Ferme Stouffs, sur Ohain

1 Ferme Stouffs 1912 c CHR (carte postale éditée par J.B. Vanderbeck Mosray Genval) (1)

1912 | Ferme Stouffs, coll. Cercle d’Histoire de Rixensart

Appelée également ferme de Hernimaumont (1), elle est située route du Ry Beau Ry 20, à l’extrémité nord-est de la commune de Lasne.

La ferme Stouffs porte le nom d’une famille de notables genvalois, apparentée à celle des Degraives ou Acreman. Une véritable dynastie locale. Elle régna sur le village durant tout le XVIIIe et le XIXe siècle et fut alliée à tout ce qui fut important dans la commune (2)

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Intérieur de ferme, coll. Jean-Claude Renier

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1932 | Huile de Pierre Thévenet, intitulée ‘La ferme blanche’, coll. Philippe Jacquet

Genval Ferme Stouffs (La Vallée de la Lasne concours photo 1970 Besangez Daniel) © SI Rixensart

1970 | Concours de photos noir et blanc organisé par le Syndicat d’Initiative de Rixensart sur le thème de la Vallée de la Lasne. Photo présentée par Daniel Besangez, rue de la Fontaine à Genval. Légende : ‘Menaces’.

1111. Le messager (BD de Benoi Lacroix)

7 janvier 1986 | Le Messager, bande dessinée par Benoît Lacroix (3)

Appelée ‘Le Messager’, cette BD de six pages, éditée par Spirou, se déroulait dans une ferme brabançonne un rien étrange. Etrange, tout d’abord, du fait de l’apparition de cette énigmatique statuette de gnome, raconte le dessinateur. Etrange aussi par l’aspect de la ferme brabançonne, qui est habituellement en carré. La ferme qui m’avait servi de modèle (la ferme Stouffs à Genval – sud de Bruxelles -, à la limite d’Ohain) était de loin la ferme qui me fascinait le plus dans la région, et j’habitais d’ailleurs non loin de là. Elle existe toujours, dans la Vallée de la Lasne, adossée au bois du ‘Trou Margot’ et faisant face au versant boisé du Belloy. Elle avait d’ailleurs fasciné de nombreux peintres (Roland Yernaux, Jean Milo) avant moi. 

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Un bonjour de Genval, édité par la Librairie ‘L’Entrée Livre’ à Genval, coll. Imelda De Thaey

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2011 | Vallée de la Lasne à Genval © Eric de Séjournet

→ OBJECTIF RIXENSART | Ferme Stouffs


(1) de VILLERS Anne-Marie, Mille ans d’Ohain
(2) GHYSSENS Roger, Genval 1830, Cercle d’histoire de Rixensart, 1999
(3) LACROIX Benoi, Le Messager, in 2491ème numéro de Spirou, 7 janvier 1986

Château de Rixensart, pinxit

Château de Rixensart J B Jobart pinxit coll Vivien de Walque

XIXe siècle | Château de Rixensart
J.B. Jobard pinxit, coll. Vivien de Walque

Ce château est ‘l’un des plus beaux monuments du Brabant wallon. Il exprime, par sa typologie, la conception architecturale du XVIIe siècle, et par l’utilisation des matériaux (la brique et la pierre) et les formes qui en dérivent, le style brabançon.

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XIXe siècle | Lithographie du château de Rixensart
J.B. Jobard pinxit, coll. Jacques Jans

Grâce aux princes de Merode, qui le possèdent depuis 1715, ce château nous est parvenu dans un état de conservation satisfaisant. Au fil du temps, il a connu des restaurations et des transformations dont l’ampleur, fort limitée, n’a pas modifié, du moins à l’extérieur, son caractère majestueux (2).

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fin XIXe, début XXe | Dessin du Château de Rixensart
Joseph Lefèvre pinxit, coll. Universiteitsbibliotheek Gent

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1931 | Dessin du Château de Rixensart
E. ou F. Bourguignon pinxit, coll. Universiteitsbibliotheek Gent (2)

Château de Rixensart dessin Narcisse Poplemont © SI Rixensart

1984 | Dessin à la plume du la façade orientale du Château de Rixensart
Narcisse Poplemont pinxit (3), coll. Syndicat d’Initiative de Rixensart

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1984 | Dessin à la plume du Château de Rixensart
Narcisse Poplemont pinxit (3), coll. Syndicat d’Initiative de Rixensart

Château de Rixensart 1986 Narcesse Poplemont c Anne-Marie Delvaux

1986 | Dessin à la plume de l’entrée principale du Château de Rixensart
Narcisse Poplemont pinxit (3), coll. Anne-Marie Delvaux 

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Aquarelle ‘Château de Rixensart’
Guy-R Bertrand pinxit, coll. Anne-Marie Delvaux

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1977 | Aquarelle ‘Drève du château de Rixensart’
Guy-R Bertrand pinxit, coll. Jean-Claude Renier

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1991 | Aquarelle, Guy-R Bertrand pinxit, coll. Jean-Claude Renier

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Château de Rixensart, Rachel Diepart pinxit (4)

Cette oeuvre est de l’artiste rixensartoise Rachel Diepart (3), née à Longlier-Neufchateau en 1958. Régente en Arts Plastiques, elle étudia la peinture à Paris et devint restauratrice de tableaux. Elle fréquente les ateliers de dessin de la Cambre, de peinture aux académies d’Etterbeek et d’Anderlecht, de gravure à l’académie de Boitsfort et de sculpture à l’Ecole des Arts d’Ixelles. Elle participa aussi à des stages d’aquarelle à Ostende. Parmi ses nombreuses expositions, elle fera plusieurs passages à La Pommerage  à Genval.

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Château de Rixensart, Rachel Diepart pinxit (4) 

Château de Rixensart Châteaux de Belgique coll. Delhaize

Château de Rixensart, aquarelle éditée par Delhaize


(1) ZECCHINON Alessandra, Le Château de Rixensart. Histoire et architecture, mémoire de licence, U.C.L. Louvain-la-Neuve, 1990
(2) Il pourrait s’agir de Fernand Bourguignon, artiste peintre demeurant 85 Route de Béthune à Lens (France), sociétaire des Salons de l’Ecole française et des Artistes français
(3) ancien secrétaire du Syndicat d’Initiative de Rixensart
(4) DIEPART Rachel, La Pommerage

Etienne Gailly, médaillé aux JO

OLYMPICS GAILLY

7 août 1948 | Etienne Gailly termine son marathon emblématique
aux Jeux Olympiques de Londres
coll. Philippe Jacquet (1)

Genvalois d’adoption, Etienne Gailly est né à Beringen le 26 novembre 1922. Dès l’âge de 16 ans, il est affilié à l’Union-Saint-Gilloise, où il trouve un entraîneur d’une envergure exceptionnelle en la personne de Marcel Alavoine. Ce dernier décèle de suite en lui des qualités de coureur de grand fond. Il le dirige vers le marathon, dans le dessin de préparer les Jeux Olympiques de Helsinki en 1952.

La première expérience d’Étienne en tant que marathonien a lieu aux Jeux Olympiques de Londres, en 1948, et cette expérience le fait entrer dans la légende. En tête pendant les trois quarts de la course, il pénètre, seul, sur la piste du stade de Wembley, mais les derniers mètres de l’épreuve lui sont fatals.

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Hôtel de l’Yser, gîte et couvert

1502 < 166. Restaurant de la Gare 1904 (carte envoyée par Elise à son frère Edmond Jacquet, au collège de Bellevue à Dinant) Collection Philippe Jacquet.jpg

1904 | Restaurant de la Gare à Rixensart. A droite, l’ancienne gare de Rixensart, coll. Philippe Jacquet

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1905 coll. Jean-Claude Renier ↔ mars 2010 © Monique D’haeyere

Le ‘Restaurant de la Gare’ se transforma en hôtel. J. Pierrard en fut le propriétaire … puis l’hôtel de l’Yser fut agrandie > voir la deuxième photo, sur laquelle apparaît le photographe (au centre, en veston clair).

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1920 coll. Jean-Claude Renier ↔ 2009 (avant les travaux du RER) © Eric de Séjournet ↔ fin 2015 © Monique D’haeyere

A partir de 1920, trois hôtels-restaurants-cafés se partageaient une clientèle de vacanciers et de touristes du week-end. Le Chalet, place de la Gare, l’hôtel de l’Yser au n°1 de la rue de la Gare et l’hôtel Piérard (CPAS) offraient le gîte et le couvert, des terrasses ombragées et des salles de billard. Rixensart et Genval tentaient beaucoup de Bruxellois par leur charme campagnard, leurs sites et les attractions du lac de Genval. Parmi ces visiteurs, nombreux sont ceux qui se fixèrent définitivement dans la commune. Ils furent si nombreux, qu’au cours des années, le village perdit ses odeurs agrestes, son charme rural, pour devenir le lieu de résidence que nous connaissons aujourd’hui (1).

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vers 1921 | coll. Jean-Claude Renier ↔ 2014 © Monique D’haeyere
coll. Anne-Marie Delvaux ↔ avril 2015 © Monique D’haeyere

vers 1925 | Les salles de billard et à manger de l’Hôtel de l’Yser

Façade Sud, coll. Jean-Louis Lebrun ↔ mai 2018 © Monique D’haeyere

Cet hôtel-café-restaurant fut aussi tenu par Pierre Francart. Au verso de cette carte postale est indiqué : Pension de famille ouverte toute l’année – Eau courante – Salle de bain – Prix modérés – Tél Genval 53 61 13

Hôtel de l'Yser 4.2018 © Monique D'haeyere 2mai 2018 © Monique D’haeyere

En 2018,  l’ancien Hôtel de l’Yser fut mis en vente. Un projet immobilier pourrait y voir le jour.


ARBORESCENCE | Tilleul, rue de la Gare et avenue Martin Luther King


(1) BUFFIN Paul, Portrait des rues de l’ancienne commune de Rixensart, 1996

La Pommerage, espace culturel et artistique

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vers 1978 | La Mazerine et la Pommerage
G. Mélain fecitcoll. Philippe Jacquet

Cette vue a été prise depuis la rue du Cerf, à l’entrée de la servitude devenue Clos de la Pommerage (1). A droite : le pignon de la Pommerage, flanqué de son bow-window, et une annexe.

La maison est alors longée par le ruisseau Mazerine, aujourd’hui canalisé et souterrain, qui servait de bief au moulin ainsi qu’une retenue d’eau.

A gauche de la Mazerine : l’actuel Clos de la Pommerage, servitude qui mène à l’ancien moulin Spreutels (construit vers 1850, pour remplacer l’ancien moulin situé dans l’actuelle Pommerage). C’est à la hauteur de cet ancien moulin, qui apparait à l’arrière-plan, que la Mazerine revient à l’air libre et se jette dans l’Argentine.

→ voir reportage de la partie souterraine de la Mazerine, réalisé par Vincent Duseigne (Tchorski).

Tout ce qui se trouve à gauche de la Mazerine est sur La Hulpe, le ruisseau servant de frontière naturelle entre cette commune et celle de Genval.

Le pré enneigé à gauche de la servitude était un étang, qui a été comblé par Mr Joseph De Becker avec des scories provenant des fourneaux des Papeteries de Genval. Cette prairie est aujourd’hui bâtie.

La maison à l’avant plan à gauche, dont on distingue une partie du pignon, est la dernière maison de La Hulpe, la Pommerage étant la première sur Genval en venant de La Hulpe. Elle est située au n° 27 rue du Cerf à La Hulpe.

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septembre 1994 | La Pommerage (montage photos) © Philippe Jacquet

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fin 1994 | Rachel Diepart pinxit, coll. Philippe Jacquet

« La ferme de la Pommerage est déjà renseignée sur la Carte des Pays-Bas Autrichiens, établie entre 1770 et 1777 par Ferraris. La lecture de cette carte nous indique que l’actuelle rue du Cerf n’allait pas plus loin que la maison lorsqu’on venait de La Hulpe. L’actuel ‘Vieux chemin de l’Helpe’ partait déjà de la maison, située en bordure du ruisseau ‘Mazerine’, pour rejoindre le village de Genval en remontant par le Pachis et la Bruyère-à-Lacroix », explique Philippe Jacquet.

« La maison appartient, en date du 8 vendémiaire de l’An XIX (1er octobre 1806) à Pierre Spreutels (1758-1828). En 1833, la maison est encore habitée par la veuve de ce dernier, meunière. La maison échoit ensuite à un des enfants du couple : Pierre Joseph, lequel exerce la profession de meunier. Le ruisseau Mazerine longeait à l’époque la maison, laquelle était par ailleurs située au lieu-dit ‘champ de la roue’, évocation vraisemblable de la roue du moulin. Lorsque Mr & Mme Jacquet ont acheté la propriété en 1994, elle était renseignée comme se situant dans son entièreté sur la commune de Rixensart (Genval). Le Service des Grands levers et plans généraux a revu la frontière entre La Hulpe et Genval en 1997, considérant que cette limite devait correspondre à l’ancien lit du ruisseau Mazerine, avant sa mise sous terre. Le jardinet de 90 ca situé côté Ouest de la maison a dès lors été retiré de Genval, et se trouve depuis lors cadastré sur La Hulpe (0001 B 45 S).

Au décès de Pierre Joseph Spreutels, en 1871, ce dernier n’ayant pas de postérité, ce sont ses neveux et nièces qui héritent de sa propriété : Jeanne-Joséphine Spreutels, épouse de Floriant Joseph De Becker, hérite de l’actuelle Pommerage. Au décès de leurs parents, Pierre (1878-1951) et Joseph (1888-1966) habitent la propriété. Pierre s’occupe des 300 pommiers de la propriété, et Joseph sera l’ingénieur principal et grand bâtisseur des Papeteries de Genval. Il fut connu aux Papeteries sous le surnom de ‘Moustaches’ en raison des superbes moustaches qu’il arborait.

Un frère de Jeanne-Joséphine Spreutels, Pierre, époux de Léonie Adèle Lecharlier, a hérité d’une partie de la propriété de ses parents, et continue d’y exercer l’activité de meunier. Il fait bâtir un nouveau moulin sur la propriété (au fond de l’actuel Clos de la Pommerage) vers 1865, lequel moulin portera le nom de ‘Moulin Spreutels’, ou encore ‘Moulin du Bourgmestre’, Pierre Spreutels étant devenu bourgmestre de La Hulpe (1904 à 1911). La Mazerine coulait en effet sur la propriété, qu’elle séparait en deux : une partie sur Genval (l’actuelle Pommerage), l’autre sur La Hulpe (le ‘Moulin Spreutels’).

Au décès des frères Pierre et Joseph De Becker, leur propriété fut divisée en 22 lots, et fit l’objet d’une vente publique organisée au café des Trois Colonnes à La Hulpe et supervisée par Maître Émile Windal, futur bourgmestre de Genval (également mon oncle). La propriété contenait près de 4 hectares, situés le long et des deux côtés de la rue du Cerf sur Genval (notamment l’actuel ‘Clos des Cerfs’) et le long du Vieux chemin de l’Helpe (12 terrains à bâtir sur un total de 233 mètres à front de rue et une superficie de circa 1 ha 60 a).

L’actuelle Pommerage comprend deux de ces 22 lots, qui furent alors adjugés avec six autres aux époux Hernalsteen-Moray, lesquels y exercèrent la profession d’herbagistes et l’élevage de bovins.

La Pommerage devint ensuite un manège (36 boxes), propriété de Madame Katleen Carpentier de Changy. Le manège avait nom ‘Manège Arc-en-Ciel’, et a cessé ses activités en 1994 au moment où il nous fut revendu, à mon épouse Dominique et moi-même », précise Philippe Jacquet.

« Nous y avons tenu une galerie d’art sous l’enseigne Espace culturel de la Pommerage jusqu’en 2005, activité arrêtée alors pour raison de santé. La Pommerage est aujourd’hui divisée en trois habitations : le corps de logis, où nous résidons, le studio (anciennes écuries à front de rue du Cerf) et le loft (partie de la grange) où résident d’heureux locataires ».

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1995 | La Pommerage, rue du Cerf à Genval © Philippe Jacquet

La Pommerage est ici montrée avec son pignon et son bow-window. Les haies qui entourent aujourd’hui la Pommerage ne permettent plus de prendre pareille photo.

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1998 | Sophie Collet pinxit, artiste rixensartoise, coll. Philippe Jacquet

Bordée par le ruisseau la Mazerine à Genval, l’ancienne ferme de la Pommerage fut entre 1996 et 2005 un haut lieu de la vie culturelle et artistique. Sous l’enseigne Espace culturel de la Pommerage, cette galerie d’art de Philippe et Dominique Jacquet y organisa quelques 120 expositions, groupant plus de 200 artistes, venus des 5 continents et d’une vingtaine de pays.

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2003 | Myriam Deru pinxit (2), coll. Philippe Jacquet

2009/2011 | Anciens trompe-l’oeil de la Pommerage © Philippe Jacquet

Les trois trompe-l’œil qui décoraient la cour intérieure de la ferme viennent d’être remplacés. Réalisés par Josy Mesters il y a une douzaine d’années, ils étaient fortement défraîchis, constamment exposés aux intempéries et au soleil. Comme ceux qu’ils sont venus remplacer au-dessus de portes des anciennes écuries, les nouveaux trompe-l’œil rappellent le passé des lieux : deux chevaux nous rappellent en effet que la Pommerage exploitait jusqu’en 1994 un manège sous le nom ‘Arc en Ciel’ (36 boxes à l’époque), et un bouvier bernois ainsi qu’une chatte représentent les actuels et ancien fidèles compagnons des propriétaires : Tristan et Daisy, et la petite chatte Mimine. Réalisées cette fois sur support métallique et passées ensuite à l’atelier de carrosserie automobile pour y recevoir deux couches de vernis, ces nouvelles œuvres devraient orner la cour de la ferme pour plusieurs décennies cette fois, espère Philippe Jacquet.

Josy Mesters et son épouse ne sont pas des inconnus à Rixensart. Loin s’en faut ! Durant de très longues années, ils ont résidé dans la commune, avenue Monseigneur, et nous ont laissé le souvenir de citoyens fortement engagés dans les milieux socioculturels. Tous deux choristes à l’époque à la Guitarelle (comme l’actuel maître de céans de la Pommerage), ils se sont également investis dans la chanterie ‘La Spinola’, qui regroupait plusieurs dizaines de jeunes enfants auxquels Josy apprenait le b.a.-ba du chant choral. Josy tenait également un atelier de peinture, et exposait régulièrement ses aquarelles dans la salle culturelle de la maison communale, la maison rosièroise,… À plusieurs reprises, Josy Mesters a exposé à l’Espace culturel de la Pommerage, dont il assura l’exposition d’ouverture avec Rachel Diepart, autre peintre rixensartoise également choriste à la Guitarelle et le mari de cette dernière, Chema Lopez, céramiste nicaraguayen. Une dizaine d’œuvres de Josy Mesters décorent la Pommerage, à l’intérieur comme à l’extérieur.

décembre 2010 © Philippe Jacquet

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septembre 2011 © Philippe Jacquet

Cette photo est intéressante, car elle donne une vue d’ensemble du site. Philippe Jacquet détaille : A gauche, l’ancien corps de logis de la ferme (220 rue du Cerf) ? Au centre, les anciennes écuries au rez et fenil à l’étage (aujourd’hui ‘studio de la Pommerage’, 218 rue du Cerf). A droite, la grange avec 12 anciens boxes au rez et le loft à l’étage (220 A rue du Cerf). Le bâtiment à front de rue du Cerf (220 + 218) est repris sur la carte de Ferraris établie entre 1770 et 1777, la grange sur la carte de Vandermaelen de 1865.

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2012 | La Pommerage, vue depuis la Villa No Maujone © de Philippe Jacquet

A gauche (en A3), le Vieux chemin de l’Helpe, et en A1 les bâtiments des anciennes papeteries Intermills à La Hulpe», précise Philippe Jacquet. «Au fond, le bois dans lequel coule paisiblement l’Argentine et qui sépare la rue du Cerf de la ligne de chemin de fer Bruxelles-Luxembourg.

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août 2012 © Philippe Jacquet

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août 2015 | Vue aérienne de la Pommerage, côté rue du Cerf, coll. Philippe Jacquet 

Au fond à droite, on distingue les anciens bâtiments SWIFT, rue François Dubois à La Hulpe (anciennes papeteries Intermills). Ces bâtiments et terrains adjacents font l’objet en 2015 d’un projet immobilier, comme pour le site des Papeteries de Genval (ce projet sera présenté le mercredi 8 septembre à la population, en la maison communale de La Hulpe). Au centre de la photo, à l’arrière-plan, on distingue l’école horticole de La Hulpe et ses serres. A gauche : le village de La Hulpe et son église, précise Philippe Jacquet.

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août 2015 | Vue aérienne de la Pommerage depuis La Hulpe, coll. Philippe Jacquet

A l’avant-plan : le Clos de la Pommerage, qui délimite les territoires de Genval et La Hulpe. Le ruisseau de la Mazerine coule sous la servitude, longeant la haie de la Pommerage. A l’arrière-plan à droite : la villa No Maujonne.



(1) Les inscriptions ‘La Hulpe’, ‘Pommerage’ ainsi que la signature, ont été apportée par G. Mélain, auteur de la photo. Elle a été prise avec un très grand angle, ce qui explique certaines déformations dans les bâtiments et poteaux électriques (autorisation publication sur Rétro Rixensart accordée le 19 juin 2014, via Philippe Jacquet)
(2) artiste rixensartoise, qui après des études à l’Institut Saint-Luc de Bruxelles, se dirige vers l’illustration.

Visites royales, rencontres privilégiées

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29 juin 1937 | Le Roi Léopold III à Rixensart
coll. Bernard Collin

Visite du Roi Léopold III à la famille de Merode au Château de Rixensart. A gauche sur la photo, le Premier Ministre belge Paul van Zeeland. A droite, le prince Paul Ghislain Félix de Merode.

D’abord fixée au 16 juin 1937, la visite du roi Léopold III est reportée au 29 juin à cause de l’incendie de l’église (1). Le roi, invité par la princesse de Merode à une garden-party, fut acclamé à sa sortie par de nombreux villageois et les enfants des écoles agitant des drapeaux tricolores. Les édiles communaux et les représentants des principaux groupements ou associations de la commune participaient à cette visite royale. Quelles qu’aient été leurs opinions politiques ou religieuses, les invités à cette auguste rencontre s’en flattèrent et le firent bien savoir aux moindres de leurs amis et connaissances (2).

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21 février 1962 | André de Walque salue le Roi Baudouin,
en visite aux Papeteries de Genval
coll. Vivien de Walque

Mon père était directeur aux Papeteries et a servi de relais entre le Palais et les Papeteries pour l’organisation pratique de la visite. Visite annoncée deux, trois jours avant. Jeunes gamins, mon frère Laurent et moi-même étions dans le bureau de mon père dans l’usine et avons suivi de près cet évènement. Tout à droite sur la photo, Charles Loos, le directeur général de l’époque, père de l’actuel Charles Loos, jazzman bien connu, raconte Vivien de Walque, fils d’André (3).

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Villa Clémence, ‘No Maujonne’

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après juillet 1902 | Villa Clémence, rue du Cerf à Genval, coll. Fonds Lannoye

Alors directeur de la Papeterie de La Hulpe (1) Auguste Lannoye épouse le 26 juillet 1902 Marie Stévenart, fille aînée du notaire de la même localité. « Peu de jours après, le jeune couple s’installe non loin de l’usine de La Hulpe dans la haute et sombre bâtisse de la ‘Villa Clémence’, rue du Cerf. Il n’y a pas meilleur témoin de la vie de ce temps-là que Marie Lannoye elle-même », écrit Luc Lannoye, petit-fils d’Auguste et Marie (2).

« Ne trouvant rien de mieux, nous avions loué entre La Hulpe et Genval la lugubre villa ‘Clémence’ aux fenêtres grillagées et sans le moindre confort. Si le bon Dieu ne m’y avait donné 3 enfants (3), les six années que j’y ai passées ne m’auraient laissé que de pénibles souvenirs.

La petite usine de Genval s’élevait rapidement. Auguste s’y rendait tôt le matin, en revenait à toute heure (4) et parfois bien inquiet. Que de soucis, de nuits sans sommeil. Une rude école de vie pour tous deux. Aussi ai-je senti le besoin de m’accrocher très fort à Dieu. Chaque matin, avant le réveil de mes petits, je courais en tous temps et toutes saisons chercher à l’église de La Hulpe (5) Jésus lui-même qui devait m’éclairer, m’encourager, me fortifier et m’apporter, malgré tout, des heures de si douce joie.

A sept heures, je me penchais sur les lits ou sur les berceaux où déjà m’attendaient des rires et des pleurs. Vivement la baignade, la toilette, le biberon et tout cela, en temps d’hiver à la lueur d’une lampe à pétrole et devant un petit feu, pendant que mon mari dans son coin vaquait à sa toilette. Ni salle de bain, ni électricité, ni chauffage central. Les journées commençaient et s’achevaient pour nous dans le labeur, la vie difficile, car nous n’étions pas riches.

A Genval, le capital prêté par mon père s’était enfoncé (6) dans la construction, l’achat des premières machines, le paiement des salaires … et il fallait vivre avec trois enfants.

Dieu merci, mon mari n’avait pas de grands besoins et moi j’avais appris à la chère école de ma Maman et d’Elisa à tenir économiquement un ménage et je recourais souvent à leurs sages conseils.

Certains jours, tout devait passer par mes mains (7) : soins des enfants, cuisine, nettoyages, raccommodages, coupe et couture. Et il fallait encore trouver quelques moments de réflexion et de méditation pour maintenir l’âme aussi active que le corps.

Marie fut à ce moment une auxiliaire très précieuse pour son mari. Ayant appuyé son initiative auprès de son père, elle comprit parfaitement par la suite les inévitables problèmes d’un début. Lorsque les premières grosses difficultés furent vaincues (8), nous avons pu faire des plans de maison à construire près de l’usine de Genval, sur un terrain où poussait blé, betteraves et pommes de terre. Une partie du sol étant argileux, une équipe de briquetiers y façonnèrent les briques de la construction (9). La maison s’achevait lentement, le bail à la ‘Villa Clémence’ finissait, il fallait déménager ».

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août 2012 | Villa ‘No Maujonne’ (10), au coin de la rue du Cerf et du Vieux chemin de l’Helpe © Philippe Jacquet

Bénédicte de Ghellinck (XXIV) en fait une description détaillée : « Dans un jardin emmuré, cette habitation de style éclectique, se dresse au bout d’une allée. Son élévation de brique est légèrement ponctuée de décors de brique blanche émaillée sous la forme de bandeaux, de frise décorative sous la corniche, de dessins dans les allèges. La travée d’entrée prend la forme d’une tour d’angle et s’élève sur trois niveaux, sous une toiture en pavillon débordante ».

Philippe Jacquet y ajoute : « Jadis appelée ‘Villa Clémence’ cette demeure abrita durant six ans au début du XXème siècle, un couple qui allait faire connaître Genval dans le monde entier : Auguste Lannoye et son épouse Marie Stévenart. Le jeune couple s’était installé à la Villa Clémence en tant que locataires, faute de pouvoir envisager mieux à l’époque. Cette maison ne leur laissa qu’un seul bon souvenir : c’est là que naquirent leurs trois enfants.

Plus tard, lorsque l’aventure industrielle du ‘Balatum’ se profila, l’usine de Genval allait connaître une expansion impressionnante. Cinq usines étrangères furent même fondées entre 1925 et 1930. Cette expansion fut soutenue par le bras droit du patron, Joseph De Becker, dit ‘Moustaches’, ingénieur principal et grand bâtisseur des Papeteries de Genval. Ce dernier habita la Pommerage, située juste en face de la Villa Clémence.

Les 21, 22 et 23 janvier 2002, on tourna à la Villa ‘No Maujonne’ un épisode de la série télévisée ‘Crimes en série’, coproduite par la RTBF et France 2, avec dans le rôle principal Pascal Légitimus. La destinée unissait alors une fois de plus les anciennes résidences d’Auguste Lannoye et de son grand ami Joseph De Becker, l’équipe du tournage ayant choisi la Pommerage pour y implanter bureaux, réfectoire et logistique durant le tournage ».

Quelques liens sur la toile donnent accès à des articles de presse concernant le tournage de cet épisode : Le Soir, La DH (ciné-télé), et La DH.

 


(1) appartenant au groupe ‘Union des papeteries’ qui comptait plusieurs usines, entre autres à La Hulpe, Saint-Servais et Mont Saint-Guibert.
(2) LANNOYE Luc, Regards sur la passé, 1978
(3) Charles 1903, Jean 1906, Anne 1907
(4) A vélo
(5) Messe à 6 h. 30.
(6) D’autant plus ‘enfoncé’ que tout avait dû être construit sur pilotis, à cause du marécage
(7) Il y avait un aidant, Ernest, qui faisait un peu tout
(8) En 1910
(9) Plus économique en raison des transports
(10) ‘Ma maison’ en wallon

871 | Les Villas

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Villas Marie-Anne et Raymond, sises rue Neuve/rue de la Station à Genval (actuellement, avenue des Combattants 152 et 154).

« En retrait oblique d’une des avenues principales de Genval, la villa « Mary-Ann » ou villa « Ainssy » est une grande bâtisse éclectique du début du 20e siècle, présentant des éléments Art nouveau. Divisée en plusieurs habitations, la bâtisse rectangulaire offre une élévation de brique rythmée de bandeaux de ciment et de pierre calcaire, sous une bâtière à croupettes. La travée centrale, en ressaut, s’ouvre par une entrée d’allure « porte cochère » sous arcade en plein cintre et est couronnée d’un dôme surmonté d’un petite toiture polygonale. Un panneau de céramique orne la travée principale. Quelques éléments Art Nouveau, notamment dans le dessin des grilles de clôture et celles des balcons, ainsi que dans les menuiseries, sont encore en place » (Bénédicte de Ghellinck, XXIV).

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 2013 © Monique D’haeyere

730 | Rue de la Station

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1910/1920 – Villa Ainssy (Villas Mary-Ann et Raymond), autrefois sise rue Neuve/rue de la Station (actuellement, avenue des Combattants 152 et 154 à Genval).

« Mon grand-père maternel, Pierre Van Welssenaers, à l’époque Colonel de Cavalerie (1er Chasseurs à Cheval), achète cette propriété en date du 28 août 1939 pour un montant de deux cent soixante mille francs’, raconte Philippe Jacquet (1). L’acte d’achat mentionne

– une grande propriété de ville et de campagne dénommée ‘Villa Ainssy’ ci-devant ‘Villa Mary-Ann’ située avenue des Combattants, numéro 152, contenant en superficie un hectare vingt-sept ares nonante neuf centiares quarante neuf dix-milliares, comprenant jardinet devant l’habitation, entrée carrossable vers le garage, maison d’habitation à deux étages avec toutes dépendances, habitation du chauffeur avec dépendances, jardin, verger, pré et étang, limitée vers le fond par la rivière la Lasne

– une propriété étant la villa dénommée ‘Villa Raymond’ située à côté de la propriété précédente, cotée avenue des Combattants, ci-devant rue Neuve, numéro 154, contenant une superficie de 6 ares cinquante quatre centiares nonante neuf dix-milliares comprenant jardinet devant l’habitation, maison d’habitation à deux étages, jardin et dépendances.

La maison dont question était peu de temps avant une pension de famille, annexe du ‘Family Hotel’ de Bruxelles, situé rue des Drapiers aux numéros 22 et 24. Elle était alors située, comme on le voit sur d’anciens documents, au numéro 132 de la rue de la Station (jusque 1912 environ) et par la suite au même numéro de la rue Neuve ».

Philippe Jacquet poursuit : « Ma maman, Marie-Thérèse Van Welssenaers, a toujours gardé un très bon souvenir de cette maison qui contenait quelques belles tapisseries et fresques intérieures, sur les murs et les plafonds, et de superbes vitraux. Le salon se trouvait au 1er étage et traversait ce dernier de part en part. Côté rue, il donnait sur un petit balcon, et à l’arrière, sur la vallée de la Lasne. Cette maison existe encore aujourd’hui, mais a été divisée. On y compte deux boîtes aux lettres au numéro 154 et cinq au numéro 152 ».

« La tour centrale est ornée d’une fresque en céramique représentant un paysage de campagne (voir Objectif Rixensart).

« C’est dans cette maison qu’ont eu lieu, au printemps 1941, les fiançailles de ma tante, Anne-Marie Van Welssenaers avec Émile Windal, avocat (et plus tard bâtonnier à deux reprises) au Barreau de Nivelles, et futur Bourgmestre de Genval (le dernier avant la fusion des communes).

Pendant la guerre, mon grand-père a logé maintes fois chez lui des jeunes gens en partance pour l’Angleterre. Ces jeunes arrivaient chez lui la veille de leur départ pour l’Angleterre, et quittaient la maison très tôt le lendemain. À plusieurs reprises, la gestapo est venue fouiller la maison, sans doute sur dénonciations. Elle venait cependant chaque fois vers 8 heures, et les jeunes s’étaient alors déjà envolés. 

Petite anecdote qui me fut contée par l’ancien boucher Collée, qui tenait sa boucherie quelques maisons plus bas : il avait, pendant la guerre, acheté une vache dans les Ardennes, qui devait lui être livrée pendant la nuit pour éviter tout problème avec la Gestapo qui occupait une maison toute proche. Une nuit, un camion vint donc lui livrer la marchandise. Stupeur en découvrant le chargement du camion : ce n’était pas une vache qu’on venait lui livrer, mais tout un troupeau ! Ne sachant où mettre ce troupeau à l’abri, il décida de l’amener dans le jardin de mes grands-parents, qui le découvrirent le matin en se levant. Cela avait visiblement beaucoup amusé Monsieur Collée …

Mes grands-parents revendront cette propriété le 8 septembre 1944, pour un montant de cinq cent septante cinq mille francs ».

__________
(1) Ancien Président de l’Espace culturel de la Pommerage asbl

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1912 – Villa Ainssy, rue Neuve 132 à Genval

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11.2011 © Monique D’haeyere

La Charmille, maison d’artiste

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La Charmille, façade côté jardin rue du Tilleul 106 à Genval, coll. Philippe Jacquet

Philippe Jacquet raconte : Début 1924, après la naissance de leur fille Françoise, Pierre Thévenet et Madeleine Renaud-Thévenet s’installent à Rixensart, rue de l’Institut, dans la maison du peintre Jefferys (Maison dite ‘Le Culot’). Cette même année, Madeleine achète à Genval la maison que le couple habitera durant chaque été jusqu’à leur décès (1937 pour Pierre, et 1963 pour Madeleine). La propriété compte 42 ares et est traversée de part en part par une superbe charmille de 60 mètres de long. J’ai eu maintes fois l’occasion, avec mon épouse, de rendre visite à Françoise Ducoffre-Thévenet à ‘La Charmille’. Cette dernière vouait un véritable culte à son père, et elle adorait nous faire visiter sa maison, nous expliquant avec passion le passé de chaque objet, chaque tableau qui la décorait. Une vraie maison d’artiste.

120929 Rue du Tilleul maison habitée par le peintre Pierre Thévenet c CHR origine René Ducoffre

coll. Cercle d’Histoire de Rixensart

d3b1f-1229658271-2-1Nous avons ainsi pu visiter l’atelier de l’artiste, et avons eu le privilège de contempler bon nombre des nombreux tableaux de son père (plus de deux cent) qu’elle conservait à l’étage et qu’elle a patiemment déballés et réemballés un à un pour nous. Ce véritable trésor se trouvait sans la moindre protection contre le vol. Françoise avait un humour peu commun. Elle avait un jour été cambriolée par un voleur qui était heureusement bien loin de se douter de la valeur de ces toiles rassemblées à l’étage, et depuis, elle laissait une somme d’argent bien visible à l’entrée de sa maison, avec un petit mot invitant tout visiteur mal intentionné à prendre cet argent mais ne rien abîmer dans la maison et bien refermer la porte en sortant.

Dans la préface de sa monographie sur Pierre Thévenet, Paul Caso (1924-2000) nous évoque la période de vie genvaloise du peintre : « (…) il nous reste à évoquer deux phases marquantes de la destinée du peintre : son installation à Genval, dès 1924, et sa découverte du paysage mosan à Anseremme (il avait été sacré vidame de la Principauté anseremmoise) où un banc en pierre du pays, inauguré en août 1937, perpétue discrètement son souvenir, grâce à un médaillon du sculpteur Bonnetain (…). Enfin, la maison de Genval devint le beau refuge du coureur de lumière. Pierre Thévenet apprit ainsi, en bordure de la rue du Tilleul, les vertus bucoliques, en s’occupant activement de sa charmille de soixante mètres de long. À la saison des épinards, quand la nature ne l’inspirait guère, quand la lumière était trop haute, au cœur de l’été, il taillait allègrement son noble tunnel de verdure. Au terme de cette épreuve, sa femme Madeleine découvrait sur la porte de la cave une facture rédigée en bonne et due forme à son nom détaillant le nombre d’heures prestées ’37 heures pour les haies, 34 pour la charmille et 5 heures pour la révision de la taille’. Le peintre-jardinier était alors joyeux et (…) soulagé jusqu’à l’année suivante – il remontait jusqu’à son atelier. À Genval, il faisait aussi annuellement son vin de rhubarbe : un vin sec, fruité, mousseux. À la ducasse, il en offrait quelques bouteilles aux amis et voisins.

Le beau-fils du peintre, René Ducoffre, perpétue cette tradition désormais familiale, en présentant sous le regard attendri de sa compagne, qui a grandi dans la propriété, le nouveau vin de rhubarbe cuivré et savoureux. Peu de choses ont changé dans la maison de 1924, de style anglais rustique où l’on verrait bien flâner Katherine Mansfield. On a peine à croire que le temps y est passé si vite, Pierre Thévenet ne va-t-il pas faire gémir les marches de l’escalier qui conduit à son ‘pigeonnier’ ? Tout y donne encore l’illusion de la présence, fardes ouvertes, chevalet, vieux livres, souvenirs (…) Par la fenêtre, on aperçoit le jardin des belles années, au bout duquel Françoise, la fille du peintre, en 1928, s’émerveillait d’un été délicieux.

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2012 | La Charmille, façade côté rue du Tilleul 106 © Philippe Jacquet


(1) rue de l’Eglise 2B, au début de la rue de l’Institut

Pierre Thévenet

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Pierre Thévenet, coll. Philippe Jacquet

Au mois de mai 2002, Françoise Thévenet-Ducoffre rendait hommage à son père Pierre et ravivait la mémoire de ce dernier par une exposition de 35 de ses œuvres, raconte Philippe Jacquet. Je garde un superbe souvenir de cette grande genvaloise avec laquelle j’ai eu le privilège de tomber en amitié. Françoise Thévenet, hélas aujourd’hui décédée, a résidé dès les premières années de sa vie et jusqu’à son décès, dans la maison occupée par son père de 1924 à 1937. La Charmille, tel est le nom de cette maison, est située le long du sentier Pierre Thévenet à Genval.

Le choix de la Pommerage comme lieu d’exposition avait pour Françoise Ducoffre-Thévenet une profonde signification, empreinte d’émotion. Son père avait vécu à Genval de 1924 jusqu’à son décès, en 1937, et repose depuis au cimetière de Genval. Elle a toujours rêvé de voir la commune de Rixensart ouvrir un musée dédié à son père, dont elle possédait encore plus de deux cents œuvres à la Charmille (dispersées lors d’une grande vente à Bruxelles après son décès)… ce souhait n’a jamais reçu l’écho favorable nécessaire, et a donc hélas disparu avec elle.

L’une des plus belles œuvres du peintre (ma préférée), intitulée ‘La petite fille éblouie’ (1928) était superbement mise en valeur à la Charmille. Elle campait la fille unique de l’artiste dans le jardin de la propriété, et nous montrait la vue plongeante qui existait à l’époque de cet endroit sur la vallée de la Mazerine et le village de la Hulpe. La famille Thévenet fut une grande famille d’artistes. Le grand-père de Françoise était baryton, et ses parents s’étaient rencontrés au théâtre de la Monnaie à Bruxelles, alors qu’ils lisaient tous deux une partition de Wagner. Pierre Thévenet était un grand amateur de musique, sa mère, Madeleine Renaud-Thévenet, était plutôt attirée par la parole.

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Pierre Thévenet à Meudon en compagnie du pékinois de sa soeur Cécile, coll. Philippe Jacquet

Madeleine Renaud-Thévenet (1886, Namur – 1963), comédienne, intègre la troupe du Vieux-Colombier de Jacques Copeau à Paris en 1920. De retour à Bruxelles, elle est nommée professeur au Conservatoire royal de Bruxelles. Elle fréquente le cercle de ‘La Lanterne Sourde’ et la section d’art du Parti Ouvrier Belge, avec notamment le poète Pierre Bourgeois. Elle doit également sa notoriété à la création, en 1932, d’un choeur parlé, les ‘Renaudins’. Les ‘Renaudins’ travailleront en étroite collaboration avec Paul Claudel, alors ambassadeur à Bruxelles.

Le mari de Françoise, l’écrivain René Ducoffre, a consacré un très bel ouvrage, ‘Palette et Paroles’, à ses beaux-parents. Il a également publié un superbe livre aux éditions Dricot à Liège : ‘Le Temps d’un Requiem’. Roman d’une vie dans lequel pourtant, tout était imaginaire d’après l’écrivain… Il se plaisait quand même à ajouter que ‘(…) aucun romancier n’a jamais réussi à éjecter totalement son moi de ses récits (…)’. Cet ouvrage, bouclé en douze mois, l’écrivain genvalois avouait quand même l’avoir conçu avec les miettes de son passé et le passé de tant d’autres qui ne sont plus.

Ça dure quoi une vie ? À peine le temps d’un Requiem … Quatre chapitres pondèrent cet ouvrage. Les quatre motets d’une messe de requiem: ‘Agnus Dei’, ‘Dies irae’, ‘Libera me’, ‘Dona eis requiem’. Choix délibéré d’un agnostique qui sereinement s’en ira un soir sur un air de Mozart. Un personnage central dont la mémoire et les yeux embrasseront bientôt tout le siècle, farouchement indépendant envers toute religion, club ou cénacle. D’anecdotes en anecdotes, une vie défile: jeunesse, guerre, paix retrouvée, drames, perte d’êtres chers, douleurs et espérances. De l’imaginaire ? Plutôt roman-réalité. On s’y découvre concerné, presque au quotidien (1).

La Charmille a vu défiler en ses murs nombre d’artistes reconnus dans différentes disciplines à l’époque, tous amis de la famille : le peintre Marcel Jefferys (dont une place porte le nom à Rixensart), le musicien Darius Milhaud, le comédien Louis Jouvet, les écrivains Blaise Cendrars, Paul Claudel, Arthur Haulot, Charles Plisnier, Georges Sion, Emile et Marthe Verhaeren, le peintre Claude Lyr, grand ami de la famille…

Paul Caso, l’illustre critique d’art et collaborateur du journal Le Soir, surnommait Pierre Thévenet ‘le piéton de Paris’. Pierre Thévenet est l’une des figures de proue du postimpressionnisme belge.

De 1912 à 1937, Pierre Thévenet a participé à une cinquantaine d’expositions (individuelles ou ensembles) à Paris, ensuite à Bruxelles (galerie Giroux, Palais des Beaux-arts, galerie de la Toison d’Or) mais aussi à Genève, Barcelone, Liège, Anvers, Anseremme. Paul Caso, en 1982, a réalisé une monographie ‘Pierre Thévenet, un héritage d’une fraîcheur intacte’ (2).

En 1987, lors du cinquantième anniversaire de la mort du peintre, la Province de Brabant et son conseiller culturel Guy Cobbaert, accueillent une grande exposition rétrospective de l’artiste à l’hôtel Puccini à Bruxelles. Guy Cobbaert apportera son concours en 2008 à la mise en place de l’exposition à la Pommerage en 2008. Parmi les nombreuses citations d’amis et critiques d’art au sujet de Pierre Thévenet :

– L’étoile de Pierre Thévenet bénéficie des faveurs accordées aux postimpressionnistes historiques et, d’une manière générale, à la dimension d’un artiste  (3).

– Paysagiste épris tour à tour des sites boisés de Drogenbos, des coins traditionnels de Paris et, en général, des lieux qui séduirent les impressionnistes (…), Pierre Thévenet a réalisé une œuvre considérable dont on mesure aujourd’hui l’importance (…). Pierre Thévenet a sa place près d’un Frans Smeers, d’un Albert Pinot, d’un Louis Clesse  (4).

Parmi les acquisitions de ses œuvres :

– la section belge du ‘Musée National des Beaux-Arts’ de Lettonie,
– le Ministère belge des Sciences et des Arts,
– le Musée d’Ixelles,
– le ‘Koninklijk Museum van Schone Kunsten’ d’Antwerpen,
– l’Etat Français (plusieurs œuvres),
– les Musées Royaux des Beaux-Arts de Belgique (trois œuvres),
– les Administrations communales d’Anseremme, Rixensart, La Hulpe,
– et, bien sûr, de très nombreuses collections privées.


(1) Archives Le Soir, sous la plume d’Eric Burgraff – juillet 1995
(2) Ed. d’Art Associés
(3) CASO Paul, Le Soir du 29 mai 1987
(4) REY Stéphane, La Libre Belgique du 30-31 mai 1987

Visite royale aux Papeteries de Genval

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21 février 1962 | André de Walque salue le Roi Baudouin,
en visite aux Papeteries de Genval
coll. Vivien de Walque

« Mon père était directeur aux Papeteries et a servi de relais entre le Palais et les Papeteries pour l’organisation pratique de la visite. Visite annoncée deux, trois jours avant. Jeunes gamins, mon frère Laurent et moi-même étions dans le bureau de mon père dans l’usine et avons suivi de près cet évènement. Tout à droite sur la photo, Charles Loos, le directeur général de l’époque, père de l’actuel Charles Loos, jazzman bien connu », raconte Vivien de Walque, fils d’André.

André de Walque est aussi l’auteur du livre « Un siècle à Bourgeois 1877-1977 », reconstituant « une partie de l’histoire d’un petit hameau qui a toujours tenu à garder une certaine distance avec son centre administratif et jadis religieux ».

DOCUMENT EN LIGNE ⤷ Papeteries de Genval, 21 février 1962 (articles La Dernière Heure et Le Soir)

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196 | Villa Mary-Ann

871. Ancienne enseigne de la Villa Mary-Ann 2013 © Philippe Jacquet.JPG

Enseigne de la Villa Mary-Ann (1), sise avenue des Combattants à Genval.

« Cette belle demeure familiale contient encore aujourd’hui quelques belles tapisseries et fresques intérieures, sur les murs et les plafonds, et de superbes vitraux », explique Philippe Jacquet (2).

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__________
(1) également connue sous le nom de Villa Ainssy
(2) ancien Président de l’Espace Culturel de la Pommerage asbl 

166 | Restaurant de la Gare

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1904 – « Cette ancienne carte postale de Rixensart a été envoyée par Elise Jacquet, soeur de mon grand-père, à son frère Edmond alors élève au Collège de Bellevue à Dinant. Cette carte peut être datée entre janvier et juillet 1904. C’est le 8 janvier de cette année que leur père, Auguste Jacquet, devenait chef de gare à Rixensart », raconte Philippe Jacquet.

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2010 © Monique D’haeyere