Funérailles d’Auguste Lannoye

1938 1 juin Funérailles d'Auguste Lannoye à Genval c Fonds Lannoye (Ed. Rétro Rixensart)_81er juin 1938 | Le cortège funèbre passe
devant la Maison communale de Genval
et se dirige vers le cimetière de Genval
coll. Fonds Lannoye (1)

La nouvelle, brutale et inattendue, du décès d’Auguste Lannoye se répandit en quelques heures par l’I.N.R. (2) et la plupart des journaux du lendemain, mais elle s’était diffusée déjà avant l’aube parmi le personnel de la pause de nuit, si bien que lorsque sonna le glas de l’Église Saint-Pierre, tout le village était déjà informé.

Les réactions furent immédiates, nombreuses et spontanées, mais leur intensité fut une révélation. Des messages avaient afflué de partout : des clients, des couvents, d’évêques, de fournisseurs, d’abbayes anglaises, de très nombreux curés, des missionnaires, des journalistes, d’associations et mouvements de toutes sortes et qui disaient : il m’écoutait, il m’a donné une auto, une maison, il me comprenait, il m’a sauvé, aidé, il a chauffé nos écoles, il me redonnait courage, avec lui je me sentais grandir, il m’aimait, il ne m’oubliait jamais … (1).

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Il y a 80 ans, décès d’Auguste Lannoye

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1938 | Dernière photographie d’Auguste Lannoye,
fondateur des Papeteries de Genval
coll. Fonds Lannoye (1)

Le jour de l’Ascension 1938, je me promenais avec lui dans le bois qu’il aimait à sillonner en allant et revenant de l’usine, il en connaissait tous les arbres, tous les oiseaux et s’asseyait parfois longuement en priant ou méditant sous ‘l’arbre de Papa’. Notre promenade nous avait amenés à faire également le tour de l’usine qui était vraiment pimpante : plus de chantiers de construction, boiseries et tuyauteries fraîchement repeintes, partout la propreté qu’il exigeait énergiquement.

Il me proposa un petit voyage à Lourdes et comme je lui faisais remarquer que ce départ nécessiterait pour lui un temps de préparation pour la mise au point de ses importantes affaires, il me répondit à mon très grand étonnement : si tu veux nous partirons dès lundi, je ne suis plus aussi indispensable que tu le crois, raconta son épouse, Marie Stevenart (1).

Le surlendemain, samedi 28 mai 1938, il revient de la maison communale tôt dans la soirée, harassé. Quelques heures plus tard, frappé de congestion cérébrale, il entre dans le coma et meurt dans la nuit (1).

L’œuvre réalisée en quelque trente années était immense. Trop grande même pour Auguste Lannoye qui se prenait parfois à regretter le temps où il connaissait chacun de ses ouvriers et lorsque rien de ce qui se passait dans son entreprise n’échappait à son contrôle. Il avait bâti tout cela en partant de rien, sinon de son esprit et de son cœur.

Il avait parfois l’impression que son œuvre était faite et que d’autres auraient à la poursuivre. Il avait, à contrecœur, mais pour la bonne cause, accepté qu’un « Service Social » s’occupât du personnel car il s’était toujours réservé cette tâche. A son fils qui lui parlait de nouvelles formes d’organisations participatives il laisse tomber « Après moi, peut-être, ce sera à toi de le faire ».

Sa santé florissante lui permettait d’assumer chaque jour un labeur considérable. « Je ne me sens pas vieillir » disait-il avec un grand sourire. Un jour il prétendit : « Je ne suis pas fatigué … je n’ai d’ailleurs jamais été fatigué … je me demande même si la fatigue n’est pas une invention des paresseux ! » (1).


(1) LANNOYE Luc, Regards sur le passé, 1978

 

Incendie aux Papeteries de Genval

genval,papeteries,incendies

19 février 1936 | Incendie aux Papeteries de Genval
coll. Luc Lannoye

Le 19 février 1936, un incendie qui fut un vrai désastre vient détruire la plus grande partie des installations de Genval (1). Les division Papier-peint et Balatum sont anéanties. Auguste Lannoy, un moment ébranlé par ce foudroyant coup du sort, se ressaisit et se met à refaire des plans, alors même que les ruines fumaient encore. Ce jour-là naissait son premier petit-fils. « La vie est toujours la plus forte », se dit-il. On appela ce petit garçon Pierre, in memoriam. « Allons ! », dit Auguste en regardant la grande usine écroulée et dévastée, « Je recommence » (2).

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(1) En 1930, les Papeteries de Genval couvraient 12.000 m3 bâtis (2)

(2) LANNOYE Luc, Regards sur le passé, 1978

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Terrain de football de Genval

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4 octobre 1954 | Rue du Tilleul à Genval
coll. Fonds Lannoye

A l’occasion du Cinquantenaire des Papeteries de Genval, un match de football est organisé entre des équipes de vétérans au terrain de football de Genval, rue du Tilleul. A 15 heures, les deux épuipes montent sur le terrain. Au centre, Jean Lannoye, administrateur-délégué des Papeteries de Genval.

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Visites royales, rencontres privilégiées

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29 juin 1937 | Le Roi Léopold III à Rixensart
coll. Bernard Collin

Visite du Roi Léopold III à la famille de Merode au Château de Rixensart. A gauche sur la photo, le Premier Ministre belge Paul van Zeeland. A droite, le prince Paul Ghislain Félix de Merode.

D’abord fixée au 16 juin 1937, la visite du roi Léopold III est reportée au 29 juin à cause de l’incendie de l’église (1). Le roi, invité par la princesse de Merode à une garden-party, fut acclamé à sa sortie par de nombreux villageois et les enfants des écoles agitant des drapeaux tricolores. Les édiles communaux et les représentants des principaux groupements ou associations de la commune participaient à cette visite royale. Quelles qu’aient été leurs opinions politiques ou religieuses, les invités à cette auguste rencontre s’en flattèrent et le firent bien savoir aux moindres de leurs amis et connaissances (2).

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21 février 1962 | André de Walque salue le Roi Baudouin,
en visite aux Papeteries de Genval
coll. Vivien de Walque

Mon père était directeur aux Papeteries et a servi de relais entre le Palais et les Papeteries pour l’organisation pratique de la visite. Visite annoncée deux, trois jours avant. Jeunes gamins, mon frère Laurent et moi-même étions dans le bureau de mon père dans l’usine et avons suivi de près cet évènement. Tout à droite sur la photo, Charles Loos, le directeur général de l’époque, père de l’actuel Charles Loos, jazzman bien connu, raconte Vivien de Walque, fils d’André (3).

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Le Mwami de l’Urundi visite les Papeteries de Genval

1630. 1950 juillet Le Mwami de l'Urundi visite les Papeteries de Genval (journal du dimanche 16 juillet 1950) c Fonds Lannoye (Ed. Rétro Rixensart).jpg

En juillet 1950, le Mwami (1) de l’Urundi effectua une visite des Papeteries de Genval. Il fut accueilli dans la cour d’honneur par Jacques Lannoye, administrateur-directeur des Papeteries (2).

Certes, la photo extraite du journal Le Soir du 16 juillet 1950 est de qualité ‘papier journal’, mais l’intérêt réside principalement dans le style journalistique du reportage, propre aux années ’50. Le journaliste apporte surtout un témoignage éclairant sur le fonctionnement de l’usine. 

Cet après-midi, les drapeaux flottent sur les imposantes installations des Papeteries de Genval, et le soleil, ce matin boudeur, a fait une estivale réapparition. Aux abords des usines. un groupe s’est formé pour assister à l’arrivée du Mwami, dont le séjour en Belgique comprend la visite d’importantes réalisations industrielles et agricoles du pays.

Vers seize heures les voitures, qui ont conduit jusqu’ici le Mwami, sa suite et des personnalités du ministère des Colonies, font sur leur entrée dans la cour d’honneur des Papeteries, accueillies par M. Jacques Lannoye, administrateur-directeur des usines, par M. André de Walque, directeur du Service social. etc. Le Mwami était, par ailleurs, entouré de M. Stubbe, chef de cabinet adjoint au ministère des Colonies, de MM. Krentz, commissaire de district, Masure, secrétaire d’Administration.

Les présentations faites, la visite des installations industrielles commença, à travers cette ville-usine qui s’étend sur plusieurs hectares. Témoignant du plus vif intérêt pour les multiples aspects de la fabrication du Balatum et du papier-peint le Mwami ne cacha pas son admiration. Un des membres de sa suite nous dira : « Il apparaît clairement que la volonté de réaliser une chose parfaite est au départ de cette entreprise ».

La visite débute par la salle où se déroule le feutre imprégné. Les immenses rouleaux de deux tonnes et demie dévident les Iarges rubans noirs, partant vers les diverses étapes d’où ils sortiront revêtus de dessins et de couleurs, ayant passé tour à tour par des séchoirs ou ils se développent comme en immenses tentures dans une atmosphère tropicale …

On passe ensuite par les machines à enduire et à imprimer où le feutre reçoit son revêtement qui fera le charme des appartements. Mais ce n’est qu’à la sortie d’un dernier séchoir qu’on les voit sous cet aspect, alors que s’achève le long voyage transformateur, sur la table de triage. Le Mwami s’attarde devant ce spectacle qui ne manque pas d’être impressionnant, la machine débitant le Balatum achevé, le découpant en rouleaux destines à la vente. La curiosité des hôtes des Papeteries ne sera pas moins éveillée par le travail minutieux de la gravure et des coloristes, par ces rouleaux artistement et minutieusement garnis de leurs dessins aux reliefs de laiton, grâce auxquels le papier recevra sa garniture. Car vient alors la salle des impressions avec leurs énormes rotatives où couleurs et dessins se mélangent et se joignent pour former une variété inouïe de modèles, répondant aux goûts les plus difficiles. Longuement, le Mwami se fait expliquer le fonctionnement de ces « presses » féeriques, ainsi qu’il en sera devant la gigantesque machine à fabriquer le feutre.

Comme il en est pour le Balatum, le papier se forme, lui aussi, en draperies pour le séchage. Les grosses bobines de papiers-peints gagnent la salle de gaufrage, et le travail de bobinettage et d’emballage. On longe les magasins de stock qui contiennent des millions de rouleaux. Quand on sait que le contrôle du papier-peint se fait à raison de 300 à 350 rouleaux à l’heure. et par bobineuse, que la quantité de matières premières traitées est de l’ordre de 300.000 kilos par jour, que tout ce qu’utilise l’usine est fabriqué sur place, que les Papeteries de Genval comptent des usines en, Hollande, en Allemagne, en Suisse, en France, en Angleterre, en Irlande, en Suède et aux Etats-Unis, on peut se rendre compte de leur importance dans l’économie du pays .

Aussi bien, le Mwami, sa suite et les personnalités qui les accompagnaient, allèrent-ils de surprise en émerveillement, ne quittant qu’à regret les vastes usines des Papeteries de Genval.

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(1) Mwami : titre royal au Rwanda et au Burundi 
(2) Le Miami Mwambutsa se rendit pour la première fois en Belgique en 1950. L’Europe l’impressionna beaucoup; ils pris conscience de sa forte position vis-à-vis des hautes autorités de la tutelle. Il en retint surtout que l’Europe était un incomparable lieu d’amusements bien fait pour occuper ses nom deux loisirs. Aussi, il se promit d’y revenir souvent (3)(4).
(3) Le Mwami se trouvait en Belgique au plus fort de la question royale belge, bien que son voyage eut été remis à diverses reprises pour ce motif.
(4) GHISLAIN Jean (ancien Administrateur de Territoire au Burundi), La féodalité au Burundi, in Académie Royale des Sciences d’Outre-Mer, Bruxelles 1970

1623 | Panorama des Papeteries de Genval

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mai 1951 – Cette vue panoramique des Papeteries de Genval a été probablement prise à partir de l’avenue Gevaert. On distingue à l’horizon la rue de l’Institut et le château d’eau de Rixensart. A l’avant-plan, encaissé dans la rue du Vallon, le Collège Notre-Dame des Trois Vallées ne dévoile que ses toits. Au centre, on reconnaît la Perche.

Photo-légende (cliquez sur la photo pour l’agrandir)

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Les Papeteries de Genval en travaux

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A partir de 1951, d’importants travaux sont entrepris dans les Papeteries de Genval. Un nouveau bloc est achevé, comprenant de plus vastes laboratoires de recherches et d’essais semi-industriels. Une salle de fête communautaire y est inaugurée en présence de familles du personnel, d’un ministre et de diverses personnalités patronales.

En 1952, on procède à Genval à l’installation d’une chaudière auxiliaire au mazout, à la construction d’un vaste magasin et d’un garage annexe.

1953 voit s’allonger la machine II à Kraft-ciment, monter un deuxième Défibrator et une deuxième turbine de 5000 KW (1).

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(1) DOTREVILLE, Papeteries de Genval 1904-1954

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1575 | Commandeur de Saint-Grégoire le Grand

20161214. 1951 15 décembre Monseigneur Suenens remet à Jean Lannoye la Cravate de Commandeur de St Grégoire le Grand c Fonds Lannoye (Ed. Rétro Rixensart).jpg

15 décembre 1951 – Monseigneur Léon-Joseph Suenens (1) remet à Jean Lannoye, administrateur délégué des Papeteries de Genval, la Cravate de Commandeur de l’Ordre Pontifical de Saint-Grégoire le Grand (2).

La création de cet Ordre remonte à Grégoire XVI. Ce Pontife l’établit par Bref du 1er septembre 1831 dans le but de récompenser les actes remarquables des sujets des Etats de l’Eglise (3).

C’est l’ordre conféré ordinairement pour services politiques de défense des États pontificaux. L’ordre est conféré à des catholiques (dans de rares cas à des non-catholiques), en reconnaissance de leur service à l’Église, de travaux inhabituels, de soutien au Saint-Siège, de leur bon exemple dans leurs communautés et pays.

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(1) à l’époque évêque auxiliaire du cardinal Van Roey
(2) En août 1925, Auguste Lannoye, père de Jean, fut reçu Chevalier de l’Ordre de Saint-Grégoire le Grand (distinction remise par l’Abbé Mottard)
(3) L’insigne de l’Ordre porte une représentation de Saint Grégoire sur l’avers et au revers la devise « Pro Deo et Principe » (Pour Dieu et le prince). Il est suspendu à un ruban rouge et or (Wikipedia).