A la Libération, des Rixensartois accueillirent des soldats britanniques

Le 4 septembre 1944, Genval, Rixensart et Rosières sont libérées par l’avant-garde de la 2e Division blindée des Etats-Unis. La ville de Wavre, elle, le sera grâce à l’intervention du 2e Bataillon des Welsh Guards de l’armée britannique.

Marcelle Dupuis, fille du garde-champêtre Herman Dupuis, raconte : « Quand les Américains sont arrivés à Rixensart, nous sommes allés les voir. J’ai pu monter sur un char et j’ai reçu du chocolat, du pain d’épice. Le campement des Américains se trouvait au bois du Calvaire, au Sud du château de Merode. Je me souviens que j’allais leur donner des tomates fraîches du jardin … à l’insu de mes parents. Leurs uniformes étaient plus beaux que ceux des Anglais. 

Ensuite, les troupes anglaises vinrent relayer les forces américaines à Rixensart. Des soldats furent hébergés chez l’habitant. Ceux-ci venaient passer la nuit dans un bon lit, à la place d’un lit de camp sous tente. Ils regagnaient leur campement au matin. Ces soldats étaient vraiment accueillis comme des membres de la famille ».

1944 | Eddy Chilcot et Charly Web

Au n°17 de la rue de Limal, trois soldats furent hébergés dans la famille Mayné – Dupuis : Eddy Chilcot (cuisinier), Charly Web (originaire de Londres) et Jack (originaire de l’Île de Man). Ces derniers restèrent six semaines en Belgique. Malheureusement, ils ne purent passer la Noël chez eux car ils furent appelés au front à cause de l’offensive von Rundstedt dans les Ardennes belges. 

Ce diaporama nécessite JavaScript.

1944 | Charly Web au volant de son camion + Herman Dupuis, Charlie Web, Juliette Mayné, et Marcelle Dupuis + Herman Dupuis (garde champêtre à l’époque), Juliette Mayné, son épouse, et Charlie Web. La photo a été prise dans le champ où se trouve l’avenue Albertine. A l’arrière-plan, on aperçoit les toits des maisons de la rue de Limal, coll. Marcelle Dupuis

Marcelle Dupuis poursuit son témoignage : « J’avais huit ans le 6 décembre 1944 et je me souviens avoir reçu pour ma Saint-Nicolas de beaux jouets : une petite machine à coudre, une petite armoire de cuisine,… Eddy, qui était cuisinier, nous apporta des victuailles. Nous recevions du chocolat, du thé, du chewing-gum. C’est ainsi que nous apprenions à boire du thé avec du lait ».

Le campement anglais était situé près de la ferme de Froidmont et plus précisément dans le champ longeant le Chemin du Meunier, à partir du haut de la rue de Limal vers l’actuelle avenue de l’Europe. Un canon se trouvait près de leur campement.

Chemin du Meunier + Château Dubost

Pour ces soldats, la cantine était installée au château Dubost (ou du Bois Là-Haut), qui était situé rue Albert 1er (maintenant rue du Monastère). Ce château fut détruit et a fait place ensuite à un terrain de football,… qui n’existe plus maintenant.

1944 | Edwin Skelly ↔ 1989 | Edwin Skelly, photographié avec sa fille Angela devant une locomotive du chemin de fer à vapeur sur l’Île de Man, coll. Jean-Claude Renier

Au n°21 de la rue de Limal, chez la famille Mayné – Renier, c’est Edwin Skelly, originaire de l’Ile de Man qui fut hébergé.

Jean-Claude Renier se souvient : « En quittant la Belgique en 1945, Edwin Skelly était persuadé qu’il ne reviendrait jamais en Belgique, car son domicile était trop éloigné. Il habitait Onchan, au nord de Douglas, sur l’Ile de Man. Néanmoins, en 1968, il est quand même passé par Rixensart pour revoir ceux qui l’avaient hébergé pendant plusieurs semaines à la fin de la guerre. Edwin s’était arrêté dans un café du centre de Rixensart qu’il avait bien connu durant la guerre, au coin de la rue Alphonse Collin et de la rue Robert Boisacq. En 1970, ce café s’appelait le ‘Matchi’. Auparavant, dans les années 1950, ce café était tenu par Joséphine Delpierre, dont le sobriquet était ‘Fine Poumon’. Son frère, Gustave Delpierre était chasseur et je le voyais souvent passer dans la rue de Limal avec sa Vespa de couleur rouge, le fusil en bandoulière. Edwin avait appris dans ce café le décès récent de mon grand-père Alphonse Mayné. De là, il ne lui fut pas difficile de retrouver mes parents qui l’avaient hébergé. Mais, il y avait aussi une autre raison de son passage par Rixensart : il allait rendre visite à une de ses filles, Susan, qui avait épousé un Allemand ».