François-Auguste Gevaert, compositeur

Francois-Auguste GevaertFrançois-Auguste Gevaert (1828-1908), compositeur et musicologue belge, fut directeur de la musique à l’Opéra de Paris (1867-1870) puis directeur du Conservatoire de musique de Bruxelles (1). Il fit construire au début du XXe siècle la villa Chantecler (2) dans l’avenue, qui aujourd’hui porte son nom (3).

Dans une lettre datée du 22 août 1905 (4) et adressée à Maurice Emmanuel, il écrit : (…) Quant à moi, je suis resté tout seul, à la campagne à Genval. J’ai ici la solitude désirée pour achever mon traité d’harmonie et le loisir que me donnent mes courtes vacances. 

Maître de Chapelle de S.M. le Roi Léopold II, il composa en 1905 ‘Vers l’Avenir. L’Expansion belge’, un chant national pour voix d’homme avec accompagnement d’un choeur d’hommes. ‘Vers l’Avenir’ fut aussi l’hymne national du Congo belge (5).

François-Auguste Gevaert et Vers l'Avenir

Rétro Rixensart recherche une photo de la villa Chantecler.


→ WIKIPEDIA | Courte biographie de François-Auguste Gevaert
→  IMSLP Bibliothèque Musicale Petrucci | Compositions de François-Auguste Gevaert


(1) Service Commun de la Documentation de l’Université de Strasbourg
(2) Marc Pelsser y a habité quelques années. Il commente : Vous trouverez un buste de FA Gevaert dans la cour du Conservatoire Royal de Bruxelles (juste en haut du Sablon – rue de la Régence). Un CD avait été édité en 2008 à l’occasion du centenaire de son décès.
(3) CERCLE D’HISTOIRE DE RIXENSART, Eléments d’histoire de La Place communale de Genval du 18e au 20e siècle, in Chroniques n° 36, septembre 2008
(4) Académie Royale des sciences, des lettres et des beaux-arts de Belgique, Nouvelle Biographie Nationale – Volume 1, 1988
(5) WIKIPEDIA, Vers l’Avenir
(6) WIKIMEDIA, photo 1 de François-Auguste Gevaert, coll. Notenquester
(7) WIKIMEDIA, photo 2 de François-Auguste Gevaert, coll. Matthieu

Sur les traces de l’enseignement au Bourgeois

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1906 | La Place et, à droite, l’école de Bourgeois, coll. Jean-Claude Renier

Sur la place de Bourgeois, l’école dite des filles pendant très longtemps, fut fondée en 1879, à l’initiative du comte Xavier de Merode (1).

En 1879, la loi Van Humbeek, d’inspiration libérale, institue l’école primaire publique, neutre et laïque, placée sous son contrôle. La très catholique commune de Rixensart se prépare à résister de toute son énergie (2).

En 1881, le Ministère de l’Instruction Publique propose la création d’une école communale mixte au Bourgeois. La polémique est engagée. Tergiversations, atermoiements et autres manoeuvres (…) se succèdent pour rejeter continuellement les mesures décrétées par l’autorité supérieure. Cela durera trois ans et n’attestera ni la bonne foi ni le respect de la chose publique des dirigeants communaux (3).

La commune argue de la cherté du projet et de la pauvreté de sa trésorerie (…) et craint que les hameaux du Glain et de Froidmont exigent aussi une école, à l’exemple du Bourgeois, ce qui s’avérerait encore plus coûteux et exorbitant. L’ultime argument, qui est opposé à l’autorité supérieure, est la possibilité de créer une voie de communication entre le Bourgeois et Rixensart. On refuse l’école et on la remplace par une rue, telle est la proposition. Ce chemin permettrait aux enfants du Bourgeois de se rendre sans difficulté à l’école du ‘Centre’ c’est-à-dire, Place communale ou de la Vielle Taille actuelle. Enfin, la commune baisse sa garde en 1883, mais l’idée de ce qui deviendra l’avenue de Merode a germé de la résistance des conseillers communaux aux exigences légitimes de l’Etat (4).

Le 17 septembre 1890, le Conseil communal retire l’adoption de l’école mixte de Bourgeois et la déclare école communale … vu l’importance de la population du hameau de Bourgeois s’élevant à environ 800 habitants, ainsi que la distance d’environ 30 minutes en moyenne que ceux-ci ont à parcourir pour se rendre à l’école communale (5).

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vers 1890 | Famille Taburiaux de Bourgeois, coll. Elisabeth Taburiaux

Edouard Taburiaux était instituteur, Joséphine Desteinbachberick, institutrice, tous deux à l’école publique de Bourgeois vers les années 1890, raconte leur petite-fille Elisabeth Taburiaux (et fille de Joseph). Sur la photo de famille, on retrouve leurs quatre enfants, (de gauche à droite) : Adélie (la plus jeune), Gaston, Marie (la plus âgée) et René. Né neuf ans après Adélie, Joseph ne figure pas sur la photo. 

Le 24 décembre 1896, l’Ecole communale mixte du hameau de Bourgeois est convertie en une école de garçons avec instituteur et en une école de filles avec institutrice (6).

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M. Vandercamme, instituteur en chef à l’Ecole de Bourgeois, coll. Paul Gilson

Ecole de Bourgeois

1912 | Classe de M. Boulet de l’Ecole communale de Bourgeois, coll. Elisabeth Taburiaux

Sur cette photo, Joseph Taburiaux se trouve au 2e rang à droite.

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1914/1921 | Un coin de Bourgeois et la ligne vicinale reliant Waterloo à Wavre
(ligne qui sera électrifié après 1932), coll. Jean-Claude Renier

L’école de la place Cardinal Mercier devenait trop exiguë pour la population écolière. Une école communale fut construite rue Lambermont. Elle ne comprenait que deux classes, un préau et, bien sûr, comme le voulait l’époque, une maison pour le maître, chef d’école (7).

2 Les Ecoles Bourgeois coll. Jean-Louis Lebrun

Vue sur l’arrière de l’Ecole communale des garçons de Bourgeois, coll. Jean-Louis Lebrun

L’école destinée aux garçons et fut achevée en 1914. Ses premiers occupants ne furent pas les gamins du village mais les Allemands qui s’y arrêtèrent dans leur marche vers l’Yser. L’école fut agrandie en trois phases 1975, 1979, 1983 (8).

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1922 | coll. Francis Broche

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1923 | coll. Francis Broche & Jean-Louis Lebrun ↔ 2011 © Francis Broche

Sur la photo datant de 1923, on aperçoit de part et d’autre de l’école, deux maisons en construction. Sur l’avant-plan la ligne vicinale qui reliait Waterloo à Wavre (WaWa), au centre l’Ecole communale de Bourgeois (rue Lambermont n° 12) et au loin le clocher de l’église Saint François-Xavier.

Ecole communale des garçons, coté rue Lambermont
Dessin coll. Cercle d’Histoire de Rixensart ↔ 2016 © Monique D’haeyere

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1940/1950 | Ecole Communale des filles de Bourgeois, Place Cardinal Mercier
coll. Jean-Claude Mercier

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1959 | Dessin coll. Jean-Claude Renier
vers 1997 © Josette Verbois-Thonnard
2013 © Cedric Muscat


(1) BUFFIN Paul, Portrait des rues de l’ancienne commune de Rixensart, 1996
(2) Ibid.
(3) CLEP, Cinquantième anniversaire du Cercle Local d’Education Populaire de Rixensart 1938-1988, 1988, p. 33.
(4) BUFFIN Paul, Portrait des rues de l’ancienne commune de Rixensart, 1996
(5) située sur l’actuelle place de la Vieille Taille
(6) STORMACQ Hubert, Regards sur le passé de Rixensart-Bourgeois, juin 1960
(7) BUFFIN Paul, Portrait des rues de l’ancienne commune de Rixensart, 1996
(8) Ibid.

Lucien Dessy, médecin et bourgmestre

362B. Funérailles Dr Lucien Dessy mars 1947 Collection Dupuis Delbrassinne

Lucien Dessy (1872-1947), coll. Dupuis-Delbrassinne

Né en 1872, Lucien Dessy fut docteur en médecine, président du conseil d’administration des Papeteries de Genval et bourgmestre de Rixensart (1). Le Docteur Lucien Dessy fut bourgmestre de 1921 à 1940. Absent en 1940, il ne reprit son écharpe qu’en 1944 jusqu’en 1946 (2).

1921 | Lucien Dessy et Auguste Lannoye à Genval © Fonds Lannoye
août 1925 | Auguste Lannoye est fait ‘Chevalier de Saint-Grégoire’, distinction remise par l’Abbe Mottard en présence de Lucien Dessy © Fonds Lannoye
avant 1927 © Jean Lannoye (à droite) en visite chez les Dessy

Il fut proche d’Auguste Lannoye et participa à de nombreuses événements familiaux. Le docteur Dessy, compagnon d’étude, témoin des débuts difficiles, lui prêta l’entièreté de son modeste avoir à un moment où les risques encourus étaient réels et inquiétants. Il devint ‘l’ami de toujours’, écrit Luc Lannoye en 1978 dans ‘Regards sur le passé (4).

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avant 1947 | Devant les Pyramides … photo souvenir du voyage en Egypte du
Docteur Lucien Dessy, ancien bourgmestre de Rixensart, et de son épouse.
coll. Marcelle Dupuis

Il décéda le 13 mars 1947.

Il aimait trop la vie, ses chances et ses dons, pour ne pas redouter l’approche mystérieuse de la mort … Et pourtant, avec son exceptionnel diagnostic, il l’a vue venir, sans illusion ni amertume. C’est qu’il avait trouvé dans le sacrement des malades et le Saint Viatique, le courage de l’accepter et même de l’offrir avec la sérénité et la générosité du vrai chrétien. Seigneur, reçois-le en ton paradis et donne-lui la vie qui ne trompe plus. Car il a été perspicace et bon au chevet des malades, généreusement voué au service de la cité, fidèlement attaché aux petits enfants, à ses amis, aux siens… La charité fut sa meilleure prière. C’est ainsi que le village de Rixensart fit, en mars 1947, ses adieux au Docteur Lucien Dessy et qu’il organisa en grande pompe ses funérailles.

362. Funérailles Dr Lucien Dessy mars 1947 Collection Dupuis Delbrassinne

mars 1947 | Funérailles du Docteur Lucien Dessy, Place de la Vieille Taille, coll. Dupuis-Delbrassinne (voir les 24 photos > ‘Lire la suite’)

Bob Sentroul en fit un reportage que Herman Dupuis († 1985) a su conserver durant toutes ces années. Aujourd’hui, la famille Dupuis-Delbrassinne partage avec vous cet album de photos complet, un témoignage solennel. Ce dossier des funérailles du bourgmestre Lucien Dessy en mars 1947 contient 26 photos et est appelé à être complété. Si vous reconnaissez l’un ou l’autre personnage, merci de transmettre vos informations à eric.de.sejournet@gmail.com. Elles seront intégrées au fur et à mesure dans cette notice.

En 1949, le rond-point qui coupe l’avenue de Montalembert fut baptisé ‘square Dessy’.


(1) BUFFIN Paul, Portrait des rues de l’ancienne commune de Rixensart, 1996
(2) En 1940, Orner Mayné fit fonction de bourgmestre de Rixensart durant quelques mois. Le prince Félix de Merode assura l’interim dès la fin de 1940 jusqu’à son décès en 1943. Les occupants nommèrent alors M. Evrard, rexiste qui s’enfuit en septembre 1944 (3).
(3) Ibid.
(4) LANNOYE Luc, Regards sur le passé, 1978

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Dyna Beumer, diva de Bourgeois

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Dyna Beumer, cantatrice de la Cour des Pays-Bas, coll. Xavier Hougardy

Cantatrice de renommée internationale, Dyna Beumer (1) fit entendre sa voix d’or sur toutes les plus grandes scènes du monde. Elle fut nommée ‘Cantatrice de la Cour du Roi Guillaume III de Hollande’. Après une carrière unique et une fin de vie consacrée à l’enseignement du chant, elle s’éteignit dans une maison de ce petit chemin qui porte aujourd’hui son nom (2).

23 août 1879 | Affiche Promenade Concerts au Covent Garden de Londres
1888 | Extrait de presse du ‘Grand concert instrumental et
vocal donné par Dyna Beumer’ à Neuchatel le 15 mars 1888

Une légère claudication l’empêcha malheureusement d’aborder le théâtre, écrivit l’Eventail. Elle se voua tout entière au concert. Et là ses triomphes ne se comptèrent plus. Elle se fit entendre dans tous les pays d’Europe et dans toutes les villes. En Belgique, la reine Marie-Henriette faisait ses délices de l’entendre, et souvent l’accompagna elle-même sur la harpe, au Palais. En Hollande, le Roi et la Reine la nommèrent cantatrice de la Cour.

En 1895, Dyna Beumer épousa Jules Lecocq, chef d’orchestre et parfait musicien. Ce fut pour elle l’occasion d’aller aux Etats-Unis, où elle recueillit, comme partout ailleurs, de nombreux succès.

A l’occasion d’un récital donné à ses débuts à l’Hôtel Astoria à New-York, le New-York Times du 10 novembre 1897 critiqua : Dyna Beumer is a colorature singer of the class that never had a very great hold on this public. Her voice is a very light soprano, of excellent natural quality and of much flexibility. She executes runs, trills, and similar ornaments of song with the most facile smoothness and with a perfect clearness that is entirely commendable. But that is about all that can be said in favor of her art.

En 1902, elle prit sa retraite, voulant que le public gardât d’elle un souvenir inaltéré. Les dernières années de sa vie furent consacrées à l’enseignement de son art. Elle a formé plusieurs cantatrices remarquables. Elle s’est éteinte doucement le 9 août 1933 (3), en sa villa ‘Les Lilas’, à Rixensart, située en bordure d’une rue à laquelle la commune avait donné son nom.

Rue Dyna Beumer à Bourgeois, coll. Jean-Claude Renier ↔ 2013 © Eric de Séjournet

A l’occasion de son décès, l’Almanach illustré (…) écrivit : Dyna Beumer était Bruxelloise, fille d’un bon violoniste, professeur au Conservatoire. Quand elle concourut, dans la (…)sse de Chiaramonte, en 1876, elle fit sensation. Un premier prix, remporté d’emblée avec grande distinction, aux acclamations du jury, fut le présage d’une carrière de cantatrice extraordinairement brillante. La voix de Dyna Beumer était d’un timbre idéal, d’une limpidité et d’une clarté sans pareilles, avec une souplesse qui lui permettait de vaincre sans effort les difficultés les plus surprenantes. Le répertoire de chanteuse légère n’eut point de secrets pour elle. Elle y ajoutait infiniment de goût et les qualités d’interprète que lui avait values une excellente éducation musicale (4).


→ RÉTRO RIXENSART | Rue Dyna Beumer, jadis rue de la Cure


(1) Wikipedia | Dyna Beumer
(2) Si Bourgeois m’était conté …
(3) Commune de Rixensart (Service Population) – Acte de décès n° 26 de 1933
(4) Le Soir, Almanach illustré, 1934, p. 217

Herman Dupuis, garde champêtre

338. Garde champêtre Herman Dupuis Collection Dupuis Delbrassinne

Herman Dupuis, garde champêtre (à gauche),
accompagné des gendarmes Nestor Hamels et Laloux
coll. Dupuis-Delbrassinne

Cette photo a été prise à l’entrée de l’ancienne Maison communale de Rixensart, sise Place de la Vieille Taille.

Le garde champêtre était un fonctionnaire ayant pour mission la protection de la campagne. Il exerçait ses missions de police rurale. Il pouvait, en temps qu’officier d’état civil, solliciter l’aide des gendarmes, assisté de certains gardes spécialisés (pêche, chasse, bois et forêts,…).

Gentiment et avec bienveillance, Herman faisait régner l’ordre dans sa commune. C’était un homme respecté.

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Madeleine Gausset, première aérostière belge

Madeleine Gausset coll. Cercle d'Histoire de Rixensart

5 juillet 1913 | Premier vol solitaire en ballon effectué par Madeleine Gausset.
coll. Cercle d’Histoire de Rixensart

La Genvaloise Madeleine Gausset devint le 5 juillet 1913 la première aérostière belge. Seule à bord du ‘Fleurus’ (1), elle décolla de Koekelberg. Après avoir traversé la capitale, survolé la forêt de Soignes, elle aperçut Genval et pensa y atterrir mais elle fut entraînée vers Wavre. Elle se posa à 16h25 à Céroux-Mousty, village qui deviendra un haut lieu de l’aérostation à partir des années septante (2).

Madeleine Gausset, dite Mady, habita la Villa Josette, sise drève des Aubépines (actuellement avenue des Magnolias) à Genval.

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Funérailles d’Auguste Lannoye

1938 1 juin Funérailles d'Auguste Lannoye à Genval c Fonds Lannoye (Ed. Rétro Rixensart)_81er juin 1938 | Le cortège funèbre passe
devant la Maison communale de Genval
et se dirige vers le cimetière de Genval
coll. Fonds Lannoye (1)

La nouvelle, brutale et inattendue, du décès d’Auguste Lannoye se répandit en quelques heures par l’I.N.R. (2) et la plupart des journaux du lendemain, mais elle s’était diffusée déjà avant l’aube parmi le personnel de la pause de nuit, si bien que lorsque sonna le glas de l’Église Saint-Pierre, tout le village était déjà informé.

Les réactions furent immédiates, nombreuses et spontanées, mais leur intensité fut une révélation. Des messages avaient afflué de partout : des clients, des couvents, d’évêques, de fournisseurs, d’abbayes anglaises, de très nombreux curés, des missionnaires, des journalistes, d’associations et mouvements de toutes sortes et qui disaient : il m’écoutait, il m’a donné une auto, une maison, il me comprenait, il m’a sauvé, aidé, il a chauffé nos écoles, il me redonnait courage, avec lui je me sentais grandir, il m’aimait, il ne m’oubliait jamais … (1).

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Il y a 80 ans, décès d’Auguste Lannoye

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1938 | Dernière photographie d’Auguste Lannoye,
fondateur des Papeteries de Genval
coll. Fonds Lannoye (1)

Le jour de l’Ascension 1938, je me promenais avec lui dans le bois qu’il aimait à sillonner en allant et revenant de l’usine, il en connaissait tous les arbres, tous les oiseaux et s’asseyait parfois longuement en priant ou méditant sous ‘l’arbre de Papa’. Notre promenade nous avait amenés à faire également le tour de l’usine qui était vraiment pimpante : plus de chantiers de construction, boiseries et tuyauteries fraîchement repeintes, partout la propreté qu’il exigeait énergiquement.

Il me proposa un petit voyage à Lourdes et comme je lui faisais remarquer que ce départ nécessiterait pour lui un temps de préparation pour la mise au point de ses importantes affaires, il me répondit à mon très grand étonnement : si tu veux nous partirons dès lundi, je ne suis plus aussi indispensable que tu le crois, raconta son épouse, Marie Stevenart (1).

Le surlendemain, samedi 28 mai 1938, il revient de la maison communale tôt dans la soirée, harassé. Quelques heures plus tard, frappé de congestion cérébrale, il entre dans le coma et meurt dans la nuit (1).

L’œuvre réalisée en quelque trente années était immense. Trop grande même pour Auguste Lannoye qui se prenait parfois à regretter le temps où il connaissait chacun de ses ouvriers et lorsque rien de ce qui se passait dans son entreprise n’échappait à son contrôle. Il avait bâti tout cela en partant de rien, sinon de son esprit et de son cœur.

Il avait parfois l’impression que son œuvre était faite et que d’autres auraient à la poursuivre. Il avait, à contrecœur, mais pour la bonne cause, accepté qu’un « Service Social » s’occupât du personnel car il s’était toujours réservé cette tâche. A son fils qui lui parlait de nouvelles formes d’organisations participatives il laisse tomber « Après moi, peut-être, ce sera à toi de le faire ».

Sa santé florissante lui permettait d’assumer chaque jour un labeur considérable. « Je ne me sens pas vieillir » disait-il avec un grand sourire. Un jour il prétendit : « Je ne suis pas fatigué … je n’ai d’ailleurs jamais été fatigué … je me demande même si la fatigue n’est pas une invention des paresseux ! » (1).


(1) LANNOYE Luc, Regards sur le passé, 1978

 

Léon Brion, garde du Parc communal

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Léon Brion (avenue Roger de Grimberghe), coll. Liliane Brion

Léon Brion et son chien Berger Diane posent devant la maison familiale, sise avenue Roger de Grimberghe à Rixensart. A la retraite, cet ancien inspecteur de police à Ixelles, fut le garde du Parc communal et responsable de la conservation de l’étang Gillet. Il succéda à M. Puttevilles et accomplit cette tâche jusqu’en 1964.

Laiterie de Rixensart

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Laiterie de Rixensart, avenue de Merode 19, coll. François David

Mon arrière-grand-père Marcelin Dekieper, époux Alice Wéry, effectue sa tournée. Sur la bâche de sa voiture l’inscription ‘CL. Wéry-Piron’, à savoir les époux Clément Wéry et Marie Piron, explique François David.

Cette photo illustre parfaitement le parcours de la famille Wéry, tel que décrit par Paul Buffin en 1996 : ‘En 1925, les parents Wéry achètent la maison de l’imprimeur Van Hecke (n° 27 et 29 actuels), conjointement avec une soeur. Lui, le père, ancien paveur est plié en deux, courbé par des années de travail sur les rues des villages environnants. Elle, la mère, Marie, surnommée D’jinleu, est entreprenante. Son surnom vient de son village d’origine, Genleau qui se prononce Ginleu en wallon. En plus de la maison, ils acquièrent les terrains nus qui s’étendent entre le n° 7 et le n° 25 actuels.

Les parents Wéry ouvrent une laiterie-épicerie dans leur maison et commencent la distribution de lait dans le village, aidés par leurs enfants. Cette boutique, comme toutes celles du village, au cours de ces années là, embaume dans la pénombre. L’épicerie se débite en vrac, dans des sachets, pour le sucre, le café… ou dans le récipient du client, pour la moutarde et l’huile. Le savon noir, stocké dans un seau, est servi dans un morceau de papier brun. On trouve de tout dans ces magasins. De la confiserie: un caramel coûte 5 centimes, un bâton sûr ou un chocolat diable 25 centimes, un bâton de chocolat 1 franc. En plus, il y a des sabots, des brosses, du tabac, du fil à coudre, des aiguilles, de la laine, quelques vêtements … Ce sont de très, très petits supermarchés avant la lettre.

Dans les années qui suivent, cinq des huit enfants occupent le terrain familial.

– Le premier, Henri, qui a un tas de briques dans le ventre, construit une maison au n° 11 qu’il revend à Ginion, cordonnier et marchand de chaussures. Henri bâtit ensuite son salon de coiffure au n° 13.
– Son frère Jules ouvre sa boucherie au n° 15 (Adriaans actuellement).
– Une soeur, Julie, épouse le boulanger Delpierre qui s’installe au n° 17 (aujourd’hui Jasmine).
– En 1941, Robert, le cadet, pharmacien, ouvre une officine dans une pièce de la maison familiale qu’il occupe et agrandit en 1962.
– Albert reprend le commerce de laiterie-crèmerie peu avant guerre et s’installe au n° 23 (le Baluchon actuel). Sa soeur Alice et son mari reprendront le commerce et se fixeront au n° 21. La laiterie-crèmerie est devenue la fromagerie Rossi.

Abbé Eugène Salens, pasteur à Saint-Pierre

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décembre 1951 | L’abbé Eugène Salens, coll. Fonds Lannoye

L’abbé Salens arriva à Genval en remplacement de l’abbé Joseph Deconinck († 20 décembre 1950). Il a déjà une longue et riche expérience. Il a été professeur au Collège Sainte-Gertrude de Nivelles durant une dizaine d’années. En 1930, il devint curé de Ohain. Il assuma sa fonction de pasteur à Saint-Pierre de Genval de 1950 à 1956. Ce fut une période où la population du lieu s’agrandit considérablement : les papeteries sont florissantes et la paroisse bien vivante. L’abbé Salens décéda le 12 septembre 1956 (1). L’abbé Franz Descotte lui succéda en octobre 1956.


(1) Historique de la paroisse Saint-Pierre de Genval

Abbé Adrien Tonnet, curé de Saint-Sixte

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coll. Imelda De Thaey

L’Abbé Adrien Tonnet fut curé de Genval Saint-Sixte du 7 octobre 1928 au 1er septembre 1962 et aumônier des Soeurs Franciscaines de Genval.

Il naquit à Molenbeek-Saint-Jean le 21 février 1892 et décéda à Etterbeek le 3 janvier 1963. Ordonné prêtre à 22 ans, envoyé à l’Université de Louvain le 6 coût 1913, professeur de rhétorique à l’Institut Saint-Pierre à Jette et au Petit Séminaire de Basse-Wavre, Chevalier de l’Ordre de Léopold Il. Décoré de la Croix d’honneur des Combattants de Belgique.

Lieutenant-colonel aviateur Robert Bladt

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Pilote de chasse et fondateur de la Patrouille des Diables Rouges, Robert Bladt, dit ‘Bobby’, fut Rixensartois par adoption, ayant habité avenue Reine Elisabeth à Rixensart.

Né le 14 mai 1919 à Neder–over–Heembeek, il entra le 1er juin 1939 à l’école de pilotage de Wevelgem (81ème promotion)(1), vola sur Avro 504, fut breveté le 15 mai 1940 et affecté à Nivelles (2). Évacué en France, ‘Bobby’ fit son premier solo, sur Fiat, à Chartres. Le 20 mai, il se trouva à Montpellier. Il convoya ainsi des Fiat à Bordeaux et Toulon.

Il revint, en Belgique, le 25 août 1940. Marié à Louisa Devillé, il habita Nivelles et travailla, comme son père fonctionnaire, à la direction du roulage.

Accompagné d’autres frères d’armes, il partit le 25 mai 1942 pour rejoindre le Royaume–Uni, afin de continuer la lutte. Ils traversèrent la France via Nancy, la forêt de Chaux, Toulouse jusqu’à Perpignan, franchirent les Pyrénées et rejoignirent Gibraltar, d’où était coordonné l’Opération Torch : le débarquement des Alliés en Afrique du Nord française en novembre 1942. Ils profitèrent d’un Dakota qui les amena en Cornouailles. Après avoir suivi une période d’entraînement, ‘Bobby’ fut affecté le 8 juin 1943 au 350 ‘Belgian’ Squadron à Houston, puis à Digby.

Selon Albert De Cock (3), le 23 janvier 1945, il fit partie d’une formation de trois Spitfires, quand il vit que l’appareil du Sergent aviateur Robert ‘Bob Le Teuton’ Huens fut touché par la ‘Flak’ (défense antiaérienne allemande). Robert Bladt, qui le suivait, pensa qu’il avait été tué sur le coup. L’avion de Robert Huens s’abattit à Heckhalenfeld, près de la frontière belge (> voir notice Rétro Rixensart 350 consacrée au Rixensartois Robert Huens).

15ff1-1934434750-1L’Escadrille : le 350 ‘Belgian’ Squadron de la Royal Air Force
L‘équipe de football du ‘Three-Five-O’ (5)

Peu après l’arrivée des premiers avions à réaction au sein de la Force Aérienne belge, une équipe acrobatique sur Gloster Meteor F8 fut formée, dirigée par le Major Aviateur Robert ‘Bobby’ Bladt, alors Commandant de la 350ème Escadrille de Chasse. Volant dès 1957 sur Hunter F9, les Acrobobs Boys ou Acrobobs furent officiellement baptisés début 1959 ‘Diables Rouges’. ‘Bobby’ Bladt en fut le premier leader jusqu’en 1960 (4).

Ce vétéran de la Royal Air Force et fondateur de la Patrouille des Diables Rouges fut décoré de la Légion d’Honneur, et s’éteignit à Woluwé-Saint-Lambert, le 18 février 2014.

> plus d’infos : http://www.sbap.be/events/2014/006bobby2014/006bobby2014.htm

voir également son frère d’armes Sergent aviateur Robert Huens (photos et notice Rétro Rixensart 350)

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18 février 2014 | Souvenir mortuaire de Robert Bladt, coll. Annie Bladt

Il s’est battu pour notre liberté. Ne l’oublions pas. Souvenir mortuaire de Robert Bladt, né à Neder-over-Hembeek le 14 mai 1919, † à Woluwé-Saint-Lambert le 18 février 2014, veuf de Louisa Devillé.

Pilote de chasse et fondateur de la Patrouille des Diables Rouges, Robert Bladt, dit ‘Bobby’, fut Rixensartois par adoption, ayant habité avenue Reine Elisabeth à Rixensart.

 


(1) d’après un texte original d’André Bar (Musée Royal de l’Armée et d’Histoire militaire)
(2) à la 3ème escadrille du IIème groupe du 2ème régiment de l’Aéronautique Militaire belge (3/II/2 Aé, les « Cocottes rouges »)
(3) DE COCK Albert, L’Adjudant-Aviateur Robert Huens, in Chroniques du Cercle d’Histoire de Rixensart, n° 19 d’août 1994, p. 3 à 5.
(4) NEMRY Serge, 55 ans de Diables Rouges, janvier 2013

(5) légendes et sources iconographiques | photo 1 : Robert ‘Bobby’ Bladt devant son Fairey Firefly IIM (album d’Yves Duwelz / collection André Bar – Musée Royal de l’Armée et d’Histoire Militaire de Bruxelles – Section Air et Espace)  | photos 2 et 3 : toute l’escadrille 350 ‘Belgian’ Squadron de la R.A.F. et l’équipe de football (deuxième à partir de la gauche : Robert Bladt; neuvième à partir de la gauche : Robert Huens) (album de feu le Lieutenant-Général Aviateur e.r. Baron Michel ‘Mike’ Donnet D.F.C. / collection André Bar – Musée Royal de l’Armée et d’Histoire Militaire de Bruxelles – Section Air et Espace)
(6) notice rédigée et illustrée en collaboration avec Mehdi Schneyders

Léopold Gilson, bourgmestre de Rixensart

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« Régisseur des princes de Merode, agent immobilier, Léopold Gilson donna à la commune l’essor qu’on lui connaît actuellement», souligna Albert de Walque (XIX, p.34). Bourgmestre de Rixensart de 1953 à 1970, «il cumula tous les pouvoirs dans l’îlot féodal que fut le village du temps de la splendeur des princes de Merode », écrit Eric Meuwissen le 15 mars 2002 dans Le Soir (1).

« Léopold Gilson semblait prédestiné puisqu’il était né en 1906 dans l’ancienne maison communale place Albert Ier. Par la suite, il façonna la commune d’avant la fusion. Il était aussi le fondateur du Clair Logis (logement social) et c’est sous son maïorat que fut construite la maison de repos le Val du Héron, tandis qu’il lançait le dossier du complexe sportif ».

« Comme régisseur des Merode, Léopold Gilson avait succédé à son père en 1927. Il fit partie de la longue dynastie des régisseurs-bourgmestres catholiques de la famille. Jusqu’en 1920, les Merode ne résidaient pas à Rixensart. Ils déléguaient leur pouvoir à un régisseur. Il y en eut toute une série qui cumulèrent leurs fonctions avec celle de bourgmestre. Ainsi au XIXe siècle, le bourgmestre était un des principaux fermiers de la famille. C’était l’époque où les Merode contrôlaient 63 % de la superficie du village (537 ha!). Au siècle suivant, le régisseur-bourgmestre habite carrément le château. Paul Terlinden (1884-1917) tient alors tout le village dans sa main. Et gare aux éléments suspects de libéralisme ou pire de… socialisme ».

« Avec le retrait de Léopold Gilson, les Merode perdirent leur dernier régisseur-bourgmestre et leur pouvoir sur cet îlot féodal que constitua longtemps la commune. Il faut dire que leur propriété s’est réduite au fil des lotissements successifs. Léopold Gilson se souvient que les Merode ont commencé à vendre à partir de 1930. Après la guerre, on a continué à beaucoup vendre (quartier du Beau Site, quartier Royale, RIT…) ».

En 2002, « il ne leur reste plus que… 140 ha sur Rixensart. A cela s’ajoute une centaine d’hectares sur Limal. Un espace sur lequel la famille rêva un moment de créer un golf de prestige ».


(1) MEUWISSEN Eric, Léopold Gilson, le dernier régisseur-bourgmestre des Merode, vient de décéder, in Le Soir, 15 mars 2002

Pierre Thévenet

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Pierre Thévenet, coll. Philippe Jacquet

Au mois de mai 2002, Françoise Thévenet-Ducoffre rendait hommage à son père Pierre et ravivait la mémoire de ce dernier par une exposition de 35 de ses œuvres, raconte Philippe Jacquet. Je garde un superbe souvenir de cette grande genvaloise avec laquelle j’ai eu le privilège de tomber en amitié. Françoise Thévenet, hélas aujourd’hui décédée, a résidé dès les premières années de sa vie et jusqu’à son décès, dans la maison occupée par son père de 1924 à 1937. La Charmille, tel est le nom de cette maison, est située le long du sentier Pierre Thévenet à Genval.

Le choix de la Pommerage comme lieu d’exposition avait pour Françoise Ducoffre-Thévenet une profonde signification, empreinte d’émotion. Son père avait vécu à Genval de 1924 jusqu’à son décès, en 1937, et repose depuis au cimetière de Genval. Elle a toujours rêvé de voir la commune de Rixensart ouvrir un musée dédié à son père, dont elle possédait encore plus de deux cents œuvres à la Charmille (dispersées lors d’une grande vente à Bruxelles après son décès)… ce souhait n’a jamais reçu l’écho favorable nécessaire, et a donc hélas disparu avec elle.

L’une des plus belles œuvres du peintre (ma préférée), intitulée ‘La petite fille éblouie’ (1928) était superbement mise en valeur à la Charmille. Elle campait la fille unique de l’artiste dans le jardin de la propriété, et nous montrait la vue plongeante qui existait à l’époque de cet endroit sur la vallée de la Mazerine et le village de la Hulpe. La famille Thévenet fut une grande famille d’artistes. Le grand-père de Françoise était baryton, et ses parents s’étaient rencontrés au théâtre de la Monnaie à Bruxelles, alors qu’ils lisaient tous deux une partition de Wagner. Pierre Thévenet était un grand amateur de musique, sa mère, Madeleine Renaud-Thévenet, était plutôt attirée par la parole.

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Pierre Thévenet à Meudon en compagnie du pékinois de sa soeur Cécile, coll. Philippe Jacquet

Madeleine Renaud-Thévenet (1886, Namur – 1963), comédienne, intègre la troupe du Vieux-Colombier de Jacques Copeau à Paris en 1920. De retour à Bruxelles, elle est nommée professeur au Conservatoire royal de Bruxelles. Elle fréquente le cercle de ‘La Lanterne Sourde’ et la section d’art du Parti Ouvrier Belge, avec notamment le poète Pierre Bourgeois. Elle doit également sa notoriété à la création, en 1932, d’un choeur parlé, les ‘Renaudins’. Les ‘Renaudins’ travailleront en étroite collaboration avec Paul Claudel, alors ambassadeur à Bruxelles.

Le mari de Françoise, l’écrivain René Ducoffre, a consacré un très bel ouvrage, ‘Palette et Paroles’, à ses beaux-parents. Il a également publié un superbe livre aux éditions Dricot à Liège : ‘Le Temps d’un Requiem’. Roman d’une vie dans lequel pourtant, tout était imaginaire d’après l’écrivain… Il se plaisait quand même à ajouter que ‘(…) aucun romancier n’a jamais réussi à éjecter totalement son moi de ses récits (…)’. Cet ouvrage, bouclé en douze mois, l’écrivain genvalois avouait quand même l’avoir conçu avec les miettes de son passé et le passé de tant d’autres qui ne sont plus.

Ça dure quoi une vie ? À peine le temps d’un Requiem … Quatre chapitres pondèrent cet ouvrage. Les quatre motets d’une messe de requiem: ‘Agnus Dei’, ‘Dies irae’, ‘Libera me’, ‘Dona eis requiem’. Choix délibéré d’un agnostique qui sereinement s’en ira un soir sur un air de Mozart. Un personnage central dont la mémoire et les yeux embrasseront bientôt tout le siècle, farouchement indépendant envers toute religion, club ou cénacle. D’anecdotes en anecdotes, une vie défile: jeunesse, guerre, paix retrouvée, drames, perte d’êtres chers, douleurs et espérances. De l’imaginaire ? Plutôt roman-réalité. On s’y découvre concerné, presque au quotidien (1).

La Charmille a vu défiler en ses murs nombre d’artistes reconnus dans différentes disciplines à l’époque, tous amis de la famille : le peintre Marcel Jefferys (dont une place porte le nom à Rixensart), le musicien Darius Milhaud, le comédien Louis Jouvet, les écrivains Blaise Cendrars, Paul Claudel, Arthur Haulot, Charles Plisnier, Georges Sion, Emile et Marthe Verhaeren, le peintre Claude Lyr, grand ami de la famille…

Paul Caso, l’illustre critique d’art et collaborateur du journal Le Soir, surnommait Pierre Thévenet ‘le piéton de Paris’. Pierre Thévenet est l’une des figures de proue du postimpressionnisme belge.

De 1912 à 1937, Pierre Thévenet a participé à une cinquantaine d’expositions (individuelles ou ensembles) à Paris, ensuite à Bruxelles (galerie Giroux, Palais des Beaux-arts, galerie de la Toison d’Or) mais aussi à Genève, Barcelone, Liège, Anvers, Anseremme. Paul Caso, en 1982, a réalisé une monographie ‘Pierre Thévenet, un héritage d’une fraîcheur intacte’ (2).

En 1987, lors du cinquantième anniversaire de la mort du peintre, la Province de Brabant et son conseiller culturel Guy Cobbaert, accueillent une grande exposition rétrospective de l’artiste à l’hôtel Puccini à Bruxelles. Guy Cobbaert apportera son concours en 2008 à la mise en place de l’exposition à la Pommerage en 2008. Parmi les nombreuses citations d’amis et critiques d’art au sujet de Pierre Thévenet :

– L’étoile de Pierre Thévenet bénéficie des faveurs accordées aux postimpressionnistes historiques et, d’une manière générale, à la dimension d’un artiste  (3).

– Paysagiste épris tour à tour des sites boisés de Drogenbos, des coins traditionnels de Paris et, en général, des lieux qui séduirent les impressionnistes (…), Pierre Thévenet a réalisé une œuvre considérable dont on mesure aujourd’hui l’importance (…). Pierre Thévenet a sa place près d’un Frans Smeers, d’un Albert Pinot, d’un Louis Clesse  (4).

Parmi les acquisitions de ses œuvres :

– la section belge du ‘Musée National des Beaux-Arts’ de Lettonie,
– le Ministère belge des Sciences et des Arts,
– le Musée d’Ixelles,
– le ‘Koninklijk Museum van Schone Kunsten’ d’Antwerpen,
– l’Etat Français (plusieurs œuvres),
– les Musées Royaux des Beaux-Arts de Belgique (trois œuvres),
– les Administrations communales d’Anseremme, Rixensart, La Hulpe,
– et, bien sûr, de très nombreuses collections privées.


(1) Archives Le Soir, sous la plume d’Eric Burgraff – juillet 1995
(2) Ed. d’Art Associés
(3) CASO Paul, Le Soir du 29 mai 1987
(4) REY Stéphane, La Libre Belgique du 30-31 mai 1987

Abbé Léon Foerster

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Abbé Léon Foerster, coll. Jean-Claude Renier

Né en 1900, l’abbé Léon Foerster fut curé à Sainte-Croix à Rixensart, de 1951 à 1963, année de son décès. Il fut également professeur au Collège de Braine-l’Alleud, vicaire à la paroisse Saint-Boniface à Ixelles, professeur de religion à l’école moyenne de Schaerbeek, aumônier du Cénacle à Saint-Gilles, aumônier militaire, membre de la Résistance, curé à Bousval et aumônier au monastère du Berlaymont.

D’après des propos que j’ai recueillis, raconte Jean-Claude Renier, l’abbé ne mâchait pas ses mots et campait sur certains principes. Il ne fallait surtout pas critiquer l’enseignement catholique, l’armée et le journal ‘La Libre Belgique’ !

Vers 1960, à son initiative, on avait dressé un calvaire (croix simple en béton, peinte en blanc, disparue à ce jour) au croisement de la rue de Limal et du chemin du Meunier. Une procession y était organisée et l’on invitait les habitants de la rue de Limal à décorer l’entrée de leur demeure avec des fleurs et des objets religieux pour la circonstance.

Je me souviens d’une anecdote : l’abbé était assis à l’arrière d’une voiture, et s’adressait à ses paroissiens au moyen d’un haut-parleur. Précédé du Saint Sacrement, le cortège s’arrêtait devant chaque maison où l’on avait installé une décoration. La voiture s’était arrêtée devant ma maison, située au n° 21 de la rue. L’abbé Foerster s’était adressé en ces termes : « Nous arrivons à la nième station. Nous allons réciter un chapelet pour les non croyants de la rue ».

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2012 | Cimetière de Rixensart © Jean-Claude Renier

La sépulture de l’Abbé Foerster se trouve dans le cimetière de Rixensart, rue de l’Institut, à l’emplacement réservé aux Anciens combattants.

Louis Wilmet, peintre genvalois

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Louis Wilmet (1881-1965)

Né à Fosse en 1881, écrivain, poète, journaliste, peintre, autodidacte, historien, Louis Wilmet s’installa à Genval en novembre 1924, année de son mariage, en mai, avec Marie-Rose Poncelet, artiste elle-même, originaire de Neufchâteau.

En 1926, il peignit pour l’église Saint-Pierre de Genval-Maubroux, trois fresques du chœur représentant différents épisodes de la vie de Saint-Pierre. Elles ont aujourd’hui disparu sous un enduit. Louis Wilmet décéda en 1965 (1).

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janvier 1932 | Exposition au Palais des Beaux-Arts, coll. Fonds Lannoye

Louis Wilmet pose devant ses oeuvres exposés au Palais des Beaux-Arts à Bruxelles. Au fond de la salle, les peintures sur le thème de l’Hiver, à droite celles du Printemps.

1932 | Autoportrait coll. Nancy Wallez + coll. Cercle d’Histoire de Rixensart


(1) GHYSSENS Roger, Genval-les-Eaux de 1895 à 1935, Editions de la Page, 2003