Fernand Gailly, résistant de la première heure

Fernand Gailly (1902-1945) © Michèle Degueldre

Fernand Gailly, né en 1902, disparu en 1945
photo © Michèle Degueldre (1)

Fernand Gailly naquit à Bourgeois-Rixensart le 27 juillet 1902 et résida rue Mascau à Genval. 

Il grandit dans le culte des traditions d’une des plus belles familles du Brabant wallon où s’épanouirent sans cesse les vertus chrétiennes, l’amour familial, l’esprit de travail, le dévouement aux oeuvres et un inébranlable attachement à la patrie (2).

Fernand Gailly fut un de ces braves qui dès 1940 voulut secouer le joug de l’ennemi. Il fut, je crois le premier de nos paroissiens enrôlé dans la Légion Nationale. Sa devise était : « Plutôt mourir que trahir » (2)

Son activité fut considérable dans la résistance. Il était commandant à l’Armée secrète. Il eut à son actif de nombreux actes de sabotage. Il rassemble, convoya, cacha des armes et des munitions. Il assura le logement et le ravitaillement de nombreux réfractaires. Il collecta lui-même ici dans beaucoup de familles de notre paroisse des sommes d’argent pour les besoins de la résistance. Sa spécialité se révéla dans l’art qu’il avait de surveiller les champs d’aviation de l’ennemi.

Quelques temps avant son arrestation, il était passé à la sureté de l’Etat où en surplus de son service d’espionnage il s’occupa du passage des hommes en Angleterre par la France et le Portugal. Il possédait également un jeu de fausses cartes d’identité et de passeports.

Au début du mois d’août 1943, il fut arrêté pendant qu’il se rendait à son travail. La Gestapo espérant sans doute faire un coup de filet le surveillait étroitement depuis plusieurs jours.

On sait qu’il a séjourné à Saint-Gilles, Breendonck, Essen, Esterwegen et dans quelques autres camps. On a appris qu’en mars 1945 ils avait été vu juché sur un train en partance pour l’Ouest. Depuis lors on a perdu toute trace de lui … (2).

Le 23 juin 2014, le Conseil communal de Rixensart prit la décision de nommer le rond-point établi au carrefour entre les rues de Genval et de La Hulpe, rond-point Fernand Gailly, considérant « qu’il a activement participé à la résistance à l’occupant pendant la guerre 40-45 en formant les premiers noyaux de l’Armée blanche ».

26 septembre 2015 © Inauguration du rond-point Fernand Gailly
photos © Michèle Degueldre (1)


(1) © tous droits réservés à la famille Gailly
(2) Eloge funèbre de Fernand Gailly, par l’Abbé André Tonnet, curé de Genval, 11 août 1946 (source Michèle Degueldre)

Hôpital de campagne américain

1583. septembre 1944 Hôpital de campagne US route d'Hohain (vue depuis le toit d'ure remise du Boutny - propriétaire Jean de Lannoye c Fonds Lannoye copieseptembre 1944 | Prés bordant la route d’Ohain
coll. Christian Lannoye

Septembre 1944 : Genval vient d’être libérée ! Après le passage de la 2de Division blindée US (1), un hôpital de campagne provisoire fut installé par l’Armée américaine à la limite de Genval, dans les prés qui bordent la route d’Ohain. Missions : la prise en charge des blessés, le tri, les opérations au bloc, et les soins.

En limitant la distance des transports par rapport aux zones de combat, ces structures de soins provisoires permirent de soigner plus rapidement les soldats blessés durant les affrontements. Ils furent toujours situés à proximité des routes facilement accessibles aux ambulances.

Cette remarquable diapositive a été prise depuis le toit des remises du Boutny (2). A l’avant-plan et de gauche à droite Imelda, Luc et Jean-Marie (John) Lannoye. En soutane, Jacques Martin, frère de Louise Martin, seconde épouse de Jean Lannoye.

Au centre de la photo, le château d’eau de Genval (voir photo-légende ci-après)


(1) de SÉJOURNET Eric, Genval libérée ! septembre 1944, in Rétro Rixensart, 2014-2018
(2) propriété de Jean Lannoye, administrateur-délégué des Papeteries de Genval

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Genval libérée ! septembre 1944

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L’avant-garde de la ‘2nd Armored Division US’ arrive à Genval le 4 septembre 1944 dans l’après-midi. Elle poursuit sa progression via la Manteline vers Bourgeois, pourchassant les Allemands, en retraite.

Venant de la Place communale, l’arrivée du gros de la 2ème Division blindée des Etats-Unis est fixée sur pellicule à hauteur de l’avenue Gevaert, où une foule en liesse l’accueille le jeudi 7 septembre 1944. Une colonne blindée américaine traverse Genval de 9h30 à près de 13h. Le gros de la 2nd Armored Division US (1), également dénommée « Hell on Wheels », arrive par l’actuelle rue des Déportés, et descend l’avenue Gevaert vers la gare de Genval.

On fait à nos libérateurs un accueil enthousiaste, on leur jette des fleurs, des fruits, des friandises, des douceurs, quand il y en un qui stationne quelques moments on lui offre tout ce qu’on peut, on leur serre la main, les jeunes filles, les enfants les embrassent, on ne se lasse pas de cette joie débordante (2).

« C’était un spectacle encore jamais vu, un décor inoubliable, des trottoirs regorgent de monde, hommes, femmes et enfants. Des véhicules alliés en tous genres descendaient à la queue leu leu l’avenue Gevaert pour prendre la rue de la Station et ensuite la rue de Rosières. Il y avait là des chars, des camions bourrés de soldats, des jeeps, des bulldozers, etc. etc. C’était un convoi continu et sans fin. La population applaudissait à tout rompre, à chaque arrêt des femmes et des jeunes filles grimpaient sur les chars et les jeeps pour embrasser les soldats », témoigne J. Mayné (3).

Les GI’s sont encore photographiés rue de la Station, rue de Rosières, sur le pont au-dessus du chemin de fer. Ensuite, les colonnes militaires poursuivent leur progression vers le lac de Genval et la rue de La Hulpe. J’édite et commente ce reportage inédit découvert dans le patrimoine iconographique de la famille Lannoye. Les Archives de l’Etat à Louvain-la-Neuve en sont dorénavant les dépositaires.

Eric de SÉJOURNET


(1) Présentation du 2nd AD, YouTube
(2) GHYSSENS Roger, 50ème Anniversaire de la Libération, Cercle d’Histoire de Rixensart, 1994
(
3) MAYNÉ J., 1944-1994 50ème anniversaire. Souvenirs de 1939-1944, Rixensart, 1994

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La Renaudière, coder et déchiffrer

254. La Renauldière à Rosières Collection Cercle d'Histoire de Rixensart1930 | Villa ‘La Renaudière’ (1) à Rosières
coll. Cercle d’Histoire de Rixensart

Les plans de cette villa furent dessinés en 1925 par l’architecte Henry Lacoste (2) pour le Dr Renaud à Rosières-Saint-André. 

En juin 1944, quelques jours avant le débarquement en Normandie, l’Armée Secrète (A.S.) reçut l’ordre de mettre ses postes de commandement en place. Le 3 juin, le Q.G. du général Pire s’installe à Rosières, au lieu-dit Pré Maillard. Il comprend non seulement les principaux responsables de l’A.S. mais également un certain nombre d’officiers triés sur le volet qui trouvent asile, ainsi que l’équipe féminine chargée de coder ou déchiffrer les messages, à ‘La Renaudière’. Il s’agit d’une villa louée pour la cause par la famille Coenraets qui est installée dans un pavillon de l’autre côté de la Lasne. Le pavillon « Chez Coen » constitue également une boîte aux lettres et un écran pour le Quartier général de I’A.S., dont le véritable siège est tenu secret et les jeunes gens des familles Coenraets et Pire assurent une liaison discrète et permanente entre les deux sites (3)(4).

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Cérémonie en hommage à trois paroissiens fusillés par les Allemands

176. Rapatriement fusillés genvalois 17 juin 1945 Place communale c Luc Debource

17 juin 1945 | Rapatriement de trois Genvalois fusillés par les Allemands.
Le convoi funéraire remonte l’avenue Gevaert et arrive Place communale à Genval.
coll. Luc Bource

Trois paroissiens de Saint-Sixte arrêtés par la Gestapo furent fusillés début 1943 : Alexandre Ancart et Georges Rouchaux, tous les deux à Bourg-Léopold, et Maurice Van Diest au Tir National. Dans sa Monographie de Genval (p. 73), Adrien Tonnet, curé à la paroisse Saint-Sixte de 1923 à 1962, consigne le 17 juin 1945 : Au cours d’une cérémonie grandiose les corps des fusillés sont ramenés à Genval.

Ancart A. (41), Rouchaux G. (48) et Van Diest M. (41) font partie des 185 patriotes exécutés au Fort de Breendonk (1).

• Alexandre Ancart est né le 16 mars 1902 (2) à Cortil-Noirmont (BW), et, pour avoir transporté des armes, fusillé à Bourg-Léopold (2) (et non à Breendonk) le 6 janvier 1943 (3)

• Georges Rouchaux est né le 28 décembre 1895 à Ixelles, et fusillé à Breendonk le 6 janvier 1943 (3)

• Maurice Van Diest est né le 5 novembre 1902 à Wavre (BW), et, pour possession d’armes, fusillé à Breendonk le 13 janvier 1943 (3) Continuer la lecture de Cérémonie en hommage à trois paroissiens fusillés par les Allemands