Marlborough, le gardien du phare du lac

Le Belvédère (1) (coll. Anne-Marie Delvaux) <> 2014 © Monique D’haeyere

Avec la Maison de la Reine (Maison du Seigneur) et la Ferme (Jardin ornithologique), la Laiterie et la Tour de Marlborough constituent un des éléments du Hameau du Petit Trianon de Versailles reproduits au début du XXe siècle dans le Parc de Genval-les-Eaux. 

A Versailles, la Reine Marie-Antoinette avait souhaité avoir son belvédère ; il fut appelé Marlborough du nom de la chanson « Marlbrouck s’en va en guerre » que la nourrice du Dauphin, Mme Poitrine, venait de mettre à la mode.

1922 | La Maison du Garde et la Tour de Marlborough
coll. Francis Broche <> 2014 © Monique D’haeyere

La Laiterie fut maison du garde, laiterie, pâtisserie, café, restaurant, aujourd’hui agrandie portant un nom d’inspiration bouddhiste. La Tour, qui présente quelques différences minimes avec celle de Versailles, a porté des drapeaux au cours des années écoulées. Aujourd’hui, à déchéance, elle ne porte plus qu’une parabole, écrivit Roger Ghyssens en 2003 (2).

La tour de Marlborough, adossée à la Laiterie (maison du Garde)
coll. Francis Broche <> 2014 © Monique D’haeyere

1922 | Dans le fond de l’image, la Maison de la Reine <> 2014 © Monique D’haeyere

13 juillet 1927 | La Tour de Marlborough abrita le ‘Temple du Rire’
(coll. Philip Corens)

Au bord du lac (coll. Philippe Godin) <> 2016 © Monique D’haeyere

2006 © Serkan Duzler <> octobre 2008 © Eric de Séjournet

Sous les coups de butoir du vent, une partie de la tour s’effondra en 2007 … Aucune reconstruction à l’identique n’eut lieu. Seule la structure de base forme encore le décor d’un restaurant chinois, ‘Le Shangri-La du Lac’, nom donné d’après un lieu imaginaire de l’Himalaya dans le roman ‘Horizon perdu’ de l’écrivain américain James Hilton (1933).

> OBJECTIF RIXENSART | Tour de Marlborough


(1) Belvédère | Pavillon ou terrasse qui couronne et domine soit un édifice, soit un tertre dans un parc, et d’où la vue s’étend au loin (Dictionnaire Larousse).
(2) GHYSSENS Roger, Genval-les-Eaux de 1895 à 1935, Editions de la Page, 2003

Chapelle Saint-François d’Assise

1941 | Chapelle Saint-François d’Assise
Petite rue Mahiermont n° 2 à Genval (coll. Philippe Godin)

La chapelle actuelle date de 1941 et fut construite par un habitant du quartier, représentant local de la Croix Bleue. Elle fait suite à un autre édifice, détruit à la fin du XIXe siècle, situé à l’angle des rue et petite rue Mahiermont. Cette chapelle, consacrée à la Vierge, portait l’inscription : « Cette chapelle a été donnée par Catherine Wautiez, veuve de Michel Stouffs, décédée le 28 février 1755. R.I.P. » (1).

mars 2015 © Monique D’haeyere

L’actuelle chapelle repose sur un massif qui, en pointe entre les ruelles, évoque quelque peu la proue d’une barque. La croix qui somme l’édifice évoque plutôt une garniture tombale (2).


(1) HOMMES ET PATRIMOINE, De potales en chapelles. Au gré des chemins de Genval, Rixensart et Rosières, Amélie Mélo Editeur, Collection Mémoire, 2000
(2) CERCLE D’HISTOIRE DE RIXENSART, Les chapelles genvaloises, in Chroniques CHR, octobre 1992

Villa Josette, résidence de Folon

Villa Josette à Genval 1911
1911 | Villa Josette, drève des Aubépines à Genval
(à droite, en retrait, la Villa Béatrix, connue sous le nom de la Fée du lac)

Jules Gausset, agent de change, fit construire une villa drève des Aubépines (actuellement drève des Magnolias). Il la baptisa ‘Villa Josette’ à la naissance de sa fille en février 1909 (1).

Villa Josette à Genval c Philippe Godin

coll. Philippe Godin

La villa de Genval fut acquise en 1943 par la famille Folon dont le fils, Jean-Michel (2), aimait rappeler avec nostalgie ses années genvaloises, écrit Michel Coryn dans le Rixensart Info de février 2006.

mars 2017 © Monique D’haeyere
février 2019 © Annick Dedobbeleer

→ RÉTRO RIXENSART | Madeleine Gausset, première aérostière belge
→ RÉTRO RIXENSART | Drève des Aubépines, des Magnolias dès 1977


(1) CORYN Michel (Cercle d’histoire de Rixensart), La Première Aérostière belge était genvaloise, Rixensart Info 215 de février 2006
(2) Peintre et sculpteur belge, né à Uccle le 1er mars 1934, décédé à Monaco le 20 octobre 2005

De Grand Hôtel des Familles à GSK

avant 1905 | Grand Hôtel des Familles, rue du Tilleul à Genval
(coll. Philippe Godin)

1909 | Le potager (coll. Anne-Marie Delvaux)
Grand Hôtel des Familles (L’hôtel a été agrandi, un troisième étage fut ajouté;
sur la façade avant il est mentionné ‘Café, Garage, Restaurant, Tea-Room’).

La façade de l’hôtel a été blanchie et la terrasse du tea-room couverte, formant une nouvelle terrasse pour les chambres du premier étage.

Au milieu du XXe siècle, la société Recherche et Industrie Thérapeutiques (R.I.T.) s’y installa et trouva sa vocation dans la recherche et la production de vaccins. Elle deviendra SmithKline-RIT en 1969, SmithKline Beecham Biologicals en 1989, GlaxoWelcome en 2000, puis GlaxoSmithKline (GSK).

DE SOPROLAC À R.I.S.T, À R.I.T., À GSK

genval,rit,glaxosmithkline,gsk,grand hôtel des familles,rue du tilleul
vers 1955 | « Bureaux et nouvelle Usine où est fabriqué la Pennicilline » (sic) (1),
sis rue du Tilleul à Genval

En 1939, la société SOPROLAC (Société des Produits Lactés) fut créée à la rue des Combattants à Genval. En 1945, les premières recherches sur les antibiotiques furent réalisées dans des locaux des Papeteries de Genval. L’usine antibiotique R.I.S.T. (Recherche et Industrie de Synthèses Thérapeutiques) fut fondée par Jacques Lannoye le 28 juin à la rue des Combattants à Genval. En 1947, débuta la production de différents antibiotiques par fermentation et par synthèse : pénicilline, streptomycine, auréomycine, tétracycline (2).

En 1951, l’usine antibiotique fut transférée à la rue du Tilleul à Genval, en partie dans les bâtiments de l’ancien Grand Hôtel des Familles. R.I.S.T devint R.I.T. (Recherche et Industrie Thérapeutiques) (2).

‘Elle a été pionnière dans la production des antibiotiques avant de trouver, dans les années 50, sa vocation dans la recherche et la production de vaccins, dont celui contre la polio. Cette voie-là, elle l’a suivie tout au long de sa croissance, au fil des acquisitions et fusions qui ont successivement fait d’elle ce qu’elle est aujourd’hui. Elle devint SmithKline-RIT en 1969.

En 1989, SmithKline (US) fusionna Beecham Biologicals (UK). Et en 2000, SmithKline Beecham Biologicals fusionna avec GlaxoWelcome pour former la société actuelle, GlaxoSmithKline Biologicals (GSK).

1984 | Rue du Tilleul à Genval : installations de Smith Kline (et réfectoire)
coll. Cercle d’Histoire de Rixensart <> 2016 © Monique D’haeyere

> ARCHIVES SA Recherche et Industrie Thérapeutiques, 21 février 1962 (articles parus dans La Dernière Heure et Le Soir à l’occasion de la visite du Roi Baudouin)(coll. Philippe Jacquet)


(1) L’éditeur de cette photo écrit erronément ‘fabriqué’ sans e, et ‘pennicilline’ au lieu de ‘pénicilline’. Et Liliane Brion de préciser : C’est le vaccin antipolio qui fut développé à Genval, et non la pénicilline. Quant à Roger Goossens, il reconnaît sur la photo une Studebaker, une Renault 4cv et une Chevrolet Bel-Air.
(2) BOURGEOIS Jacques, L’usine antibiotique de Rixensart, Première époque : 1945 à 1970 , in Calameo

En descendant la rue de la Bruyère vers la Mazerine

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1950 | coll. Cercle d’Histoire de Rixensart

Le bus de la ligne reliant Genval à la Place Flagey à Ixelles vient de passer le lieu dit ‘Le Poteau’, où se situe le château d’eau de Genval. A droite, le fleuriste Leloup. Selon l’actuelle fleuriste (propos recueillis par Francis Broche), c’est sa grand-mère Marie Noël, chapelière et modiste à Maubroux, qui a commencé à vendre des fleurs à cet endroit. Son mari, Robert Leloup, les cultivait probablement dans la serre.

1950 | rue de la Bruyère ↔ août 2016 © Monique D’haeyere


RUE DE LA BRUYÈRE 21 

2010 © Francis Dominé + 2015 © Monique D’haeyere

Au cœur d’un parc bien arboré, cette imposante villa à multiples ressauts dans le plan fut construite probablement au début du XXe siècle dans un style éclectique d’influence traditionnelle. Sur un soubassement en pierre calcaire, l’élévation des deux niveaux d’habitation est en brique, rythmée de bandeaux de pierre, sous d’amples croupes d’ardoise. Une tourelle de trois niveaux marque l’entrée de la maison. Les fenêtres, dont certaines arborent une belle ampleur, se terminent en anse de panier, arcade soulignée d’harpes en pierre de France, décrit Bénédicte de Ghellinck en 2009 (1).


RUE DE LA BRUYÈRE 118

vers 1930 et 1960 | coll. Cercle d’Histoire de Rixensart

Rue de la Bruyère à Genval, à la hauteur de l’actuel n° 118. Sur le petit parking de l’épicerie Vivo, un range vélos (publicité de Coca-Cola).


CHAPELLE NOTRE-DAME DE LOURDES

après 1921 | Chapelle Notre-Dame de Lourdes (coll. Francis Broche)

Située rue de la Bruyère 130 à Genval, cette chapelle à chambre, du type parfois appelé ‘oratoire’, fut construite par Georges Vanhamme en 1921, en reconnaissance d’une guérison miraculeuse. En effet, Célina Vanhamme, née en 1884, sœur du constructeur, revint guérie d’un pèlerinage à Lourdes en 1920. Une inscription rappelle l’origine de la fondation : En / mémoire de / Célina Van Hamme / guérie à Lourdes / 1921 / A.M.

 RÉTRO RIXENSART | Chapelle Notre-Dame-de-Lourdes


RUE DE LA BRUYÈRE 207 & 209

début XXe | Bruyère-à-la-Croix ↔ 2011 | rue de la Bruyère, n° 207 et 209

CHEZ CLÉMENT

Aujourd’hui ‘rue de la Bruyère, à hauteur de Chez Clément’, selon le Cercle d’Histoire de Rixensart. Dans les années 1900 à 1920, âge d’or de la carte postale, des hôtels, restaurants, brasseries vont utiliser ce support comme moyen publicitaire. Souvent le propriétaire posera avec sa famille ou ses employés.

Un siècle après, la même photographie connaît une seconde vie pour un message publicitaire similaire, ici en l’occurrence au profit d’un restaurant genvalois portant le nom Chez Clément, rue de la Bruyère 230.


ROUTE DE LA HULPE

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1903 | La Route (coll. Philippe Godin)

Rue de la Bruyère à hauteur de l’actuel Brico à la Mazerine. La fermette à gauche est devenue le restaurant ‘Chez Clément’. 

 OBJECTIF RIXENSART | Rue de la Bruyère


(1) de GHELLINCK Bénédicte (WALLONIE DGO Aménagement du territoire, Logement, Patrimoine et Energie), Liste des biens repris dans l’Inventaire du Patrimoine Immobilier Culturel de la commune de Rixensart, 2009


Les Tiennes, entrée et sortie de trois villages

L’Entrée du Village, coll. Philippe Godin <> 2010 © Monique D’haeyere

Photo prise au niveau du carrefour où convergent les rues de La Hulpe (sur Rosières), de Genval (sur Rosières) et la Parklaan (sur Overijse). Sur le terrain à droite se trouve l’actuel Café du Lac.

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1938 | Les Tiennes (1) à Rosières (actuelle rue de La Hulpe), coll. Cercle d’Histoire de Rixensart

2017 | Rond-point Fernand Gailly Genval © Monique D’haeyere

Le 26 septembre 2015, le Collège des Bourgmestre et Echevins de Rixensart y inaugurait le rond-point Fernand Gailly.

> RÉTRO RIXENSARTFernand Gailly, résistant de la première heure


(1) le tienne = pente, escarpement, colline, raidillon (du wallon ‘tiens’) (2), limite marquée par une colline
(2) ‘pitite montinne, avou li dzeu arondi’ (Dictionnaire explicatif wallon)

Avenue des Merisiers

VILLA LES BLUETS

Villa Les Bluets Genval c Philippe Godin (14)

Avenue des Merisiers à Genval, coll. Philippe Godin

Dans les alentours du lac de Genval, cette villa s’inscrit dans un grand jardin entouré de haies. Oeuvre de l’architecte F. Symons, cette maison de style ‘villégiature’ est représentative des bâtisses ayant été construites dans le quartier du lac au début du XXe siècle. Au plan principal rectangulaire se sont ajoutés une petite tourelle d’angle et un large bow-window haut de trois niveaux. Les façades cimentées à faux-joints appareillés s’ouvrent de baies en plein cintre ou à linteau droit. Des vitraux ferment certaines baies. Un sgraffite inscrit dans l’allège d’une des fenêtres de l’étage porte le nom de la maison ‘Les Bluets’ et son maître d’œuvre (1).

Villa Les Bluets avenue des Merisiers 3 Genval 3.2020 © Annick Dedobbeleer

2020 | Villa Les Bluets © Annick Dedobbeleer

Les Bluets avenue des Merisiers

mars 2017 © Monique D’haeyere


VILLA LES OEILLETS

Dans le quartier du lac de Genval, au cœur d’un jardin, cette habitation de style ‘villégiature’ remonte au tout début du XXe siècle. Elle a été réalisée par F. Symons, maître d’œuvre de plusieurs maisons des bords du lac. Construite en brique sur un haut soubassement, la maison est peinte et partiellement enduite à faux colombages. Ses façades sont animées ça et là de bow-window et de décrochements. La maison a été rénovée récemment et sert de dépendance au Château du Lac (2).

Villa Les Oeillets avenue des Merisiers 5 Genval 4.2020 © Annick Dedobbeleer

2020 | Avenue des Merisiers n° 5 © Annick Dedobbbeleer


VILLA LES HIRONDELLES

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1908/1914 | Avenue des Merisiers n° 6, coll. Philippe Godin 

En retrait de l’avenue des Merisiers, derrière une belle grille aux lignes rectilignes, cette imposante villa du début du XXe siècle se démarque dans le quartier du lac de Genval par son style éclectique, teinté d’Art Nouveau dans certains détails notamment des ferronneries (3).

→ RÉTRO RIXENSART | Villa Les Hirondelles, belvédère sur le lac


AVENUE DES MERISIERS n° 9

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Avenue des Merisiers n° 9 | coll. Ian Martin

Cette plaque en cuivre ou laiton de la S.A. Ponts, Tunnels & Terrassements Genval fait partie de la mémoire industrielle de Genval. En effet, Edmond Claeys fut membre du  ‘Groupe 36 Génie civil’ de l’Exposition Universelle et Internationale de Bruxelles 1958 et administrateur de la S.A. Ponts, Tunnels et Terrassements. Siège : ‘Sans-Souci’, avenue des Merisiers 9 à Genval.

D’autre part, Raymond Becquevort, industriel, né le 22 octobre 1886, ingénieur civil des mines, bourgmestre de Genval, Membre de la Chambre des Représentants (session 1949-1950) fut également administrateur-délégué de la S.A. Ponts, Tunnels et Terrassements.


(1) de GHELLINCK Bénédicte (WALLONIE DGO Aménagement du territoire, Logement, Patrimoine et Energie), Liste des biens repris dans l’Inventaire du Patrimoine Immobilier Culturel de la commune de Rixensart, 2009
(2) Ibid.
(3) Ibid.

Avenue Albert Ier

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Villa ‘Le Ravin’, située avenue Albert Ier 288 à Genval. Elle fut construite par N. Lacroix, qui  construisit également à Genval la villa ‘Les Bouleaux’, coll. Philippe Godin

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Villa ‘Le Joli Mai, coll. Hubert Desgain

Située au 286 de la avenue Albert Ier à Genval, cette villa a fait place pour la Résidence Les Terrasses. A gauche, la villa ‘Le Ravin’ (voir photo ci-avant).

Le Ravin avenue Albert Ier Genval 5.2019 © Francis Broche

mai 2019 | Le Ravin © Francis Broche

Avenue Albert Ier 288 et 286 Genval © Google 2019

2019 | Avenue Albert Ier


→ ARBORESCENCE | 5 Hêtres pourpres, l’avenue Albert Ier dégarnie

La Perche couverte, de la construction au classement

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1925/1928 | Construction de la Perche couverte, coll. Cercle d’Histoire de Rixensart

L’histoire du tir à l’arc à Genval remonte à 1922. Auguste Lannoye, patron des Papeteries de Genval, eut l’idée de créer un site où ses travailleurs pourraient s’adonner à ce sport plutôt qu’aller dépenser leur salaire dans les nombreux bistrots des alentours. En 1925 débutèrent les travaux de construction d’une tour de 36 mètres de haut destinée au tir sur perche.

L’entre-deux guerres paraît bien avoir été la dernière période de gloire des sociétés de tireurs à la perche et c’est à cette époque que se construisent, de ci de la, des perches couvertes. En gros, cela consiste à entourer une perche d’une enveloppe suffisamment importante à la base que pour permettre à plusieurs tireurs de s’y regrouper, suffisamment haute que pour surmonter une perche de près de 30 m, suffisamment étanche que pour la mettre à l’abri des intempéries et suffisamment solide que pour ne pas s’écrouler au premier coup de vent. La Wallonie en connut quelques-unes, en Hainaut, en Tournaisis et, plus proches de nous, la perche couverte des ‘Trois Colonnes’, qui disparaîtra en 1945, et la perche ‘semi-ouverte’ à proximité de la gare de La Hulpe.

Genvaloise, la dernière perche couverte du Brabant wallon surplombe depuis 1928 le site des anciennes Papeteries. On y dispute encore des concours de tir à l’arc vertical. Dans tous les villages du Brabant wallon, avant guerre, on trouvait 2 ou 3 perches de tir à l’arc en plein air, rappella René Vandiest, secrétaire du Cercle des Archers de Rixensart-Sainte-Croix. Il suffisait d’un arbre planté dans le sol sur lequel se balançaient les ‘oiseaux’ (…). Les gens des Papeteries avaient leur équipe d’archers, et j’en faisais partie. On pouvait gagner alors des caisses entières de papier peint. À l’époque cela valait une fortune (1).

1925/1928 coll. Cercle d’Histoire de Rixensart ↔ 2015 © Monique D’haeyere

Genval Vue panoramique Maubroux Exclusivité Au Cyclamen 20 rue de Rosières Genval partie 1 originale c Christian Lannoye

entre 1927 et 1935 | Splendide vue panoramique de Genval

De gauche à droite : l’avenue des Combattants, la rue des Lilas et la villa d’Auguste Lannoye et son épouse Marie Stévenart, la Perche, l’avenue Gevaert et la rue de Rixensart.

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coll. Philippe Godin

Photo prise à partir du clocher de l’église de Maubroux. A gauche la Perche. A droite, la tour à charbon, qui alimentait les locomotives à vapeur assurant le transport des marchandises des Papeteries de Genval.

1948/1950 coll. Philippe Godin ↔ 2011 © Bruno Marchal

Vues panoramiques des Papeteries de Genval, prises depuis le clocher de l’église Saint-Pierre de Maubroux. Au centre de la photo, la rue de Rixensart et ses maisons. A droite, la Perche couverte.

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mai 1951 © Dominique Delbrassinne

Cette vue panoramique des Papeteries de Genval a été probablement prise à partir de l’avenue Gevaert. Au centre, on reconnaît la Perche. On distingue à l’horizon la rue de l’Institut et le château d’eau de Rixensart. A l’avant-plan, encaissé dans la rue du Vallon, le Collège Notre-Dame des Trois Vallées ne dévoile que ses toits.

1990 coll. Cercle d’Histoire de Rixensart ↔ 2015 © Monique D’haeyere

Vues depuis la Colline du Glain sur l’actuel rond-point Yvonne Londoz (Gailly), la rue de Rixensart et les avenues Albert Ier/Franklin Roosevelt.

1995  coll. CHR ↔ 2013 © Monique D’haeyere

Étrange bâtiment que cette grande tour grise qui surplombe encore aujourd’hui le site des anciennes Papeteries de Genval. Construite entre 1922 et 1928, elle leur appartenait jadis avant de devenir la propriété de la commune de Rixensart. Un peu tordue, pas vraiment d’équerre, elle fut élevée avec les moyens du bord : 6 colonnes de béton ceinturées de poutres en bois lui assurent pourtant une assise solide. Les plaques d’Eternit qui la recouvrent à l’extérieur lui donnent même des allures de bâtiment industriel (2).

Ayant subi les assauts du temps, la tour couverte – seule à subsister en activité encore en Wallonie, devait être remise en état.

avant 1998 coll. CHR ↔ 1999 coll. Hommes et Patrimoine

Devenue propriétaire du site, la Commune de Rixensart décida pour des raisons de sécurité et de préservation de patrimoine de la rénover avec l’aide de la Région wallonne. Coût des travaux : 124.000 euros.

Architecte, je me suis occupé en 1998, de la rénovation indispensable de la Perche couverte pour le compte du Service travaux de la commune. La vue à 34 m était à couper le souffle. Le club existe toujours et un petit musée est accessible sur place, écrivit Pierre Gheux en mai 2015.

1999 © Josette Verbois-Thonnard ↔ mai 2016 © Monique D’haeyere

Depuis le rond-point Yvonne Londoz, prises de vue de la ‘dernière double perche couverte en activité en Wallonie’. De 35 mètres de haut, elle sert aux entraînements du tir à l’arc sur perches verticales à 33 mètres (3).

2008 | vue depuis la rue Auguste Lannoye © Eric de Séjournet
février 2013 © Christian Petit

Cette tour abrite deux perches permettant la pratique du tir à l’arc ou tir à l’oiseau. Cette construction se situe à l’arrière d’une petite maison villageoise occupée par le local du ‘Cercle des Tireurs– Rixensart Sainte Croix’ et par le musée du Tir à l’Arc de Rixensart. La tour, de plan carré et haute de plus de 27 m, est entièrement bardée d’ardoise, écrit Bénédicte de Ghellinck en 2009 (4).

Le 30 janvier 2019, le Conseil communal de Rixensart décida d’émettre un avis favorable sur le classement, comme monument, de la perche couverte (tir à l’arc), sise rue Auguste Lannoye 32 à Genval, considérant hormis les critères de rareté, d’intégrité et d’authenticité :

– l’intérêt social du bien : la pratique du tir à la perche incarne une culture traditionnelle et populaire vieille de plusieurs siècles, et la perche couverte dont question constitue un témoignage de la pratique du tir à la perche, activité populaire apparue au Moyen Age et particulièrement florissante jusqu’au milieu du siècle dernier

– l’intérêt paysager de la perche couverte qui s’intègre particulièrement bien à l’environnement paysager urbain de Genval et qui constitue pour les habitants un point de repère haut de trente mètres

Dans un communiqué daté du 12 février 2020, la Ministre wallonne en charge du Patrimoine annonça le classement de la « Tour de la Perche couverte de Rixensart » :

Haute de 33 mètres, la tour a été construite entre 1922 et 1928. Elle était destinée à offrir une activité sportive aux ouvriers. L’édifice en béton armé est entièrement recouvert d’ardoises artificielles rectangulaires. Il est en parfait état.

La tour est toujours en activité et a conservé sa fonction d’origine. Chaque hiver, des compétitions de tir à l’arc sur perches verticales y sont organisées. Elle est unique en Brabant wallon. Le tir à la perche rassemble la population autour d’une activité populaire. À travers les nombreux jeux et tournois, il incarne une culture traditionnelle et populaire de plusieurs siècles. Un musée a été ouvert dans l’édifice avec pour but de préserver la mémoire de ce sport national d’époque. Il garantit une activité régulière des lieux.

« Le bâtiment est aujourd’hui une partie intégrante du paysage local. Il est l’un des deux derniers exemples, de ce type de construction, conservés en Wallonie. Il rassemble encore les passionnés du tir à l’arc et participe ainsi à la vie associative et culturelle de la ville. » explique la Ministre Valérie De Bue (6).

 


→ OBJECTIF RIXENSARTLa Perche
→ VISAGES DE RIXENSARTMusée du Tir à l’arc 


(1) WILLOT Isabelle, La perche couverte de Genval, in Le Soir, 18 août 1995
(2) Ibid.
(3) Chroniques CHR n° 26 – 2ème trimestre 1996, p17
(4) WALLONIE DGO Aménagement du territoire, Logement, Patrimoine et Energie, Liste des biens repris dans l’Inventaire du Patrimoine Immobilier Culturel de la commune de Rixensart
(5) Conseil communal de Rixensart, Projet de classement, comme monument, de la perche couverte (tir à l’arc) sise rue Auguste Lannoye 32 à 1332 Rixensart, 30 janvier 2019
(6) DE BUE Valérie (Ministre wallonne du Patrimoine), La Perche couverte de Rixensart classée, in Communiqué de presse du 12 février 2020