Y avait-il un château d’eau à Rosières ?

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‘La Route vers l’Hippodrome un jour de Course’, coll. Philippe Godin

Dans les notices précédentes, les lecteurs de Rétro Rixensart ont pu découvrir La Baraque et la Maison Nationale de la Jeunesse, sises sur le territoire de Maleizen, à proximité du lac de Genval.

Incontournable dans le paysage, ce château d’eau mérite attention. Il est retrouvé sur les photos ci-dessous : à droite de La Baraque et près de la Maison Nationale de la Jeunesse, dissimulé derrière les arbres. D’où la question …

De quel château d’eau s’agit-il ?

S’agit-il de celui situé Terhulpensesteenweg (1) à Maleizen ? Non, car trop éloigné (1 km 750m à vol d’oiseau). Qui plus est, ce ‘Watertoren’ date de 1938 … alors que ‘La Baraque’ date d’entre les deux guerres mondiales.

Tenant compte de la position des preneurs de vue et de la hauteur du château d’eau, on peut estimer la distance à +/- 500m. En reprenant les données sur la carte ci-après, l’hypothèse de l’existence d’un château d’eau sur l’ancienne commune de Rosières voit le jour (à l’angle de la Boslaan et de la rue de Malaise). Elle est encore renforcée par le choix de l’emplacement, qui tient compte des courbes de niveau : 103m75 au-dessus du niveau de la mer.

Château d'eau de Rosières carte

Toute information et photos permettant de compléter cette notice sont les bienvenues : eric.de.sejournet@gmail.com.


→ RÉTRO RIXENSART | La Baraque et le Cercle Equestre de Genval
→ RÉTRO RIXENSART | De la Maison nationale de la Jeunesse à l’Europe


(1) Château d’eau de type D2 (selon l’inventaire de Van Craenenbroeck)(2) avec une capacité de 200m3. Il est toujours debout, mais n’est plus en fonction. Celui situé à l’Est de la Hoeilaartsesteenweg à Maleizen a repris la mission.
(2) VAN CRAENENBROECK W., Eenheid in verscheidenheid. Watertorens in België, Brussel, 1991

La Baraque et le Cercle Equestre de Genval

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La Baraque et son ‘champ de courses’, coll. Philippe Godin

Immédiatement après la Première Guerre mondiale, Genval-les-Eaux eut ses concours hippiques comme toute ville d’eaux qui se respecte. Enfin, lorsqu’on dit ‘Genval’, il faut comprendre ‘Genval-parc-extension-sur-Overijse’. Ils étaient dus à l’initiative d’Aimé Lagrange (1), le personnage qui avait acheté la ‘Chapelle Guillaume Tell’, rénové ‘La Pommeraie’ et construit quatre villas au bord même du plan d’eau. ‘La Baraque’ était le nom du site et il évoque bien sûr une bâtisse bricolée et provisoire (2).

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Le concours hippique, coll. Anne-Marie Delvaux
La Baraque, coll. Philippe Godin

Le bâtiment est progressivement aménagé. Le tennis, le tir aux pigeons, les chevaux de selle y sont pratiqués. Quant au café-restaurant, elle fut ‘artistiquement meublé à l’ancienne’.

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24 avril 1938 | Cercle Equestre de Genval, coll. Jean-Paul Warnauts

Affiche d’un concours hippique organisé le dimanche 24 avril 1938 par le Cercle Equestre de Genval. Selon Roger Ghyssens des courses hippiques étaient organisées jusqu’à la veille de la Seconde Guerre mondiale sur le lieu dit Genval-Parc-extension-sur-Overijse (2).

coll. Philippe Godin

Fin des années ’30, une grande villa fut construite sur ce lieu, comme en attestent les deux photos ci-avant. En effet, à gauche de chaque édifice se retrouve un même bâtiment.

→ RÉTRO RIXENSART | De la Maison Nationale de la Jeunesse à l’Europe


(1) né vers 1870, †1943
(2) GHYSSENS Roger, Genval-les-Eaux de 1895 à 1935, Editions de la Page, 2003

De la Maison Nationale de la Jeunesse à l’Europe

1 Auberge de Jeunesse coll. Philippe Godin

Auberge de Jeunesse, coll. Philippe Godin

Située à la limite des anciennes communes de Maleizen et de Rosières et construite sur l’emplacement de ‘La Baraque’ (Cercle Équestre de Genval), la ‘Maison Nationale de la Jeunesse à Genval’ dépendait du ‘Ministère de l’Instruction Publique – Ministerie van Openbaar Onderwijs’.

coll. Francis Broche & Imelda De Thaey

Témoignage | Dans ‘Apothéose’, un recueil de poème de Jean-Louis Vanham (1937) publié en 1959, le poète décrit la maladie qui le ronge depuis sa naissance. Il se fait en quelque sorte l’aède de ses frères handicapés et propose un chant de résistance physique et morale. Après quelques moments de désespoir, le jeune Vanham a trouvé, près des infirmes de la Maison Nationale de la Jeunesse de Genval, la force et la joie de vivre, malgré son handicap. Dans ce monde clos, isolé de l’indifférence ou de la cruauté des valides, le poète peut oublier son propre mal et remercier Dieu de lui avoir permis de vivre. La force des infirmes, c’est la foi chrétienne, mais aussi l’espoir en soi et en leurs semblables, la fraternité. Jean-Louis Vanham fait preuve dans ce recueil d’une très grande sérénité et d’une étonnante élévation de sentiment (1).

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vers 1946 | Maison Nationale de la Jeunesse, coll. Magguy Van Goethem

Au verso de cette carte postale, on apprend que le Ministère de l’Education Nationale et de la Culture – Service National de la Jeunesse (Ministerie van Nationale Opvoeding en Cultuur – Nationale Dienst voor de Jeugd) gérait la ‘Maison Nationale de la Jeunesse’ à Genval) (‘Nationaal Jeugdtehuis’ te Genval).

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Maison Nationale de la Jeunesse, coll. Philippe Godin

Ce lieu abrite aujourd’hui l’European Interinstitutional Centre (CIE), Dennenboslaan 54 à Overijse (Maleizen). La villa existe toujours et est le Club House de ce complexe sportif réservé aux eurocrates. Le terrain en face est occupé par un terrain de football.

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→ RÉTRO RIXENSART | La Baraque et le Cercle Equestre de Genval


(1) FRICKX Robert & TROUSSON Raymond, Lettres françaises de Belgique : La poésie, Ed. Duculot, 1988, p. 38.

Castellum Rixensart

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début XVIIIe | Castellum Rixensart, Jacques Harrewyn fecit (1)

Spécialisé dans la gravure de cartes, plans et vues remarquables de Bruxelles et des Pays-Bas espagnols, le bruxellois Jacques Harrewyn (1660-1727) réalisa cette gravure sur cuivre du Château de Rixensart.

Observez … le toit du donjon médiéval, tout comme celui de la tour-porche, apparaît en ruine, suite aux incendies qui ont ravagé le château en 1668 et 1678 (2). En effet, les troupes françaises incendièrent en 1678 le château dans le cadre des opérations de prestige menées par le Roi Soleil, Louis XIV. Philippe-Charles Spinola répara les ruines du château en respectant le plan de son père Philippe-Hippolyte (3).

A gauche sur la gravure, les armes des Spinola : D’or, à la fasce échiquetée d’argent et de gueules de trois tires, accompagnée en chef d’une épine en forme de fleur-de-lis de gueules, fichée dans la fasce (4).

Château de Rixensart 21.03.2013 © Monique D'haeyere 2

mars 2013 © Monique D’haeyere

Crayon généalogique de la famille Spinola (5)

Annibal Spinola x N. Leoporto

dont

Dom Gaston Spinola, chevalier de l’Ordre de Saint-Jacques, gouverneur du duché de Limbourg, obtint le 17 avril 1603 des archiducs Albert et Isabelle érection en comté de la seigneurie artésienne de Brouay et concession de ce titre (transmissible par ordre de primogéniture)(4), x (Bruxelles le 26 juin 1586) Marie de Renty, dame d’Embry, Brouay, Curlu, Haffringhes, Waudringhem (fille d’Oudart x Marie de Recourt dite Licques)

dont

Bertin-Oudart Spinola, chevalier, comte de Brouay, seigneur d’Embry, Curlu, Affringues, Vaudringhem, la Motte d’André, x Claire de Ligne d’Aremberg

dont

Philippe-Hippolyte-Charles Spinola, comte de Brouay, seigneur d’Embry, Curlu, Affringues, Vaudringhem, la Motte d’André, gouverneur de Lille, Douai, Orchies, chevalier de la Toison d’Or, x (2 avril 1646) Françoise-Conrardine de Gavre (fille de Pierre-Ernest, comte de Frezin et d’Elisabeth-Catherine de la Marck)

Castellum Rixensart Atlas Ferraris Rixensart 1777 (1)

XVIIIe siècle | Château de Rixensart, Ferraris fecit


→ OBJECTIF RIXENSART | Château de Rixensart


(1) LE ROY, Jakob, Groot Wereldlyk Tooneel des Hertogdoms van Braband
(2) ZECCHINON Alessandra, Le Château de Rixensart. Histoire et architecture, mémoire de licence, U.C.L. Louvain-la-Neuve, 1990
(3) SYNDICAT D’INITIATIVE DE RIXENSART, Rixensart et la Vallée de la Lasne, 1973
(4) RIETSTAP J.B., Armorial Général, tome II p 812 – Gouda 1887 + Paul JANSSENS et Luc DUERLOO, Armorial de la Noblesse belge, Crédit Communal, Bruxelles 1992
(5) L.J.P.C.D.S., Quartiers généalogiques des familles nobles des Pays-Bas, Cologne, 1776 + Justin de PAS, Notes pour servir à la Statistique Féodale dans l’étendue de l’ancien Bailliage et de l’Arrondissement actuel de Saint-Omer, éd. Mémoires de la Société des Antiquaires de la Morinie, tome XXXIII, Saint-Omer, 1921-1924

Lucien Dessy, médecin et bourgmestre

362B. Funérailles Dr Lucien Dessy mars 1947 Collection Dupuis Delbrassinne

Lucien Dessy (1872-1947), coll. Dupuis-Delbrassinne

Né en 1872, Lucien Dessy fut docteur en médecine, président du conseil d’administration des Papeteries de Genval et bourgmestre de Rixensart (1). Le Docteur Lucien Dessy fut bourgmestre de 1921 à 1940. Absent en 1940, il ne reprit son écharpe qu’en 1944 jusqu’en 1946 (2).

1921 | Lucien Dessy et Auguste Lannoye à Genval © Fonds Lannoye
août 1925 | Auguste Lannoye est fait ‘Chevalier de Saint-Grégoire’, distinction remise par l’Abbe Mottard en présence de Lucien Dessy © Fonds Lannoye
avant 1927 © Jean Lannoye (à droite) en visite chez les Dessy

Il fut proche d’Auguste Lannoye et participa à de nombreuses événements familiaux. Le docteur Dessy, compagnon d’étude, témoin des débuts difficiles, lui prêta l’entièreté de son modeste avoir à un moment où les risques encourus étaient réels et inquiétants. Il devint ‘l’ami de toujours’, écrit Luc Lannoye en 1978 dans ‘Regards sur le passé (4).

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avant 1947 | Devant les Pyramides … photo souvenir du voyage en Egypte du
Docteur Lucien Dessy, ancien bourgmestre de Rixensart, et de son épouse.
coll. Marcelle Dupuis

Il décéda le 13 mars 1947.

Il aimait trop la vie, ses chances et ses dons, pour ne pas redouter l’approche mystérieuse de la mort … Et pourtant, avec son exceptionnel diagnostic, il l’a vue venir, sans illusion ni amertume. C’est qu’il avait trouvé dans le sacrement des malades et le Saint Viatique, le courage de l’accepter et même de l’offrir avec la sérénité et la générosité du vrai chrétien. Seigneur, reçois-le en ton paradis et donne-lui la vie qui ne trompe plus. Car il a été perspicace et bon au chevet des malades, généreusement voué au service de la cité, fidèlement attaché aux petits enfants, à ses amis, aux siens… La charité fut sa meilleure prière. C’est ainsi que le village de Rixensart fit, en mars 1947, ses adieux au Docteur Lucien Dessy et qu’il organisa en grande pompe ses funérailles.

362. Funérailles Dr Lucien Dessy mars 1947 Collection Dupuis Delbrassinne

mars 1947 | Funérailles du Docteur Lucien Dessy, Place de la Vieille Taille, coll. Dupuis-Delbrassinne (voir les 24 photos > ‘Lire la suite’)

Bob Sentroul en fit un reportage que Herman Dupuis († 1985) a su conserver durant toutes ces années. Aujourd’hui, la famille Dupuis-Delbrassinne partage avec vous cet album de photos complet, un témoignage solennel. Ce dossier des funérailles du bourgmestre Lucien Dessy en mars 1947 contient 26 photos et est appelé à être complété. Si vous reconnaissez l’un ou l’autre personnage, merci de transmettre vos informations à eric.de.sejournet@gmail.com. Elles seront intégrées au fur et à mesure dans cette notice.

En 1949, le rond-point qui coupe l’avenue de Montalembert fut baptisé ‘square Dessy’.


(1) BUFFIN Paul, Portrait des rues de l’ancienne commune de Rixensart, 1996
(2) En 1940, Orner Mayné fit fonction de bourgmestre de Rixensart durant quelques mois. Le prince Félix de Merode assura l’interim dès la fin de 1940 jusqu’à son décès en 1943. Les occupants nommèrent alors M. Evrard, rexiste qui s’enfuit en septembre 1944 (3).
(3) Ibid.
(4) LANNOYE Luc, Regards sur le passé, 1978

Continuer la lecture de Lucien Dessy, médecin et bourgmestre

La ‘station’ de Rixensart, le long du Wawa

1931 L'Ange Eternel coll. Jean-Louis Lebrun

1931 | Vue depuis le Sentier Lambermont vers la rue de la Reine (Bourgeois), coll. Jean-Louis Lebrun 

Au coin de la rue de la Bassette et de l’ancienne voie du tram, devenue sentier, est situé ce que les gens du coin appellent ‘L’Ange de l’Eternel’. Vers 1925, une ancienne maison de la rue est achetée et transformée (1).

1931 coll. Jean-Louis Lebrun ↔ 2018 © Eric de Séjournet

1950 Rue de la Bassette Château de la Délivrance L'Ange Eternel coll. CHR

1950 | Château de la Délivrance, rue de la Bassette 16 à Bourgeois.
A droite, on distingue les rails de la ligne vicinale.
coll. Cercle d’Histoire de Rixensart

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1950 | Château de la Délivrance (côté jardin), coll. Jean-Claude Renier
2008 | Vue depuis le chemin de la Voie du Tram © Eric de Séjournet
2019 | Vue depuis la rue de la Bassette © Monique D’haeyere

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L’entrée de l’Ange de l’Eternel, sise rue de la Bassette n° 11, le long de la ligne vicinale à Bourgeois, coll. Jean-Claude Renier

coll. Jean-Louis Lebrun ↔ 1950 coll. Jean-Claude Renier

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1938 coll. Jean-Louis Lebrun → coll. Francis Broche → 1989 © Jean-Claude Renier → 2009 © Monique D’haeyere

La communauté, nommée ‘Les Amis de l’Homme’ (2), d’origine suisse et fondée par M. Freytag, n’est associée à aucune autre église. Elle se réfère à la Bible et prône l’harmonie spirituelle, morale et physique de l’humanité (3). Le voisinage loue la serviabilité des membres de la communauté et bénéficie de son potager qui est un modèle du genre (4).

coll. Jean-Claude Renier → coll. Jean-Louis Lebrun

Le groupe statufié, en face de la villa, représente l’homme en harmonie avec les animaux d’après une prophétie d’Isaïe (5).

Panorama à partir du Sentier Lambermont, coll. Jean-Claude Renier

Station de Rixensart éd. Oeuvre philantropique Les Amis de l'Homme

‘La station de Rixensart’ (6), éd. Oeuvres philanthropiques Les Amis de l’Homme

années ’60 coll. Jean-Claude Renier ↔ 2018 © Eric de Séjournet
A gauche la ligne vicinale, qui devint le chemin de la Voie du Tram

Château de la Délivrance vue depuis le sentier Denis coll PR copie

années ’60 | Vue depuis le sentier Denis 


→ OBJECTIF RIXENSART | Chemin de la Voie du Tram


(1) BUFFIN Paul, Portrait des rues de l’ancienne commune de Rixensart, 1996
(2) VERNETTE Jean & MONCELON Claire, Dictionnaire des groupes religieux aujourd’hui – Religions, églises, sectes, nouveaux mouvements religieux, mouvements spiritualistes, Paris, Presses universitaires de France, 2001
(3) WIKIPEDIA | Amis de l’Homme
(4) BUFFIN Paul, Portrait des rues de l’ancienne commune de Rixensart, 1996
(5) Ibid.
(6)  lire « une station d’essai pour établir le royaume de Dieu sur la terre » 

Armoiries de Rixensart

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1959 | Couverture du ‘Rixensart’, le précurseur du ‘Rixensart Info’

Jusqu’en 1954, les sceaux des communes auxquelles des armoiries particulières n’avaient été attribées portèrent pour empreinte le Lion Belgique, avec pour légende ‘L’Union fait la Force’, et en exergue le nom de la province et celui de la commune (1).

Le 9 mars 1953, le conseil communal de Rixensart émit le vœu de pouvoir faire usage d’armoiries particulières. Normalement, le choix devait se porter sur l’ancien sceau scabinal de la cour de Rixensart, mais en l’absence de celui-ci, c’est le blason des Spinola qui fut retenu (2). En effet, en 1715, les Merode reçurent les seigneuries de Rixensart, Genval et Bourgeois (cette dernière par moitié), de la comtesse douairière de Bruay, veuve de Philippe-Charles-Frédéric de Spinola.

Le 10 avril 1954, après avis favorable du conseil héraldique, un arrêté royal octroya à la commune de Rixensart les armes d’or à la fasce échiquetée d’argent et de gueules de trois tires accompagnée en chef d’une épine en forme de fleur de lis de gueules fichée dans la fasce, l’écu sommé d’une couronne à trois fleurons séparés par deux fleurons d’un module inférieur et entouré du collier de la Toison d’or (2)(3)(4).

En sa séance du 15 février 1977, le Conseil communal décida de solliciter l’autorisation de faire usage des armoiries qui avaient été attribuées par l’Arrêté royal du 10 avril 1954. Satisfaction fut obtenue, par l’Arrêté royal du 1er décembre 1977 (1).

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En observant ce blason, commente Paul Gilson (2), il est intéressant de remarquer que Spinola, en latin spinula, veut dire épine. Or ce meuble se retrouve en forme de fleur de lis fichée dans la fasce. Alors que les Spinola étaient comtes de Bruay, la couronne surmontant l’écu semble bien être celle de marquis. Il arrivait en effet fréquemment que la couronne sommant le blason fut d’un titre supérieur à celui porté réellement.

Quant au collier de la Toison d’or qui entoure si joliment les armoiries, institué en 1429 par Philippe le Bon, il n’était octroyé qu’aux membres de la plus haute noblesse et, pour l’obtenir, il fallait réellement l’avoir mérité. Charles-Quint rehaussa encore le prestige et les prérogatives de cet ordre. Pirenne nous dit que « cette distinction suprême était aussi passionnément désirée par la noblesse belge que la Légion d’honneur le fut par les soldats de Napoléon ». Le collier se compose de briquets de Bourgogne en or reliés entre eux par des pierres précieuses ef supportant la célèbre Toison d’or. Le premier Spinola de Rixensart, Philippe Hippolite, Grand d’Espagne, fut créé chevalier de la Toison d’or par la reine régente, au nom de Charles Il, le 10 avril 1668, en récompense des grands services militaires et politiques rendus à la cause des Pays-Bas et de l’Espagne».

Evoquer les armoiries de Rixensart, c’est un peu retourner le couteau dans la plaie des Rosièrois et des Genvalois, souligne Eric Meuwissen … en 1995 (5). Et pour cause puisqu’avec la fusion des communes (ndlr. en 1977), ces deux dernières localités ont tout simplement perdu leurs armoiries au profit de la commune éponyme (Rixensart). Aujourd’hui encore, certains ne cachent pas leur amertume.

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1986 | logo du Cercle d’Histoire de Rixensart

C’est pourquoi, explique Colette Claes (ndlr. en 1995), la présidente du Cercle d’Histoire de Rixensart, nous avons choisi pour sigle de notre cercle, un écu qui reprend les armoiries des trois communes fusionnées (Rixensart, Rosières et Genval). Un choix qui ne fut pas fait par le conseil communal.


→ CERCLE D’HISTOIRE DE RIXENSART | Paul GILSON, Armoiries de Rixensart


(1) Qu’en est-il des armoiries communales? in Rixensart Info 6 de janvier 1978

(2) GILSON Paul, Armoiries de Rixensart, in Regards sur le passé de Rixensart-Bourgeois
(3) Héraldique | Les métaux : l’or (jaune) et l’argent (blanc). Les couleurs : gueules (rouge), azur (bleu), sable (noir), pourpre (violet), sinople (vert)
(4) Héraldique | Echiqueté à trois tires > damier sur trois rangées

(5) MEUWISSEN Eric, Miroir de l’identité communale (X) : Rixensart, le blason des Spinola in Le Soir, 18 aôut 1995

Ferme Terfosse, abritée des vents du nord

Ferme Terfosse 1992-1995 © Hommes et Patrimoine

1992/1995 | Basse-cour de la Ferme Terfosse à Rosières © Hommes et Patrimoine 

Située à l’Ouest du Chemin des Deux Fermes à Rosières, – de l’autre coté de l’autoroute E411 à l’écart de la zone urbanisée, la ferme Terfosse fut bâtie au XVIIIe siècle et connut plusieurs graphies : Ter Fosse ou Del Fosse, et encore Del Fos. Abritée des vents du nord par le relief, elle groupe ses bâtiments autour d’une cour rectangulaire (1)(2).

1992/1995 | Ferme Terfosse © Hommes et Patrimoine
2019 © Annick Dedobbeleer

Ces constructions du XVIIIe siècle ont subi de nombreux remaniements au cours des deux derniers siècles (2).

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avril 2014 | Ferme Terfosse © Eric de Séjournet

Le paysage qui encadre la Ferme Terfosse donne encore une bonne idée de ce que pouvaient être nos campagnes il y a un peu plus d’une centaine d’années, si l’on oublie le bruit constant de l’autoroute toute proche (3). Début 2019, le bâtiment semble abandonné …


→ OBJECTIF RIXENSART | Ferme Terfosse


(1) DUBUISSON Paul et Madeleine, Le nouveau canton de Wavre, Au fil de l’histoire, Ed. du Brabant wallon, Chaumont-Gistoux 1972
(2) PINSON Colette et GHYSSENS Roger, in E.C.H.A.R.P., Entente des Cercles d’Histoire et d’Archéologie du Roman Païs, Le patrimoine rural du Brabant wallon, Centre Culturel du Brabant wallon, Court-Saint-Etienne, 1996
(3 ) Ibid.

La passerelle sur l’Argentine

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L’Argentine dans le parc (rive Nord), coll. Jean-Claude Renier

Aux abords du lac, le ruisseau d’Argent s’appelle plus volontiers l’Argentine. Question de goût. Argent ou Argentine, sa poésie est semblable et semblables sont ses eaux (1).

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Villa dans le ‘Parc de Genval-les-Eaux’, qui se situa vraisemblablement sur la rive Nord du Lac de Genval (Overijse), le long de l’Argentine.


(1) RENOY Georges, Genval, La Hulpe et les environs en cartes postales anciennes, Bibliothèque Européenne – Zaltbommel, Pays-Bas, 1972

Bourgeois, naissance d’une paroisse

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début XXe siècle | Eglise Saint-François-Xavier à Bourgeois, coll. Vivien de Walque

Ravissante et pittoresque, la place du Bourgeois doit son charme aux arbres dont elle est plantée sur toute sa surface. Sous les ombrages, l’instituteur a lâché ses clampins (1).

A la requête des habitants de Bourgeois, la construction de la ‘chapelle-annexe’ de Bourgeois fut décidée en 1875 (…). Le 29 novembre 1875, le Conseil communal décide de demander à l’autorité supérieure la permission de donner à la Fabrique d’église de Rixensart une parcelle de 20 ares à prendre sur la place publique de Bourgeois qui s’appelait à l’époque : place Saint-Roch. Cette autorisation ne fut accordée, le 18 juin 1876, que pour la superficie strictement nécessaire, soit 4 ares environ. Pendant la construction de l’église, des offices religieux furent célébrés dans le bâtiments de l’école de Bourgeois (…). La paroisse fut érigée en succursale le 3 mars 1877 par les autorités civiles. Par mandement du 17 mars, le cardinal Dechamps, archevêque de Malines, érige la nouvelle paroisse sous le vocable de Saint-François-Xavier (2).

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La Place, aujourd’hui place Cardinal Mercier, coll. Jean-Claude Renier

La nouvelle église paroissiale se dresse sur un espace triangulaire appelé autrefois place Saint-Roch. Le sanctuaire est dédié à saint François-Xavier, patron de Mgr de Merode dont la famille contribua financièrement à la réalisation de ce projet (3).

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(cette carte postale a circulé durant la Première Guerre mondiale)

1903/1908 | coll. Imelda De Thaey et Jean-Claude Renier

L’église Saint-François-Xavier était cachée dans les frondaisons de très grands arbres dont le nombre et la hauteur lui donnaient le même charme que celui dégagé actuellement par la place d’Ohain (4).

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avant 1925 | Place de Bourgeois, coll. Jean-Claude Renier

La première grande transformation de l’église Saint-François-Xavier date de 1925. C’est à cette époque que la nef fut allongée d’une dizaine de mètres et que la tour fut construite (5).

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avril 2013 | Place Cardinal Mercier © Monique D’haeyere


(1) RENOY Georges, Genval, La Hulpe et les environs en cartes postales anciennes, Bibliothèque Européenne – Zaltbommel, Pays-Bas, 1972
(2) de WALQUE André, Un siècle à Bourgeois 1877-1977, Rixensart, 1977
(3) Cercle d’Histoire de Rixensart
(4) de WALQUE André, Un siècle à Bourgeois 1877-1977, Rixensart, 1977
(5) Ibid.

Château du Belloy, Béloi, Baillois

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1904 | Château du Belloy, coll. Jean-Claude Renier

Au bord de la Lasne s’érigeait, une construction massive mais sobre. Elle fut commandée par le comte Charles de Montalembert (1810-1860), académicien français et membre de la Chambres des Pairs, époux de la comtesse Anne de Merode (1816-1904)(1).

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1904 | Château du Béloi à Bourgeois, coll. Imelda De Thaey

Beloi, Baillois ou Belloy ? Voilà une orthographe bien controversée. D’après certaines anciennes cartes postales, on écrivait ‘Beloi’. Pour l’administration communale, c’est ‘Baillois’. Mais d’après les historiens, dont feu M. Monefeld – l’orthographe exacte est ‘Belloy’, c’est aussi l’avis de nombreux anciens du Bourgeois (2).

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1905 | Château du Béloi,  coll. Jean-Louis Lebrun

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coll. Jean-Claude Renier

2ccb8-2955891087Propriété de la comtesse de Montalembert, le château du Baillois était loué fin du XIXe siècle à Jules de Burlet (voir portrait ci-contre), chef du Cabinet du 26 mars 1894 au 25 février 1896 (ou chef du gouvernement belge, le nom de Premier ministre n’étant utilisé qu’après 1918), décédé le 1 mars 1897 à l’âge de 53 ans.

Cessant d’être habité, le domaine du Baillois passait petit à petit à l’abandon et sa grande demeure à la ruine. Plus que jamais, le Coin Perdu allait mériter son nom où la désolation ne se chargerait plus de poésie qu’au seul chant des oiseaux (3).

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Château de Burlet, coll. Jean-Claude Renier

Tout le versant de la vallée de la Lasne, appelé ‘Bois du Baillois’, appartenait à la comtesse de Montalembert, écrit Colette Pinson, en se référant au plan cadastral établi par Popp en 1850. L’appellation ‘Baillois’ ou ‘Belloy’, désigne sans doute un endroit planté de bouleaux. Après la première guerre mondiale, cette demeure était en ruines et fut vendue par les héritiers de la comtesse de Montalembert (4).


(1) Anne de Merode (1816-1904) repose au centre du cimetière de Bourgeois sous le calvaire.
(2) GINION Marcel, D’un siècle à l’autre, in Les feuillets historiques N°11, mai 1997
(3) Les Feuillets historiques n°7, 1871-1921, un demi siècle de vie publique, Ed. François De Troyer.
(4) PINSON Colette, Rixensart et la Famille de Merode, Cercle d’Histoire de Rixensart, p.46, septembre 2005

Le pigeonnier de la rue du Bois du Bosquet

Rue du Bois du Bosquet colombier Rosières 2.2019 © Annick Dedobbeleer 0

2019 © Annick Dedobbeleer

Situé au 38 de la rue du Bois du Bosquet à Rosières, ce pigeonnier hors du temps, dont la tour rappelle plutôt une architecture néo-Renaissance, repose sur un bâtiment de style ‘late Art Déco de type paquebot’ dont on peut estimer la construction entre 1930 et 1940, commente Annick Dedobbeleer.

Rue du Bois du Bosquet colombier Rosières 2.2019 © Annick Dedobbeleer 1

2019 © Annick Dedobbeleer

Toute information à propos de ce petit patrimoine local peut être adressée à eric.de.sejournet@gmail.com.

2010 & 2014 © Eric de Séjournet

Villa Josette, résidence de Folon

Villa Josette à Genval 1911

1911 | Villa Josette, drève des Aubépines à Genval
(à droite, en retrait, la Villa Béatrix, connue sous le nom de la Fée du lac)

Jules Gausset (1), agent de change, fit construire une villa drève des Aubépines (actuellement drève des Magnolias). Il la baptisa ‘Villa Josette’ à la naissance de sa fille en février 1909 (2).

Villa Josette à Genval c Philippe Godin

coll. Philippe Godin

La villa de Genval fut acquise en 1943 par la famille Folon dont le fils, Jean-Michel (3), aimait rappeler avec nostalgie ses années genvaloises, écrit Michel Coryn dans le Rixensart Info de février 2006.

mars 2017 © Monique D’haeyere
février 2019 © Annick Dedobbeleer


(1) → RÉTRO RIXENSART | Madeleine Gausset, première aérostière belge
(2) CORYN Michel (Cercle d’histoire de Rixensart), La Première Aérostière belge était genvaloise, Rixensart Info 215 de février 2006
(3) Peintre et sculpteur belge, né à Uccle le 1er mars 1934, décédé à Monaco le 20 octobre 2005

Bois du Calvaire, vue sur le château

969. Vue sur le bois du Calvaire c JCR

1915/1921 | Vue sur le Bois du Calvaire
(à droite, le photographe se met en scène)
coll. Jean-Claude Renier

Le Bois du Calvaire se situe à l’Est de l’avenue Royale, entre les drèves des Etangs et du Calvaire. Depuis ce bois, le château de Rixensart se dévoile au gré des saisons.

Aux alentours du château de Rixensart, le pays est charmant, avec ses profonds ombrages et ses coteaux aux flancs escarpés, Ne manquez pas d’explorer, notamment, le beau bois qui s’étend à l’est du village. Les coins pittoresques y abondent. C’est le bois de Rixensart, lit-on en juillet 1905 dans le Bulletin officiel du Touring Club de Belgique.

mars 2013 © Monique D’haeyere + mars 2014 © Christine Blavier

1340. Bois du Calvaire

1923 | Bois du Calvaire

A voir ces imposantes futaies, on sent qu’elles ne sont pas livrées à une main inexperte, ni à un homme d’affaires, soucieux uniquement de ‘faire de l’argent’. Les maîtres du domaine ont compris qu’ils peuvent concilier le soin de leurs intérêts avec la préoccupation de garder intacte la beauté de cette antique forêt seigneuriale. On voit qu’ils ont l’amour d’une nature plantureuse, où le pittoresque s’allie au grandiose. Et quel plaisir doit être le leur, lorsqu’ils cheminent à travers ces solitudes forestières, d’y rencontrer le paisible touriste, admis, grâce à leur obligeance, à contempler ces beaux paysages sylvestres ! (1)

1915/1921 ↔ 2012 © Monique D’haeyere

1264. Château du Prince Félix de Merode vu du carrefour de l'Etoile coll. JCR BOU

vers 1949 | Vue sur le château de Rixensart depuis la Drève du Calvaire, coll. Jean-Claude Renier

vers 1950 ↔ 2018 © Annick Dedobbeleer

Ces prises de vue ont été réalisée depuis une trouée dans les bois de Rixensart au lieu-dit ‘carrefour de l’Etoile’. A cet endroit, plusieurs sentiers se rejoignent et forment entre les chapelles du Calvaire et Sainte-Anne un dessin caractéristique, comme le démontrent les cartes de Ferraris, datant de 1777, ainsi que celle éditée par Philippe-Christian Popp entre 1842 et 1879.

Château de Rixensart vu depuis la Drève du Calvaire avril 1947 coll Eric de Séjournet (1)

avril 1947 | Château de Rixensart photographié depuis le bois du Calvaire.
En contre-bas, la courbe de l’avenue Royale et de la rue de l’Eglise.
coll. Eric de Séjournet

1947 ↔ 2011 © Monique D’haeyere


→ OBJECTIF RIXENSART | Bois du Calvaire


(1) Bulletin officiel du Touring Club de Belgique, juillet 1905

 

Rue Haute, direction Quai du Tram

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début XXe siècle | La rue Haute à Bourgeois est en travaux © Elisabeth Taburiaux 

A gauche, une fontaine publique. Au centre, l’habitation d’Edouard Taburiaux et Joséphine Desteinbachberick, tous deux enseignants à l’école publique de Bourgeois.

début XXe siècle ↔ 2014 © Monique D’haeyere

Rue Haute 1923 coll. Jean-Louis Lebrun

1923 | Rue Haute, direction Quai du Tram, coll. Jean-Louis Lebrun

86. Rue Haute à Rixensart - Le Bourgeois Collection Michel Nauwelaers

début années ’60 | Rue Haute … bétonnée, coll. Michel Nauwelaers

En remontant la rue Haute, à gauche au n° 112 … le club de tennis Parival, qui fut créé en 1951, en association entre RIT et les Papeteries de Genval. Cet acronyme, Parival, est facile à reconstituer : PApeteries, RIt et GenVAL (1).

Au n° 33, – la boulangerie Ernaelsteen actuelle, était installé le maréchal-ferrant ‘Gustave el Marchau’. Ce haut lieu du fer et du feu faisait l’admiration des enfants, écrit Paul Buffin. A côté de la boulangerie, au n° 35, résidait depuis la fin des années trente, le peintre Van Den Eeckhoudt (1875-1945). Influencé par le fauvisme, son style était très monumental. Il peignit de nombreux portraits dont certains sont conservés au Musée d’Art Moderne à Bruxelles (2).


→ RÉTRO RIXENSART | Rue Haute, direction Merode


(1) BUFFIN Paul, Portrait des rues de l’ancienne commune de Rixensart, 1996
(2) Ibid.