Square de la Résistance, liberté et paix

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décembre 2012 | Square de la Résistance à Rixensart © Christian Petit

Cette stèle porte l’inscription ‘1940-1945 12me ET 15me BATAILLON DE FUSILIERS RESISTANCE LIBERTE PAIX’.

La frondaison des arbres vous cache les ailes du vieux moulin, c’est le message lancé le 1er juin 1944 par la BBC (1), ‘le’ signal qu’attendait l’Armée Secrète (2) pour entrer en action en Belgique. Le gouvernement belge avait prévu de lever sur les territoires libérés des troupes qui, après une formation accélérée, seraient mises à la disposition des commandements britannique et américain. En effet, depuis plusieurs années, les esprits étaient préparés à répondre à une telle éventualité (…), les mouvements de résistance à l’occupant étant alimentés par l’afflux dans la clandestinité de travailleurs requis par les Allemands pour remplacer dans leur pays les ouvriers mobilisés (…). 53.700 volontaires de guerre furent recrutés en 1944 et 1945 (3).

Dès la Libération, des bataillons de Fusiliers (4) furent donc constitués qui, après une instruction accélérée, furent mis à la disposition des Alliés (…) pour sécuriser les vastes régions non explorées par les blindés américains. Nettoyage de bois et capture de prisonniers sont leur tâche quotidienne (5).

Parmi ces bataillons belges figuraient les 12e et 15e Bataillons de Fusiliers. Le premier fut créé le 11 décembre 1944 à Charleroi et affecté à la 1ère Armée américaine. Quant au second, il se forma le 12 janvier 1945 à Champion et fut affecté à la 9ème Armée américaine.

Notons un épisode que certains Rixensartois devraient se rappeler. Fin août 1945, la mission en Allemagne d’un autre bataillon de Fusiliers, le 20e, toucha à sa fin. Cette unité fut relevée le 9 septembre 1945 dans la région d’Oderberg, sur la rive droite du Rhin par la 2e Brigade ‘Yser’ et rentra en Belgique.

Ce 20e Bataillon de Fusiliers fut cantonné dans le Brabant Wallon : l’Etat Major et les 4e et 5e Compagnies à Genval, les autres compagnies à La Hulpe, Rixensart et Bourgeois pour instruction à la ‘Battle School’. On y forma les premiers sergents (…). Le 5 novembre 1945, le 20e Bataillon fit mouvement vers Bruxelles, à la caserne Saint-Jean, boulevard du Botanique, où il fut notamment chargé de la garde du Palais Royal (6). Ce bataillon fut dissout le 8 décembre 1945.

Quant aux 12e et 15e Bataillons de Fusiliers, ils furent dissouts le 10 octobre 1945 et le 28 février 1946.

Square de la Résistance 2.2018 © Monique D'haeyere

février 2018 © Monique D’haeyere


(1) BERNARD Henri, L’armée secrète 1940-1944, UFAS, Ed. Duculot, Gembloux, septembre 1986, p. 94 et 183
(2) de SÉJOURNET Eric, L’été ’44 des Coenraets, in Rétro Rixensart, 15 août 2017
(3) GENNART Paul, Les volontaires de guerre belges de la Libération
(4) Un bataillon de Fusiliers comprenait un état-major, une compagnie d’état-major et cinq compagnies de fusiliers. Les bataillons de Fusiliers étaient intégrés par trois dans une Brigade et étaient placés sous contrôle opérationnel des Alliés. Chaque bataillon était composé de 801 hommes (28 officiers, dont 1 aumônier, 104 sous-officiers et 669 caporaux et soldats).
(5) BACHY Pierre,Le 20e Bataillon de Fusiliers
(6) Ibid.

 

Un bombardier Lancaster s’écrase à Rixensart

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Le 11 mai 1944, vers une heure du matin, de retour d’un raid sur la gare de formation de Louvain (1), le bombardier Lancaster LL739 (2) piloté par Bruce Cunningham, s’écrasa dans le bas de l’avenue Léopold à Rixensart. Il fut abattu par un chasseur Messerschmitt. L’équipage eut la vie sauve grâce aux parachutes. Le pilote néo-zélandais tomba sur le toit du café ‘La Lanterne’ (ndlr. en 1996, l’agence de la SNCI), place de la Vieille Taille (3).

Un autre membre de l’équipage tomba sur le toit de la maison d’Henry Debroux, avenue de la Paix. Celui-ci aida l’aviateur à descendre de son perchoir et le confia ensuite à la Résistance. Selon Armande Naassens, fille d’Henry Debroux, ‘quelques mariées eurent pendant cette période de guerre leur robe de noces confectionnée dans la soie magnifique des parachutes, un cadeau qui était tombé du ciel’, souligne encore Paul Buffin (4). ‘Armande Naassens possède toujours une bague réalisée avec du métal provenant du Lancaster abattu’.

Reginald Brailsford (4) fut recueilli à sa chute par un résistant de l’Armée Secrète, Robert Ivens du 14 avenue Marie-Henriette à Rixensart. Il passa une nuit chez Mme Beaujean à l’avenue Maréchal Foch et fut conduit le 14 mai chez Eugène Cantillonau 34 rue de Pervyse à Etterbeek. Il fut alors hébergé dans le module de Fernand Verbeke pour Anne Brusselmans (5).

Crew (équipage) : Bruce Cunningham (pilot), Donald Albert Winterford (fligth engineer), Robert John Ramsey (navigator), Fred Brown (MU Gunner), Bleddyn Roberts (Rear Gunner), Reginald Brailsford (Bomb Aimer) et John Stone (WOP/Air)(6).

Lancaster MkII LL 739 coll. The Lincolnshire Aviation Heritage Centre, East Kirkby Airfield (www.lincsaviation.co.uk)

mai 1944 | L’épave du Lancaster LL739, Quartier Royal à Rixensart, coll. The Lincolnshire Aviation Heritage Centre, East Kirkby Airfield

TEMOIGNAGES & COMMENTAIRES

Roger Mélotte : Un bombardier anglais s’est écrasé dans le bois, près de l’avenue Fond Marie Monseu. Le bourgmestre Evrard m’avait demandé d’aller monter la garde près des débris de l’appareil avant que les Allemands viennent chercher les restes. Les Allemands sont venus avec des cercueils, croyant qu’il y avait des morts dans l’avion écrasé. Deux aviateurs avaient pu sauter de l’avion. Il y en avait un qui était tombé près de chez nous dans la prairie et l’autre était tombé sur le talus du déblai du chemin de fer. Sur ce dernier qui essayait de s’enfuir, les Allemands ont tiré et il fut touché. Les Allemands sont venus chez nous pour avoir une échelle et deux hommes pour transporter le blessé vers le café Motteu de l’avenue de Merode (il y avait aussi le café Buffin au coin de la place de la Veille taille et de l’avenue de Merode). Mon père, Emile, est parti avec Guillaume Syben, qui habitait juste à côté de chez nous. L’aviateur était un Néo-Zélandais et était blessé juste au-dessus du cœur. Guillaume avait demandé une cigarette aux Allemands, mais ceux-ci n’ont pas voulu lui en donner. On a du le calmer car Guillaume voulait frapper ceux-ci. Le blessé a été emmené en ambulance vers une clinique, mais le docteur Laermans de Rixensart, ayant consulté celui-ci, nous a déclaré plus tard qu’il ne survivrait pas à ses blessures. Nous n’avons plus eu de ses nouvelles. Nous avons eu le parachute d’un des pilotes et nous sommes allés le cacher dans une serre avec Guillaume. Ma mère en a eu une blouse en soie (7).

Marcelle Dupuis : Un parachute était bien tombé à hauteur de la rue Albertine. Du magnifique tissu, récupéré par les voisins ont permis la confection de blouses, robes et chemises.

Alexis AC : Selon un article du New Zealand Herald, Bruce Cunningham, le pilote du Lancaster abattu à Rixensart, est revenu à Rixensart en 1996. Un morceau de son parachute lui a d’ailleurs été rendu.

REPORTAGE

Alain Libert réalisa en 2013 un reportage video édité sur YouTube. C’est un vibrant hommage aux aviateurs alliés et aux personnes qui les ont secourus au péril de leur vie.

→ LIBERT Alain | Deux mariages et un parachute

Equipage du Lancaster LL739

L’équipage du Lancaster LL739 (posant devant un bombardier lourd Short Sterling), coll. International Bomber Command Centre


(1) Extrait du journal du Bomber Command : 126 Lancasters and 6 Mosquitos of Nos 3 and 8 Groups attacked the railway yards at Louvain near Rennes (?) but the main weight of the bombing hit the railway workshops and nearby storage buildings. 4 Lancasters lost
(2) Lancaster MkII  JI-M n° série LL739 du 514 Squadron
(3) BUFFIN Paul, Tombés du ciel, in Chroniques CHR N° 27, p.23, 3e trimestre 1996
(4) Ibid.
(5) Comete Kinship Belgium et Le réseau Comète
(6) Bomber Command Losses Vol.5 – W R. Chorley / The Bomber Command War Diary – M. Middlebrook, C. Everitt / Footsteps On The Sands Of Time – O. Clutton-Brock
514 Squadron – Lancaster II LL739 JI-M / Op. Leuven
The aircraft took off from Waterbeach to bomb railway yards and was shot up it is believed, by a Fw190 while leaving the target area. A fire started in the starboard inner engine and within seconds the entire wing was engulfed in flames. All baled out. P/O. Cunningham RNZAF landed on the roof of a cafe at Rixensart (Brabant) Belgium, while P/O. Winterford found himself on a nearby rail line where an alert German patrol thought they had caught a saboteur and before he could prove otherwise, he was shot in the leg. F/O. Ramsey and Sgt. Brown evaded capture for a while, but were eventually arrested by the Gestapo
(7) RENIER Jean-Claude, Témoignage de Roger Mélotte et de son épouse Andrée Bouchonville, enregistrement audio réalisé chez Roger Mélotte, Rixensart, 17 juillet 2011

L’avenue Gevaert touchée par un V1

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26 janvier 1945 | Imprimerie Delbrassine, touchée par un V1 (avenue Gevaert)
coll. Cercle d’Histoire de Rixensart

A 3 ½ h. du matin par un affreux temps de neige un V1 désemparé venant de la direction du Nord tombe avenue Gevaert à 200 mètres de l’église. Deux maisons sont entièrement détruites; beaucoup sont endommagées. A l’église le maître autel en marbre a été un peu ébranlé, les fenêtres des fonts baptismaux et des sacristies sont abîmées. Aucune personne n’a été tuée ni blessée (1).

Je me souviens, – j’étais un gamin de six ans, raconte Daniel Alost (2). A cet âge on apprend vite. Rien qu’au bruit des moteurs, on pouvait déjà identifier quels types d’avions ou bombardiers survolaient Genval. Ils faisaient l’aller-retour vers et de l’Allemagne. Dans la nuit du 25 au 26 janvier, nous n’avons pas fermé l’œil, car en plus des avions alliés, Genval était survolé par des V1, ces terribles bombes volantes qui terrifiaient la population. On écoutait attentivement le bruit caractéristique de ces engins, car tant qu’il ronronnait … Puis, cette nuit-là, j’ai entendu un V1 qui commençait à toussoter … puis le moteur s’est arrêté. Mon père nous a crié de sa chambre : « Tous sous les couvertures ! » En chutant, le V1 siffle … terrifiant … il est tombé avenue Gevaert à quelques dizaines de mètres de notre maison, avenue des Combattants. Puis il y eu le souffle … heureusement sans suite pour notre famille.


(1) TONNET Adrien (curé de Genval), dans sa Monographie de Genval,  p 73
(2) Membre du Cercle d’Histoire de Rixensart

Sergent aviateur Robert Huens, ‘le Teuton’ de la ‘Three-Five-O’

2a4ce-03-thumb-1Robert Huens (1919-1945)

Le Sergent aviateur Robert Huens fut abattu par la ‘Flak’ (défense antiaérienne allemande) à Heckhalenfeld, près de la frontière belge, le 23 janvier 1945. II avait 25 ans (1).

Fils d’Alphonse Huens-Materne, Robert naquit à Rixensart le 12 septembre 1919 et y habita rue de la Station 8. Il était déjà membre de l’Aéronautique Militaire belge avant le début de la Seconde Guerre mondiale. En effet, élève-pilote appartenant à la ‘78e Promotion 01.09.1938 à Wevelghem’, il obtint le brevet élémentaire le 15 mai 1939 et le 18 août de la même année, le brevet militaire. En septembre 1939, il fut affecté à la 6/3/2Aé. La 2Aé, c’est la chasse avec douze ‘Hurricanes’ et des moins modernes, les ‘Gladiators’ et les Fiat. Ses terrains se situent à Schaffen et à Nivelles (2).

Le 10 mai 1940, il fut envoyé du Zoute à Vissenaeken (3) et subit le 13 mai suivant le bombardement de Vissenaeken. Il se replia sur Moerbeke-Waes. Le 14 mai, il fut détaché en renfort au 3 Aé à Aeltre, et le 18 du même mois il partit en France rejoindre le 2Aé à Frejorgues (Montpellier).

On sait également que Robert Huens rejoignit la Grande-Bretagne et qu’il fut incorporé à la Royal Air Force (matricule RAF 1899804) le 29 juillet 1943. A partir du 7 août 1943, il suivit une formation de pilote de chasse au R.A.F. College de Cranwell. On le retrouva le 31 janvier 1944 à la 5 (Pilot) Advanced Flying Unit à Ternhill. Dès le 3 avril 1944, ‘Bob’ compléta son entraînement à la 53 Operational Training Unit, basée à Kirton-in-Lindsey. Le 12 juin 1944, il fut affecté au 350 ‘Belgian’ Squadron de la R.A.F., la célèbre escadrille belge sur Spitfire, qui opéra depuis Westhampnett dans le West-Sussex. Dès août 1944, de nombreux pilotes du ‘Three – Five – O’ se distinguèrent en détruisant également de nombreuses bombes volantes V1.

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Les pilotes du 350 ‘Belgian’ Squadron de la Royal Air Force et un Spitfire Mark XIV + ‘Bob le Teuton’

En décembre 1944, l’escadrille déménagea en Belgique et fournit des patrouilles offensives pendant la Bataille des Ardennes. Lors d’une mission de reconnaissance (‘armed recce’), ‘Bob’ Huens, surnommé ‘Le Teuton’ par ses collègues pilotes, fut abattu le 23 janvier 1945 sur Spitfire Mk XIV n° NH711 par la défense anti-aérienne allemande, près de Saint-Vith.

Selon Albert De Cock (4), il se trouvait au centre d’une formation de trois Spitfires, quand son appareil fut touché par la flak au cours d’une mission de mitraillage d’une colonne allemande en retraite. Robert Bladt (5), qui le suivait, pense qu’il a été tué sur le coup. Son avion s’abat à Heckhalenfeld, près de la frontière belge. La famille est avisée que ‘son appareil a été abattu et qu’on espère qu’il ne lui est arrivé d’autre malheur que d’être fait prisonnier’. L’Ambassade belge à Londres a été informée de la mort de Robert Huens, en vue de prévenir les proches, mais elle ne donne pas suite et la famille est laissée dans l’attente et l’incertitude. C’est le 28 février 1946 seulement que les siens seront officiellement avisés du ‘décès présumé’ de Robert. La certitude n’en sera acquise qu’en mai 1947 grâce à l’intervention à Londres du comte de Laurens, chez qui Robert avait séjourné à Castelnaudary en 1942, mais l’avis officiel du Ministère de la Défense Nationale ne parviendra à la famille que le 27 novembre 1948 ! Le père de Robert se rendit sur la tombe de son fils, à Heckhalenfeld, et la trouva entretenue et fleurie par la femme du Bourgmestre de l’endroit, une maman qui espèra qu’on en aura fait autant pour ses deux fils disparus sur le front de l’Est. Après que les Anglais eurent regroupés les corps de leurs soldats tombés en Allemagne, autorisation fut donnée de rapatrier Robert Huens en Belgique.

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Les funérailles religieuses et l’inhumation dans le caveau de famille à Rixensart eurent lieu le 18 avril 1949. Les honneurs militaires lui furent rendus par un détachement de la Force Aérienne belge (6).

Le 18 juin 1949, le Conseil communal de Rixensart décida de dénommer ‘Rue Aviateur Huens’ la partie de la rue de la Station comprise entre le pont du chemin de fer et la place Jefferys. Robert Huens était né au numéro 8 de la rue qui porte son nom » (5).


(1) BUFFIN Paul, Portrait des rues de l’ancienne commune de Rixensart, 1996
(2) LEVO Jean-Marie, Les sacrifiés du Canal Albert
(3) DILLIEN André, Promotions de pilotes militaires belges, Bruxelles, 2005-2010
(4) Robert Bladt, pilote de chasse et fondateur de la Patrouille des Diables Rouges, Rixensartois d’adoption
(5) DE COCK Albert, L’Adjudant-Aviateur Robert Huens, in Chroniques du Cercle d’Histoire de Rixensart, n° 19 d’août 1994, p. 3 à 5.
(6) légendes et sources iconographiques | photo 1 : Sergent aviateur Robert ‘Bob Le Teuton’Huens (album de feu Gaston Wardemer, propriétaire durant la guerre du restaurant belge ‘Chez Gaston’, à Londres / coll. André Bar – Musée Royal de l’Armée et d’Histoire Militaire de Bruxelles – Section Air et Espace) | photo 2 : Pilotes de la 350 ‘Belgian’ Squadron de la R.A.F. et un Spitfire Mark XIV (album de feu le Lieutenant-Général Aviateur e.r. Baron Michel ‘Mike’ Donnet D.F.C. / coll. André Bar – Musée Royal de l’Armée et d’Histoire Militaire de Bruxelles – Section Air et Espace) | photo 3 : Robert Huens, assis dans l’habitacle d’un Spitfire Mk V (album de feu Arthur Patiny / coll. André Bar – Musée Royal de l’Armée et d’Histoire Militaire de Bruxelles – Section Air et Espace) | photos 4 et 5 : cérémonies en la Maison communale de Rixensart et en l’église Sainte-Croix à Rixensart (coll. Cercle d’Histoire de Rixensart)
(7) cette notice de Rétro Rixensart a été rédigée avec l’aide de Mehdi Schneyders

Devoir de mémoire (Rixensart)

Durant la Seconde Guerre Mondiale, huit Rixensartois furent arrêtés par la Gestapo et fusillés. Sept le furent en janvier 1943, un ‘tomba’ (fusillé) le 3 septembre 1944. Onze autres résistants et un pilote militaire donnèrent également leur vie pour la Patrie.

Les Fusillés :

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Robert Boisacq (1904-1943) | Né à Wavre le 26 novembre 1904. Droguiste (peintre en bâtiment à Rixensart), membre de la Résistance, époux de Louisa Flémal. Les Allemands ayant trouvé, lors de leur perquisition, un fusil caché dans un puits de son jardin, il fut arrêté le 17 décembre 1942 et fusillé à Breendonk le 6 janvier 1943 (1).

Sur sa carte de deuil il est écrit : « Il a obéi au devoir; il a souffert pour le devoir; il est mort pour le devoir. Le soldat qui donne sa vie pour défendre l’honneur de sa patrie et pour venger la justice violée accomplit un acte de charité qui a été béni par notre Seigneur lui-même : « Nous n’avons pas de meilleur moyen de pratiquer la charité que de donner notre vie pour ceux qui nous aimons » Jeunes gens, faites de votre vie l’hymne de votre gratitude fidèle envers ceux qui comme Robert Boisacq ont sacrifié tout le sang de leurs veines et tous les rêves de leur coeur avec la suprême joie et l’enthousiaste espoir de voir se lever derrière eux une jeunesse digne de reprendre en mains le drapeau aux trois couleurs rougi de leur sang ». La lecture se termine par une citation de Louis Veuillot : « Il n’y a pas de mort, il n’y a pas de séparation. Il n’y a qu’une absence qui peut finir demain. Nous pleurons mais nous aimons, nous souffrons mais nous croyons, nous ne sommes pas écrasés mais A GENOUX ».

Après la guerre, la commune modifia le nom de la rue du Pont en rue Robert Boisacq. Sa veuve Louisa Flémal continua l’exploitation de la droguerie, avenue de Merode, à l’endroit où se trouve le coiffeur Symens, y ajoute encore Jean-Claude Renier.

04967-2674166022Alphonse Collin (1909-1943) | Né à Léglise le 23 septembre 1909, employé communal à Rixensart, résistant. Il fut capturé et arrêté par l’occupant le 18 décembre 1942 et fusillé à Breendonk le 6 janvier 1943 (1).

Il est tombé, face à l’Allemand, dans une clairière silencieuse, loin de ceux qu’il aimait, sans avoir pu leur adresser un ultime adieu. Le soupir qui s’est échappé de sa poitrine brisée n’a été entendu de personne. Mais le souvenir de son immolation restera vivant dans le cœur de ses parents et dans la mémoire de ses innombrables amis, lit-on au verso de son faire-part de décès.

Une rue dans le centre de Rixensart porte son nom.

8b773-1699422151-1Albert Croy (1917-1943) | Né à Genval le 13 août 1917, domicilié à Rixensart. Il fut électricien aux Papeteries de Genval, résistant.

Son frère, Ernest, avait été assassiné à Genval, par un Allemand, agent des chemins de fer. Ce dernier avait traîné le corps sur la voie pour le faire déchiqueter et accréditer l’accident. Par vengeance, Albert s’engagea dans la résistance. Craignant les représailles de l’occupant, pour sa femme et son fils, et bien que connaissant le sort de ses amis de la résistance, arrêtés avant lui, il avait refusé de se réfugier dans la clandestinité (1).

Arrêté le 11 janvier 1943, il fut fusillé à Breendonk le 13 janvier 1943 et inhumé au Tir National à Schaerbeek dans l’Enclos des Fusillés.

La rue reliant l’avenue Franklin Roosevelt à Rochemur (Patch) porte son nom.

190106 deceuster denis coll eric de séjournetDeceuster Denis (1911-1943) | Né à Rixensart le 19 août 1911, domicilié rue du Patch 19 à Rixensart. Ouvrier aux Papeteries de Genval, il entra dans la résistance en 1942. Il fut arrêté le 8 janvier 1943 (1) et fusillé à Breendonk le 13 janvier 1943 et inhumé au Tir National à Schaerbeek dans l’Enclos des Fusillés. Une rue, – anciennement rue Neuve dans les années trente, dans le quartier de l’Athénée Royal de Rixensart porte son nom.

b84d5-270731080-1Edouard Dereume (1920-1943) | Né à Bruxelles le 20 novembre 1920, il habitait « l’ancienne ferme et café ‘Pagne’, rue du Viaduc 53. Il ne semblait pas faire partie du même mouvement de résistance que les autres (ndlr. fusillés rixensartois). Il était néanmoins en possession d’un fusil et de dynamite » (1). Arrêté le 9 janvier 1943, il fut fusillé à Breendonk le 13 janvier 1943.

La rue, – anciennement rue du Viaduc, reliant la Colline du Glain à Rochemur (Patch) porte son nom.

21.6 B LADRIERE MarcelMarcel Ladrière (1907-1943) | Né à Jumet le 21 juin 1907, combattant de 1940. Il fut employé aux Papeteries de Genval et épousa Celina Bierboom. Arraché de son foyer par la Gestapo à Genval le 19 décembre 1942, et fusillé à Bourg-Léopold (Source : souvenir pieux)  le 6 janvier 1943. Motif de l’exécution : otage (1). Le sentier reliant l’avenue des Combattants (Genval) à la Vallée de la Lasne porte son nom.

Le Conservateur du Museum Kamp van Beverlo, Sylvain Weuts, précise que Marcel Ladrière fit parti de l’Armée Secrète, et de la résistance secrète du 1er janvier 1941 au 6 janvier 1943.

Accompagné de Patrick Cannaerts (3), Etienne Bies s’est rendu en février 2014 au Gemeentebos à Hechtel (Bourg-Léopold) sur le lieu où Marcel Ladrière fut fusillé (tombe n° 165). « Entre 1945 et 1947, les corps des fusillés ont été déterrés. Certains ont été transférés vers la Citadelle de Liège ou vers le cimetière militaire de Leopoldsburg, d’autres vers leur village d’origine. Le corps de Marcel Ladrière ne se trouve ni à Liège, ni au cimetière militaire de Leopoldsburg ». On peut présumer que le corps de Marcel Ladrière fut transféré à Rixensart.

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1945 | Camp de prisonniers à Bourg-Léopold, intérieur d’un baraquement pour prisonniers à Bourg-Léopold, lieu d’exécution au Gemeentebos à Hechtel (Bourg-Léopold), cimetière des fusillés au Gemeentebos à Hechtel, coll. Etienne Bies

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Monument van de Weerstand (Gemeentebos à Hechtel, Leopoldsburg)
Montage photos février 2014 © Patrick Cannaerts

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Marcel Tilquin (1903-1943) | Né à Rixensart le 7 février 1903, il y fut commerçant. Résistant durant la Seconde guerre mondiale, Marcel Tilquin fut fusillé le 6 janvier 1943 à Breendonk, parce qu’il ‘transportait et détenait des armes’ (1).

Une avenue dans le centre de Rixensart porte son nom.

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Albert Mayné (1921-1944) | Né à Rixensart le 2 avril 1921, il tomba glorieusement pour la Belgique le dimanche 3 septembre 1944 à Chapelle-à-Oie. Son père tenait une quincaillerie, avenue de Merode à Rixensart, à l’emplacement de la pâtisserie Demaret. Il existait une autre quincaillerie Dedeyn à Rixensart, sise rue Aviateur Robert Huens (cfr Jean-Claude Renier).

Le rond-point devant l’ancienne gare de Rixensart porte son nom.

Les Résistants morts :

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Louis Beeckman | mort à Dachau (Bavière)

1063. André COLLART c JCRAndré Collart (1924-1944) | Né à Rixensart le 21 novembre 1924, résistant mort pour la Patrie le 3 septembre 1944. Une messe fut célébrée à sa mémoire en l’Eglise de Rixensart, le 31 octobre 1944. Sur la carte de deuil, son père écrivit : Mon petit André. Tu fus le Premier prisonnier de Rixensart en mai 1940. Tu es le Premier mort pour la délivrance. Si jeune tu avais droit à la Vie, mais tu as accompli ton devoir jusqu’au bout. Ta dernière pensée fut pour nous. Toutes les nôtres sont pour toi.

190106 craps a fusillés et résistants rixensartois juin 1943 coll. eric de séjournet0Albert Craps (1920-1944) (5)| Mort en Allemagne

190106 francart j fusillés et résistants rixensartois juin 1943 coll. eric de séjournet1Jean Francart (1926-1945) | Né à Rixensart le 28 décembre 1926, arrêté le 18 août 1944, mort à Blumenthal-Schützenhof (Brême) le 19 février 1945

190106 georis r fusillés et résistants rixensartois juin 1943 coll. eric de séjournet3Roger Georis

190106 mathy c fusillés et résistants rixensartois juin 1943 coll. eric de séjournet5Camille Mathy

5956d-1182976608-2Jean Herman | Mort à Lingen en Allemagne. A Rixensart, l’avenue Jean Hermant (sic) est nommée en sa mémoire. Sur le Monument aux Morts dédié aux fusillés et résistants rixensartois (3) son nom est orthographié Jean Herman (sans t donc).

190106 luyckx l fusillés et résistants rixensartois juin 1943 coll. eric de séjournet8Louis Luyckx

190106 margraff o fusillés et résistants rixensartois juin 1943 coll. eric de séjournet4Oscar Margraff (1922-1944)(5)| Mort au camp de concentration de Gross Rosen en Silésie

190106 paquet r fusillés et résistants rixensartois juin 1943 coll. eric de séjournet6Jules Paquet

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Joseph Pirsoul (1911-1945)(5)

Les Militaires morts :

2a4ce-03-thumbRobert Huens (1919-1945) | Fils d’Alphonse Huens-Materne, Robert naquit à Rixensart le 12 septembre 1919 et y habita rue de la Station 8. Il était déjà membre de l’Aéronautique Militaire belge avant le début de la Seconde Guerre mondiale. Le Sergent aviateur Robert Huens fut abattu par la ‘Flak’ (défense antiaérienne allemande) à Heckhalenfeld, près de la frontière belge, le 23 janvier 1945. Il avait 25 ans (1). Le 18 juin 1949, le Conseil communal de Rixensart décida de dénommer ‘Rue Aviateur Huens’ la partie de la rue de la Station comprise entre le pont du chemin de fer et la place Jefferys (4). → RÉTRO RIXENSART | Sergent aviateur Robert Huens, le Teuton de la Three-Five-O

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1945/1947 | coll. Cercle d’Histoire de Rixensart

Cérémonie d’hommage au Château de Rixensart lors du rapatriement des corps des Rixensartois fusillés durant la Seconde Guerre mondiale. La date de cette cérémonie est inconnue et un compte-rendu manque.

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180507 Fusillés et résistants rixensartois morts en service recommandé

1940-1945 | Fusillés et résistants rixensartois morts en service commandé, coll. Eric de Séjournet

Sur cette carte postale commémorative, les noms (par ordre alphabétique) et photos des fusillés et résistants qui, durant la Seconde Guerre mondiale, ont donné leur vie pour un monde meilleur, pour lutter contre l’ennemi, pour la liberté.

Sur le monument nos héros rixensartois sont répartis de la façon suivante, chaque nom étant précédé ou suivi d’une photo en médaillon : à gauche les Fusillés, et à droite les Résistants.


→ RÉTRO RIXENSARTMonument des Fusillés et des Résistants rixensartois
→ RÉTRO RIXENSARTMonument des Combattants de Rixensart
→ RÉTRO RIXENSART Devoir de mémoire (Bourgeois)
→ RÉTRO RIXENSART
Devoir de mémoire (Genval)
→ RÉTRO RIXENSARTDevoir de mémoire (Rosières)


(1) BUFFIN Paul, Portrait des rues de l’ancienne commune de Rixensart, 1996
(2) Le jeudi 7 janvier 1943, l’Oberfeldkommandatur de Bruxelles communique : « En expiation de l’assassinat commis le 31 décembre 1942 sur trois membres de l’armée allemande, et des agressions commises après le 24 décembre, à Bruxelles et dans les environs contre des citoyens belges, les 10 Terroristes suivants ont été fusillés : DUPREZ Pierre, ferblantier à Anderlecht ; DE VALLENS José, employé de commerce à Bruxelles ; VAN DEN HOUVEL Edmond-Léonard, serrurier à Bruxelles-Jette ; LANSEN André, garçon de café à Evere ; ANCART Alexandre, marchand de charbon à Genval ; TILQUIN Marcel, commerçant à Rixensart ; COLLIN Alphonse, employé communal à Rixensart ; ROUCHEAUX Georges, imprimeur à Genval ; LADRIERE Marcel, employé à Genval ; BOISACQ Robert, peintre en bâtiment à Rixensart » (extrait publié dans INTERNATIONAL MILITARY TRIBUNAL, Trial of the major war criminals before the International Military Tribunal of Nuremberg 14 november 1945 – 1 october 1946, Nuremberg, 1949, Volume XXXVII p. 377 et 378)
(3) dans le cimetière de Rixensart, rue de l’Institut
(4) DE COCK Albert, L’Adjudant-Aviateur Robert Huens, in Chroniques du Cercle d’Histoire de Rixensart, n° 19 d’août 1994, p. 3 à 5.
(5) Centre d’Etudes et de Documentation Guerre et Sociétés contemporaines (CEGESOMA)(avec l’aide de Mania Kozyreff)

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Devoir de mémoire (Genval)

Durant la Seconde Guerre mondiale, les Genvalois Alexandre Ancart, Georges Rouchaux, Maurice Van Diest et Edmond Borderieux furent arrêtés par la Gestapo, puis fusillés en janvier 1943. D’autres, comme Joseph Desmet et Fernand Gailly, donnèrent leur vie pour la Patrie. Sous réserve d’exhaustivité :

973F. Alexandre AncartAlexandre Ancart (1902-1943) | Né à Cortil-Noirmont le 16 mars 1902, Alexandre Ancart, époux de Léonie Van Niemmen, fut combattant de la guerre 1940, ex-prisonnier de guerre et membre de l’Armée blanche. Pour avoir transporté des armes, il fut brutalement arrêté par la Gestapo à Genval le 16 décembre 1942 et fusillé à Bourg-Léopold (1) (ndlr. et non à Breendonk) le 6 janvier 1943 (2).

Georges Rouchaux (1895-1943) | Né le 28 décembre 1895 à Ixelles, imprimeur à Genval, il fut fusillé à Breendonk le 6 janvier 1943 (2).

Maurice Van Diest (1902-1943) | Né le 5 novembre 1902 à Wavre, domicilié rue des Combattants 11 à Genval, résistant. Arrêté le 8 janvier 1943 pour possession d’armes, il fut fusillé à Breendonk le 13 janvier 1943 (3) et inhumé au Tir National à Schaerbeek dans l’Enclos des Fusillés.

7c937-33588654-1Edmond Borderieux (1892-1943) | Né à Orville (France) le 4 septembre 1892 et domicilié rue du Cerf à Genval, il fut employé aux Papeteries de Genval. Le 16 décembre 1942, il fut arrêté comme otage et fusillé à Breendonk le 13 janvier 1943. Il fut inhumé au Tir National à Schaerbeek dans l’Enclos des Fusillés

joseph desmet résistant genvalois 1895-1945Joseph Desmet (1895-1945) | Né à Bruxelles le 12 janvier 1895, résistant, mort, victime de la barbarie allemande le 9 mars 1945 au camp d’extermination de Neuengamme. Il est tombé pour son idéal, sa patrie et votre liberté (Source : Souvenir pieux). Une rue parallèle à l’avenue Gevaert lui est dédiée. Le Cercle d’Histoire de Rixensart confirme que la veuve de Joseph Desmet, Carina Lignier, fut nommée bourgmestre de Genval de 1967 à 1970. Elle habitait au 132 de l’avenue Gevaert (5).

fernand gailly (1902-1945) © michèle degueldreFernand Gailly (1902-1945) (6)| Né à Bourgeois-Rixensart le 27 juillet 1902, il résida rue Mascau à Genval. Son activité fut considérable dans la résistance. Il était commandant à l’Armée secrète. Il eut à son actif de nombreux actes de sabotage. Il rassembla, convoya, cacha des armes et des munitions. Il assura le logement et le ravitaillement de nombreux réfractaires (…). Il fut arrêté par la Gestapo en août 1943 et connut les camps de concentration. En mars 1945 il fut vu juché sur un train en partance pour l’Ouest. Depuis lors on a perdu toute trace de lui … (7). Le 23 juin 2014, le Conseil communal de Rixensart prit la décision de nommer le rond-point établi au carrefour entre les rues de Genval et de La Hulpe, rond-point Fernand Gailly, considérant qu’il a activement participé à la résistance à l’occupant pendant la guerre 40-45 en formant les premiers noyaux de l’Armée blanche (→ RÉTRO RIXENSART | Fernand Gailly, résistant de la première heure)

A propos de trois de ses paroissiens, – Alexandre Ancart, Georges Rouchaux et Maurice Van Diest, le curé de la paroisse de Saint-Sixte consigna le 17 juin 1945 (7) : Au cours d’une cérémonie grandiose les corps des fusillés sont ramenés à Genval.

rapatriement fusillés genvalois 17 juin 1945 place communale coll. luc debource 0

17 juin 1945 | Rapatriement de trois Genvalois fusillés par les Allemands.
Le convoi funéraire remonte l’avenue Gevaert et arrive Place communale à Genval.
coll. Luc Debource

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17 juin 1945 | Cérémonie en hommage à trois paroissiens fusillés par les Allemands, coll. Luc Debource

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3 octobre 1954 | Monument aux Morts des Papeteries de Genval

Dépôt de fleurs au Monument aux Morts des Papeteries de Genval en présence de Jean Lannoye et de sa mère Marie Stévenart. Neuf noms figurent sur la stèle : Edmond Borderieux, Albert Croy, Denis Deceuster, Marcel Ladrière, Georges Roucheaux, Maurice Vandiest, Charles Delf…?, Pascal Delmotte, René Van…?


RÉTRO RIXENSART | Monument à la Gloire et Reconnaissance aux Combattants de Genval
RETRO RIXENSART | Cérémonies du V-Day
RÉTRO RIXENSART | Devoir de mémoire (Rixensart)
RÉTRO RIXENSART | Devoir de mémoire (Bourgeois)
→ RÉTRO RIXENSARTDevoir de mémoire (Rosières)


(1) suivant son avis mortuaire
(2) Le jeudi 7 janvier 1943, l’Oberfeldkommandatur de Bruxelles communique : « En expiation de l’assassinat commis le 31 décembre 1942 sur trois membres de l’armée allemande, et des agressions commises après le 24 décembre, à Bruxelles et dans les environs contre des citoyens belges, les 10 Terroristes suivants ont été fusillés : DUPREZ Pierre, ferblantier à Anderlecht ; DE VALLENS José, employé de commerce à Bruxelles ; VAN DEN HOUVEL Edmond-Léonard, serrurier à Bruxelles-Jette ; LANSEN André, garçon de café à Evere ; ANCART Alexandre, marchand de charbon à Genval ; TILQUIN Marcel, commerçant à Rixensart ; COLLIN Alphonse, employé communal à Rixensart ; ROUCHEAUX Georges, imprimeur à Genval ; LADRIERE Marcel, employé à Genval ; BOISACQ Robert, peintre en bâtiment à Rixensart » (extrait publié dans INTERNATIONAL MILITARY TRIBUNAL, Trial of the major war criminals before the International Military Tribunal of Nuremberg 14 november 1945 – 1 october 1946, Nuremberg, 1949, Volume XXXVII p.377 et 378)
(3) Bel-Mémorial
(4) © tous droits réservés à la famille Gailly
(5) Tout connaître sur Genval (Tourisme, Industrie, Commerce), 1966
(6) Eloge funèbre de Fernand Gailly, par l’Abbé André Tonnet, curé de Genval, 11 août 1946 (source Michèle Degueldre)
(7) TONNET Adrien (curé de Saint-Sixte de de 1923 à 1962) Monographie de Genval, p. 73

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Devoir de mémoire (Bourgeois)

Des habitants de Bourgeois ont également été victimes de la guerre 1940-1945 ou donnèrent leur vie pour la Patrie. Le monument, qui se trouvait sur la Place de Bourgeois, reprend le nom des civils, résistant, militaires et prisonniers politiques de Bourgeois, qui ont donné leur vie pour défendre celle des autres.

Civils

François Bonaventure | victime civile (1)
Léa Bonaventure | victime civile (2)
Marcel Collet (1924-1940) (7) | victime civile
Augusta Debroux | victime civile (1)
Willy Flabat | victime civile (1)
Micheline Mathy (1939-1940)(7)| victime civile (1)
Albert Mayné (1921-1940) (7)| tué lors d’un accident à Lessines le 18 mai 1940, pendant l’évacuation de la population (3)
Raymond Vanhamme (†1940)(7) | tué lors d’un accident à Lessines le 18 mai 1940, pendant l’évacuation de la population (3)

Résistant

Roger Hoste | tué au combat (1)

Militaires

Achille Coesens | militaire tué pendant la Campagne des 18 jours ou mort dans les stalags allemands (1)

SONY DSCJean Debroux | militaire tué pendant la Campagne des 18 jours ou mort dans les stalags allemands (1)

Firmin Renders (1915-1940)(7)| militaire tué pendant la Campagne des 18 jours ou mort dans les stalags allemands (1)

Prisonniers politiques

Willy Beeckmans | mort à Dachau (Bavière) (2). Son nom est également repris sur le Monument des Fusillés et Résistants de Rixensart.

Albert Craps (1920-1944)(7) | mort en Allemagne (1). Son nom est également repris sur le Monument des Fusillés et Résistants de Rixensart.

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L’église Saint-François-Xavier et son monument
coll. Jean-Claude Renier

Ce monument dédié aux victimes de la guerre 1940-1945 se trouvait dans l’encoignure de l’église Saint-François-Xavier de Bourgeois. Il est l’oeuvre d’Aimable Louis Mayné, patriote, qui aima sa Patrie et se dévoua pour elle (4). Et pour cause, puisqu’il perdit son fils Albert le 18 mai 1940 pendant la Campagne des 18 jours, lors de l’évacuation de la population.

Monument érigé dans l'encoignure de l'église de Bourgeois aux victimes civiles de la Seconde Guerre mondiale coll. Jean-Louis Nicaise 1

Jean Mayné, dit ‘le pusty’, pose devant le Monument de Bourgeois
coll. Jean-Louis Nicaise

Eglise de Bourgeois travaux de 1956 coll Vivien de Walque

1956 | Travaux d’agrandissement de l’église Saint-François-Xavier (5)
coll. Vivien de Walque

 

Monument érigé aux victimes civiles de la Seconde Guerre mondiale (après 1956 dans le cimetière de Bourgeois) coll. Jean-Louis Nicaise 2

Suite aux travaux d’agrandissement de l’église,
le monument fut déplacé au cimetière de Bourgeois, rue Denis Deceuster (4)
© Jean-Louis Nicaise


RÉTRO RIXENSART | Devoir de mémoire (Rixensart)
RÉTRO RIXENSART | Devoir de mémoire (Genval)
→ RÉTRO RIXENSARTDevoir de mémoire (Rosières)


(1) DETROYER François, Impossible oubli, Récits de la Résistance et de la collaboration en Brabant Wallon, édité par le Cercle d’Education Populaire de Rixensart et par le groupe ‘Mémoire collective’ du Brabant wallon
(2) ndlr. Henriette Bonaventure, selon François Detroyer
(3) un camion anglais faucha à Lessines, sur la route de Ghislenghien, un groupe de cyclistes, tuant Albert Mayné et Raymond Vanhamme et blessant grièvement Aimable-Louis Mayné et son épouse (cfr déclaration d’Aimable-Louis Mayné au sujet de l’accident survenu pendant l’évacuation le 18 mai 1940)
(4) NICAISE Jean-Louis, Mort tragique d’Aimable Louis Mayné
(5) Les plans de la transformation furent dressés par l’architecte Roger Mayné, de Rixensart, et les travaux furent l’oeuvre de l’entrepreneur François Mortier, de Rixensart. Les importants travaux entrepris à cette époque ne purent l’être que grâce à la générosité du docteur Lucien Dessy, ancien bourgmestre de Rixensart (6)
(6) de WALQUE André, Un siècle à Bourgeois 1877-1977, Rixensart, 1977
(7) Centre d’Etudes et de Documentation Guerre et Sociétés contemporaines (CEGESOMA)(avec l’aide de Mania Kozyreff)

 

Devoir de mémoire (Rosières)

A hauteur de l’actuel rond-point Moreau de Melen, la commune de Rosières édifia après la Première Guerre mondiale, un Monument aux Morts, en reconnaissance envers ses combattants et ses déportés. Le monument fut adapté après 1945. Sous réserve d’exhaustivité, on y lit les noms suivants :

Ses Combattants :

Jules Spreutels (1870-1942)(1)

Antoine Vandercam

N. N.

Ses Déportés

Florimont Alost

Jules Alost (1896-1919)(1)

SONY DSCFrançois Mees (†1940)(1) | Mort le 10 mai 1940

le monument rosières st. andré collection michel delabye

après 1918 | Monument aux Morts de Rosières, coll. Michel Delabye

2010 | Square Moreau de Melen à Rosières St. André © Michel Delabye

Monument aux Morts Rosières 6.2014 © Monique D'haeyere

juin 2014 © Monique D’haeyere


→ RÉTRO RIXENSART | Devoir de mémoire (Rixensart)
→ RÉTRO RIXENSART Devoir de mémoire (Bourgeois)
→ RÉTRO RIXENSART
Devoir de mémoire (Genval)


(1) Centre d’Etudes et de Documentation Guerre et Sociétés contemporaines (CEGESOMA)(avec l’aide de Mania Kozyreff)

Monument à la Gloire et Reconnaissance aux Combattants de Genval

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après le 25 juin 1922 | Monument aux Morts de la Place communale de Genval
coll Patrimoine rixensartois

Pendant la Première guerre mondiale, Genval a mis au service de la patrie 135 soldats dont 55 volontaires. 18 de ces braves ont donné leur vie. L’idée de célébrer les soldats morts au combat ne fut pas oubliée dans l’euphorie de la libération mais reprise par le Conseil communal de Genval qui, dès le 17 janvier 1919 fut d’avis de faire ériger sur la place publique un monument à la mémoire des soldats de la commune tombés au champ d’honneur. Une souscription sera ouverte (1).

L’inauguration du monument à la Gloire et Reconnaissance des Combattants de Genval 1914-1918 eut lieu le 25 juin 1922. Le journal Le Soir du lundi 26 juin 1922 rappelle que Genval a fourni 135 soldats sur 300 hommes en âge de combattre, et évoque l’envol de 21 pigeons dont chacun porte sur les ailes le nom d’un héros.

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© Monique D’haeyere

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Fernand Gailly, résistant de la première heure

Fernand Gailly (1902-1945) © Michèle Degueldre


Fernand Gailly, né en 1902, disparu en 1945 © Michèle Degueldre (1)

Fernand Gailly naquit à Bourgeois-Rixensart le 27 juillet 1902 et résida rue Mascau à Genval. 

Il grandit dans le culte des traditions d’une des plus belles familles du Brabant wallon où s’épanouirent sans cesse les vertus chrétiennes, l’amour familial, l’esprit de travail, le dévouement aux oeuvres et un inébranlable attachement à la patrie (2).

Fernand Gailly fut un de ces braves qui dès 1940 voulut secouer le joug de l’ennemi. Il fut, je crois le premier de nos paroissiens enrôlé dans la Légion Nationale. Sa devise était : « Plutôt mourir que trahir » (2)

Son activité fut considérable dans la résistance. Il était commandant à l’Armée secrète. Il eut à son actif de nombreux actes de sabotage. Il rassembla, convoya, cacha des armes et des munitions. Il assura le logement et le ravitaillement de nombreux réfractaires. Il collecta lui-même ici dans beaucoup de familles de notre paroisse des sommes d’argent pour les besoins de la résistance. Sa spécialité se révéla dans l’art qu’il avait de surveiller les champs d’aviation de l’ennemi.

Quelques temps avant son arrestation, il était passé à la sureté de l’Etat où en surplus de son service d’espionnage il s’occupa du passage des hommes en Angleterre par la France et le Portugal. Il possédait également un jeu de fausses cartes d’identité et de passeports.

Au début du mois d’août 1943, il fut arrêté pendant qu’il se rendait à son travail. La Gestapo espérant sans doute faire un coup de filet le surveillait étroitement depuis plusieurs jours.

On sait qu’il a séjourné à Saint-Gilles, Breendonck, Essen, Esterwegen et dans quelques autres camps. On a appris qu’en mars 1945 il avait été vu juché sur un train en partance pour l’Ouest. Depuis lors on a perdu toute trace de lui … (2).

Le 23 juin 2014, le Conseil communal de Rixensart prit la décision de nommer le rond-point établi au carrefour entre les rues de Genval et de La Hulpe, rond-point Fernand Gailly, considérant « qu’il a activement participé à la résistance à l’occupant pendant la guerre 40-45 en formant les premiers noyaux de l’Armée blanche ».


26 septembre 2015 | Inauguration du rond-point Fernand Gailly © Michèle Degueldre (1)



(1) © tous droits réservés à la famille Gailly
(2) Eloge funèbre de Fernand Gailly, par l’Abbé André Tonnet, curé de Genval, 11 août 1946 (source Michèle Degueldre)

Hôpital de campagne américain

1583. septembre 1944 Hôpital de campagne US route d'Hohain (vue depuis le toit d'ure remise du Boutny - propriétaire Jean de Lannoye c Fonds Lannoye copie

septembre 1944 | Prés bordant la route d’Ohain, coll. Christian Lannoye

Septembre 1944 : Genval vient d’être libérée ! Après le passage de la 2de Division blindée US (1), un hôpital de campagne provisoire fut installé par l’Armée américaine à la limite de Genval, dans les prés qui bordent la route d’Ohain. Missions : la prise en charge des blessés, le tri, les opérations au bloc, et les soins.

En limitant la distance des transports par rapport aux zones de combat, ces structures de soins provisoires permirent de soigner plus rapidement les soldats blessés durant les affrontements. Ils furent toujours situés à proximité des routes facilement accessibles aux ambulances.

Cette remarquable diapositive a été prise depuis le toit des remises du Boutny (2). A l’avant-plan et de gauche à droite Imelda, Luc et Jean-Marie (John) Lannoye. En soutane, Jacques Martin, frère de Louise Martin, seconde épouse de Jean Lannoye.

Au centre de la photo, le château d’eau de Genval (voir photo-légende ci-après)

1583L. septembre 1944 Hôpital de campagne US route d'Hohain (vue depuis le toit d'ure remise du Boutny - propriétaire Jean de Lannoye c Fonds Lannoye copie 2


(1) de SÉJOURNET Eric, Genval libérée ! septembre 1944, in Rétro Rixensart, 2014-2018
(2) propriété de Jean Lannoye, administrateur-délégué des Papeteries de Genval

Genval libérée ! septembre 1944

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L’avant-garde de la ‘2nd Armored Division US’ arrive à Genval le 4 septembre 1944 dans l’après-midi. Elle poursuit sa progression via la Manteline vers Bourgeois, pourchassant les Allemands, en retraite.

Venant de la Place communale, l’arrivée du gros de la 2ème Division blindée des Etats-Unis est fixée sur pellicule à hauteur de l’avenue Gevaert, où une foule en liesse l’accueille le jeudi 7 septembre 1944. Une colonne blindée américaine traverse Genval de 9h30 à près de 13h. Le gros de la 2nd Armored Division US (1), également dénommée « Hell on Wheels », arrive par l’actuelle rue des Déportés, et descend l’avenue Gevaert vers la gare de Genval.

On fait à nos libérateurs un accueil enthousiaste, on leur jette des fleurs, des fruits, des friandises, des douceurs, quand il y en un qui stationne quelques moments on lui offre tout ce qu’on peut, on leur serre la main, les jeunes filles, les enfants les embrassent, on ne se lasse pas de cette joie débordante (2).

« C’était un spectacle encore jamais vu, un décor inoubliable, des trottoirs regorgent de monde, hommes, femmes et enfants. Des véhicules alliés en tous genres descendaient à la queue leu leu l’avenue Gevaert pour prendre la rue de la Station et ensuite la rue de Rosières. Il y avait là des chars, des camions bourrés de soldats, des jeeps, des bulldozers, etc. etc. C’était un convoi continu et sans fin. La population applaudissait à tout rompre, à chaque arrêt des femmes et des jeunes filles grimpaient sur les chars et les jeeps pour embrasser les soldats », témoigne J. Mayné (3).

Les GI’s sont encore photographiés rue de la Station, rue de Rosières, sur le pont au-dessus du chemin de fer. Ensuite, les colonnes militaires poursuivent leur progression vers le lac de Genval et la rue de La Hulpe. J’édite et commente ce reportage inédit découvert dans le patrimoine iconographique de la famille Lannoye. Les Archives de l’Etat à Louvain-la-Neuve en sont dorénavant les dépositaires.

Eric de SÉJOURNET


(1) Présentation du 2nd AD, YouTube
(2) GHYSSENS Roger, 50ème Anniversaire de la Libération, Cercle d’Histoire de Rixensart, 1994
(
3) MAYNÉ J., 1944-1994 50ème anniversaire. Souvenirs de 1939-1944, Rixensart, 1994

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La Renaudière, coder et déchiffrer

254. La Renauldière à Rosières Collection Cercle d'Histoire de Rixensart

1930 | Villa ‘La Renaudière’ (1) à Rosières
(actuellement villa Ker Minou)
coll. Cercle d’Histoire de Rixensart

Les plans de cette villa furent dessinés en 1925 par l’architecte Henry Lacoste (2) pour le Dr Renaud à Rosières-Saint-André. 

En juin 1944, quelques jours avant le débarquement en Normandie, l’Armée Secrète (A.S.) reçut l’ordre de mettre ses postes de commandement en place. Le 3 juin, le Q.G. du général Pire s’installe à Rosières, au lieu-dit Pré Maillard. Il comprend non seulement les principaux responsables de l’A.S. mais également un certain nombre d’officiers triés sur le volet qui trouvent asile, ainsi que l’équipe féminine chargée de coder ou déchiffrer les messages, à ‘La Renaudière’. Il s’agit d’une villa louée pour la cause par la famille Coenraets qui est installée dans un pavillon de l’autre côté de la Lasne. Le pavillon « Chez Coen » constitue également une boîte aux lettres et un écran pour le Quartier général de I’A.S., dont le véritable siège est tenu secret et les jeunes gens des familles Coenraets et Pire assurent une liaison discrète et permanente entre les deux sites (3)(4).

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Cérémonies du V-Day, 10 mai 1945

5831c-190596834010 mai 1945 | Cérémonies du V-Day
sur la Place communale de Genval devant le Monument aux Morts
coll. Cercle d’Histoire de Rixensart

Pour le cinquième anniversaire de l’invasion de la Belgique par les troupes allemandes pendant la Seconde Guerre mondiale (1), une manifestation patriotique rassembla devant le Monument aux Morts sur la Place communale de Genval les édiles communaux, les membres de l’Armée Secrète, du Front de l’Indépendance, du Mouvement National Belge, les familles des victimes et ceux qui attendaient encore un absent, des représentants des troupes britanniques, des jeunes filles habillées aux couleurs des alliés (2).

Cette manifestation patriotique, suivie d’un défilé dans les avenues de Genval, fut captée par une caméra de la famille Lannoye.


10 mai 1945 | Mise en place des troupes avant la cérémonie
coll. Fonds Lannoye

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Monument des Fusillés et des Résistants rixensartois

180508 Inauguration du Monument des Fusillés et Résistants de Rixensart années 50 © Christiane Dandumont1

années ’50 | Inauguration du Monument aux Morts
coll. Christiane Dandumont

Face à ce monument, inclinons-nous avec émotion devant les noms des combattants, fusillés et résistants qui, durant la Seconde Guerre mondiale, ont donné leur vie pour un monde meilleur, pour lutter contre l’ennemi, pour la liberté.

*

8 mai 1945 : fin de la guerre en Europe et découverte des camps d’extermination et de concentration : c’est l’horreur ! Horreur encore fort heureusement rappelée aujourd’hui, écrit le colonel BEM Louis Dubuisson (1).

Mais force est de constater que, dans notre pays, l’impérieux travail de mémoire néglige de plus en plus – en particulier le 8 mai – l’engagement de nos compatriotes qui ont contribué à la défaite de l’Allemagne et, de ce fait, à la libération des camps.

Il faut rappeler que de très nombreux jeunes belges – dont des Rixensartois – ont contribué à la défense du pays, à sa libération et à la victoire finale. Que leur contribution paraisse modeste comparée à celles de grandes armées alliées n’enlève rien à la valeur de leur engagement qui mérite d’être évoqué auprès des jeunes et … des moins jeunes d’aujourd’hui.

 

Ces compatriotes civils et militaires ont servi le pays de bien différentes façons et en de nombreux endroits. En voici une liste non exhaustive.

Lors de la bataille de Belgique en 1940, l’Armée belge a eu plus de 6.000 morts et 40.000 blessés en dix-huit jours de combat et il n’est pas inutile de rappeler que sa résistance sur la Lys a fortement contribué à la réussite du rembarquement à Dunkerque du Corps expéditionnaire britannique qui fut le noyau de l’armée britannique de libération.

On ne peut oublier ceux qui ont agi dans la résistance : services de renseignement, sabotage, résistance armée, cheminots, postiers, chaînes d’évasion, évadés, etc.

Des compatriotes ont servi dans la Royal Navy, la marine marchande, la brigade Piron, la Royal Air Force et la Force publique du Congo. Ils ont combattu dans l’Atlantique, en Afrique, en Grande Bretagne, en Normandie, en Italie, … A la Libération, environ 54.000 jeunes se sont portés volontaires de guerre. On ne peut laisser tomber dans l’oubli toutes ces valeurs d’engagement et tout spécialement le 8 mai.

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L’été ’44 des Coenraets

1. Badge de l'Armée Secrète c Pascal Van Goethem.jpgAvant-propos

Les habitants de Rosières sont fiers de compter parmi eux une famille qui s’est illustrée durant la Seconde Guerre mondiale. En effet, les Coenraets ont, sous l’occupation allemande, rendu de grands services à l’Armée Secrète et à la Belgique.

J’ai une énorme admiration pour l’esprit de résistance de mon père qui, déjà en 1914, passa à l’âge de 17 ans la frontière hollandaise pour s’engager comme volontaire. Je vénère également ma mère qui a toujours fait équipe avec mon père pour mener à Rosières la résistance aux côtés de la famille Pire, de Pierre van Haute et tant d’autres depuis le printemps 1944, souligne Michel Coenraets, fils de Paul.

Après ‘Genval libérée ! septembre 1944′ (1), que j’ai réédité en septembre 2018 sur Rétro Rixensart, je publie ici une notice illustrée, consacrée à la famille Coenraets qui, durant l’été 1944, a fait preuve d’exemplarité et de courage pour aider le Quartier Général de l’Armée secrète à s’installer à et fonctionner depuis Rosières.

Afin de contextualiser ce reportage, je retrace les événements du débarquement sur les plages de Normandie en juin 1944 à la libération de nos communes en septembre 1944. L’accent est mis sur les acteurs de cet épisode de la Seconde Guerre mondiale : l’Armée Secrète au QG de Rosières, l’avancée de la 2ème Division blindée US, la retraite de la Schwere SS-Panzer-Abteilung 102, la libération du Brabant wallon.

Mes remerciements vont à la famille Coenraets et à toutes les sources citées qui, ‘à l’écoute des témoins, deviennent témoin à leur tour’ (Elie Wiesel). Et en particulier à Roger Ghyssens du Cercle d’Histoire de Rixensart qui, en 1994, publia une série d’articles à l’occasion du ‘50ème Anniversaire de la Libération’, mais également à Pierre van Haute-Pire, ambassadeur honoraire qui, dans son essai ‘Armée Secrète 1940-1945′, met en exergue le courage de la Résistance en Belgique. Enfin et surtout, j’adresse mes remerciements à Pascal Van Goethem, cameraman, chef opérateur, chef technique multicaméra, stéréographe et … habitant de Rosières. Il est l’arrière-petit-fils du général Jules Pire, commandant de l’Armée Secrète (2). Sur base des archives familiales et du Musée Royal de l’Armée, de photos et témoignages, il a réalisé un documentaire vidéo remarquable sur l’Armée Secrète, entre 1940 et 1945. Les trois épisodes de ‘L’Armée Secrète et l’or du silence’ peuvent être visionnés sur secretarmy.net (3)(4)(5).

‘L’ÉTÉ ’44 DES COENRAETS’ est dédié à tous ceux qui, dans notre commune de Rixensart, ont courageusement donné leur vie ou leur sang pour la liberté.

20130822 Eric dSdR © Isaline de Vuyst-001 copie.jpgEric de SÉJOURNET (6)

 

 

 


Sources
(1) de SEJOURNET Eric, Genval libérée ! septembre 1944, in Rétro Rixensart, septembre 2018
(2) photo du badge Armée Secrète, coll. Pascal Van Goethem
(3) VAN GOETHEM Pascal, L’Armée Secrète et l’or du silence : le contexte de l’occupation, novembre 2016 | Episode 1 (55 min) : Après une brève introduction, cet épisode aborde l’univers militaire et familial du général Pire ainsi que la débâcle de 1940, autrement dit la défense de la Belgique avec ses alliés. Il est question aussi du parcours de la famille du général et d’autres jeunes tandis que les militaires sont au front. Chacun trouve sa voie dans une société qui explose au propre comme au figuré.
(4) VAN GOETHEM Pascal, L’Armée Secrète et l’or du silence : la guerre secrète, décembre 2016 | Episode 2 (48 min) : Les débuts difficiles de l’Armée Secrète sous l’occupation. Propagande, famine, collaboration, journaux clandestins, intrigue politique et plus encore…
(5) VAN GOETHEM Pascal, L’Armée Secrète et l’or du silence : double jeu, janvier 2017 | Episode 3 (51 min) : Après de lourdes arrestations (épisode 2), l’armée secrète semble affiner sa voie dans la clandestinité, le baratin  et surtout le double jeu. Néanmoins, ce dernier coûte souvent cher. Le général Jules Pire installe son QG à Rosières et renforce l’Armée de Belgique en vue d’aider les forces alliées à la reconquête.
(6) de SÉJOURNET Eric | officier du Corps de la Logistique (1974-1987), chef du Service de Presse des Forces armées belges (1987-1993), concepteur de Mediascore © (outil d’évaluation des retombées médiatiques), conseiller de presse de la Défense (1993-2007) et du Chef de la Défense (2003-2007), conseiller communal à Rixensart (2012-2016), conseiller de la Zone de Police Lasne, La Hulpe et Rixensart (2012-2016), coprésident de Proximité (depuis 2017). Depuis 2008, éditeur de sites Internet participatifs mettant en valeur la vie associative (Visages de Rixensart), l’histoire locale (Rétro Rixensart) et le patrimoine naturel, architectural et paysager rixensartois (Objectif Rixensart, primé en novembre 2009 par la Région Wallonne et la Fondation Roi Baudouin). Cofondateur de l’association citoyenne Arborescence.


Sommaire


I | Présentation de la famille Coenraets

II | L’Armée Secrète se prépare

III | Le QG de l’Armée Secrète s’installe à Rosières

IV | Quand sonne la délivrance

V | Sabotages dans le Brabant wallon

VI | De l’efficacité de l’Armée Secrète

VII | La guerre du renseignement militaire bat son plein

VIII | Les Belges recouvrent leur liberté

X | Genval libérée !

XI | L’après Libération

XII | La reconnaissance de l’Armée Secrète


Continuer la lecture de L’été ’44 des Coenraets

Genval-les-Eaux et la Luftwaffe 

1383. Un avion dans le lac JUnkers JU188

Junker JU188 (à gauche sur la photo)
coll. Bundesarchiv, Bild 146-1989-039-18A / CC-BY-SA 3.0 (1)

11 décembre 1943 | « ‘L’avion dans le Lac’ fait partie du souvenir collectif sans que pour autant que le public soit bien certain de la réalité du fait, de son importance, de la nationalité de l’appareil, et si la plupart s’accordent sur l’époque, ‘fin 1943’, plus de précisions sont rarement accessibles », écrivit Michel Coryn (2). « Beaucoup de bruits et de ‘vérités’ ont circulé concernant cet épisode de la seconde guerre mondiale. Certains ont évoqué un combat aérien au-dessus du plan d’eau, combat se terminant par la chute d’un Supermarine Spitfire dans les flots. Une autre version parle d’un transport trimoteur du type Junkers JU 52, une troisième, sous l’influence des lieux peut- être, d’un hydravion. L’ouverture des archives militaires chez les participants au conflit a permis d’éclaircir ce point qui fait aujourd’hui partie de notre histoire locale. Les recherches du côté des avions perdus par la RAF ne font apparaître aucune perte compatible avec un crash dans le Lac de Genval durant la période considérée, par contre, les archives allemandes sont plus explicites. Elles mentionnent la perte de 8 appareils en décembre 1943 dont un Junker JU 188, tombé dans le Lac de Genval le 11 décembre de cette année. Elles font état aussi de la mort des quatre membres d’équipage » (2). 

« A cette époque, fin 1943, la guerre est à un tournant. L’offensive aérienne alliée contre le Ille Reich monte en puissance, Rommel a perdu la campagne d’Afrique depuis mai, l’Italie a capitulé, les Russes sont à l’offensive dans la bataille de Koursk et le Dr Goebbels manque de faits glorieux pour sa propagande. Hitler ordonna donc une offensive aérienne contre Londres, le sud de l’Angleterre, et le trafic maritime dans la Manche. L’opération, baptisée ‘Steinbock’ par la Luftwaffe et ‘Baby Blitz’ par les Anglais, débuta en décembre 1943 et, bien que menée par un petit nombre de bombardiers et chasseurs-bombardiers, ces raids immobilisèrent de gros moyens de défense du côté britannique. Ces escadres de bombardement (Kampfgeschwader) étaient équipées en parts sensiblement égales de Junkers JU88 et des dernières versions du Dornier DO 217. Au début de l’année 1943, la firme Junkers avait sorti un dérivé très amélioré de son JU88, rebaptisé JU 188, dont le prototype vola dès janvier. La première version, entrée en service au mois de mai fut basée dans le nord de la France. Ces appareils différenciaient cependant du prototype initial JU 188A par des moteurs d’une puissance de près de 10 % inférieure aux moteurs prévus, en retard de développement. Le premier raid au dessus de l’Angleterre eut lieu le 20 octobre 1943 et les nouveaux appareils JU 188 furent employés dans des missions d’éclaireurs et de marquage d’objectifs pour les bombardiers des escadres ». 

« Le samedi 11 décembre 1943, le JU 188 du III Gruppe KG6 s’abat dans le Lac de Genval ». 

« Que s’est-il passé ? Parmi les scénarios possibles figure un éventuel vol de liaison entre sa base du nord de la France, ou de Chièvres, vers Melsbroeck où était basé le Stab KG6 (Etat-major). Il y aurait eu un gros problème technique entraînant une explosion à bord et tentative d’évacuation de l’équipage de l’appareil désemparé. Un témoin oculaire atteste qu’un aviateur a été retrouvé mort accroché par son parachute dans un arbre de la villa Béatrix (La Fée du Lac) au coin de l’avenue du Théâtre. Deux autres membres de l’équipage sont restés coincés dans l’habitacle et nous ignorons les circonstances de la mort du quatrième. Un riverain de l’époque affirme avoir retrouvé un gant appartenant à l’un des occupants. Ce qui est certain, c’est que les quatre membres de l’équipage sont enterrés au cimetière allemand de Lommel. Ils avaient noms : Feldwebel Spech F. (Pilote), Feldwebel Bock F. (mitrailleur), Feldwebel Kols W. (Mitrailleur), Unteroffizier Mass W. (Radiomitrailleur). La partie avant de l’avion est tombée à environ 25 m de l’actuel piétonnier, au large du mur de la propriété Rossel. Des éléments de moteur, dont des têtes de cylindres, ont été extraites à cet endroit lors du dragage du Lac en juin 1975. La partie arrière du fuselage serait tombée plus près du débouché de l’avenue du Théâtre, voire même au-delà, et dépassait de la surface. Dans les jours qui suivirent, les Allemands isolèrent la zone et retirèrent des eaux tout ce qui était accessible, peut-être en baissant partiellement le niveau du Lac mais ce dernier détail reste incertain » (2). 


(1) Bundesarchiv, Bild 146-1989-039-18A / CC-BY-SA 3.0
(2) Michel CORYN, Genval-les-Eaux et la Luftwaffe in Rixensart Info 205 de septembre 2004

Lieutenant-colonel aviateur Robert Bladt

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Pilote de chasse et fondateur de la Patrouille des Diables Rouges, Robert Bladt, dit ‘Bobby’, fut Rixensartois par adoption, ayant habité avenue Reine Elisabeth à Rixensart.

Né le 14 mai 1919 à Neder–over–Heembeek, il entra le 1er juin 1939 à l’école de pilotage de Wevelgem (81ème promotion)(1), vola sur Avro 504, fut breveté le 15 mai 1940 et affecté à Nivelles (2). Évacué en France, ‘Bobby’ fit son premier solo, sur Fiat, à Chartres. Le 20 mai, il se trouva à Montpellier. Il convoya ainsi des Fiat à Bordeaux et Toulon.

Il revint, en Belgique, le 25 août 1940. Marié à Louisa Devillé, il habita Nivelles et travailla, comme son père fonctionnaire, à la direction du roulage.

Accompagné d’autres frères d’armes, il partit le 25 mai 1942 pour rejoindre le Royaume–Uni, afin de continuer la lutte. Ils traversèrent la France via Nancy, la forêt de Chaux, Toulouse jusqu’à Perpignan, franchirent les Pyrénées et rejoignirent Gibraltar, d’où était coordonné l’Opération Torch : le débarquement des Alliés en Afrique du Nord française en novembre 1942. Ils profitèrent d’un Dakota qui les amena en Cornouailles. Après avoir suivi une période d’entraînement, ‘Bobby’ fut affecté le 8 juin 1943 au 350 ‘Belgian’ Squadron à Houston, puis à Digby.

Selon Albert De Cock (3), le 23 janvier 1945, il fit partie d’une formation de trois Spitfires, quand il vit que l’appareil du Sergent aviateur Robert ‘Bob Le Teuton’ Huens fut touché par la ‘Flak’ (défense antiaérienne allemande). Robert Bladt, qui le suivait, pensa qu’il avait été tué sur le coup. L’avion de Robert Huens s’abattit à Heckhalenfeld, près de la frontière belge (> voir notice Rétro Rixensart 350 consacrée au Rixensartois Robert Huens).

15ff1-1934434750-1L’Escadrille : le 350 ‘Belgian’ Squadron de la Royal Air Force
L‘équipe de football du ‘Three-Five-O’ (5)

Peu après l’arrivée des premiers avions à réaction au sein de la Force Aérienne belge, une équipe acrobatique sur Gloster Meteor F8 fut formée, dirigée par le Major Aviateur Robert ‘Bobby’ Bladt, alors Commandant de la 350ème Escadrille de Chasse. Volant dès 1957 sur Hunter F9, les Acrobobs Boys ou Acrobobs furent officiellement baptisés début 1959 ‘Diables Rouges’. ‘Bobby’ Bladt en fut le premier leader jusqu’en 1960 (4).

Ce vétéran de la Royal Air Force et fondateur de la Patrouille des Diables Rouges fut décoré de la Légion d’Honneur, et s’éteignit à Woluwé-Saint-Lambert, le 18 février 2014.

> plus d’infos : http://www.sbap.be/events/2014/006bobby2014/006bobby2014.htm

voir également son frère d’armes Sergent aviateur Robert Huens (photos et notice Rétro Rixensart 350)

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18 février 2014 | Souvenir mortuaire de Robert Bladt, coll. Annie Bladt

Il s’est battu pour notre liberté. Ne l’oublions pas. Souvenir mortuaire de Robert Bladt, né à Neder-over-Hembeek le 14 mai 1919, † à Woluwé-Saint-Lambert le 18 février 2014, veuf de Louisa Devillé.

Pilote de chasse et fondateur de la Patrouille des Diables Rouges, Robert Bladt, dit ‘Bobby’, fut Rixensartois par adoption, ayant habité avenue Reine Elisabeth à Rixensart.

 


(1) d’après un texte original d’André Bar (Musée Royal de l’Armée et d’Histoire militaire)
(2) à la 3ème escadrille du IIème groupe du 2ème régiment de l’Aéronautique Militaire belge (3/II/2 Aé, les « Cocottes rouges »)
(3) DE COCK Albert, L’Adjudant-Aviateur Robert Huens, in Chroniques du Cercle d’Histoire de Rixensart, n° 19 d’août 1994, p. 3 à 5.
(4) NEMRY Serge, 55 ans de Diables Rouges, janvier 2013

(5) légendes et sources iconographiques | photo 1 : Robert ‘Bobby’ Bladt devant son Fairey Firefly IIM (album d’Yves Duwelz / collection André Bar – Musée Royal de l’Armée et d’Histoire Militaire de Bruxelles – Section Air et Espace)  | photos 2 et 3 : toute l’escadrille 350 ‘Belgian’ Squadron de la R.A.F. et l’équipe de football (deuxième à partir de la gauche : Robert Bladt; neuvième à partir de la gauche : Robert Huens) (album de feu le Lieutenant-Général Aviateur e.r. Baron Michel ‘Mike’ Donnet D.F.C. / collection André Bar – Musée Royal de l’Armée et d’Histoire Militaire de Bruxelles – Section Air et Espace)
(6) notice rédigée et illustrée en collaboration avec Mehdi Schneyders