La Place du Bourgeois, triangulaire

501. La Place à Bourgeois Rixensart © JCR

après 1911 | La Place du Bourgeois, coll. Jean-Claude Renier

Se référant à d’anciennes cartes postales comme celle-ci, André de Walque écrivit à propos de l’église Saint-François-Xavier qu’elle était cachée dans les frondaisons de très grands arbres dont le nombre et la hauteur lui donnaient le même charme que celui dégagé actuellement par la place d’Ohain.

L’église paroissiale se dresse sur un espace triangulaire appelé autrefois place Saint-Roch et aujourd’hui place Cardinal Mercier (1). Ravissante et pittoresque, la place du Bourgeois doit son charme aux arbres dont elle est plantée sur toute sa surface. Sous les ombrages, l’instituteur a lâché ses clampins (2).

avant 1912 ↔ 2013 © Monique D’haeyere

D’après les notes de l’abbé Charles Paridaens (1861-1924), le second curé de l’église Saint-François Xavier (de 1889 à 1924), la grande partie de la population était occupée dans l’industrie du bâtiment : maçons, plafonniers, menuisiers, une petite partie se livrait à l’agriculture ou au commerce. Il existait également une main-d’oeuvre qui se livrait, à domicile, au tissage d’étoffes de laine ou de coton pour un maître commun. D’après Tarlier et Wauters, en 1860, le tissage du coton occupait une centaine d’ouvriers à la fabrication du basin.

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1923/1925 | Grand’Place à Bourgeois, coll. Anne-Marie Delvaux et Mauricette Derelly

De jeunes arbres sont plantés devant l’église Saint-François-Xavier et sur la Place de Bourgeois. Ce n’est qu’en 1925 que la nef fut allongée d’une dizaine de mètres et que la tour fut construite (3).

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1923 | Vue à partir de la rue du Moulin vers la rue Saint-Roch, coll. Monique D’haeyere

coll. Jean-Claude Renier ↔ juin 2011 © Monique D’haeyere

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2013 © Cedric Muscat


→ RÉTRO RIXENSART | Bourgeois, naissance d’une paroisse
→ RÉTRO RIXENSART
| Place Cardinal Mercier, son kiosque et son rond-point
→ RÉTRO RIXENSART | Bornes-fontaines à Bourgeois, ressources communes
→ RÉTRO RIXENSART | Sur les traces de l’enseignement au Bourgeois
→ RÉTRO RIXENSART | Monument dédié au Roi Soldat
→ OBJECTIF RIXENSART | Place Cardinal Mercier
→ ARBORESCENCE 
| Place de Bourgeois, métamorphoses


(1) GHISTE Ann, enseignante à Rixensart in www.pastorale-scolaire.net
(2) RENOY Georges, Genval, La Hulpe et les environs en cartes postales anciennes, Bibliothèque Européenne – Zaltbommel, Pays-Bas, 1972
(3) DELBRASSINNE Jean-Pierre, Si Bourgeois m’était conté …, 21 juillet 2004

Bornes-fontaines à Bourgeois, ressources communes

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après 1909 | Le Coin perdu de Bourgeois (à Rixensart et non à Genval)
coll. Jean-Claude Renier

Partant de la place Cardinal Mercier, la rue du Baillois, sinueuse, nous conduit au Coin Perdu (1) … et à sa borne-fontaine.

«En 1873, un réseau de pompes et de puits publics fut installé à Rixensart, afin d’améliorer l’hygiène de la population. Chaque point collectif d’approvisionnement en eau potable fut surveillé par un responsable du conseil communal. En effet, le conseil constata la négligence des habitants et certains abus des enfants, qui par jeu, gaspillèrent l’eau en pompant inutilement.

Le réservoir d’eau potable, relais et complément du château d’eau de Rixensart, rue du Plagniau, fut érigé au Bourgeois en 1901. Ce réservoir en maçonnerie entouré de remblai de terre gazonnée servait de relais. Il était situé à la cote 113. Il eût mieux valu, à cette époque, construire le château d’eau au Bourgeois dont la cote d’altitude est de 113 m plutôt qu’à Rixensart qui se trouvait à la cote 96, une pression plus forte eût été atteinte.

En 1905, la commune fut entièrement desservie en eau et les anciennes pompes furent remplacées et même multipliées par des bornes-fontaines pour les habitations non raccordées au réseau.

Le charme de l’endroit est qu’il est resté village, qu’on y entend encore parler wallon, que tout le monde se salue et semble se connaître. C’est aussi le paradis des promeneurs qui y trouvent des sentiers, piedsentes en vieux français et ‘pichintes’ en wallon. Ceux-ci permettent de découvrir, au fond des creux, à flanc de coteau, ‘le coin perdu’ que les lotisseurs ont épargné» (1).

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1911 | Place de l’Église et sa borne-fontaine, coll. Francis Broche

Le Conseil communal de Rixensart prêta une attention toute particulière aux pompes publiques : Attendu que de grandes réparations deviennent fréquemment nécessaires aux pompes publiques établies sur les puits communaux, par suite de la négligence des habitants et par l’abus de ces pompes dont les enfants font un jouet en pompant l’eau inutilement et en jetant des pierres dans la colonne (…) il est nommé, pour chaque pompe, un membre du Conseil communal qui en a la surveillance, à savoir : (…) Mayné, Eloi, surveillant de la pompe place de Bourgeois (…). Tout en surveillant les pompes, ces messieurs seront chargés de commander toutes les réparations des pompes publiques, la répartition se faisant entre tous les habitants profitant de la pompe réparée d’après le nombre des bêtes qu’ils nourrissent (2).

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2013 © Monique D’haeyere

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1910 | Café de la Rose d’Or (Edition Petit-Simonet), coll. Jean-Louis Lebrun

A droite, la borne-fontaine, qui distribuait l’eau potable.

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début XXe | La rue Haute à Bourgeois est en travaux © Elisabeth Taburiaux

A gauche, une fontaine publique. Au centre, l’habitation d’Edouard Taburiaux et Joséphine Desteinbachberick, tous deux enseignants à l’école publique de Bourgeois.

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mars 2014 © Monique D’haeyere

1320. Chapelle Sainte-Barbe à Bourgeois Collection Cercle d'Histoire de Rixensart

début XXe | Paysage à la chapelle Sainte-Barbe, coll. Cercle d’Histoire de Rixensart

La borne-fontaine (1878) et la chapelle Sainte-Barbe (1877), toutes deux situées rue du Baillois à Bourgeois, à l’angle de la rue Dyna Beumer (3).

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1924 | Chaussée de Lasne à Bourgeois
coll. Jean-Louis Lebrun

A droite, la borne-fontaine située à l’angle de la rue du Roi et de la chaussée de Lasne.

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L’entrée du village (actuellement chaussée de Lasne)
coll. Jean-Louis Lebrun

L’entrée du village de Bourgeois, à hauteur de l’actuel carrefour de Renipont. A gauche de la photo, une borne-fontaine.

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1923 | La Place, rue du Moulin
coll. Monique D’haeyere

A gauche, la borne-fontaine de la Place de Bourgeois, qui y fut installée en 1873. Eloi Mayné, conseiller communal, en fut le responsable (4). Au centre de la photo, la rue Saint-Roch.

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2013 © Monique D’haeyere

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après 1925 | Grand’Place à Bourgeois (5)
coll. Mauricette Derely

Dès les années 30, déjà, pendant les mois d’été et du fait de l’accroissement de la population, seul un mince filet d’eau daignait s’échapper des robinets. En 1959, le nouveau château d’eau fut construit au Bourgeois, enfin à la bonne altitude, et l’ancien sera démoli peu après.

En mai 1940, les installations de pompage furent fortement endommagées au cours des combats. Les robinets furent muets. Tout le village se retrouva aux sources avec cruches et seaux. Il y eut des sources au château, à la perche du tir à l’arc, aux étangs Gillet, au bas de la bruyère du Glain, à la Bassette … Si les trajets furent fatigants et la corvée fastidieuse, en contrepartie on causa, on papota, on échangea dès nouvelles vraies et souvent fausses mais on refît connaissance. La procession des porteurs d’eau dura une partie de l’été.

Ces pompes, devenues fontaines par la suite, furent supprimées en 1946 (7).

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janvier 2013 © Monique D’haeyere


(1) Le charme de l’endroit est qu’il est resté village, qu’on y entend encore parler wallon, que tout le monde se salue et semble se connaître. C’est aussi le paradis des promeneurs qui y trouvent des sentiers, piedsentes en vieux français et ‘pichintes’ en wallon. Ceux-ci permettent de découvrir, au fond des creux, à flanc de coteau, ‘le coin perdu’ que les lotisseurs ont épargné (7).
(2) Les Feuillets historiques n° 7 de Bourgeois (sans précision de date du Conseil communal)
(3) HOMMES ET PATRIMOINE, De potales en chapelles. Au gré des chemins de Genval, Rixensart et Rosières, Amélie Mélo Editeur, Collection Mémoire, 2000
(4) BUFFIN Paul, Portrait des rues de l’ancienne commune de Rixensart, 1996
(5) Ce n’est qu’en 1925 que la nef de l’église Saint François-Xavier fut allongée d’une dizaine de mètres et que la tour fut construite (6).
(6) de WALQUE André, Un siècle à Bourgeois 1877-1977, Rixensart, p. 14, 1977
(7) BUFFIN Paul, Portrait des rues de l’ancienne commune de Rixensart, 1996

773. Eglise Saint-François-Xavier

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Eglise Saint-François-Xavier, après la seconde transformation faite en 1956. «Les plans furent dressés par l’architecte Roger Mayné, de Rixensart, et les travaux furent l’oeuvre de l’entrepreneur François Mortier, de Rixensart», écrit André de Walque (XIX, p. 14).

«Les importants travaux entrepris à cette époque ne purent l’être que grâce à la générosité du docteur Lucien Dessy, ancien bourgmestre de Rixensart, président du conseil d’administration des Papeteries de Genval, qui, par ses dispositions testamentaires, avait fait mettre une somme de F 1.500.000 à la disposition du Conseil de fabrique. L’ensemble des travaux exécutés dépassa deux millions, la différence étant entièrement supportée par la générosité des paroissiens».

716 | L’Eglise

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début 20ème siècle – L’Eglise Saint-François-Xavier à Bourgeois.

Contrairement à une légende entretenue par certains au siècle dernier (1), Monseigneur (2) Xavier de Merode n’a pas fondé la paroisse Saint-François-Xavier, il était d’ailleurs mort depuis plusieurs mois lors de la première démarche tendant à la construction d’une église à Bourgeois. Aucune trace n’a été trouvée de dispositions en ce sens, peut-être sa soeur, la comtesse de Montalembert, qui l’a assisté dans ses derniers moments, a-t-elle recueilli un souhait qu’il lui aurait confié. Quelques heures avant de mourir, il déchira son testament, dicta de nouvelles dispositions en faveur de son frère, s’en remettant aux siens de continuer et d’assurer toutes ses oeuvres de foi et de charité (3).

Voir photos 142, 287, 333, 501, 585 et 592.

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5.2014 © Christian Petit

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(1) XIXème siècle
(2) L’appellation ‘monseigneur’ réfère ici à la fonction ecclésiastique remplie par le comte Frédéric Xavier de Merode. En effet, le terme de ‘monseigneur’ est donné aux simples prélats non-évêques de la cour papale. Les Merode ont obtenu le 25 avril 1930 l’autorisation de porter le titre de prince. Toutefois, n’étant pas issus d’une famille royale ou régnante, ils doivent être appelés simplement ‘prince’ et non ‘monseigneur’ (4)
(3) BESSON, Mgr. Xavier de Merode, sa vie et ses oeuvres, Desclée, de Brouwer et Cie, 1898, p. 260 in de WALQUE André, Un siècle à Bourgeois 1877-1977, Rixensart, 1977 (XIX)
(4) A.N.R.B., Usages et coutumes de la noblesse, Bruxelles 1983