Trois églises dédiées à Saint-Sixte (I)

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2000 | Église Saint-Sixte, coll. Syndicat d’Initiative de Rixensart 

La troisième église Saint-Sixte est une construction contemporaine de 1979, bâtie sur les plans des architectes liégeois A. et J. Beaufays, à l’emplacement d’une église précédente qui avait été construite un siècle auparavant. Cette dernière remplaçait elle-même d’autres édifices successifs, toujours dédiés au saint patron, mais localisés à un autre endroit. L’église actuelle, érigée en brique et béton, est relativement discrète dans sa volumétrie extérieure ; seule une croix légère mentionne la destination du lieu. Assez bas, l’édifice occupe un terrain en pente. L’intérieur se caractérise par la prouesse technique pour la structure de la salle d’assemblée, presque en hémicycle : cinq longues poutres, de 24 mètres, sont portées chacune par un pilier à une extrémité et convergent vers une unique colonne située derrière l’autel (1).

Le nouvel édifice en briques, résolument moderne, fut inauguré le 18 mai 1980 (2).

« La convergence des poutres au-dessus de l’autel nous aide à porter notre prière vers le lieu saint » (cfr Curé Norbert Gorissen, lors de la messe de Noël qui a suivi l’inauguration de l’église)(3).

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avril 2013  © Monique D’haeyere


→ PAROISSE SAINT-SIXTE | Les trois églises Saint-Sixte
→ OBJECTIF RIXENSART | Eglise Saint-Sixte


(1) de GHELLINCK Bénédicte (WALLONIE DGO Aménagement du territoire, Logement, Patrimoine et Energie), Liste des biens repris dans l’Inventaire du Patrimoine Immobilier Culturel de la commune de Rixensart
(2) PAROISSE SAINT-SIXTE, Les trois églises Saint-Sixte
(3) Ibid.

Genval, les pieds dans l’eau

PAPETERIES DE GENVAL

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15 mai 2009 | La Lasne sort de son lit aux Papeteries de Genval © Eric de Séjournet

Dans la nuit du 14 au 15 mai 2009, de pluies violentes se sont abattues sur le Brabant wallon et la région de Rixensart. A Genval, le lac a débordé et le parking des papeteries de Genval s’est rempli comme une piscine (1).

15 mai 2009 | Les Papeteries de Genval, les pieds dans l’eau © Eric de Séjournet et Christian Petit

« L’orage du siècle ? » se demande Le Soir (2). « Aux anciennes Papeteries de Genval, on a dégusté (….). À Genval, les précipitations les plus abondantes sont apparues vers 0 h 30. ‘À 2 heures, c’était un lac’, témoigne Marcel Symens, le propriétaire du magasin ‘Symens Cyclos Services’. ‘Les gens qui étaient sur place n’ont rien pu faire’. Ou sauver si peu, 30 % pour les locataires du magasin Sport Factor », écrit Michael Chalklin. « Installé là depuis 1991, Marcel Symens est l’un des commerçants pionniers du site. Il vend des vélos (aussi électriques), des vélomoteurs et des scooters. Il y a eu jusqu’à 1,22 mètre d’eau et de boue dans le magasin ».

« Quelles sont les causes de ces inondations ? » se demande le journaliste. « L’entretien des cours d’eau relève de la commune, de la Province ou de la Région selon la taille et le débit. Aux Papeteries, il est du ressort de la Province. « Il y a une inspection annuelle, précise Marc Mauclet, directeur du service de la voirie et des cours d’eau non navigables. On procède à l’entretien selon les embâcles. »

La remise à ciel ouvert de la Lasne devrait mettre le site à l’abri de tels débordements. Le Bourgmestre ainsi que l’échevin des Travaux en sont persuadés (2).

DÉBORDEMENT DU LAC DE GENVAL

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15 mai 2009 © Eric de Séjournet

En raison de fortes pluies survenues le 14 mai 2009, le lac de Genval a débordé. Les rues avoisinantes ont été envahies par la boue, inondant caves et maisons ainsi que les papeteries et les grands magasins ! Une situation exceptionnelle, du jamais vu de mémoire d’homme, raconte Viviane Quittelier sur son blog.

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15 mai 2009 © Monique D’haeyere

C’est le genre de risques que l’on rencontre tous les cent ans, estime le bourgmestre Jean Vanderbecken. Et de citer le restaurant La Laguna au lac de Genval où l’on met des repères pour chaque inondation. Le bâtiment date de 1906. Le premier trait remonte à 1911. Celui de 1934 lui est supérieur, celui de 1956 dépasse le précédent. Et celui de 2009 est supérieur à celui de 1956 de 80 cm ! (3)

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15 mai 2009 | Inondations au lac de Genval © Julien Vanderweerden

VALLÉE DE LA MAZERINE

Inondations à Genval 15.5.2009 © Julien Vanderweerden 4

15 mai 2009 | La Mazerine est également sortie de son lit © Julien Vanderweerden


→ TV5 MONDE | Inondations à Rixensart, RTBF ’13 heures’ du 15 mai 2009


(1) RTBF Radio du 15 mai 2009
(2) CHALKLIN Michael, Genval devrait un jour être à l’abri de la Lasne, in Le Soir, 19 mai 2009
(3) Ibid.

Avenue n° 3, celle des Cormiers

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Les Villas dans Le Parc de Genval (voir photo-légende ci-après)

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avant 1914 | Avenue n° 3 (actuellement avenue des Cormiers) dans le Parc de Genval et vue sur la Villa Béatrix. Cette villa est aujourd’hui connue sous le nom de ‘La Fée du Lac’.


→ RÉTRO RIXENSART | Villa Béatrix, la fée du lac
→ OBJECTIF RIXENSART | Avenue des Cormiers

 

Villa Béatrix, la fée du lac

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Cette villa fut également appelée ‘La Tourelle’, nom qui lui fut attribué du fait d’une jolie petite tour qui domine le lac de Genval depuis l’angle des avenues des Cormiers et du Théâtre. Cette villa aurait été bâtie entre 1903 et 1906 (1). Elle est aujourd’hui connue sous le nom de ‘La Fée du Lac’.

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début du XXe siècle | Sur l’avant-plan, la villa Béatrix et sa superbe vue sur le lac de Genval. 

Originairement, ce bien avait appartenu à Marie Genonceaux qui avant son mariage avec Alfred Venet l’avait acquis le 30 avril 1924 d’Eugène Deville, menuisier-entrepreneur et son épouse Laurence Detiège, sans profession. Après le décès de son mari en 1954, Marie Genonceaux vendit la villa le 8 juillet 1960 à Gustavus-Emilius Nicaese, directeur de société (2), et à son épouse Yvonne Bil. Gustavus Nicaese décéda à Uccle le 23 juin 1974, en laissant comme héritiers réservataires ses deux enfants (3).

Catherine De Haene rapporte que c’est lors d’une promenade vers le lac que M. Nicaese découvrit La Tourelle, ou plutôt ce qui en restait, puisque la maison avait été complètement brulée (5) après la guerre par des habitants revanchards parce que la propriétaire y avait accueilli des officiers allemands qu’elle ‘promenait’ autour du lac dans un petit attelage. A cette époque, le terrain sur lequel la villa était bâtie se prolongeait jusqu’au lac. Plus tard, le terrain fut divisé en trois lots : dans le bas, à hauteur de l’avenue du Lac, une villa fut construite pour le fils Claude (6). Lors du décès soudain de son père, sa mère Yvonne (7) fit construire une petite villa avenue du Théâtre, juste en-dessous de La Tourelle, où elle vécut jusqu’il y a quelques années. A ce moment, La Tourelle fut ‘divisée’ en appartements et fortement abîmée.

Dans les années cinquante, cette maison fut abandonnée et pillée. Gamins, nous y jouions à l’insu de nos parents. C’était notre ‘maison abandonnée’ pleine de pièges dangereux … mais pleine de rêves pour des enfants de 7 à 10 ans, raconte Eddy Evras.

coll. Francis Broche ↔ fin années ’90 © Michel Wautot

Basile Koutsivitis et Catherine De Haene acquirent la villa Béatrix en 1989 et la firent rénover tout en remettant en valeur ses qualités de villa unifamiliale. Ils la rebaptisèrent ‘La Fée du Lac’, parce que, vue de l’autre rive, la tourelle de la villa leur rappelait une baguette de fée.

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octobre 2009 © Eric de Séjournet

En façade avant, un cartouche réalisé en mosaïque précise le nom de la maison, ainsi que sa date de construction ‘1902’. Il fut réalisée en 1994 par l’artiste grecque et amie du couple, Angeliki (dite Kelly) Mendrinou, et fait référence à la propriétaire et ses deux filles, toutes trois joueuses de flûte. Etant donné que M. Koutsivitis est grec, le couple choisit de repeindre les boiseries en ce bleu couramment utilisé dans les îles grecques.

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mars 2017 © Monique D’haeyere

Son architecture est aujourd’hui remarquablement mise en valeur par les peintures (…) renouvelées (8). La villa fut vendue en 2000 ou 2001 à un couple d’architectes, qui firent refaire les boiseries en leur donnant un petit caractère ‘Art Nouveau’.

→ OBJECTIF RIXENSART | La Fée du Lac


(1) GHYSSENS Roger, Genval-les-Eaux de 1895 à 1935, Editions de la Page, 2003
(2) Gustave Emile Nicaese (1917-1974) fut directeur au journal ‘Het Laatste Nieuws’ et ‘Algemeen Directeur Stedelijk Onderwijs Gent’
(3) l’origine de cette propriété fut retracée sur base d’un acte notarié de 1989 (remerciements à Catherine De Haene, copropriétaire entre 1989 et 2000 de la villa ‘La Fée du Lac’). Selon Catherine De Haene, l’entrepreneur qui fit construire la villa Béatrix pour sa nièce en 1902, s’inspira d’un des châteaux du roi Louis II de Bavière, le Neuschwanstein.
(4) nouvel habillage observé en avril 2015
(5) « Après avoir été incendiée, la villa est restée vide … et du sous-sol (côté lac) on voyait le ciel. Il n’y avait que les murs qui avaient résisté, les chapes étant de bois. Petite anecdote à ce sujet : lorsqu’en 1989, j’ai voulu ‘réouvrir’ la baie vitrée du 3ème étage (côté lac), je suis encore tombée sur des murs totalement noircis, carbonisés » (cfr Catherine De Haene).
(6) Claude Nicaese (1945-2006)(9), qui avec Pascale Matthys ouvrit le 29 mars 1984 le ‘café-concert’ la ‘Clef de verre’ à Genval. Dès 1986, l’établissement fut agrandie pour devenir un ‘café-restaurant’.
(7) Yvonne Bil, dite Lolo (1917-2011), mère de Claude
(8) GHYSSENS Roger, Genval-les-Eaux de 1895 à 1935, Editions de la Page, 2003
(9) Rixensart Info n° 221, 2006

Vers Rosières, chemin, route, rue

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Vers Rosières …, coll. Philippe Godin

A la fin de XIXe siècle le chemin de Rosières passait l’Argentine sur une mauvaise planche et se transformait en sentier boueux pour rejoindre la vieille voie de Wavre, qui, sous Rosières, est aujourd’hui la rue de La Hulpe et, sous Overijse, la Parklaan. Le 11 août 1893, le bourgmestre de Genval écrit au gouverneur de la province de Brabant : Pendant les périodes de fortes pluies, la rivière sort de son lit, et les prairies situées entre Genval et Rosières St André sont transformées en un lac qui rend impraticable le chemin direct reliant les deux communes (1). 

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Photo-légende, commentée suivant les indications du ‘Plan parcellaire de la commune de Rosières’ (Chemin de Maubroux : rue de Rosières / rue des Juifs = rue de Genval / Pré du Wick = le Confluent / Chemin de La Hulpe = rue de La Hulpe)

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Petite ferme dans le tournant de la rue de Rosières à Genval, coll. Cercle d’Histoire de Rixensart 

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1907 | Route de Rosières, coll. Cercle d’Histoire de Rixensart

Vue prise du bas de la rue de Genval, à Rosières, et montrant la rue de Rosières à Genval. La photo est intéressante en ce qui concerne le bâti de l’époque, souligne le Cercle d’Histoire de Rixensart. 

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Rue de Rosières à Genval, coll. Francis Broche
1929 | Rue de Rosières, coll. Jean-Claude Renier
mai 2015 © Christian Petit

Le Relais, coll. Francis Broche ↔ 2011 © Francis Broche

‘Le Relais’, petit hôtel construit en 1905, situé rue de Rosières 53 à Genval.

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Aux Arts Décoratifs, rue de Rosières, près de la gare de Genval

Rue de Rosières (à gauche, le chalet Normand), coll. Francis Broche
janvier 2016 © Monique D’haeyere

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7 septembre 1944 | Libération de Genval (2) © Fonds Lannoye

Dans l’après-midi du 4 septembre 1944, l’avant-garde de la ‘2nd Armored Division US’ arrive à Genval. Elle poursuit sa progression via la Manteline vers Bourgeois, pourchassant les Allemands, en retraite. Venant de la Place communale, l’arrivée du gros de la 2ème Division blindée des Etats-Unis est fixée sur pellicule à hauteur de l’avenue Gevaert, où une foule en liesse l’accueille le jeudi 7 septembre 1944. Une colonne blindée américaine traverse Genval de 9h30 à près de 13h. Le gros de la 2nd Armored Division US (1), également dénommée « Hell on Wheels », arrive par l’actuelle rue des Déportés, et descend l’avenue Gevaert vers la gare de Genval. Les GI’s sont encore photographiés rue de la Station, rue de Rosières, sur le pont au-dessus du chemin de fer. Ensuite, les colonnes militaires poursuivent leur progression vers le lac de Genval et la rue de La Hulpe.

Photo 1 | Aussi dénommé Apache, un M4 Sherman Dozer passe, à hauteur de la rue de Rosières, le pont du chemin de fer Luxembourg-Bruxelles. Ce char bulldozer sert à déblayer ruines, objets encombrants, épaves ou à forcer le passage d’une position retranchée. Qui plus est, la lame offre une protection supplémentaire. A droite sur la photo, deux résistants armés de l’Armée Secrète montent la garde au pont. Ils portent leur ‘uniforme’, une salopette en toile de jute et un brassard. Encadrés par des militaires de carrière, les membres de cette formation purement militaire sont protégés par la Convention de Genève et ne sont donc pas considérés comme francs-tireurs.

Photo 2 | Un char Sherman remonte la rue de Rosières. Avec une largeur de 2 m 62 et une hauteur de 2 m 68, le char Sherman occupe bien l’espace. Les Genvalois pavoisent leur maison. 

Photo 3 | Un char Sherman arrive à la hauteur de la maison sise rue de Rosières n°31 (à gauche). A l’arrière-plan le pignon de celle sise dans la même rue au n° 80.

Photo 4 | Un Genvalois enthousiaste salue les occupants de cette Jeep à hauteur de la Place Becquevort. A l’arrière-plan on distingue l’église Saint-Pierre de Maubroux (3).

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Carrefour de Maubroux à Genval, coll. Philippe Godin

Au coin de la rue de Rosières et de l’avenue Normande, coll. Francis Broche

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1991 | La Hêtraie, rue de Rosières à Genval © Michel Nauwelaers

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juin 2000 | rue de Rosières n° 55 à Genval © Gilbert Nauwelaers 

Dès mai 1965, cette maison accueillante connut les joies et les peines de la famille Nauwelaers, une fratrie de 14 enfants. En juin 2000, j’ai participé au concours du plus beau jardin fleuri de la commune de Rixensart et obtenu le second prix, raconte fièrement Gilbert Nauwelaers. Regardez bien le noisetier à gauche, je l’avais taillé en forme de cœur … pour l’amour d’une fille qui habitait la commune et qui passait tous les jours devant chez moi, me faisant toujours un beau sourire et me félicitant à chaque fois pour la beauté de mon jardin. Hélas, son cœur a choisi un autre chemin.


(1) GHYSSENS Roger, Genval-les-Eaux de 1895 à 1935, Editions de la Page, 2003
(2) de SÉJOURNET Eric, Genval libérée ! septembre 1944, in Rétro Rixensart
(3) Ibid.

La Bruyère à la Croix

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vers 1996 | Calvaire de La Bruyère à la Croix © Syndicat d’Initiative de Rixensart 

Ce calvaire est situé au rond-point de la rue du Tilleul, de l’avenue du Bosquet et du Vieux-Chemin-de-l’Helpe, à Genval. Sur une pierre bleue est inscrit : « Ce calvaire élevé / en 1947 / par le curé Adrien Tonnet / remplace l’antique Croix de / la Bruyère » (1).

Voici deux extraits de l’histoire des chapelles de Genval par l’abbé Tonnet qui nous relatent les diverses péripéties du calvaire et du tilleul qui a donné son nom à la rue du Tilleul (2).

Le calvaire de ‘La Bruyère à la Croix’ est extrêmement ancien et remplace peut-être un monument gallo-romain. Nous avons, à Genval, un bel exemple de carrefour qui a donné son nom à une partie du territoire de la commune : La Bruyère-à-la Croix.

Bien qu’aucun acte fixant exactement son emplacement n’ait été retrouvé jusqu’ici, la tradition rapporte cependant que cette ‘croix’ était très grande et qu’elle se dressait dans les bruyères situées au N.O. de la commune, au croisement de la rue du Tilleul avec le chemin venant de Genval-village, le chemin creux dit ‘du Pâchis à la Croix’, allant à La Hulpe et l’ancien sentier devenu l’avenue du Bosquet. Un emplacement exact aurait été celui occupé maintenant par la cabine électrique s’élevant à l’un des angles du carrefour.

Au point de vue topographique, cet endroit est assez remarquable : c’est un carrefour à cinq branches; il était situé à la lisière ouest de la forêt qui, jusqu’aux XIIe et XIIIe siècles, couvrait la majeure partie du territoire de Genval et, enfin, le chemin du Pâchis qui le traverse est certainement l’un des plus anciens de la commune. De plus, les trois chemins principaux qui, venant de Genval-village et de La Hulpe se dirigeaient vers la croix, semblent avoir été détournés légèrement de manière à faire passer leur axe par le point où s’érigeait la croix.

Comme en dehors des cas d’accidents mortels et de crimes, nos ancêtres n’élevaient jamais de grandes croix dans des endroits isolés, sinon pour adapter et sanctifier un reste important des cultes païens anciens, il est donc très possible que la Croix de la Bruyère ait été élevée sur l’emplacement d’un monument païen ancien – soit en pierre «debout» celtique, soit un «Rond-Bois» (clairière sacrée entourée de grands arbres) des religions germaniques).

Cependant, aucun texte ou aucune trouvaille archéologique ne sont venus étayer cette supposition et nous devons donc nous contenter de constater qu’à cet endroit a existé une grande croix qui a donné son nom au hameau et aux bruyères voisines mais dont l’origine et la signification sont restées énigmatiques.

mai et novembre 2008 © Eric de Séjournet

Ce calvaire est de proportions harmonieuses, avec un très beau christ en bois sculpté de l’architecte Paul Smars. Le christ actuel a été inauguré en 1991, le précédent, également dû à Paul Smars, avait été volé en 1985 (3).

En mai 1992, Jean-Pierre Delbrassine, échevin de la Culture, écrivit : Vendredi Saint … 19 heures … Quelques paroissiens accompagnaient Monsieur le Doyen Gorissen et le Père Olivier pour assister, pieux, à la bénédiction d’un Christ au lieu dit « Pachis à la croix » (….). Oeuvre de Monsieur Paul Smars, sculpteur, ce très beau Christ en chêne massif dégage une impression de force dans la souffrance. Il y a quelques années, le Christ qui s’y trouvait fut volé et la Fabrique d’église Saint-Sixte eut la riche idée de solliciter le talent reconnu d’un artiste du ‘pays’ pour en exécuter un autre. Merci aux membres de la Fabrique d’église pour ce choix, le choix d’une oeuvre authentique avec tout ce qu’elle représente par essence.


→ CERCLE D’HISTOIRE DE RIXENSART | Origine de la Bruyère à la Croix et de la rue du Tilleul


(1) CERCLE D’HISTOIRE DE RIXENSART, Origine de la Bruyère à la Croix et de la rue du Tilleul (deux extraits de l’histoire des chapelles de Genval par l’abbé Tonnet), in Rixensart Info 128, mai 1992
(2) Ibid.
(3) HOMMES ET PATRIMOINE, De potales en chapelles. Au gré des chemins de Genval, Rixensart et Rosières, Amélie Mélo Editeur, Collection Mémoire, 2000

Villa Les Vacances

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après 1909 | Villa Les Vacances, avenue des Combattants, coll. Eric de Séjournet 

En retrait de l’avenue des Combattants, cette villa d’influences Art Nouveau, Art Déco et ‘villégiature’ a été construite en 1909 par l’architecte N. Lacroix. Derrière une haie ouverte par une grille d’entrée encadrée de piliers monolithes, la bâtisse de trois larges travées sur deux niveaux est totalement enduite et peinte. Chaque travée se divise en une baie triple : au rez-de-chaussée, un arc en anse de panier termine la baie habillée d’une menuiserie tripartite et, à l’étage, des piliers séparent les trois ouvrants. Des médaillons et un panneau de carreaux de céramique ornent les allèges de fenêtres de l’étage. Un imposant auvent sur deux colonnes abrite l’entrée, tandis que des petits balcons prolongent certaines fenêtres de l’étage. Les pignons sont décorés de faux colombages peints. Une importante bâtière à brisis, recoupée d’un pignon en travée principale, couronne cette habitation soignée (1).

1992/1995 coll. Hommes et Patrimoine ↔ 2015 © Monique D’haeyere


(1) de GHELLINCK Bénédicte (WALLONIE DGO Aménagement du territoire, Logement, Patrimoine et Energie), Liste des biens repris dans l’Inventaire du Patrimoine Immobilier Culturel de la commune de Rixensart, 2009

Notre-Dame des Anges : couvent, pensionnat, école

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Vue générale du couvent et pensionnat des Soeurs Franciscaines de Notre-Dame des Anges à Genval (Mahiermont), coll. Universiteitsbibliotheek Gent

Ce couvent fut construit par Mr. Degallaix, entrepreneur à Genval.

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1919 | Cour de récréation, côté des classes, coll. Francis Broche & Monique D’haeeyre
vers 1933 | Vue générale, coll. Imelda De Thaey
2011 © Francis Broche

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1920 | Vue sur l’ancienne église Saint-Sixte depuis la cour de récréation
Récréation dans la prairie, coll. Bernard Bourgois et Imelda De Thaey

Bernard Bourgois fait observer que durant la récréation les grands enfants étaient séparés des petits, les garçons des filles également. Quant au rôle du mouton, cela demeure un mystère …

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Classe de l’Ecole Notre-Dame des Anges, coll. Imelda De Thaey

Cette classe est prête à recevoir ses nouveaux élèves. Ils se retrouveront trois par banc. Au centre, éclairé par une suspension, le pupitre de l’enseignant. Pour marquer son autorité, une clochette à sa droite. Les deux tableaux sont encore fermés et ne dévoileront leur message que le 2 (septembre?), comme indiqué sur l’éphéméride. Au-dessus de chaque tableau, une carte de la Belgique et ses ‘Régions naturelles’, et une carte du Brabant. Les références religieuses sont doubles : le crucifix et le Sacré-Coeur sur l’autel orné de fleurs.

Chapelle Notre-Dame-des-Anges

La chapelle

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1910 | Jardins du Couvent de Genval, coll. Francis Broche
Solitude Saint-Joseph, coll. Francis Broche
2011 © Francis Broche

Réfectoire Notre-Dame-des-Anges

Réfectoire, coll. Francis Broche

Pavillon du Sacré-Coeur, coll. Francis Broche et Cercle d’Histoire de Rixensart

Rue Jean-Baptiste Stouffs Notre-Dame des Anges coll. Monique D'haeyere

Rue Jean-Baptiste Stouffs à Genval, coll. Monique D’haeyere

Chemin de la Source, trait d’union

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mars 2009 | Chemin de la Source © Eric de Séjournet

Longeant la voie ferrée, le Chemin de la Source fait la liaison entre la Place Raymond Becquevort (Genval) et l’avenue de Ripont (Rixensart) et traverse la vallée de la Lasne.

2009 ↔ 2015 © Christian Petit

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mars 2009 | Ligne 161 et chemin de la Source à hauteur du pont de la rue de Rosières à Genval © Eric de Séjournet

2009 ↔ 2013 © Christian Petit

Villa Hermel, rue Neuve

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début XXe siècle | Villa Hermel, sise dans l’actuelle avenue des Combattants à Genval, coll. Monique D’haeyere

début XXe siècle | coll. Philippe Godin ↔ 2016 © Monique D’haeyere

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rue Neuve, puis rue de la Station coll. Monique D’haeyere ↔ 2011 © Monique D’haeyere

Y avait-il un château d’eau à Rosières ?

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‘La Route vers l’Hippodrome un jour de Course’, coll. Philippe Godin

Dans les notices précédentes, les lecteurs de Rétro Rixensart ont pu découvrir La Baraque et la Maison Nationale de la Jeunesse, sises sur le territoire de Maleizen, à proximité du lac de Genval.

Incontournable dans le paysage, ce château d’eau mérite attention. Il est retrouvé sur les photos ci-dessous : à droite de La Baraque et près de la Maison Nationale de la Jeunesse, dissimulé derrière les arbres. D’où la question …

De quel château d’eau s’agit-il ?

S’agit-il de celui situé Terhulpensesteenweg (1) à Maleizen ? Non, car trop éloigné (1 km 750m à vol d’oiseau). Qui plus est, ce ‘Watertoren’ date de 1938 … alors que ‘La Baraque’ date d’entre les deux guerres mondiales.

Tenant compte de la position des preneurs de vue et de la hauteur du château d’eau, on peut estimer la distance à +/- 500m. En reprenant les données sur la carte ci-après, l’hypothèse de l’existence d’un château d’eau sur l’ancienne commune de Rosières voit le jour (à l’angle de la Boslaan et de la rue de Malaise). Elle est encore renforcée par le choix de l’emplacement, qui tient compte des courbes de niveau : 103m75 au-dessus du niveau de la mer.

Château d'eau de Rosières carte

Toute information et photos permettant de compléter cette notice sont les bienvenues : eric.de.sejournet@gmail.com.


→ RÉTRO RIXENSART | La Baraque et le Cercle Equestre de Genval
→ RÉTRO RIXENSART | De la Maison nationale de la Jeunesse à l’Europe


(1) Château d’eau de type D2 (selon l’inventaire de Van Craenenbroeck)(2) avec une capacité de 200m3. Il est toujours debout, mais n’est plus en fonction. Celui situé à l’Est de la Hoeilaartsesteenweg à Maleizen a repris la mission.
(2) VAN CRAENENBROECK W., Eenheid in verscheidenheid. Watertorens in België, Brussel, 1991

De la Maison Nationale de la Jeunesse à l’Europe

1 Auberge de Jeunesse coll. Philippe Godin

après 1936 | L’hostellerie La Baraque, coll. Philippe Godin

Située à la limite des anciennes communes de Maleizen et de Rosières, cette hostellerie fut construite sur l’emplacement de ‘La Baraque’ (Cercle Équestre de Genval). Selon un dépliant publicitaire c’est l’hôtel de famille le plus confortable et le plus chic des environs de Bruxelles. Construite en 1936, l’hostellerie est dotée de tout le confort moderne. Très agréable pour week-end comme aussi pour de longs séjours. La cuisine très bien soignée, satisfait les plus fins gourmets. Spécialités régionales et vins de premiers crûs. Quatre courts de tennis dans les jardins de l’hôtel. Tél. GENVAL 53.63.30. Chevaux de selle en location. Piste d’obstacles devant l’hôtel. Ecuries  et garage gratuit.

après 1936 | La terrasse et le bar américain coll. Francis Broche

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24 avril 1938 | Cercle Equestre de Genval, coll. Jean-Paul Warnauts

Affiche d’un concours hippique organisé le dimanche 24 avril 1938 par le Cercle Equestre de Genval.

4 Genval Lac Auberge de jeunesse c Imelda De Thaey

coll. Imelda De Thaey

Plus tard, ce lieu devint la ‘Maison Nationale de la Jeunesse à Genval’, qui dépendait du ‘Ministère de l’Instruction Publique – Ministerie van Openbaar Onderwijs’.

Témoignage | Dans ‘Apothéose’, un recueil de poème de Jean-Louis Vanham (1937) publié en 1959, le poète décrit la maladie qui le ronge depuis sa naissance. Il se fait en quelque sorte l’aède de ses frères handicapés et propose un chant de résistance physique et morale. Après quelques moments de désespoir, le jeune Vanham a trouvé, près des infirmes de la Maison Nationale de la Jeunesse de Genval, la force et la joie de vivre, malgré son handicap. Dans ce monde clos, isolé de l’indifférence ou de la cruauté des valides, le poète peut oublier son propre mal et remercier Dieu de lui avoir permis de vivre. La force des infirmes, c’est la foi chrétienne, mais aussi l’espoir en soi et en leurs semblables, la fraternité. Jean-Louis Vanham fait preuve dans ce recueil d’une très grande sérénité et d’une étonnante élévation de sentiment (1).

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vers 1946 | Maison Nationale de la Jeunesse, coll. Magguy Van Goethem

Au verso de cette carte postale, on apprend que le Ministère de l’Education Nationale et de la Culture – Service National de la Jeunesse (Ministerie van Nationale Opvoeding en Cultuur – Nationale Dienst voor de Jeugd) gérait la ‘Maison Nationale de la Jeunesse’ à Genval) (‘Nationaal Jeugdtehuis’ te Genval).

5 Maison Nationale de la Jeunesse coll Philippe Godin

Maison Nationale de la Jeunesse, coll. Philippe Godin

Ce lieu abrite aujourd’hui l’European Interinstitutional Centre (CIE), Dennenboslaan 54 à Overijse (Maleizen). La villa existe toujours et est le Club House de ce complexe sportif réservé aux eurocrates. Le terrain en face est occupé par un terrain de football.

7 European Interinstitutional Centre Maleizen 2019 c Google Streetview 1


→ RÉTRO RIXENSART | La Baraque et le Cercle Equestre de Genval


(1) FRICKX Robert & TROUSSON Raymond, Lettres françaises de Belgique : La poésie, Ed. Duculot, 1988, p. 38.

La passerelle sur l’Argentine

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L’Argentine dans le parc (rive Nord), coll. Jean-Claude Renier

Aux abords du lac, le ruisseau d’Argent s’appelle plus volontiers l’Argentine. Question de goût. Argent ou Argentine, sa poésie est semblable et semblables sont ses eaux (1).

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Villa dans le ‘Parc de Genval-les-Eaux’, qui se situa vraisemblablement sur la rive Nord du Lac de Genval (Overijse), le long de l’Argentine.


(1) RENOY Georges, Genval, La Hulpe et les environs en cartes postales anciennes, Bibliothèque Européenne – Zaltbommel, Pays-Bas, 1972

Villa Josette, résidence de Folon

Villa Josette à Genval 1911

1911 | Villa Josette, drève des Aubépines à Genval
(à droite, en retrait, la Villa Béatrix, connue sous le nom de la Fée du lac)

Jules Gausset (1), agent de change, fit construire une villa drève des Aubépines (actuellement drève des Magnolias). Il la baptisa ‘Villa Josette’ à la naissance de sa fille en février 1909 (2).

Villa Josette à Genval c Philippe Godin

coll. Philippe Godin

La villa de Genval fut acquise en 1943 par la famille Folon dont le fils, Jean-Michel (3), aimait rappeler avec nostalgie ses années genvaloises, écrit Michel Coryn dans le Rixensart Info de février 2006.

mars 2017 © Monique D’haeyere
février 2019 © Annick Dedobbeleer


(1) → RÉTRO RIXENSART | Madeleine Gausset, première aérostière belge
(2) CORYN Michel (Cercle d’histoire de Rixensart), La Première Aérostière belge était genvaloise, Rixensart Info 215 de février 2006
(3) Peintre et sculpteur belge, né à Uccle le 1er mars 1934, décédé à Monaco le 20 octobre 2005

Villa Adrienne, un coin de la Bruyère

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1914 | Villa Adrienne, sise à l’angle de la rue du Tilleul (à gauche) et de l’avenue du Bosquet à Genval, coll. Cercle d’Histoire de Rixensart (CHR)

« Elle appartint avant-guerre à la famille Windal et fut la maison familiale de mon oncle Emile Windal (1911-1998), depuis son mariage et durant toute sa carrière. Il fut le dernier bourgmestre de Genval (1) avant la fusion des communes. J’ai connu dans ma jeunesse de superbes moments dans cette maison avec mes cousins et cousines et pour de nombreuses fêtes familiales », raconte Philippe Jacquet. « Je garde de lui l’image d’un homme intelligent et extrêmement cultivé. C’était aussi un bon vivant qui ne comptait que des amis. Il aimait beaucoup sa commune et ses habitants » (1). ll fit une carrière exceptionnelle au barreau de Nivelles et occupa les fonctions de bâtonnier à deux reprises, de 62 à 64 et de 68 à 70 (2).

vers 1920 | Villa Adrienne, coll. CHR ↔ mars 2015 © Monique D’haeyere

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vers 1920 | coll. Cercle d’Histoire de Rixensart (CHR)


(1) Vers l’Avenir, Emile Windal, dernier maïeur de Genval, avait aussi été élu deux fois bâtonnier, 31 janvier1998
(2) Ibid.

La Lasne pittoresque, rue du Moulin

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avant 1904 | Le Moulin

Assis sur la Lasne, à la limite entre Genval et le Bourgeois, le moulin de Genval est cité dès 1655 (1). Sur l’arrière-plan, on distingue l’église Saint-Sixte.

Vanne du Moulin de Genval, coll. Jean-Claude Renier
1912 | Phototypie Marcovici

Pittoresque à souhait, ce site inspira de nombreux peintres avant de retenir l’attention du photographe, artiste à sa façon (2).

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1906 | La vanne sur la Lasne est dénommée ici ‘Cascade de la Lasne’

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Chemin du Bourgeois

Ecluse du Moulin 1907 coll. Jean-Louis Lebrun

L’écluse au Moulin, coll Jean-Louis Lebrun

La Vallée de la ‘Lasnes’, coll. Francis Broche ↔ 2013 © Monique D’haeyere

Vues sur l’église Saint-Sixte de Genval et le pont sur la Lasne, rue du Moulin. Lasnes est orthographiée avec un ‘s’.

La Vallée de la ‘Lasnes’, coll. Jean-Claude Renier ↔ 2014 © Christian Petit

Vue sur l’ancien moulin de Genval, abritant actuellement une institution pour jeunes.

Moulin de Genval, coll. Paul Gilson (3)
Un coin de la Lasne, coll. Jean-Claude Renier

Paysage pris du moulin 1911 coll. Jean-Louis Lebrun

1911 | coll. Jean-Louis Lebrun

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1924 | coll. Francis Broche

2016 © Monique D’haeyere ↔ 2018 © Bruno Marchal (PCDN)

D’importants travaux de reméandrement de la Lasne furent réalisés durant l’été 2018 à la hauteur du pont de la rue du Moulin. Ce nouveau tracé facilite la libre circulation des poissons, permet un recul de la zone d’inondation et restaure le charme originel de la rivière. Une nouvelle passerelle piétonne fut également installée. Les travaux liés au déplacement de la rivière ont été réalisés par la Province du Brabant wallon et la passerelle a été financée par la commune (4).

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janvier 2019 | Diaporama du reméandrement de la Lasne © Bruno Marchal


→ OBJECTIF RIXENSART | La Lasne, rue du Moulin


(1) PINSON Colette et GHYSSENS Roger, Le patrimoine rural du Brabant wallon, in E.C.H.A.R.P. (Entente des Cercles d’Histoire et d’Archéologie du Roman Païs), Centre Culturel du Brabant wallon, Court-Saint-Etienne, 1996
(2) RENOY Georges, Genval, La Hulpe et les environs en cartes postales anciennes, Bibliothèque Européenne – Zaltbommel, Pays-Bas, 1972
(3) extrait de ‘Le Brabant en images’
(4) PCDN, Quand la Lasne change de lit …, 2018

La Perche couverte, de la construction au classement

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1925/1928 | Construction de la Perche couverte, coll. Cercle d’Histoire de Rixensart

L’histoire du tir à l’arc à Genval remonte à 1922. Auguste Lannoye, patron des Papeteries de Genval, eut l’idée de créer un site où ses travailleurs pourraient s’adonner à ce sport plutôt qu’aller dépenser leur salaire dans les nombreux bistrots des alentours. En 1925 débutèrent les travaux de construction d’une tour de 36 mètres de haut destinée au tir sur perche.

L’entre-deux guerres paraît bien avoir été la dernière période de gloire des sociétés de tireurs à la perche et c’est à cette époque que se construisent, de ci de la, des perches couvertes. En gros, cela consiste à entourer une perche d’une enveloppe suffisamment importante à la base que pour permettre à plusieurs tireurs de s’y regrouper, suffisamment haute que pour surmonter une perche de près de 30 m, suffisamment étanche que pour la mettre à l’abri des intempéries et suffisamment solide que pour ne pas s’écrouler au premier coup de vent. La Wallonie en connut quelques-unes, en Hainaut, en Tournaisis et, plus proches de nous, la perche couverte des ‘Trois Colonnes’, qui disparaîtra en 1945, et la perche ‘semi-ouverte’ à proximité de la gare de La Hulpe.

Genvaloise, la dernière perche couverte du Brabant wallon surplombe depuis 1928 le site des anciennes Papeteries. On y dispute encore des concours de tir à l’arc vertical. Dans tous les villages du Brabant wallon, avant guerre, on trouvait 2 ou 3 perches de tir à l’arc en plein air, rappella René Vandiest, secrétaire du Cercle des Archers de Rixensart-Sainte-Croix. Il suffisait d’un arbre planté dans le sol sur lequel se balançaient les ‘oiseaux’ (…). Les gens des Papeteries avaient leur équipe d’archers, et j’en faisais partie. On pouvait gagner alors des caisses entières de papier peint. À l’époque cela valait une fortune (1).

1925/1928 coll. Cercle d’Histoire de Rixensart ↔ 2015 © Monique D’haeyere

Genval Vue panoramique Maubroux Exclusivité Au Cyclamen 20 rue de Rosières Genval partie 1 originale c Christian Lannoye

entre 1927 et 1935 | Splendide vue panoramique de Genval

De gauche à droite : l’avenue des Combattants, la rue des Lilas et la villa d’Auguste Lannoye et son épouse Marie Stévenart, la Perche, l’avenue Gevaert et la rue de Rixensart.

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coll. Philippe Godin

Photo prise à partir du clocher de l’église de Maubroux. A gauche la Perche. A droite, la tour à charbon, qui alimentait les locomotives à vapeur assurant le transport des marchandises des Papeteries de Genval.

1948/1950 coll. Philippe Godin ↔ 2011 © Bruno Marchal

Vues panoramiques des Papeteries de Genval, prises depuis le clocher de l’église Saint-Pierre de Maubroux. Au centre de la photo, la rue de Rixensart et ses maisons. A droite, la Perche couverte.

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mai 1951 © Dominique Delbrassinne

Cette vue panoramique des Papeteries de Genval a été probablement prise à partir de l’avenue Gevaert. Au centre, on reconnaît la Perche. On distingue à l’horizon la rue de l’Institut et le château d’eau de Rixensart. A l’avant-plan, encaissé dans la rue du Vallon, le Collège Notre-Dame des Trois Vallées ne dévoile que ses toits.

1990 coll. Cercle d’Histoire de Rixensart ↔ 2015 © Monique D’haeyere

Vues depuis la Colline du Glain sur l’actuel rond-point Yvonne Londoz (Gailly), la rue de Rixensart et les avenues Albert Ier/Franklin Roosevelt.

1995  coll. CHR ↔ 2013 © Monique D’haeyere

Étrange bâtiment que cette grande tour grise qui surplombe encore aujourd’hui le site des anciennes Papeteries de Genval. Construite entre 1922 et 1928, elle leur appartenait jadis avant de devenir la propriété de la commune de Rixensart. Un peu tordue, pas vraiment d’équerre, elle fut élevée avec les moyens du bord : 6 colonnes de béton ceinturées de poutres en bois lui assurent pourtant une assise solide. Les plaques d’Eternit qui la recouvrent à l’extérieur lui donnent même des allures de bâtiment industriel (2).

Ayant subi les assauts du temps, la tour couverte – seule à subsister en activité encore en Wallonie, devait être remise en état.

avant 1998 coll. CHR ↔ 1999 coll. Hommes et Patrimoine

Devenue propriétaire du site, la Commune de Rixensart décida pour des raisons de sécurité et de préservation de patrimoine de la rénover avec l’aide de la Région wallonne. Coût des travaux : 124.000 euros.

Architecte, je me suis occupé en 1998, de la rénovation indispensable de la Perche couverte pour le compte du Service travaux de la commune. La vue à 34 m était à couper le souffle. Le club existe toujours et un petit musée est accessible sur place, écrivit Pierre Gheux en mai 2015.

1999 © Josette Verbois-Thonnard ↔ mai 2016 © Monique D’haeyere

Depuis le rond-point Yvonne Londoz, prises de vue de la ‘dernière double perche couverte en activité en Wallonie’. De 35 mètres de haut, elle sert aux entraînements du tir à l’arc sur perches verticales à 33 mètres (3).

2008 | vue depuis la rue Auguste Lannoye © Eric de Séjournet
février 2013 © Christian Petit

Cette tour abrite deux perches permettant la pratique du tir à l’arc ou tir à l’oiseau. Cette construction se situe à l’arrière d’une petite maison villageoise occupée par le local du ‘Cercle des Tireurs– Rixensart Sainte Croix’ et par le musée du Tir à l’Arc de Rixensart. La tour, de plan carré et haute de plus de 27 m, est entièrement bardée d’ardoise, écrit Bénédicte de Ghellinck en 2009 (4).

Le 30 janvier 2019, le Conseil communal de Rixensart décida d’émettre un avis favorable sur le classement, comme monument, de la perche couverte (tir à l’arc), sise rue Auguste Lannoye 32 à Genval, considérant hormis les critères de rareté, d’intégrité et d’authenticité :

– l’intérêt social du bien : la pratique du tir à la perche incarne une culture traditionnelle et populaire vieille de plusieurs siècles, et la perche couverte dont question constitue un témoignage de la pratique du tir à la perche, activité populaire apparue au Moyen Age et particulièrement florissante jusqu’au milieu du siècle dernier

– l’intérêt paysager de la perche couverte qui s’intègre particulièrement bien à l’environnement paysager urbain de Genval et qui constitue pour les habitants un point de repère haut de trente mètres


→ OBJECTIF RIXENSARTLa Perche
→ VISAGES DE RIXENSARTMusée du Tir à l’arc 


(1) WILLOT Isabelle, La perche couverte de Genval, in Le Soir, 18 août 1995
(2) Ibid.
(3) Chroniques CHR n° 26 – 2ème trimestre 1996, p17
(4) WALLONIE DGO Aménagement du territoire, Logement, Patrimoine et Energie, Liste des biens repris dans l’Inventaire du Patrimoine Immobilier Culturel de la commune de Rixensart
(5) Conseil communal de Rixensart, Projet de classement, comme monument, de la perche couverte (tir à l’arc) sise rue Auguste Lannoye 32 à 1332 Rixensart, 30 janvier 2019

L’avenue Gevaert touchée par un V1

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26 janvier 1945 | Imprimerie Delbrassine, touchée par un V1 (avenue Gevaert)
coll. Cercle d’Histoire de Rixensart

A 3 ½ h. du matin par un affreux temps de neige un V1 désemparé venant de la direction du Nord tombe avenue Gevaert à 200 mètres de l’église. Deux maisons sont entièrement détruites; beaucoup sont endommagées. A l’église le maître autel en marbre a été un peu ébranlé, les fenêtres des fonts baptismaux et des sacristies sont abîmées. Aucune personne n’a été tuée ni blessée (1).

Je me souviens, – j’étais un gamin de six ans, raconte Daniel Alost (2). A cet âge on apprend vite. Rien qu’au bruit des moteurs, on pouvait déjà identifier quels types d’avions ou bombardiers survolaient Genval. Ils faisaient l’aller-retour vers et de l’Allemagne. Dans la nuit du 25 au 26 janvier, nous n’avons pas fermé l’œil, car en plus des avions alliés, Genval était survolé par des V1, ces terribles bombes volantes qui terrifiaient la population. On écoutait attentivement le bruit caractéristique de ces engins, car tant qu’il ronronnait … Puis, cette nuit-là, j’ai entendu un V1 qui commençait à toussoter … puis le moteur s’est arrêté. Mon père nous a crié de sa chambre : « Tous sous les couvertures ! » En chutant, le V1 siffle … terrifiant … il est tombé avenue Gevaert à quelques dizaines de mètres de notre maison, avenue des Combattants. Puis il y eu le souffle … heureusement sans suite pour notre famille.


(1) TONNET Adrien (curé de Genval), dans sa Monographie de Genval,  p 73
(2) Membre du Cercle d’Histoire de Rixensart