La forge Socquet, bêches et pelles

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Couverture du catalogue des outils ‘Le moulin à vent’
de la forge Socquet, sise rue de l’Institut à Rixensart
coll. Joséphine Blomme

Vers 1960/61, alors que j’étais en 3ème ou 4ème année primaire à l’Ecole du Centre à Rixensart, notre classe visita la forge Socquet, sise rue de l’Institut 14 à Rixensart. Cette forge artisanale fabriqua des outils en acier trempé. Préparée par mon instituteur Paul Gilson, cette visite m’avait beaucoup impressionné : la chaleur du four et le tintamarre qui régnait dans l’atelier,  raconte Jean-Claude Renier.

Deux frères forgerons, installés depuis le début du 20ème siècle, décident de se reconvertir, leur métier de forgeron semblant menacé par l’expansion de l’automobile. Ils commencent la fabrication de bêches et de pelles en 1919. L’affaire, de très locale au début s’étend en Belgique ainsi que le renom de leur marque ‘Le Moulin’. En 1946, le successeur, le fils, modernise l’outil et exporte au Congo Belge, l’entreprise est prospère (1).

Jean Socquet (1923-2013), le petit-fils d’Arthur, et Jean Francis, travaillèrent également dans l’entreprise familiale. Jean Socquet cessa ses activités à 71 ans en 1994. Son épouse était la fille d’un forgeron qui confectionnait des fers à cheval. Joséphine Blomme, l’épouse de feu Jean Socquet, habite rue de l’Institut dans une maison se situant à côté de l’atelier. Ce dernier abrite aujourd’hui une ferronnerie. Elle raconte : Nous fabriquions notamment des pelles sous le nom ‘SOCQUET FRERES’ marqués d’un logotype représentant un moulin à vent. Elles étaient munies de manches provenant de la fabrique ‘Donnay’ de Couvin. Nous fabriquions également des bêches de différents types, des pelles à sable, des courbets, et des machettes destinés pour le Congo. Nous avons même fabriqué des pelles à neige en aluminium. Nous achetions l’acier chez Cockerill, par la suite il provint d’Angleterre. Nous fournissions e.a. les quincailleries ‘Moucheron’ et ‘Jadouille’ de Wavre.

Un autre atelier à Rixensart assura une saine concurrence, à savoir ‘Les Ateliers Thomas’, appartenant à la quincaillerie Dedeyn. La forge (1890) se transforma en fabrique d’outils, tels que bêches, pelles, pioches, houes … qu’un marteau pilon façonnait à grand fracas. Cette activité cessa en 1951 (2).

Reportage photographique et brochure de la forge Socquet Frères

 

vers 1990 © Paul Gilson

Photo 1 : le four
Photo 2 : Jean Socquet a introduit deux pelles à sable dans le four
Photos 3 et 4 : Jean Socquet travaille sur la presse multifonctions et forme une pelle à la presse
Photos 5 et 6 : Jean Socquet estampe une pelle et affute et poli une pelle
Photo 7 : Jean Francis à l’ouvrage
Photo 8 : mise en forme d’une pelle par Jean Socquet
Photo 9 : Jean Francis retire une pelle du four
Photo 10 : trempage de la pelle au sodium 275 à 300°C
Photo 11 : presse pour former la douille de la pelle, ainsi que sa découpe
Photo 12 : les pelles sont prêtes à être livrées

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Rue de l’Institut à Rixensart
(la maison couverte de boiseries est à l’emplacement exact de la forge Socquet)
2014 © Jean-Claude Renier

 

Extrait du catalogue des outils ‘Le moulin à vent’

La forge Soquet rue de l'Institut c Joséphine Blomme (via JCR) - 2La forge Soquet rue de l'Institut c Joséphine Blomme (via JCR) - 4


(1) BUFFIN Paul, Portrait des rues de l’ancienne commune de Rixensart, p. 26, 1996
(2) Ibid., p. 40