’importance de la population du hameau de Bourgeois s’élevant à environ 800 habitants, ainsi que la distance d’environ 30 minutes en moyenne que ceux-ci ont à parcourir pour se rendre à l’école communale (5).

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vers 1890 | Famille Taburiaux de Bourgeois, coll. Elisabeth Taburiaux

Edouard Taburiaux était instituteur, Joséphine Desteinbachberick, institutrice, tous deux à l’école publique de Bourgeois vers les années 1890, raconte leur petite-fille Elisabeth Taburiaux (et fille de Joseph). Sur la photo de famille, on retrouve leurs quatre enfants, (de gauche à droite) : Adélie (la plus jeune), Gaston, Marie (la plus âgée) et René. Né neuf ans après Adélie, Joseph ne figure pas sur la photo. 

Le 24 décembre 1896, l’Ecole communale mixte du hameau de Bourgeois est convertie en une école de garçons avec instituteur et en une école de filles avec institutrice (6).

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M. Vandercamme, instituteur en chef à l’Ecole de Bourgeois, coll. Paul Gilson

Ecole de Bourgeois

1912 | Classe de M. Boulet de l’Ecole communale de Bourgeois, coll. Elisabeth Taburiaux

Sur cette photo, Joseph Taburiaux se trouve au 2e rang à droite.

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1914/1921 | Un coin de Bourgeois et la ligne vicinale reliant Waterloo à Wavre
(ligne qui sera électrifié après 1932), coll. Jean-Claude Renier

L’école de la place Cardinal Mercier devenait trop exiguë pour la population écolière. Une école communale fut construite rue Lambermont. Elle ne comprenait que deux classes, un préau et, bien sûr, comme le voulait l’époque, une maison pour le maître, chef d’école (7).

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Vue sur l’arrière de l’Ecole communale des garçons de Bourgeois, coll. Jean-Louis Lebrun

L’école destinée aux garçons et fut achevée en 1914. Ses premiers occupants ne furent pas les gamins du village mais les Allemands qui s’y arrêtèrent dans leur marche vers l’Yser. L’école fut agrandie en trois phases 1975, 1979, 1983 (8).

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1922 | coll. Francis Broche

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1923 | coll. Francis Broche & Jean-Louis Lebrun ↔ 2011 © Francis Broche

Sur la photo datant de 1923, on aperçoit de part et d’autre de l’école, deux maisons en construction. Sur l’avant-plan la ligne vicinale qui reliait Waterloo à Wavre (WaWa), au centre l’Ecole communale de Bourgeois (rue Lambermont n° 12) et au loin le clocher de l’église Saint François-Xavier.

Ecole communale des garçons, coté rue Lambermont
Dessin coll. Cercle d’Histoire de Rixensart ↔ 2016 © Monique D’haeyere

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1940/1950 | Ecole Communale des filles de Bourgeois, Place Cardinal Mercier
coll. Jean-Claude Mercier

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1959 | Dessin coll. Jean-Claude Renier
vers 1997 © Josette Verbois-Thonnard
2013 © Cedric Muscat


(1) BUFFIN Paul, Portrait des rues de l’ancienne commune de Rixensart, 1996
(2) Ibid.
(3) CLEP, Cinquantième anniversaire du Cercle Local d’Education Populaire de Rixensart 1938-1988, 1988, p. 33.
(4) BUFFIN Paul, Portrait des rues de l’ancienne commune de Rixensart, 1996
(5) située sur l’actuelle place de la Vieille Taille
(6) STORMACQ Hubert, Regards sur le passé de Rixensart-Bourgeois, juin 1960
(7) BUFFIN Paul, Portrait des rues de l’ancienne commune de Rixensart, 1996
(8) Ibid.

Lucien Dessy, médecin et bourgmestre

362B. Funérailles Dr Lucien Dessy mars 1947 Collection Dupuis Delbrassinne

Lucien Dessy (1872-1947), coll. Dupuis-Delbrassinne

Né en 1872, Lucien Dessy fut docteur en médecine, président du conseil d’administration des Papeteries de Genval et bourgmestre de Rixensart (1). Le Docteur Lucien Dessy fut bourgmestre de 1921 à 1940. Absent en 1940, il ne reprit son écharpe qu’en 1944 jusqu’en 1946 (2).

1921 | Lucien Dessy et Auguste Lannoye à Genval © Fonds Lannoye
août 1925 | Auguste Lannoye est fait ‘Chevalier de Saint-Grégoire’, distinction remise par l’Abbe Mottard en présence de Lucien Dessy © Fonds Lannoye
avant 1927 © Jean Lannoye (à droite) en visite chez les Dessy

Il fut proche d’Auguste Lannoye et participa à de nombreuses événements familiaux. Le docteur Dessy, compagnon d’étude, témoin des débuts difficiles, lui prêta l’entièreté de son modeste avoir à un moment où les risques encourus étaient réels et inquiétants. Il devint ‘l’ami de toujours’, écrit Luc Lannoye en 1978 dans ‘Regards sur le passé (4).

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avant 1947 | Devant les Pyramides … photo souvenir du voyage en Egypte du
Docteur Lucien Dessy, ancien bourgmestre de Rixensart, et de son épouse.
coll. Marcelle Dupuis

Il décéda le 13 mars 1947.

Il aimait trop la vie, ses chances et ses dons, pour ne pas redouter l’approche mystérieuse de la mort … Et pourtant, avec son exceptionnel diagnostic, il l’a vue venir, sans illusion ni amertume. C’est qu’il avait trouvé dans le sacrement des malades et le Saint Viatique, le courage de l’accepter et même de l’offrir avec la sérénité et la générosité du vrai chrétien. Seigneur, reçois-le en ton paradis et donne-lui la vie qui ne trompe plus. Car il a été perspicace et bon au chevet des malades, généreusement voué au service de la cité, fidèlement attaché aux petits enfants, à ses amis, aux siens… La charité fut sa meilleure prière. C’est ainsi que le village de Rixensart fit, en mars 1947, ses adieux au Docteur Lucien Dessy et qu’il organisa en grande pompe ses funérailles.

362. Funérailles Dr Lucien Dessy mars 1947 Collection Dupuis Delbrassinne

mars 1947 | Funérailles du Docteur Lucien Dessy, Place de la Vieille Taille, coll. Dupuis-Delbrassinne (voir les 24 photos > ‘Lire la suite’)

Bob Sentroul en fit un reportage que Herman Dupuis († 1985) a su conserver durant toutes ces années. Aujourd’hui, la famille Dupuis-Delbrassinne partage avec vous cet album de photos complet, un témoignage solennel. Ce dossier des funérailles du bourgmestre Lucien Dessy en mars 1947 contient 26 photos et est appelé à être complété. Si vous reconnaissez l’un ou l’autre personnage, merci de transmettre vos informations à eric.de.sejournet@gmail.com. Elles seront intégrées au fur et à mesure dans cette notice.

En 1949, le rond-point qui coupe l’avenue de Montalembert fut baptisé ‘square Dessy’.


(1) BUFFIN Paul, Portrait des rues de l’ancienne commune de Rixensart, 1996
(2) En 1940, Orner Mayné fit fonction de bourgmestre de Rixensart durant quelques mois. Le prince Félix de Merode assura l’interim dès la fin de 1940 jusqu’à son décès en 1943. Les occupants nommèrent alors M. Evrard, rexiste qui s’enfuit en septembre 1944 (3).
(3) Ibid.
(4) LANNOYE Luc, Regards sur le passé, 1978

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Dyna Beumer, diva de Bourgeois

972. Dyna Beumer cantatrice c Xavier Hougardy - 1


Dyna Beumer, cantatrice de la Cour des Pays-Bas, coll. Xavier Hougardy

Cantatrice de renommée internationale, Dyna Beumer (1) fit entendre sa voix d’or sur toutes les plus grandes scènes du monde. Elle fut nommée ‘Cantatrice de la Cour du Roi Guillaume III de Hollande’. Après une carrière unique et une fin de vie consacrée à l’enseignement du chant, elle s’éteignit dans une maison de ce petit chemin qui porte aujourd’hui son nom (2).

23 août 1879 | Affiche Promenade Concerts au Covent Garden de Londres
1888 | Extrait de presse du ‘Grand concert instrumental et
vocal donné par Dyna Beumer’ à Neuchatel le 15 mars 1888

Une légère claudication l’empêcha malheureusement d’aborder le théâtre, écrivit l’Eventail. Elle se voua tout entière au concert. Et là ses triomphes ne se comptèrent plus. Elle se fit entendre dans tous les pays d’Europe et dans toutes les villes. En Belgique, la reine Marie-Henriette faisait ses délices de l’entendre, et souvent l’accompagna elle-même sur la harpe, au Palais. En Hollande, le Roi et la Reine la nommèrent cantatrice de la Cour.

En 1895, Dyna Beumer épousa Jules Lecocq, chef d’orchestre et parfait musicien. Ce fut pour elle l’occasion d’aller aux Etats-Unis, où elle recueillit, comme partout ailleurs, de nombreux succès.

A l’occasion d’un récital donné à ses débuts à l’Hôtel Astoria à New-York, le New-York Times du 10 novembre 1897 critiqua : Dyna Beumer is a colorature singer of the class that never had a very great hold on this public. Her voice is a very light soprano, of excellent natural quality and of much flexibility. She executes runs, trills, and similar ornaments of song with the most facile smoothness and with a perfect clearness that is entirely commendable. But that is about all that can be said in favor of her art.

En 1902, elle prit sa retraite, voulant que le public gardât d’elle un souvenir inaltéré. Les dernières années de sa vie furent consacrées à l’enseignement de son art. Elle a formé plusieurs cantatrices remarquables. Elle s’est éteinte doucement le 9 août 1933 (3), en sa villa ‘Les Lilas’, à Rixensart, située en bordure d’une rue à laquelle la commune avait donné son nom.

Rue Dyna Beumer à Bourgeois, coll. Jean-Claude Renier ↔ 2013 © Eric de Séjournet

A l’occasion de son décès, l’Almanach illustré (…) écrivit : Dyna Beumer était Bruxelloise, fille d’un bon violoniste, professeur au Conservatoire. Quand elle concourut, dans la (…)sse de Chiaramonte, en 1876, elle fit sensation. Un premier prix, remporté d’emblée avec grande distinction, aux acclamations du jury, fut le présage d’une carrière de cantatrice extraordinairement brillante. La voix de Dyna Beumer était d’un timbre idéal, d’une limpidité et d’une clarté sans pareilles, avec une souplesse qui lui permettait de vaincre sans effort les difficultés les plus surprenantes. Le répertoire de chanteuse légère n’eut point de secrets pour elle. Elle y ajoutait infiniment de goût et les qualités d’interprète que lui avait values une excellente éducation musicale (4).


→ RÉTRO RIXENSART | Rue Dyna Beumer, jadis rue de la Cure


(1) Wikipedia | Dyna Beumer
(2) Si Bourgeois m’était conté …
(3) Commune de Rixensart (Service Population) – Acte de décès n° 26 de 1933
(4) Le Soir, Almanach illustré, 1934, p. 217

Herman Dupuis, garde champêtre

338. Garde champêtre Herman Dupuis Collection Dupuis Delbrassinne

Herman Dupuis, garde champêtre (à gauche),
accompagné des gendarmes Nestor Hamels et Laloux
coll. Dupuis-Delbrassinne

Cette photo a été prise à l’entrée de l’ancienne Maison communale de Rixensart, sise Place de la Vieille Taille.

Le garde champêtre était un fonctionnaire ayant pour mission la protection de la campagne. Il exerçait ses missions de police rurale. Il pouvait, en temps qu’officier d’état civil, solliciter l’aide des gendarmes, assisté de certains gardes spécialisés (pêche, chasse, bois et forêts,…).

Gentiment et avec bienveillance, Herman faisait régner l’ordre dans sa commune. C’était un homme respecté.

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Madeleine Gausset, première aérostière belge

Madeleine Gausset coll. Cercle d'Histoire de Rixensart

5 juillet 1913 | Premier vol solitaire en ballon effectué par Madeleine Gausset.
coll. Cercle d’Histoire de Rixensart

La Genvaloise Madeleine Gausset devint le 5 juillet 1913 la première aérostière belge. Seule à bord du ‘Fleurus’ (1), elle décolla de Koekelberg. Après avoir traversé la capitale, survolé la forêt de Soignes, elle aperçut Genval et pensa y atterrir mais elle fut entraînée vers Wavre. Elle se posa à 16h25 à Céroux-Mousty, village qui deviendra un haut lieu de l’aérostation à partir des années septante (2).

Madeleine Gausset, dite Mady, habita la Villa Josette, sise drève des Aubépines (actuellement avenue des Magnolias) à Genval.

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Funérailles d’Auguste Lannoye

1938 1 juin Funérailles d'Auguste Lannoye à Genval c Fonds Lannoye (Ed. Rétro Rixensart)_81er juin 1938 | Le cortège funèbre passe
devant la Maison communale de Genval
et se dirige vers le cimetière de Genval
coll. Fonds Lannoye (1)

La nouvelle, brutale et inattendue, du décès d’Auguste Lannoye se répandit en quelques heures par l’I.N.R. (2) et la plupart des journaux du lendemain, mais elle s’était diffusée déjà avant l’aube parmi le personnel de la pause de nuit, si bien que lorsque sonna le glas de l’Église Saint-Pierre, tout le village était déjà informé.

Les réactions furent immédiates, nombreuses et spontanées, mais leur intensité fut une révélation. Des messages avaient afflué de partout : des clients, des couvents, d’évêques, de fournisseurs, d’abbayes anglaises, de très nombreux curés, des missionnaires, des journalistes, d’associations et mouvements de toutes sortes et qui disaient : il m’écoutait, il m’a donné une auto, une maison, il me comprenait, il m’a sauvé, aidé, il a chauffé nos écoles, il me redonnait courage, avec lui je me sentais grandir, il m’aimait, il ne m’oubliait jamais … (1).

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