Cérémonies du V-Day, 10 mai 1945

5831c-190596834010 mai 1945 | Cérémonies du V-Day
sur la Place communale de Genval devant le Monument aux Morts
coll. Cercle d’Histoire de Rixensart

Pour le cinquième anniversaire de l’invasion de la Belgique par les troupes allemandes pendant la Seconde Guerre mondiale (1), une manifestation patriotique rassembla devant le Monument aux Morts sur la Place communale de Genval les édiles communaux, les membres de l’Armée Secrète, du Front de l’Indépendance, du Mouvement National Belge, les familles des victimes et ceux qui attendaient encore un absent, des représentants des troupes britanniques, des jeunes filles habillées aux couleurs des alliés (2).

Cette manifestation patriotique, suivie d’un défilé dans les avenues de Genval, fut captée par une caméra de la famille Lannoye.


10 mai 1945 | Mise en place des troupes avant la cérémonie
coll. Fonds Lannoye

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L’été ’44 des Coenraets

1. Badge de l'Armée Secrète c Pascal Van Goethem.jpgAvant-propos

Les habitants de Rosières sont fiers de compter parmi eux une famille qui s’est illustrée durant la Seconde Guerre mondiale. En effet, les Coenraets ont, sous l’occupation allemande, rendu de grands services à l’Armée Secrète et à la Belgique.

« J’ai une énorme admiration pour l’esprit de résistance de mon père qui, déjà en 1914, passa à l’âge de 17 ans la frontière hollandaise pour s’engager comme volontaire. Je vénère également ma mère qui a toujours fait équipe avec mon père pour mener à Rosières la résistance aux côtés de la famille Pire, de Pierre van Haute et tant d’autres depuis le printemps 1944 », souligne Michel Coenraets, fils de Paul.

Après « Genval libérée ! septembre 1944 » (1), que j’ai édité en septembre 2016 sur Rétro Rixensart, je publie ici une trentaine de notices illustrées, consacrées à la famille Coenraets qui, durant l’été 1944, a fait preuve d’exemplarité et de courage pour aider le Quartier Général de l’Armée secrète à s’installer à et fonctionner depuis Rosières.

Afin de contextualiser ce reportage, je retrace les événements du débarquement sur les plages de Normandie en juin 1944 à la libération de nos communes en septembre 1944. L’accent est mis sur les acteurs de cet épisode de la Seconde Guerre mondiale : l’Armée Secrète au QG de Rosières, l’avancée de la 2ème Division blindée US, la retraite de la Schwere SS-Panzer-Abteilung 102, la libération du Brabant wallon.

Mes remerciements vont à la famille Coenraets et à toutes les sources citées qui, « à l’écoute des témoins, deviennent témoin à leur tour » (Elie Wiesel). Et en particulier à Roger Ghyssens du Cercle d’Histoire de Rixensart qui, en 1994, publia une série d’articles à l’occasion du « 50ème Anniversaire de la Libération », mais également à Pierre van Haute-Pire, ambassadeur honoraire qui, dans son essai « Armée Secrète 1940-1945 », met en exergue le courage de la Résistance en Belgique. Enfin et surtout, j’adresse mes remerciements à Pascal Van Goethem, cameraman, chef opérateur, chef technique multicaméra, stéréographe et … habitant de Rosières. Il est l’arrière-petit-fils du général Jules Pire, commandant de l’Armée Secrète (2). Sur base des archives familiales et du Musée Royal de l’Armée, de photos et témoignages, il a réalisé un documentaire vidéo remarquable sur l’Armée Secrète, entre 1940 et 1945. Les trois épisodes de « L’Armée Secrète et l’or du silence » peuvent être visionnés sur secretarmy.net (3)(4)(5).

« L’ÉTÉ ’44 DES COENRAETS » est dédié à tous ceux qui, dans notre commune de Rixensart, ont courageusement donné leur vie ou leur sang pour la liberté.

20130822 Eric dSdR © Isaline de Vuyst-001 copie.jpgEric de SÉJOURNET (6)

 

 

 

 

 


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(1) de SEJOURNET Eric, Genval libérée ! septembre 1944, in Rétro Rixensart, septembre 2016
(2) photo badge Armée Secrète, collection Pascal Van Goethem
(3) VAN GOETHEM Pascal, L’Armée Secrète et l’or du silence : le contexte de l’occupation, novembre 2016 | Episode 1 (55 min) : Après une brève introduction, cet épisode aborde l’univers militaire et familial du général Pire ainsi que la débâcle de 1940, autrement dit la défense de la Belgique avec ses alliés. Il est question aussi du parcours de la famille du général et d’autres jeunes tandis que les militaires sont au front. Chacun trouve sa voie dans une société qui explose au propre comme au figuré.
(4) VAN GOETHEM Pascal, L’Armée Secrète et l’or du silence : la guerre secrète, décembre 2016 | Episode 2 (48 min) : Les débuts difficiles de l’Armée Secrète sous l’occupation. Propagande, famine, collaboration, journaux clandestins, intrigue politique et plus encore…
(5) VAN GOETHEM Pascal, L’Armée Secrète et l’or du silence : double jeu, janvier 2017 | Episode 3 (51 min) : Après de lourdes arrestations (épisode 2), l’armée secrète semble affiner sa voie dans la clandestinité, le baratin  et surtout le double jeu. Néanmoins, ce dernier coûte souvent cher. Le général Jules Pire installe son QG à Rosières et renforce l’Armée de Belgique en vue d’aider les forces alliées à la reconquête.
(6) de SÉJOURNET Eric | officier du Corps de la Logistique (1974-1987), chef du Service de Presse des Forces armées belges (1987-1993), concepteur de Mediascore © (outil d’évaluation des retombées médiatiques), conseiller de presse de la Défense (1993-2007) et du Chef de la Défense (2003-2007), conseiller communal à Rixensart (2012-2016), conseiller de la Zone de Police Lasne, La Hulpe et Rixensart (2012-2016), coprésident de Proximité (depuis 2017). Depuis 2008, éditeur de sites Internet participatifs mettant en valeur la vie associative (Visages de Rixensart), l’histoire locale (Rétro Rixensart) et le patrimoine naturel, architectural et paysager rixensartois (Objectif Rixensart, primé en novembre 2009 par la Région Wallonne et la Fondation Roi Baudouin). Cofondateur de l’association citoyenne Arborescence.

Sommaire 


I | Présentation de la famille Coenraets

II | L’Armée Secrète se prépare

III | Le QG de l’Armée Secrète s’installe à Rosières

IV | Quand sonne la délivrance

V | Sabotages dans le Brabant wallon

VI | De l’efficacité de l’Armée Secrète

VII | La guerre du renseignement militaire bat son plein

VIII | Les Belges recouvrent leur liberté

X | Genval libérée !

XI | L’après Libération

XII | La reconnaissance de l’Armée Secrète

 

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1646 à 1647 | Papeteries de Genval

20170322. 1948 ca Le premier wagon entre à l'usine de Genval c Fonds Lannoye (Ed. Rétro Rixensart).jpg

Un trafic intense par wagons-portés et par camions s’établit entre la gare de Genval et l’usine. Celle-ci provoquant chaque jour un mouvement total de marchandises de plus de 400 tonnes (soit l’équivalent de 40 wagons).

20170322B. 1948 ca Le premier wagon entre à l'usine de Genval c Fonds Lannoye (Ed. Rétro Rixensart)_2.jpg

Le Mwami de l’Urundi visite les Papeteries de Genval

1630. 1950 juillet Le Mwami de l'Urundi visite les Papeteries de Genval (journal du dimanche 16 juillet 1950) c Fonds Lannoye (Ed. Rétro Rixensart).jpg

En juillet 1950, le Mwami (1) de l’Urundi effectua une visite des Papeteries de Genval. Il fut accueilli dans la cour d’honneur par Jacques Lannoye, administrateur-directeur des Papeteries (2).

Certes, la photo extraite du journal Le Soir du 16 juillet 1950 est de qualité ‘papier journal’, mais l’intérêt réside principalement dans le style journalistique du reportage, propre aux années ’50. Le journaliste apporte surtout un témoignage éclairant sur le fonctionnement de l’usine. 

Cet après-midi, les drapeaux flottent sur les imposantes installations des Papeteries de Genval, et le soleil, ce matin boudeur, a fait une estivale réapparition. Aux abords des usines. un groupe s’est formé pour assister à l’arrivée du Mwami, dont le séjour en Belgique comprend la visite d’importantes réalisations industrielles et agricoles du pays.

Vers seize heures les voitures, qui ont conduit jusqu’ici le Mwami, sa suite et des personnalités du ministère des Colonies, font sur leur entrée dans la cour d’honneur des Papeteries, accueillies par M. Jacques Lannoye, administrateur-directeur des usines, par M. André de Walque, directeur du Service social. etc. Le Mwami était, par ailleurs, entouré de M. Stubbe, chef de cabinet adjoint au ministère des Colonies, de MM. Krentz, commissaire de district, Masure, secrétaire d’Administration.

Les présentations faites, la visite des installations industrielles commença, à travers cette ville-usine qui s’étend sur plusieurs hectares. Témoignant du plus vif intérêt pour les multiples aspects de la fabrication du Balatum et du papier-peint le Mwami ne cacha pas son admiration. Un des membres de sa suite nous dira : « Il apparaît clairement que la volonté de réaliser une chose parfaite est au départ de cette entreprise ».

La visite débute par la salle où se déroule le feutre imprégné. Les immenses rouleaux de deux tonnes et demie dévident les Iarges rubans noirs, partant vers les diverses étapes d’où ils sortiront revêtus de dessins et de couleurs, ayant passé tour à tour par des séchoirs ou ils se développent comme en immenses tentures dans une atmosphère tropicale …

On passe ensuite par les machines à enduire et à imprimer où le feutre reçoit son revêtement qui fera le charme des appartements. Mais ce n’est qu’à la sortie d’un dernier séchoir qu’on les voit sous cet aspect, alors que s’achève le long voyage transformateur, sur la table de triage. Le Mwami s’attarde devant ce spectacle qui ne manque pas d’être impressionnant, la machine débitant le Balatum achevé, le découpant en rouleaux destines à la vente. La curiosité des hôtes des Papeteries ne sera pas moins éveillée par le travail minutieux de la gravure et des coloristes, par ces rouleaux artistement et minutieusement garnis de leurs dessins aux reliefs de laiton, grâce auxquels le papier recevra sa garniture. Car vient alors la salle des impressions avec leurs énormes rotatives où couleurs et dessins se mélangent et se joignent pour former une variété inouïe de modèles, répondant aux goûts les plus difficiles. Longuement, le Mwami se fait expliquer le fonctionnement de ces « presses » féeriques, ainsi qu’il en sera devant la gigantesque machine à fabriquer le feutre.

Comme il en est pour le Balatum, le papier se forme, lui aussi, en draperies pour le séchage. Les grosses bobines de papiers-peints gagnent la salle de gaufrage, et le travail de bobinettage et d’emballage. On longe les magasins de stock qui contiennent des millions de rouleaux. Quand on sait que le contrôle du papier-peint se fait à raison de 300 à 350 rouleaux à l’heure. et par bobineuse, que la quantité de matières premières traitées est de l’ordre de 300.000 kilos par jour, que tout ce qu’utilise l’usine est fabriqué sur place, que les Papeteries de Genval comptent des usines en, Hollande, en Allemagne, en Suisse, en France, en Angleterre, en Irlande, en Suède et aux Etats-Unis, on peut se rendre compte de leur importance dans l’économie du pays .

Aussi bien, le Mwami, sa suite et les personnalités qui les accompagnaient, allèrent-ils de surprise en émerveillement, ne quittant qu’à regret les vastes usines des Papeteries de Genval.

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(1) Mwami : titre royal au Rwanda et au Burundi 
(2) Le Miami Mwambutsa se rendit pour la première fois en Belgique en 1950. L’Europe l’impressionna beaucoup; ils pris conscience de sa forte position vis-à-vis des hautes autorités de la tutelle. Il en retint surtout que l’Europe était un incomparable lieu d’amusements bien fait pour occuper ses nom deux loisirs. Aussi, il se promit d’y revenir souvent (3)(4).
(3) Le Mwami se trouvait en Belgique au plus fort de la question royale belge, bien que son voyage eut été remis à diverses reprises pour ce motif.
(4) GHISLAIN Jean (ancien Administrateur de Territoire au Burundi), La féodalité au Burundi, in Académie Royale des Sciences d’Outre-Mer, Bruxelles 1970