Champ de Froidmont, luges et moissons

Vieux coin sous la neige Sentier du Meunier ca 1950 Collection Jean-Claude Renier

novembre 1925 (1) | Chemin du Meunier, coll. Jean-Claude Renier

Le creux du chemin du Meunier est marqué par un cabanon destiné au bétail. Devant l’abri, il y avait un abreuvoir, se souvient Jean-Claude Renier (2). A l’époque nous y faisons de la luge, d’autres du ski (3).  

Se basant sur les cartes de Ferraris de 1777 (4), Paul Buffin (5) définit le champ de Froidmont en deux parties, celle qui s’étendait du Bois du Héron, la Vieille Taille ou la Belle Taille, à l’ouest, au chemin de fer à l’est, et celle de l’avenue de l’Aurore au nord, à la rue des Bleuets, au sud. Il précise que le moulin de Genval (sur la Lasne) était plus proche de Froidmont que celui de Rosières.

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Au XVIIIe siècle, les habitants de Froidmont se rendaient au moulin de Genval par le sentier du Meunier, qui continuait via la rue de l’Augette jusqu’au Bourgeois et descendait au moulin (de Genval) par la rue du même nom.

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avant 1940 | coll. Roger Mélotte

Sur le charriot chargé de gerbes de blé, se trouvent Emile Mélotte et son fils Roger. A côté du chariot, Antoinette Marcq, mère de Roger, ainsi que Armand Hautfenne. A remarquer l’attelage : le chariot en bois avec ses roues à rayons, cerclées de fer et le frein à sabots. Mais aussi les rehausses et les rondins de bois pour augmenter le volume embarqué. On admire la belle allure des chevaux brabançons qui assuraient la traction du charroi, raconte Jean-Claude Renier.

On peut situer l’endroit, approximativement, au début de l’avenue Albertine. A cette époque, juste à l’endroit ou commence la déclivité où se trouve l’actuelle avenue Winston Churchill, il y avait une grande haie qui démarrait de la rue de Limal jusqu’à la ligne du chemin de fer.

Les prairies et les cultures de la ferme Mélotte se situaient sur les terrains qui se trouvaient entre la rue de Limal et la ligne du chemin de fer, depuis un abreuvoir pour les animaux situé à hauteur du n° 17 rue de Limal et allant jusqu’à la rue des Bleuets (ancien Chemin de Nivelles).

Richard Meert raconte que pendant le bombardement de juin 1944, la famille est allée se réfugier entre les talus du chemin du Meunier. Il a aussi aperçu le bombardier Lancaster, en feu, qui s’est écrasé à l’angle de l’avenue Léopold et de l’avenue Marie Monseu.

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début années ’50 | Champ de Froidmont © Josiane Meert

Superbe panorama de la ferme de Froidmont pris début des années ’50. Jean-Claude Renier décrit les lieux : La prairie que l’on voit en avant-plan avec son abri pour le bétail longe le chemin du Meunier jusqu’au début de l’avenue de l’Aurore. De nos jours, cette zone est entièrement urbanisée par l’avenue de l’Europe et l’avenue du Touquet. La maison de forme carrée dans le sentier du Meunier est celle des Leloup. A sa gauche, on aperçoit la serre de la ferme Mélotte. Contre le bord de l’image, deux maisons de la rue Alphonse Collin. Au milieu de l’image émerge, au-dessus de la ferme, l’hôtel Beau Site situé dans l’avenue Astrid.

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19 juillet 1955 | Chemin du Meunier et, dans la prairie, l’abri pour le bétail © Josiane Meert

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Photo 1 | vers 1958 | Sur le charriot, Urbain Meert. Avec une fourche en main, Charles, le valet de la ferme. Remarquez, la traction animale était encore bien utilisée dans les années 1950 © Josiane Meert

Photo 2 | après 1958 | Moisson dans les champs exploités par la ferme de Froidmont. Richard Meert est au volant d’un tracteur LANZ BULLDOG de 1958. Ce dernier tire une faucheuse batteuse tractée © Josiane Meert

Photo 3 | juillet 2014 | Avenue Boulogne-Billancourt © Monique D’haeyere


→ OBJECTIF RIXENSART | Champs


(1) Les 28 et 29 novembre 1925,  34 cm de neige furent relevés à Uccle (Météo Belgique)
(2) vice-président du Club Ferroviaire de Rixensart
(3) Le 28 novembre 1973,  34 cm de neige furent relevés à Uccle (Météo Belgique)
(4) A la fin du XVIIIe siècle, le réseau de communication est constitué d’une juxtaposition de petits réseaux rayonnant autour des villes les plus importantes. De cette période, datent les cartes topographiques des Pays-Bas autrichiens dressées par le général de Ferraris (1777). Ces cartes reprennent notamment les tracés des anciens chemins empierrés ou pavés (6).
(5) BUFFIN Paul, Portrait des rues de l’ancienne commune de Rixensart, 1996
(6) http://www.sentiers.be

La grange-église de Froidmont, dédiée à Saint-Etienne

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1974 | Entrée de la Ferme de Froidmont © Jean-Claude Renier

Sur l’ancienne porte de la ferme, un écriteau prévient : « Défense de circuler sur les chantiers sous peine d’amende », marquant un moment crucial de l’histoire de ce lieu : sa transformation et sa rénovation.

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juillet 2015 © Monique D’haeyere

avant 1976 Renovation de la grange de la Ferme de Froidmont © Maurice Goethals 1

avant 1976 | Ferme de Froidmont, avant la transformation de la grange © Maurice Goethals

Le 24 décembre 1972, les familles Demeure et Dubost, ayant décidé de lotir les terres cultivées par les fermiers de Froidmont, firent donation de la ferme à la fabrique d’église de la nouvelle paroisse St-Étienne (1).

On en parlait depuis 1965, mais c’est le 17 octobre 1966 que la nouvelle éclata au Conseil paroissial de Sainte-Croix : M. l’abbé Jacques Hemeleers, vicaire à Notre-Dame du Sacré-Cœur à Etterbeek, était nommé chapelain de la paroisse en création. Grâce à l’amabilité de M. et Mme Delacroix, le chapelain put dire la messe dans un petit local, le ‘garage’ de la rue Albert Ier (ndlr. actuellement dénommée rue du Monastère). Tout aussitôt, deux autres endroits sont ouverts à la célébration eucharistique : le salon de M. et Mme Dechamps, avenue de Merode et celui de M. et Mme Leloup, rue de l’Augette. Le 7 octobre 1967, la nouvelle chapelle provisoire en bois avenue Françoise (ndlr. au n° 9)(2) est inaugurée solennellement par Mgr Lagasse, vicaire général (1).

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L’Abbé Jacques Hemeleers pose devant projet de l’architecte Lucien Kroll
avant 1976 © Maurice Goethals

Le chapelain, devenu entretemps curé à part entière, envisagea avec le bureau paroissial de créer un centre religieux à Froidmont, en association avec la communauté des Dominicains de la Sarte à Huy. L’architecte, M. Lucien Kroll, réalisa un projet pour transformer la grange en église (3), dont le budget fut approuvé par le Conseil Communal. Dans la foulée, le Conseil de la Fabrique d’église de St-Étienne fut créé le 19 novembre 1970. De 1971 à 1972, trois côtés de la ferme de Froidmont furent aménagés pour abriter une communauté chrétienne formée de religieux dominicains, de couples et du curé de la paroisse (1).

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1976 © Maurice Goethals

1976 © Maurice Goethals

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1976 | Diaporama de l’extérieur de la nouvelle église Saint-Etienne © Maurice Goethals

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1976 | Diaporama de l’intérieur de la nouvelle église Saint-Etienne © Maurice Goethals

Ce fut un rêve qui devint une idée, une idée qui devint un projet, un projet qui se réalisa, écrivit André Cordy, Président du Conseil de Fabrique (4).


(1) UNITÉ PASTORALE SAINT-ETIENNE, Froidmont, naissance d’une paroisse
(2) BUFFIN Paul, Portrait des rues de l’ancienne commune de Rixensart, p.60, 1996
(3) Son acoustique, très étudiée et sa disposition intérieure permettent des représentations théâtrales et des concerts de haute qualité (2)
(4) CORDY André, Naissance d’une paroisse, in Venez à Froidmont … Trente ans déjà, Louvain-la-Neuve