Trois églises dédiées à Saint-Sixte (II)

3bfb8-1651177312-1

1905 | Eglise Saint-Sixte sur la Place communale de Genval, coll. Cercle d’Histoire de Rixensart

La Place (communale) de Genval est caractérisée par sa forme triangulaire, dominée par l’ancienne église Saint-Sixte, qui fut en fait la seconde église du nom construite à Genval. Elle fut bénite le 3 juillet 1872 (1).

début XXe siècle ↔ mars 2015 © Monique D’haeyere 

Grâce à une souscription publique et la participation active de tous les ouvriers de la commune, un nouvel édifice néo-classique à 3 nefs fut construit à Genval en 1872. Les fenêtres étaient garnies de nombreux vitraux de saint et de belles boiseries ornaient le chœur. On y retrouvait parmi l’ancien mobilier restauré au XVIIe siècle : le banc de communion, la chaire de vérité, les confessionnaux et le grand autel à retables en bois peint, dressé en hémicycle au fond du chœur ; des toiles peintes du 16e au 18e siècle ; une remarquable série de statues gothiques en chêne. Le temps ne s’arrêta pas non plus pour cette nouvelle église dont le centenaire devait coïncider avec son arrêt de mort … en 1972 (2).

Vues depuis la rue de la Fontaine, coll. Philippe Godin 

Ce diaporama nécessite JavaScript.

1907/1925 | coll. Universiteitsbibliotheek Gent, Imalda De Thaey, Jean-Claude Renier

ef25e-46311429-1

vers 1920 | La Cure et l’Eglise Saint-Sixte, coll. Cercle d’Histoire de Rixensart 

Intérieur église Saint-Sixte coll. CHR

Intérieur de l’église Saint-Sixte, coll. Cercle d’Histoire de Rixensart

Le 6 septembre 1971, après avoir consulté des experts et les services techniques de la province du Brabant, le Bourgmestre Windal estima que la deuxième église St-Sixte se trouvait dans un tel état de délabrement qu’elle constituait une menace pour la sécurité des paroissiens qui la fréquentent. Il interdisit donc à quiconque d’y pénétrer pour quelque motif que ce soit. Le 3 octobre suivant, la Fabrique d’Eglise décida, sous réserve d’accord des autorités supérieures, tant civiles que religieuses, la démolition de l’église existante et son remplacement par un édifice moderne, fonctionnel et polyvalent. Elle souhaita que le presbytère soit inclus dans le nouveau complexe paroissial (…). L’église subsista encore pendant plusieurs années, elle fêta son centenaire, interdite au public, ceinturée de filets qui retenaient les ardoises (3).

Le coq du clocher, symbole paroissial s’il en fut, descendit de son clocher le vendredi 1er septembre dans les bras de Léon Voets, assisté de son frère Fernand. Il fut présenté au Maïeur Paul Hanin et entreprit de faire trois fois le tour des cafés de la Place afin, paraît-il, de respecter la coutume locale. La semaine suivante, les cloches, à leur tour, rejoignirent le niveau du commun des mortels. Elles étaient deux, la petite datant de 1892 et la plus grosse de 1949. Ce fut ensuite le clocher, descendu d’une pièce grâce à une grue gigantesque. Croyants et non-croyants présents eurent une pincée de mélancolie, le clocher dominait la Place depuis 105 ans (4).

après le 1er septembre 1978 | Démontage du clocher de l’église Saint-Sixte
coll. Cercle d’Histoire de Rixensart

Eglise Saint-Sixte 1978 c CHR origine Christine Melebeke

1978 | coll. Cercle d’Histoire de Rixensart (photo de Christine Melebeke)

Après la fermeture en 1973 de l’église de la place Communale, les offices furent célébrés dans la salle de gymnastique de l’école Notre Dame des Anges, toute proche. Cet épisode dura 7 ans (5).


→ RÉTRO RIXENSART | Trois églises dédiées à Saint-Sixte (I)
→ PAROISSE SAINT-SIXTE | Les trois églises Saint-Sixte
→ OBJECTIF RIXENSART | Eglise Saint-Sixte



(1) GHYSSENS Roger, Un portail, deux presbytères, trois églises, Cercle d’Histoire de Rixensart, 2000
(2) EVRARD Louis, Répertoire des Eglises du Brabant wallon, asbl Brabant Culture, 1994
(3) 
CERCLE D’HISTOIRE DE RIXENSART, Eléments d’histoire de la Place communale de Genval du 18e au 20e siècle (1970-1976, On liquide), in Chroniques n° 36 de septembre 2008, p. 61 à 62
(4) Ibid.
(5) PAROISSE SAINT-SIXTE, Les trois églises Saint-Sixte

Maison des Jeunes et de la Culture

PHOTO 20 Wery 21 Mérode

avant 1969 | La deuxième Maison des Jeunes de Rixensart

La première Maison des Jeunes ouvrit ses portes, rue de l’Eglise, en la salle du Christ-Roi. On y projetait des films pour les jeunes. Le responsable se nommait Monsieur Roy.

Rapidement, il s’avéra nécessaire de trouver un endroit plus convivial pour accueillir la jeunesse rixensartoise. La commune, administrée par Léopold Gilson, proposa une maison au n° 21 de l’avenue de Merode, à l’endroit où se trouve actuellement le « Clair logis » (1).

 

avant 1969 | Intérieur de la 2e Maison des Jeunes

264a5-169578382

1968/1974 | 33 avenue de Merode à Rixensart © Jean-Claude Renier

Construit au moment de l’électrification de la ligne vicinale en 1932, ce bâtiment abrita la sous-station électrique alimentant la section. Il fut repris par la commune lors de la désaffectation de la ligne du tram (2).

La troisième Maison des Jeunes y fut installée offrant une grande salle et plusieurs pièces pour ses ateliers, ainsi qu’un salon et un bar (3).

La transformation de la maison fut complètement repensée et aménagée par les jeunes la fréquentant. La grande salle de l’ancienne sous-station électrique fut utilisée pour des soirées festives, des expositions, les adeptes du tennis de table, l’orchestre et certains ateliers. En semaine, un petit orchestre composé de Francis Bertrand (dessinateur de BD : Marc Lebut et la Ford T) à l’harmonica, Toyo au piano, Bernard Vanderheyden à la contrebasse sans oublier Guy et sa guitare (3). 

André Van Galder et son épouse Marguerite (mieux connus par les jeunes de l’époque sous les noms de ‘Pépé’ et ‘Margaux’ s’occupaient du bar et veillaient à la bonne tenue de la maison (3).

 

Ce diaporama nécessite JavaScript.

Lors de son inauguration en 1969, le Conseil d’administration de l’asbl était composé de Mr Petit (conseiller communal et président du Conseil d’Administration), André Van Galder (conseil communal et trésorier), Jean Guiot (échevin), Joseph Verté et Joseph Tagnon (conseillers communaux) ainsi que Raymond Van Craynest (secrétaire du Conseil d’administration). (3)

966f2-1030416741-1

vers 1969 | Membres de la Maison des Jeunes et de la Culture de Rixensart © Béatrix Van Parijs

Photo légende (par Jean-Claude Renier)

1. LONCIN Claude / 2. PILAET Luc / 3. TASIAUX Claude / 4. MOUSTY Daniel (†) / 5. JANS Jacques / 6. WARMOES Christian / 7. VAN CRAYNEST Raymond / 8. SPINOIT Paul / 9. VAN PARIJS Béatrix / 10. GERVY Jean / 11. DUFRENE Philippe / 12. OSTYN Anne / 13. HUBERT Annie / 14. OSTYN Claude (†) / 15. DELABYE Jean-Pierre / 16. DE CRAECKER Anne-Marie / 17. CHARLES Monique / 18. MASSON Guy / 19. TASIAUX Guy (†) / 20. DELPIERRE Raymond / 21. BAUDOUX Luc

La direction de la MJC fut confiée à Claude Tasiaux, secondé dans cette tâche par Daniel Mousty et Jacques Jans. On pouvait y fréquenter les ateliers suivants : photographie, sérigraphie, émaux, poterie et céramique (atelier soutenu au départ par le célèbre céramiste brabançon : Max Van der Linden), peinture avec Guy Bertrand, musique (il y avait un orchestre). Il y avait également un atelier théâtre, dirigé par Jerry Van Parijs.  Mais aussi une section de danses folkloriques, « La Sarabande » dirigée par Paul Spinoit. Un atelier menuiserie qui a largement contribué aux aménagements de la MJC était dirigé par Daniel Mousty. Egalement un atelier pour les enfants, qui se rassemblaient le mercredi après-midi (4).

PHOTO 11 carte pilaet 2

Carte de membre ‘Le Rawplug’ de la Maison des Jeunes

PHOTO 12 journal 68

Le Comité de rédaction du trimestriel ‘L’ancre’ (à gauche, Claude Tasiaux, directeur)

 

La MJC édita une revue trimestrielle appelée ‘L’ancre’ et dont le premier numéro parut le 1er juin 1969. Le comité de rédaction était sous la houlette de Luc Baudoux (4).

 

Labo photos

 

Ce diaporama nécessite JavaScript.

En 1970, le magazine ‘Femmes d’aujourd’hui’ lança une campagne sur la protection de la nature en collaboration avec le WWF. Jean Gervy organisa une exposition pendant une semaine à la MJC. Il y exposa une collection sur les insectes. Les écoles visitèrent cette expo (4).

1454e-153105573

14 avril  1989 | A gauche la Maison des Jeunes, les avenues de Merode (à droite) et Georges Marchal (au centre) © Jean-Claude Renier

Dans les années 1980, la Maison des Jeunes abrita notamment une des premières radios libres du Brabant wallon. Dès  1982, ‘Radio Margot’ (5) « se faisait avec des moyens ridicules … pour ne pas dire avec rien. On devait acheter nos disques et, si mes souvenirs sont bons, payer une cotisation ! » nous expliqua Philippe Deraymaeker, animateur radio qu’on a pu entendre, depuis, sur les ondes matinales de la RTBF (La Première et VivaBruxelles) ou encore sur Mint. A propos de ses premières animations au micro de la radio de la Maison des Jeunes, Philippe Deraymaeker ajoute sur son blog que « Mis sur la voie (ou voix) par un voisin de classe, j’arrive par un mercredi froid aux portes de la maison des jeunes de Rixensart. Le lieu correspondait tout à fait à l’idée qu’on pouvait s’en faire à l’époque. Un peu crade… le patron avait aussi une voiture assez cocasse, une vieille 2CV sur laquelle était écrit : ‘Nucléaire non merci‘ (6).

c3a71-109711590-2-1

janvier 2008 | Maison des Jeunes © Eric de Séjournet

d38c9-1067921622-2-1

22 mai 2010 | Ouverture du 33 © Monique D’haeyere

Le 19 mars 2008, le Conseil communal décida de procéder à la rénovation de la Maison de Jeunes et de la Culture, qui plus est abrite également une partie du Service D’clic. Insonorisation de la salle de concert, renforcement de la sécurité incendie, accès pour personnes à mobilité réduite, remplacement des châssis (3) ont été réalisées entre l’automne 2008 et le 31 mars 2010, date de réouverture de la Maison.

Une nouvelle extension de 146m2 a également été construite à l’arrière avec une baie vitrée donnant sur le petit bois et Le Clair Logis. Elle abrite désormais l’Ecole de Devoirs pour enfants de 6 à 12 ans : un lieu d’accueil, d’écoute, de soutien et de convivialité qui vise le développement de l’enfant, tant au niveau physique, psychique, social, scolaire, culturel (7).

Créée par les jeunes, l’asbl Maison de Jeunes et de la Culture est un lieu de rencontres, d’actions et de créations où toute personne est bienvenue sans discrimination (Visages de Rixensart).

Le 22 mai 2010, D’Clic et le MJC ouvrent leurs portes au grand public afin d’y découvrir un lieu entièrement rénové et convivial.

rixensart,avenue de merode,maison des jeunes

mai 2010 | Maison des Jeunes et de la Culture © Eric de Séjournet

 


→ OBJECTIF RIXENSART | Maison des Jeunes et de la Culture


(1) TASIAUX Claude, Maison des Jeunes et de la Culture de Rixensart
(2) BUFFIN Paul, Portrait des rues de l’ancienne commune de Rixensart, 1996
(3) TASIAUX Claude, Maison des Jeunes et de la Culture de Rixensart
(4) Ibid.
(5) ARCHIVES RADIOS, Radio Margot
(6) CORBISIER Jean-Michel, Commentaire sur Rétro Rixensart, 26 mai 2010
(7) Grégory Verté, Echevin de la Jeunesse, Conseil communal du 19 mars 2008

Le Coin perdu, paradis des promeneurs

5862f-3810847386-1

après 1909 | Le Coin perdu de Bourgeois, coll. Jean-Claude Renier 

Partant de la place Cardinal Mercier, la rue du Baillois, sinueuse, nous conduit au Coin Perdu … Paul Buffin (1) écrit en 1996 : Le charme de l’endroit est qu’il est resté village, qu’on y entend encore parler wallon, que tout le monde se salue et semble se connaître. C’est aussi le paradis des promeneurs qui y trouvent des sentiers, piedsentes en vieux français et ‘pichintes’ en wallon. Ceux-ci permettent de découvrir, au fond des creux, à flanc de coteau, ‘le coin perdu’ que les lotisseurs ont épargné. 

3b621-1537222936-1

Rue et sentier du Baillois 

b33cf-3258888644-1

‘Coin perdu’ à Bourgeois (lieu à préciser), coll. Jean-Claude Renier

45cc8-2128487365-1

vers 1921 | ‘Route vers le coin Perdu et Leur Abri’, coll. Jean-Claude Renier

0633e-907394131-1

68578-4139135186-1

1930 | Villa du Coin perdu à Bourgeois (Rixensart), coll. Cercle d’Histoire de Rixensart

fa429-1913393247-1

1934 | Le Coin perdu, rue du Baillois à Bourgeois, coll. Francis Broche


→ OBJECTIF RIXENSART Rue du Baillois
→ CERCLE D’HISTOIRE DE RIXENSARTLe Coin perdu

Rue de la Bruyère, de la Mazerine au Poteau

1213B. La Route (Rue de la Bruyère à Genval) c Philippe Godin

1903 | ‘La Route’ coll. Philippe Godin   

Rue de la Bruyère à hauteur de l’actuel Brico à la Mazerine. La fermette à gauche est devenue le restaurant ‘Chez Clément’. 

6086e-3407865832-1

avant 1907 | Route de La Hulpe, coll. Jean-Claude Renier

Aujourd’hui ‘rue de la Bruyère, à hauteur de Chez Clément’, selon le Cercle d’Histoire de Rixensart.

6ec10-2880644602-1

Chez Clément, coll. Francis Dominé

Dans les années 1900 à 1920, âge d’or de la carte postale, des hôtels, restaurants, brasseries vont utiliser ce support comme moyen publicitaire. Souvent le propriétaire posera avec sa famille ou ses employés.

Un siècle après, la même photographie connaît une seconde vie pour un message publicitaire similaire, ici en l’occurrence au profit d’un restaurant genvalois portant le nom Chez Clément, 230 rue de la Bruyère.

début XXe ↔ 2011 Bruyère-à-la-Croix

A droite, la maison se trouvant actuellement aux n° 207 et 209 de la rue de la Bruyère à Genval.

Chapelle de Notre-Dame de Lourdes
après 1921 coll. Francis Broche ↔ août 2016 © Monique D’haeyere

Située rue de la Bruyère 130 à Genval, cette chapelle à chambre, du type parfois appelé ‘oratoire’, fut construite par Georges Vanhamme en 1921, en reconnaissance d’une guérison miraculeuse. En effet, Célina Vanhamme, née en 1884, sœur du constructeur, revint guérie d’un pèlerinage à Lourdes en 1920. Une inscription rappelle l’origine de la fondation : ‘En / mémoire de / Célina Van Hamme / guérie à Lourdes / 1921 / A.M.’. Cette inscription figure sur une pierre en octogone irrégulier, scellée dans le fronton au-dessus de la porte (1).

Selon Roger Delooz, c’est l’abbé Coenen de l’église dédié au Sacré-Coeur de Jésus-Roi, aujourd’hui disparue, curé de 1914 à 1928 qui fit bâtir la Chapelle de Notre-Dame de Lourdes à la Bruyère en 1921 (2).

vers 1930 et 1960 | coll. Cercle d’Histoire de Rixensart

Rue de la Bruyère à Genval, à la hauteur de l’actuel n° 118. Sur le petit parking de l’épicerie Vivo, un range vélos (publicité de Coca-Cola).

25850-4001582464-1

1950 | coll. Cercle d’Histoire de Rixensart

Le bus de la ligne reliant Genval à la Place Flagey à Ixelles vient de passer le lieu dit ‘Le Poteau’, où se situe le château d’eau de Genval.

A droite, le fleuriste Leloup. Selon l’actuelle fleuriste (propos recueillis par Francis Broche), c’est sa grand-mère Marie Noël, chapelière et modiste à Maubroux, qui a commencé à vendre des fleurs à cet endroit. Son mari, Robert Leloup, les cultivait probablement dans la serre.

1950 ↔ août 2016 © Monique D’haeyere


 RÉTRO RIXENSART | Chapelle Notre-Dame-de-Lourdes

Procession à Froidmont

b66ef-3191370243-1juin 1963 | Tunnel de Froidmont, côté rue Alphonse Collin © Jean-Claude Renier

Procession, probablement organisée à l’occasion de la fête du Saint-Sacrement, le deuxième dimanche après la Pentecôte.

Le cortège vient de la rue Alphonse Collin et se dirige, par la rue de la Ferme, vers le pont de la ligne de chemin de fer 161 Bruxelles-Namur. Jean-Claude Renier, qui a pris cette photo avec l’emblématique Kodak Instamatic 100, précise : On aperçoit sur la photo, à gauche, en costume sombre, le bourgmestre Léopold Gilson. A sa droite, le personnage en imperméable clair et tenant un flambeau, André Delbrassinne des pompes funèbresLe curé que l’on aperçoit de dos sous le dos est Léon Choppinet (1).

2012 ↔ 2017 © Monique D’haeyere


(1) L’Abbé Léon Choppinet est né à Ixelles le 13 mars 1913, fut ordonné prêtre à Malines le 15 avril 1939, et décéda le 11 avril 2006. Il fut curé de la paroisse de Sainte-Croix.

Ferme Mélotte, rue de Limal 33

7d65d-3005355307-1

avant 1938 | La ferme Mélotte © Roger Mélotte

La façade et le corps de logis donnent du côté de la rue de Limal, au n° 33.

1938 © Roger Mélotte ↔ 2012 © Francis Broche

434e7-1649306005-1

avant 1940 | Les moissons à Froidmont © coll. Roger Mélotte

Sur le chariot chargé de gerbes de blé, se trouvent Emile Mélotte et son fils Roger. A côté du chariot, Antoinette Marcq, mère de Roger, ainsi que Armand Hautfenne. A remarquer l’attelage : le chariot en bois avec ses roues à rayons, cerclées de fer et le frein à sabots. Mais aussi les rehausses et les rondins de bois pour augmenter le volume embarqué. On admire la belle allure des chevaux brabançons qui assuraient la traction du charroi, raconte Jean-Claude Renier.

On peut situer l’endroit, approximativement, au début de l’avenue Albertine. A cette époque, juste à l’endroit où commence la déclivité, à hauteur de l’actuelle avenue Winston Churchill, il y avait une grande haie qui démarrait de la rue de Limal jusqu’à la ligne du chemin de fer.

Les prairies et les cultures de la ferme Mélotte se situaient sur les terrains qui se trouvaient entre la rue de Limal et la ligne du chemin de fer, depuis un abreuvoir pour les animaux situé à hauteur du n° 17 rue de Limal et allant jusqu’à la rue des Bleuets (ancien chemin de Nivelles).

db019-979247688-1

avant 1940 | Les moissons à Froidmont © Roger Mélotte

Sur cette photo, Roger Mélotte réceptionne les gerbes de blé, son père Emile les range et Antoinette Marcq et Armand Hautfenne fourchent. Quant aux gerbes de blé, ils sont assemblées en dizeaux (ensemble de 10 gerbes) sur le champ, précise Jean-Claude Renier.

646d9-3795815493-1

vers 1950 | Rue de Limal © Roger Mélotte

Cette photo d’une jument brabançonne et de son poulain a été prise sur le champ bordant la rue de Limal, à hauteur du n° 27, où l’on aperçoit la maison avec son œil-de-bœuf. Les maisons qui suivent, à droite, sont les n° 25, 21 et 19.

c8337-3277616056

Cour intérieure de la ferme Mélotte © Roger Mélotte

A gauche et de dos, Antoinette Marcq. A l’avant-plan : un cheval brabançon et son poulain. Derrière les personnages, le fumier encadré d’un petit mur. En arrière-plan, on aperçoit quelques maisons de la rue de l’Augette et à tout à gauche, un bâtiment de la ferme de Froidmont, commente Jean-Claude Renier.

Jardin de la Hêtraie et son arche brisée

1394. Pont rustique Jardin de la Hêtraie Genval 1933 c JCR BOU.jpg

1933 | Jardin de la Hêtraie (1), coll. Jean-Claude Renier

Le fondateur de Genval-les-Eaux … ce fut l’avocat Gustave Smets- Mondez (1861-1938). Il a eu une influence phénoménale sur Genval. Le quartier de Maubroux, la gare, la rue du Cerf, c’est lui. Il a tout fait creuser pour exploiter ses sablières. C’était un véritable homme d’affaires. Initié à la franc-maçonnerie en 1904, il créa en 1913 sa propre loge à Genval sous l’égide du Grand Prieuré d’Helvétie. Il l’installa dans sa propriété de la Hêtraie (juste derrière le château du lac). C’est de là qu’est venue la légende selon laquelle le château aurait été inspiré d’une construction maçonnique. De cette présence maçonnique, il reste peu de chose si ce n’est le chemin du Grand Prieuré ainsi qu’une arche brisée (2).

L'arche brisée Jardin de la Hêtraie Genval

L’arche brisée du Jardin de la Hêtraie

2013 © Monique D’haeyere + 2008 © Eric de Séjournet


(1) situé dans l’actuelle avenue Herbert Hoover
(2) MEUWISSEN Eric, Roger Ghyssens raconte l’histoire de Genval-les-Eaux, in Le Soir, 29 novembre 2003

 

La Sablonnière, terrain de jeu des ‘Bourjwettis’ et des ‘Glaintis’

2baeb-2417620539-1

1920/1930 | La Sablonnière au Bourgeois, coll. Jean-Louis Lebrun

Jouxtant la Grande Bruyère, la Sablonnière du Glain se situait à l’endroit où fut tracée la route Provinciale, aujourd’hui dénommée l’avenue Franklin Roosevelt.

Vers 1910 naquît le projet de relier La Hulpe à Villers-la-Ville. Les premiers travaux débutèrent pendant la guerre 1914-1918 afin d’occuper les chômeurs. Un grand déblai fut creusé dans la bruyère du Glain dont le sable était transporté vers les Papeteries de Genval. Cet embryon de l’avenue Franklin Roosevelt restera à l’état de sentier et de déblai, entre la papeterie et l’avenue Jean Rosy, jusqu’au début des années cinquante (1).

0d6d3-48948299-1

1920/1930 | La Sablonnière au Bourgeois, coll. Jean-Claude Renier

L’étendue de la bruyère et la profonde saignée sablonneuse pratiquée dans son flanc étaient le terrain de jeux idéal pour les gamins des années vingt et trente. Tour à tour Sahara, Far-West, Abyssinie, steppe sibérienne, ou Sierra espagnole, la bruyère était le cadre de jeux inspirés du dernier film passé au cinéma du village, d’un livre lu par l’un ou l’autre ou de l’actualité. Le site était adapté aux circonstances et aux lieux les plus divers. Non seulement plaine de jeux, la bruyère devenait parfois champ de bataille. Des gamins descendant la rue des Cailloux les ‘bourjwettis’ (ceux du Bourgeois), attaquaient à coups de cailloux les ‘glaintis’ (ceux du Glain), qui estimaient devoir défendre leur territoire. Généralement cela se terminait par une charge vociférante de ‘glaintis’ qui repoussaient l’adversaire en moulinant du bâton. Les éclopés étaient soignés à la source Jean Rosy, fontaine de la Grande Bruyère ou encore fontaine de la Taillette, au bas de la colline. Près de la fontaine, des eaux ferrugineuses sourdaient, raconte Paul Buffin (2).

9cfd7-1562047758-1

1938 | La Sablonnière du Glain, coll. Jean-Louis Lebrun

De gauche à droite sur la photo : Robert Wery, Emile Boucher et Edmond Linchamps (témoignage de la grand-mère Urbain) (3). Debout à droite, Edmond Linchamps (parrain de l’enfant du même nom). Il tenait une épicerie au coin de la rue du Meunier (Croy) et de la rue neuve (Deceuster).


(1) BUFFIN Paul, Portrait des rues de l’ancienne commune de Rixensart, 1996
(2) Ibid.
(3) Les feuillets historiques N°11, D’un siècle à l’autre, mai 1997

Le Trèfle à Quatre, copie du Rütli

Le Trèfle à quatre et le lac 1907 c Anne-Marie Delvaux_0013

1906 | Le Trèfle à Quatre, coll. Anne-Marie Delvaux

A l’image du Rütli, situé en Suisse au bord du lac des Quatre cantons (1), ce chalet est la première des ‘copies’ réalisées dans le parc de Genval-les-Eaux. Construit sur la colline, au-dessus du bâtiment d’embouteillage initial, il devint le restaurant ‘Le Trèfle à Quatre’ apprécié, paraît-il, par Léopold II (2).

Chalet du Rütli à Genval-les-Eaux

La maison à gauche du ‘Rütli’ a également traversé le XXe siècle.

Ce diaporama nécessite JavaScript.

Le Trèfle à Quatre à Genval
1906 – 1920 | coll. Anne-Marie Delvaux, Francis Broche & Michel Nauwelaers

Construit dans la plus pure tradition des chalets suisses, ce restaurant doit sa curieuse enseigne à l’emblème de l’eau de Genval : le trèfle à quatre feuilles’ (3).

1906 et passim | coll. Francis Broche et Anne-Marie Delvaux

Ce chalet reçut comme fondation des grottes dans lesquelles jadis on conservait la glace (3).

coll. Jean-Claude Renier ↔ 2015 © Monique D’haeyere


(1) Le Rütli (ou Grütli) est le nom d’une pairie faisant partie des mythes fondateurs de la Suisse. Considérée comme monument national, elle se situe au bord du lac des Quatre cantons (Dictionnaire historique de la Suisse)
(2) GHYSSENS Roger, Genval-les-Eaux de 1895 à 1935, Editions de la Page, 2003
(3) RENOY Georges, Genval, La Hulpe et les environs en cartes postales anciennes, Bibliothèque Européenne – Zaltbommel, Pays-Bas, 1972
(4) DEMULLANDER Jean, Le Lac de Genval, Fédération Touristique du Brabant, 1970

Villa Franco-Belge, avenue du Rond-Point

d3322-827430919-1

vers 1930 | Villa Franco-Belge à l’angle de l’avenue du Rond-Point (1) et de l’avenue des Sept Bonniers à Rixensart, coll. Jean-Claude Renier 

ca 1930 ↔ 2013 © Eric de Séjournet

264B. Avenue du Rond Point © Cedric Muscat.du Rond Point

Coté ouest (av des Sept Bonniers) 2012 © Cedric Muscat


(1) L’avenue du Rond-Point n’a d’autre caractéristique que de ne pas arriver au Rond-Point (2).
(2) BUFFIN Paul, Portrait des rues de l’ancienne commune de Rixensart, 1996

Eglise Sainte-Croix, tertio

f9667-1122345777-4-1Le 6 juin 1937, la deuxième église Sainte-Croix fut presque complètement détruite par un incendie (1). Selon un témoignage de l’époque, il ne resta plus « qu’une tour calcinée et des murs noircis ». Pendant la reconstruction, la messe fut célébrée dans la Salle des Œuvres du château (2).

L'Eglise c Anne-Marie Delvaux

Eglise Sainte-Croix, troisième du nom, coll. Anne-Marie Delvaux

La nouvelle église, l’actuelle, fut reconstruite en 1937 en style néo-traditionnel. La façade, au pignon triangulaire, n’est pas sans rappeler celle de la chapelle castrale (d’avant 1912) même si un porche l’accentue davantage (3). Quant au bâtiment en brique et calcaire gréseux sous des toitures d’ardoise il s’intègre bien à l’ensemble castral du XVIIe siècle (4).

Le 20 mai 1938, le cardinal Van Roey bénit la nouvelle église et baptisa les cloches Eva (marraine : Madame Lucien Dessy; parrain : Docteur Lucien Dessy, bourgmestre de Rixensart) et Amélie (marraine : comtesse Hermann de Merode; parrain : monseigneur prince Xavier de Merode.

Intérieur de l’église Sainte-Croix, coll. Jean-Claude Renier ↔ 2016 © Monique D’haeyere

Garnie d’un joli clocheton à bulbe, respectant l’esthétique du château contigu, elle possède un plafond en bois verni. Elle renferme des tableaux des XVIe et XVIIIe siècles, ainsi qu’un sarcophage de style florentin. A signaler spécialement, dans le côté gauche du transept, une châsse vitrée dans laquelle reposent les restes d’une jeune chrétienne dont les ossements, sous une reconstruction humaine en cire, ne sont plus visibles qu’à la plante des pieds. Aucune inscription ne se lit sur cette châsse, mais la tradition prétend qu’elle contient les restes de sainte Florentine qui aurait été égorgée par son père parce qu’elle voulait être chrétienne. C’est le pape Pie IX qui fit don de cette relique à la comtesse Thérèse de Merode. Dans le côté droit du transept, un vitrail en œil-de-bœuf représente des armoiries en dessous desquelles se lit l’inscription : Si omnes ego non; cette devise se traduit comme suit : Si tous t’ont renié, moi pas et rappelle l’attachement du comte de Clermont-Tonnerre au pape Calixte II au cours de la Querelle des Investitures (XIIe siècle) (5).

La tribune seigneuriale de 1723 aménagée dans le chœur subsiste toujours (6).

Ce diaporama nécessite JavaScript.

Eglise Sainte-Croix, coll. Jean-Claude Renier, coll. Jean-Louis Lebrun ↔ 2011 © Monique D’haeyere


→ UNITÉ PASTORALE STE-CROIX-ST-ETIENNE (FROIDMONT) RIXENSART Histoire de l’église Sainte-Croix
→ OBJECTIF RIXENSART | Eglise Sainte-Croix


(1) UNITÉ PASTORALE STE-CROIX-ST-ETIENNE (FROIDMONT) RIXENSART | Histoire de l’église Sainte-Croix
(2) Cercle d’Histoire de Rixensart
(3) Ibid.
(4) WALLONIE PATRIMOINE AWAP, Inventaire du patrimoine culturel immobilier, 2010
(5) UNITÉ PASTORALE STE-CROIX-ST-ETIENNE (FROIDMONT) RIXENSART | Histoire de l’église Sainte-Croix
(6) PINSON Colette, Rixensart et la Famille de Merode, Cercle d’Histoire de Rixensart, septembre 2005

Avenue Marie-Henriette, d’Autriche

0994e-1911050778-1

vers 1933 | Un groupe de villas à Rixensart, coll. Jean-Claude Renier (1)

Cette photo a été prise au début de l’avenue Marie-Henriette et de la rue du Monastère, précise Liliane Brion, ayant habité jusqu’en 2008 au n° 1 de l’avenue Marie-Henriette.

732fe-949970058-1

avant 1937 | Avenue Marie-Henriette à Rixensart, coll. Jean-Claude Renier

Cette avenue fut ainsi dénommée en référence à la princesse Marie-Henriette d’Autriche (1836-1902), épouse du roi Léopold II. De cette union, quatre enfants : un fils, Léopold décédé à 10 ans, et trois filles Louise, Stéphanie et Clémentine.


(1) carte postale fut éditée par A. Delbrassinne-Marchal (Tabac, Cigares, Papeterie) – 13, rue de la Station à Rixensart.

Sentier Passiche, passage vers le moulin

Rixensart0511

début années ’50 | Sentier Passiche et son verger, coll. Jean-Claude Renier

Ce sentier descend de la rue du Baillois vers le Carpu et porte le nom de ‘Folon Passiche’ ou ‘Passiche’. Un Stouffs est déjà cité en 1707 comme acheteur du pré (‘pachis’)(1) du même nom. Cette famille possédait en plus du moulin de Genval, celui de Chapelle-Saint-Lambert (2).

e05b2-1386866256-2

Les cartes de Ferraris de 1777 reprennent le sentier Passiche, passage vers le moulin de Genval, au bord de la Lasne.

1008. Sentier Passiche © Hommes et Patrimoine (14)

1992/1995 | Sentier Passiche au Bourgeois © Hommes et Patrimoine

Quelle serait l’origine du mot ‘passiche’ ? On le retrouve dans le picard athois, ainsi que le prouve la traduction faite par Pierre Huvelle de la fable ‘Le Laboureur et ses enfants’ de Jean de la Fontaine : Armouveuz bieu vo camp dis qu’on âra fét l’out, – Foûyeuz, fouchneuz, fosseuz, èt n’lèyeuz gneu ène friche, – A.u l’min n’passiche èt rpassiche (en français : Remuez bien votre champ dès qu’on aura fait la moisson, – Fouissez, fouillez, bêchez, et ne laissez pas une friche, – où la main ne passe et repasse).

Sentier Passiche Bourgeois 5.2015 © Monique D'haeyere

mai 2015 © Monique D’haeyere


→ ARBORESCENCE | Verger du Sentier Passiche
→  OBJECTIF RIXENSART | Sentier Passiche


(1) Pachi, pachis, pachy : pré entouré de haies vives ou verger (wall. pachi, prov. Lux. päschwis, anc. wall. paissais) (3)
(2) BUFFIN Paul, Portrait des rues de l’ancienne commune de Rixensart, 1996
(3) JESPERS Jean-Jacques, Dictionnaire des noms de lieux en Wallonie et à Bruxelles, mai 2005, p. 464)

Avenue Georges Marchal, premiers changements urbanistiques

44d28-1278865376-1

1973/1978 | Vue panoramique sur la nouvelle avenue Georges Marchal, coll. J. Pigeon

Prise depuis un des blocs d’appartements sociaux ‘Clair Logis’ (aujourd’hui Notre Maison), cette photo montre, à gauche, l’Etablissement horticole J. Sevrin-Gilbert, situé à l’angle de la rue Boisacq et de l’avenue Georges Marchal à Rixensart, et à droite, l’ancien tracé du tram vicinal reliant Braine-l’Alleud et Wavre.

Georges Marchal était un conseiller communal socialiste très écouté et bien connu des Rixensartois. Son nom fut donné à cette partie de l’ancienne voie du tram, après la suppression de la ligne vicinale.

A l’emplacement de l’immeuble portant le n°1 de l’avenue Georges Marchal, se situait la maison de Monsieur Drossart. Des immeubles à appartements y ont été érigés, les deux premiers en 1973 et le dernier en 1978. Des marnières (1) furent exploitées jadis sur ce site. Elles étaient nombreuses dans la région. Elles se présentaient sous la forme de puits, de plusieurs mètres de profondeur. Ces marnières s’évasaient dans le bas et peuvent encore, de nos jours, présenter des dangers d’effondrement (2).

9e331-3841095141-1

avril 1989 | Avenue Georges Marchal, sur le tracé du tram vicinal reliant Braine-l’Alleud et Wavre © Jean-Claude Renier

La présence d’une grue annonce les premiers changements urbanistiques dans le centre du village.

avril 1989 © Jean-Claude Renier ↔ avril 2014 © Monique D’haeyere

8e33a-1714355601-1

avril 2014 © Monique D’haeyere

A l’angle de l’actuelle rue Robert Boisacq et de l’avenue Georges Marchal, la Pépinière Sevrin a fait place à la Place du Millénaire.


(1) Ces marnières sont aussi appelées ‘trous à marne’ ou ‘puits à marne’ (…). La « marne » était employée localement pour l’amendement des terres de culture (le marnage annuel des terres était en général imposé dans le bail à ferme). Les grès étaient exploités pour la construction (habitations, fermes, remparts) ou pour la fabrication de pavés (…). Qu’il s’agisse de marne ou de grès, on exploitait au départ de puits, profonds de quelques mètres à 25 m, d’où partaient des galeries divagantes ou rayonnantes (…). Etant donné la nature meuble des matériaux, les infiltrations brutales ou récurrentes d’eau sont de nature à augmenter considérablement les risques d’affaissement. Des excavations apparaissent souvent après de fortes pluies (on peut craindre que certains affaissements de voirie, attribué à des fuites d’eau ou d’égout, puissent en fait trouver leur origine dans un affaissement de carrières ou avoir été aggravé par affouillement de ces anciennes exploitations) (cf DGO Agriculture, Ressources naturelles et Environnement, Service Géologique de Wallonie)
(2) BUFFIN Paul, Portrait des rues de l’ancienne commune de Rixensart, 1996
(3) Au début des années 1960, les autorités communales se rendent compte qu’il existe un nombre considérable de logements insalubres sur le territoire rixensartois. Pour tenter de mettre fin à ce triste constat et pour cesser la crise du logement populaire, la Commune de Rixensart décide en 1964 de participer à la création d’une société d’habitations sociales implantée sur son territoire qui pourrait venir en aide aux familles nombreuses et nécessiteuses. Ce projet se concrétise en 1966 avec l’agrément délivré par la Société Nationale du Logement à la société « Clair Logis » fraîchement créée. Cette société de logement de service public a ainsi œuvré pendant quasi vingt-cinq ans avant de fusionner en 1990 avec une nouvelle société d’habitations sociales : la SCRL « Notre Maison » au sein de laquelle la Commune avait acheté des parts dans le capital de la société. Le Gouvernement wallon a ensuite opéré en 2001 une restructuration du secteur des Sociétés de Logement de Service Public. Un des buts était que toutes les communes wallonnes soient desservies par une société d’habitations sociales. Ce fut la SCRL Notre Maison qui fut désignée par le Gouvernement wallon (sur proposition de la Société wallonne du Logement) pour couvrir le territoire de la Commune de Rixensart (et donc de ses trois villages : Genval, Rixensart et Rosières). En 2017, la Commune de Rixensart détient 60 parts sur 2965 parts du capital social de la SCRL Notre Maison et depuis peu, le CPAS peut également y souscrire un maximum de 5 parts ; ce qu’a fait le CPAS de Rixensart (4).
(4) Commune de Rixensart, Logements publics : Affiliation de la Commune de Rixensart à la SCRL Notre Maison, in http://www.rixensart.be

Vers Rosières, chemin, route, rue

c6071-4096904659-2-1

Vers Rosières …, coll. Philippe Godin

A la fin de XIXe siècle le chemin de Rosières passait l’Argentine sur une mauvaise planche et se transformait en sentier boueux pour rejoindre la vieille voie de Wavre, qui, sous Rosières, est aujourd’hui la rue de La Hulpe et, sous Overijse, la Parklaan. Le 11 août 1893, le bourgmestre de Genval écrit au gouverneur de la province de Brabant : Pendant les périodes de fortes pluies, la rivière sort de son lit, et les prairies situées entre Genval et Rosières St André sont transformées en un lac qui rend impraticable le chemin direct reliant les deux communes (1). 

23abe-3421765747-1

Photo-légende, commentée suivant les indications du ‘Plan parcellaire de la commune de Rosières’ (Chemin de Maubroux : rue de Rosières / rue des Juifs = rue de Genval / Pré du Wick = le Confluent / Chemin de La Hulpe = rue de La Hulpe)

81d8a-61491287-1

Petite ferme dans le tournant de la rue de Rosières à Genval, coll. Cercle d’Histoire de Rixensart 

b0d18-2925010645-1

1907 | Route de Rosières, coll. Cercle d’Histoire de Rixensart

Vue prise du bas de la rue de Genval, à Rosières, et montrant la rue de Rosières à Genval. La photo est intéressante en ce qui concerne le bâti de l’époque, souligne le Cercle d’Histoire de Rixensart. 

Ce diaporama nécessite JavaScript.

Rue de Rosières à Genval, coll. Francis Broche
1929 | Rue de Rosières, coll. Jean-Claude Renier
mai 2015 © Christian Petit

Le Relais, coll. Francis Broche ↔ 2011 © Francis Broche

‘Le Relais’, petit hôtel construit en 1905, situé rue de Rosières 53 à Genval.

66014-3060623577-1
Aux Arts Décoratifs, rue de Rosières, près de la gare de Genval

Rue de Rosières (à gauche, le chalet Normand), coll. Francis Broche
janvier 2016 © Monique D’haeyere

Ce diaporama nécessite JavaScript.

7 septembre 1944 | Libération de Genval (2) © Fonds Lannoye

Dans l’après-midi du 4 septembre 1944, l’avant-garde de la ‘2nd Armored Division US’ arrive à Genval. Elle poursuit sa progression via la Manteline vers Bourgeois, pourchassant les Allemands, en retraite. Venant de la Place communale, l’arrivée du gros de la 2ème Division blindée des Etats-Unis est fixée sur pellicule à hauteur de l’avenue Gevaert, où une foule en liesse l’accueille le jeudi 7 septembre 1944. Une colonne blindée américaine traverse Genval de 9h30 à près de 13h. Le gros de la 2nd Armored Division US (1), également dénommée « Hell on Wheels », arrive par l’actuelle rue des Déportés, et descend l’avenue Gevaert vers la gare de Genval. Les GI’s sont encore photographiés rue de la Station, rue de Rosières, sur le pont au-dessus du chemin de fer. Ensuite, les colonnes militaires poursuivent leur progression vers le lac de Genval et la rue de La Hulpe.

Photo 1 | Aussi dénommé Apache, un M4 Sherman Dozer passe, à hauteur de la rue de Rosières, le pont du chemin de fer Luxembourg-Bruxelles. Ce char bulldozer sert à déblayer ruines, objets encombrants, épaves ou à forcer le passage d’une position retranchée. Qui plus est, la lame offre une protection supplémentaire. A droite sur la photo, deux résistants armés de l’Armée Secrète montent la garde au pont. Ils portent leur ‘uniforme’, une salopette en toile de jute et un brassard. Encadrés par des militaires de carrière, les membres de cette formation purement militaire sont protégés par la Convention de Genève et ne sont donc pas considérés comme francs-tireurs.

Photo 2 | Un char Sherman remonte la rue de Rosières. Avec une largeur de 2 m 62 et une hauteur de 2 m 68, le char Sherman occupe bien l’espace. Les Genvalois pavoisent leur maison. 

Photo 3 | Un char Sherman arrive à la hauteur de la maison sise rue de Rosières n°31 (à gauche). A l’arrière-plan le pignon de celle sise dans la même rue au n° 80.

Photo 4 | Un Genvalois enthousiaste salue les occupants de cette Jeep à hauteur de la Place Becquevort. A l’arrière-plan on distingue l’église Saint-Pierre de Maubroux (3).

e7c74-690771870-2-1

Carrefour de Maubroux à Genval, coll. Philippe Godin

Au coin de la rue de Rosières et de l’avenue Normande, coll. Francis Broche

11264-1523783743-1

1991 | La Hêtraie, rue de Rosières à Genval © Michel Nauwelaers

a9580-4252947403-2-1

juin 2000 | rue de Rosières n° 55 à Genval © Gilbert Nauwelaers 

Dès mai 1965, cette maison accueillante connut les joies et les peines de la famille Nauwelaers, une fratrie de 14 enfants. En juin 2000, j’ai participé au concours du plus beau jardin fleuri de la commune de Rixensart et obtenu le second prix, raconte fièrement Gilbert Nauwelaers. Regardez bien le noisetier à gauche, je l’avais taillé en forme de cœur … pour l’amour d’une fille qui habitait la commune et qui passait tous les jours devant chez moi, me faisant toujours un beau sourire et me félicitant à chaque fois pour la beauté de mon jardin. Hélas, son cœur a choisi un autre chemin.


(1) GHYSSENS Roger, Genval-les-Eaux de 1895 à 1935, Editions de la Page, 2003
(2) de SÉJOURNET Eric, Genval libérée ! septembre 1944, in Rétro Rixensart
(3) Ibid.

Sur les traces de l’enseignement au Bourgeois

Rixensart0381

1906 | La Place et, à droite, l’école de Bourgeois, coll. Jean-Claude Renier

Sur la place de Bourgeois, l’école dite des filles pendant très longtemps, fut fondée en 1879, à l’initiative du comte Xavier de Merode (1).

En 1879, la loi Van Humbeek, d’inspiration libérale, institue l’école primaire publique, neutre et laïque, placée sous son contrôle. La très catholique commune de Rixensart se prépare à résister de toute son énergie (2).

En 1881, le Ministère de l’Instruction Publique propose la création d’une école communale mixte au Bourgeois. La polémique est engagée. Tergiversations, atermoiements et autres manoeuvres (…) se succèdent pour rejeter continuellement les mesures décrétées par l’autorité supérieure. Cela durera trois ans et n’attestera ni la bonne foi ni le respect de la chose publique des dirigeants communaux (3).

La commune argue de la cherté du projet et de la pauvreté de sa trésorerie (…) et craint que les hameaux du Glain et de Froidmont exigent aussi une école, à l’exemple du Bourgeois, ce qui s’avérerait encore plus coûteux et exorbitant. L’ultime argument, qui est opposé à l’autorité supérieure, est la possibilité de créer une voie de communication entre le Bourgeois et Rixensart. On refuse l’école et on la remplace par une rue, telle est la proposition. Ce chemin permettrait aux enfants du Bourgeois de se rendre sans difficulté à l’école du ‘Centre’ c’est-à-dire, Place communale ou de la Vielle Taille actuelle. Enfin, la commune baisse sa garde en 1883, mais l’idée de ce qui deviendra l’avenue de Merode a germé de la résistance des conseillers communaux aux exigences légitimes de l’Etat (4).

Le 17 septembre 1890, le Conseil communal retire l’adoption de l’école mixte de Bourgeois et la déclare école communale … vu l’importance de la population du hameau de Bourgeois s’élevant à environ 800 habitants, ainsi que la distance d’environ 30 minutes en moyenne que ceux-ci ont à parcourir pour se rendre à l’école communale (5).

1743e-16018811701

vers 1890 | Famille Taburiaux de Bourgeois, coll. Elisabeth Taburiaux

Edouard Taburiaux était instituteur, Joséphine Desteinbachberick, institutrice, tous deux à l’école publique de Bourgeois vers les années 1890, raconte leur petite-fille Elisabeth Taburiaux (et fille de Joseph). Sur la photo de famille, on retrouve leurs quatre enfants, (de gauche à droite) : Adélie (la plus jeune), Gaston, Marie (la plus âgée) et René. Né neuf ans après Adélie, Joseph ne figure pas sur la photo. 

Le 24 décembre 1896, l’Ecole communale mixte du hameau de Bourgeois est convertie en une école de garçons avec instituteur et en une école de filles avec institutrice (6).

Ecole de Bourgeois Mr Vandercamme instituteur en chef à Bourgeois

M. Vandercamme, instituteur en chef à l’Ecole de Bourgeois, coll. Paul Gilson

Ecole de Bourgeois

1912 | Classe de M. Boulet de l’Ecole communale de Bourgeois, coll. Elisabeth Taburiaux

Sur cette photo, Joseph Taburiaux se trouve au 2e rang à droite.

6e880-1227842334-1

1914/1921 | Un coin de Bourgeois et la ligne vicinale reliant Waterloo à Wavre
(ligne qui sera électrifié après 1932), coll. Jean-Claude Renier

L’école de la place Cardinal Mercier devenait trop exiguë pour la population écolière. Une école communale fut construite rue Lambermont. Elle ne comprenait que deux classes, un préau et, bien sûr, comme le voulait l’époque, une maison pour le maître, chef d’école (7).

2 Les Ecoles Bourgeois coll. Jean-Louis Lebrun

Vue sur l’arrière de l’Ecole communale des garçons de Bourgeois, coll. Jean-Louis Lebrun

L’école destinée aux garçons et fut achevée en 1914. Ses premiers occupants ne furent pas les gamins du village mais les Allemands qui s’y arrêtèrent dans leur marche vers l’Yser. L’école fut agrandie en trois phases 1975, 1979, 1983 (8).

66c82-3899358964-2-1

1922 | coll. Francis Broche

Ce diaporama nécessite JavaScript.

1923 | coll. Francis Broche & Jean-Louis Lebrun ↔ 2011 © Francis Broche

Sur la photo datant de 1923, on aperçoit de part et d’autre de l’école, deux maisons en construction. Sur l’avant-plan la ligne vicinale qui reliait Waterloo à Wavre (WaWa), au centre l’Ecole communale de Bourgeois (rue Lambermont n° 12) et au loin le clocher de l’église Saint François-Xavier.

Ecole communale des garçons, coté rue Lambermont
Dessin coll. Cercle d’Histoire de Rixensart ↔ 2016 © Monique D’haeyere

f74d8-4269698972-1

1940/1950 | Ecole Communale des filles de Bourgeois, Place Cardinal Mercier
coll. Jean-Claude Mercier

Ce diaporama nécessite JavaScript.

1959 | Dessin coll. Jean-Claude Renier
vers 1997 © Josette Verbois-Thonnard
2013 © Cedric Muscat


(1) BUFFIN Paul, Portrait des rues de l’ancienne commune de Rixensart, 1996
(2) Ibid.
(3) CLEP, Cinquantième anniversaire du Cercle Local d’Education Populaire de Rixensart 1938-1988, 1988, p. 33.
(4) BUFFIN Paul, Portrait des rues de l’ancienne commune de Rixensart, 1996
(5) située sur l’actuelle place de la Vieille Taille
(6) STORMACQ Hubert, Regards sur le passé de Rixensart-Bourgeois, juin 1960
(7) BUFFIN Paul, Portrait des rues de l’ancienne commune de Rixensart, 1996
(8) Ibid.

Château de Rixensart, pinxit

Château de Rixensart J B Jobart pinxit coll Vivien de Walque

XIXe siècle | Château de Rixensart
J.B. Jobard pinxit, coll. Vivien de Walque

Ce château est ‘l’un des plus beaux monuments du Brabant wallon. Il exprime, par sa typologie, la conception architecturale du XVIIe siècle, et par l’utilisation des matériaux (la brique et la pierre) et les formes qui en dérivent, le style brabançon.

1f1bb-1371017213-1

XIXe siècle | Lithographie du château de Rixensart
J.B. Jobard pinxit, coll. Jacques Jans

Grâce aux princes de Merode, qui le possèdent depuis 1715, ce château nous est parvenu dans un état de conservation satisfaisant. Au fil du temps, il a connu des restaurations et des transformations dont l’ampleur, fort limitée, n’a pas modifié, du moins à l’extérieur, son caractère majestueux (2).

c5248-882135601-1

fin XIXe, début XXe | Dessin du Château de Rixensart
Joseph Lefèvre pinxit, coll. Universiteitsbibliotheek Gent

Château de Rixensart c Ugent - 07

1931 | Dessin du Château de Rixensart
E. ou F. Bourguignon pinxit, coll. Universiteitsbibliotheek Gent (2)

Château de Rixensart dessin Narcisse Poplemont © SI Rixensart

1984 | Dessin à la plume du la façade orientale du Château de Rixensart
Narcisse Poplemont pinxit (3), coll. Syndicat d’Initiative de Rixensart

14a1f-2701821047-2-1

1984 | Dessin à la plume du Château de Rixensart
Narcisse Poplemont pinxit (3), coll. Syndicat d’Initiative de Rixensart

Château de Rixensart 1986 Narcesse Poplemont c Anne-Marie Delvaux

1986 | Dessin à la plume de l’entrée principale du Château de Rixensart
Narcisse Poplemont pinxit (3), coll. Anne-Marie Delvaux 

2bfa0-2503526805-1

Aquarelle ‘Château de Rixensart’
Guy-R Bertrand pinxit, coll. Anne-Marie Delvaux

a7fed-1056861712-1

1977 | Aquarelle ‘Drève du château de Rixensart’
Guy-R Bertrand pinxit, coll. Jean-Claude Renier

1f1dd-1958072383-1

1991 | Aquarelle, Guy-R Bertrand pinxit, coll. Jean-Claude Renier

2cb03-1051014560-1

Château de Rixensart, Rachel Diepart pinxit (4)

Cette oeuvre est de l’artiste rixensartoise Rachel Diepart (3), née à Longlier-Neufchateau en 1958. Régente en Arts Plastiques, elle étudia la peinture à Paris et devint restauratrice de tableaux. Elle fréquente les ateliers de dessin de la Cambre, de peinture aux académies d’Etterbeek et d’Anderlecht, de gravure à l’académie de Boitsfort et de sculpture à l’Ecole des Arts d’Ixelles. Elle participa aussi à des stages d’aquarelle à Ostende. Parmi ses nombreuses expositions, elle fera plusieurs passages à La Pommerage  à Genval.

69284-3881742674-1

Château de Rixensart, Rachel Diepart pinxit (4) 

Château de Rixensart Châteaux de Belgique coll. Delhaize

Château de Rixensart, aquarelle éditée par Delhaize


(1) ZECCHINON Alessandra, Le Château de Rixensart. Histoire et architecture, mémoire de licence, U.C.L. Louvain-la-Neuve, 1990
(2) Il pourrait s’agir de Fernand Bourguignon, artiste peintre demeurant 85 Route de Béthune à Lens (France), sociétaire des Salons de l’Ecole française et des Artistes français
(3) ancien secrétaire du Syndicat d’Initiative de Rixensart
(4) DIEPART Rachel, La Pommerage

Bruyère et sentier des Tombes

186b7-2963848149

Sentier des Tombes dans le Bois de Rixensart
janvier 2014 © Jean-Claude Renier

Rixensart, Genval et Rosières se trouvent dans une des plus riches régions de Belgique en tombes préhistoriques nommées tombelles ou tumuli (1). Celle-ci s’étend en deux axes, le premier allant d’Ottembourg à Court-St-Etienne et le second de Corroy-le-Grand à La Hulpe. C’est grâce à ces vestiges conservés dans notre sol que nous savons que depuis au moins 4 à 5.000 ans, nos landes, nos forêts, nos vallées et nos collines furent parcourues par ces hommes qui sont nos ancêtres (2).

De nombreux vestiges de la période de la pierre polie ont été retrouvés principalement à Genval (3). Au cours de la période de la pierre polie, les Celtes envahirent la Belgique. Ils soumirent les peuplades indigènes et leur imposèrent leur civilisation, leurs coutumes et leurs croyances. On sait que parmi eux on trouvait de nombreux guerriers portant de lourdes épées et poignards en bronze ou en fer. Après les combats, les guerriers morts étaient placés sur d’énormes tas de bois avec leurs armes et parfois leurs chevaux. On mettait ensuite le feu au bûcher et après que l’ensemble était calciné, on recouvrait le tout de sable et de terre. Ces monticules sont les tumuli. Ce peuple a été appelé par les protohistoriens le ‘Peuple brûleur de cadavres’ (2).

Près d’une trentaine de ces tombes étaient encore bien visibles à la fin du siècle dernier. On peut encore en reconnaître une quinzaine aujourd’hui.

Lors des fouilles effectuées à la fin du XIXe siècle, on y a découvert des débris de charbon de bois, des cendres, des restes calcinées d’os humains et des morceaux de bronze et de fer fondu.

Ces tombelles se trouvent le plus souvent sur les hauteurs bordant les cours d’eau et la Lasne en particulier. Ces collines étaient à la fois d’excellents points d’observation et des endroits particulièrement bien protégés des inondations habituelles des vallées à cette époque.

janvier 2014 | Bruyère des Tombes et Sentier des Tombes © Jean-Claude Renier

A environ 1100 m au nord-est du château de Rixensart existent trois tumuli qui ont donné leur nom à la Bruyère des Tombes et au Sentier des Tombes. Ces tumuli sont situés dans le bois de Rixensart au dessus du Fond de Thivaux : ils ont 2 m de haut sur 15 à 20 m de diamètre (…). Photographiée en 1959, la mieux conservée de ces trois tombelles était encore très visible alors que les deux autres étaient, plus au moins nivelées à la suite de la construction d’un fortin de la ligne KW avant 1939 et prenant en enfilade le Sentier des Tombes. Aujourd’hui, les arbres ayant grossi, si ce tumulus est toujours bien là, la plupart des promeneurs doivent le côtoyer sans s’apercevoir de sa présence. Quant aux deux autres, il faut vraiment s’enfoncer dans les taillis pour se rendre compte des dénivellations artificielles qui permettent de les repérer (2).


→ CERCLE D’HISTOIRE DE RIXENSART | Rixensart, Genval, Rosières … avant l’histoire (partie I)
→ CERCLE D’HISTOIRE DE RIXENSART | Rixensart, Genval, Rosières … avant l’histoire (partie II)


(1) Ces tombes à incinération sous terre se trouvent le plus souvent dans le voisinage des routes romaines qui suivaient sans doute les sentiers des peuplades primitives (4)
(2) GILSON Paul (ancien directeur de l’Ecole du Centre), Les Tumuli de Rixensart, in Confrérie du Tire-bouchon, 1993
(3) A l’arrière de la gare de Genval, un immense talus recèle des tombelles du néolithique moyen (5). En construisant une gigantesque bâtisse au début du siècle passé sur un éperon de terre, aujourd’hui disparu, on y a retrouvé des centaines d’outils de cette période.
(4) SYNDICAT D’INITIATIVE DE RIXENSART, Rixensart et la vallée de la Lasne, 1973
(5) La station préhistorique de Maubroux se trouve à 80 m d’altitude, sur une terrasse de l’éperon s’élevant entre l’Argentine venant de l’ouest et la Lasne venant du sud-ouest ace au confluent de ces deux rivières, au lieu-dit ancien le ‘Pré aux Deux Eaux’, à l’altitude de 51 m (6)(7).
(6) GILSON Paul, Rixensart, Genval, Rosières … avant l’histoire, in Chroniques du Cercle d’Histoire de Rixensart n° 15 de juillet 1993
(7) Ibid.

Leur Abri, refuge pour enfants de soldats

28c38-738873780-1

1912 | Un coin du Bosquet à Bourgeois, coll. Jean-Claude Renier

En plein coeur de Bourgeois, dans un vaste parc d’1 ha 22, s’érige un bâtiment d’une superficie de 170 m2 construit en 1905 par Lambert Wets, horloger à Schaerbeek (1).

Après son décès, en 1909, la propriété passe aux mains de Léon Wets, négociant à Saint-Josse-ten-Noode, et c’est sans doute de cette époque que date une carte postale montrant une villa entourée de serres et d’un verger (2).

88310-3339937067-1

vers 1919 | Rue du Baillois (Belloy), direction Leur Abri, coll. Jean-Claude Renier

dd5f6-1809750605-1

Entrée piétonne, coll. Jean-Claude Renier

En 1919, le domaine est vendu à la société coopérative ‘Leur Abri’ (3) … et voici qu’apparaît un nom qui n’a plus changé depuis.

La grande villa offrait aux enfants des soldats de la Première guerre mondiale un séjour temporaire au grand air (4).

Ce diaporama nécessite JavaScript.

1921/1926 | Leur Abri, coll. Anne-Marie Delvaux, Jean-Louis Lebrun et Francis Broche

A droite du bâtiment principal, la petite salle de récréation.

10539-1353373750

1921 | La salle à manger de Leur Abri

8860d-1580847488-1

Au verso de cette carte postale, qui circula le 9 février 1921, nous apprenons : A la purification (5) nous sommes allées visiter les mutilés à Woluwé (6). Inspection des plus intéressantes mais bien triste ! Comment ne pas plaindre ces pauvres soldats privés de jambes et de bras ? On réussira à leur en mettre des artificiels … signée Joséphine Godard.


(1) CERCLE D’HISTOIRE DE RIXENSART, Si Bourgeois m’était conté ….
(2) CERCLE D’HISTOIRE DE RIXENSART, Il était une fois …, in Randonnée d’Artistes Rixensart, 25/26 juin 1994, pp. 94 à 144
(3) CERCLE D’HISTOIRE DE RIXENSART, Si Bourgeois m’était conté ….
(4) BUFFIN Paul, Portrait des rues de l’ancienne commune de Rixensart, 1996
(5) la Fête de la Présentation de Jésus au Temple est célébrée le 2 février et correspond à la Fête de la Purification de la Vierge Marie.
(6) Dans le parc de 17 hectares de la villa Parmentier, avenue de Tervuren à Woluwé-Saint-Pierre, fut installée fin 1919 un hôpital militaire « spécialement affecté aux invalides de la guerre, dont les lésions réclament encore des soins chirurgicaux, physiothérapiques ou un appareillage » (4). Déjà en 1914, la princesse Marie-Louise de Bauffremont-Courtenay, épouse du comte Jean de Merode, y avait fait édifier une école où nos premiers mutilés vécurent sous l’occupation. Elle se consacra avec dévouement à cette oeuvre ‘Aide et Apprentissage aux Invalides de la guerre’. « Dans cet asile les premières victimes de la guerre y trouvèrent non seulement le gîte et la pension, mais encore des ateliers bien outillés qui leur ont permis de se livrer à une rééducation professionnelle » (7), « de la cordonnerie à l’horlogerie, de la mécanique au jardinage, sans oublier les cours généraux (…). A l’Armistice, devant l’ampleur de la tâche à accomplir, le gouvernement donne à l’action de la comtesse Jean de Merode une consécration officielle, lui conférant le titre d’Oeuvre nationale des Invalides de la Guerre (8).

(7) LAUSBERG Sylvie, La ‘maman’ des invalides de guerre, in Le Soir, 29 août 1998
(8) Dr. WILMAERS Léon, Hôpital Militaire de Bonsecours, directeur de l’Hôpital Militaire de Woluwé, décembre 1919