Herman Dupuis, garde champêtre

338. Garde champêtre Herman Dupuis Collection Dupuis Delbrassinne

Herman Dupuis, garde champêtre (à gauche),
accompagné des gendarmes Nestor Hamels et Laloux
coll. Dupuis-Delbrassinne

Cette photo a été prise à l’entrée de l’ancienne Maison communale de Rixensart, sise Place de la Vieille Taille.

Le garde champêtre était un fonctionnaire ayant pour mission la protection de la campagne. Il exerçait ses missions de police rurale. Il pouvait, en temps qu’officier d’état civil, solliciter l’aide des gendarmes, assisté de certains gardes spécialisés (pêche, chasse, bois et forêts,…).

Gentiment et avec bienveillance, Herman faisait régner l’ordre dans sa commune. C’était un homme respecté.

756. Herman Dupuis Ferme Delpierre_2

Herman Dupuis, garde champêtre à Rixensart,
photographié Place de la Vieille Taille.
(en arrière-plan, la ferme Delpierre)
coll. Dupuis-Delbrassinne

C’est lui qui est venu me remettre l’ordre de mission pour aller faire mes ‘trois jours au Petit Château à Bruxelles’ en vue du service militaire, raconte Jean-Claude Renier. Lorsque que j’étais enfant et que je me rendais chez lui, ses armes (un revolver et une matraque) m’impressionnaient. De plus, dans un coin de la salle à manger, je le regardais parfois remplir ses rapports sur une machine à écrire mécanique. Lorsque les forains s’installaient à Rixensart, soit sur le parking de la gare ou Place Communale (Vieille Taille) et au Bourgeois, c’était lui qui allait désigner leur emplacement. J’étais ravi lorsqu’il me donnait des tickets gratuits pour aller sur la foire.

837. Herman Dupuis rue de Limal en A2 Hotel de l'Yser la gare maisons de la rue de la Ferme

vers 1950 | Herman Dupuis, garde-champêtre à Rixensart
coll. Marcelle Dupuis

354. Herman Dupuis garde-champêtre à Rixensart vers 1950 © Delbrassinne
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vers 1950 | Herman Dupuis, photographié rue de Limal
sur son vélomoteur Puch de teinte rouge bordeau.
Observez ces pavés blancs en pierre de Gobertange
que les anciens nommaient en wallon ‘les ‘tchapias boules’
coll. Dupuis-Delbrassinne

Marcelle Dupuis, la fille d’Herman, témoigne : Pendant la dernière guerre, il se rendait à Nivelles, à vélo, pour faire signer des registres. En outre, durant la guerre, il sauva la vie de quelques familles Juives des griffes nazies, grâce à sa prévention et, il faut l’avouer, non sans péril. Celles-ci lui marquèrent leur reconnaissance, bien des années après.

Il fut un des premiers habitants de la rue de Limal à avoir le téléphone. Il avait son bureau à la Maison communale de Rixensart. Retraité en 1970, il fut élu conseiller communal dans les années qui suivirent. Il obtint 600 voix.

Bref historique de la fonction de garde champêtre (1)

Le métier de garde-champêtre a disparu après six siècles d’existence. La fonction de garde des ablais (blés coupés) avait été créée en 1369 par Charles V. Le nom du protecteur des campagnes a changé plusieurs fois jusqu’à la loi du 3 messidor, An III qui imposait un garde-champêtre par commune. Il est bon de se souvenir que nos gardes-champêtres et nos agents de quartier effectuaient avec bonhomie un travail de prévention qui évitait bien souvent la répression. Ils sillonnaient nos villages et nos champs, veillaient à l’échardonnage, surveillaient les gamins chapardeurs et connaissaient toutes les disputes de voisinage.

Celui-ci travaillait sous la direction du Bourgmestre, chef de la police administrative et du Procureur du Roi pour les missions judiciaires. La fonction de garde-champêtre n’existe plus de nos jours, depuis la réforme des polices (1er avril 2001).

Les grades de la police rurale 
: le garde-champêtre portait un insigne représentant, un gland cerné de 2 branches de chêne Le garde-champêtre en chef portait cet insigne avec une étoile en dessous. Le Brigadier-champêtre, l’insigne du garde-champêtre avec une barrette en dessous.


(1) Nostalgie lustinoise