730 | Rue de la Station

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1910/1920 – Villa Ainssy (Villas Mary-Ann et Raymond), autrefois sise rue Neuve/rue de la Station (actuellement, avenue des Combattants 152 et 154 à Genval).

« Mon grand-père maternel, Pierre Van Welssenaers, à l’époque Colonel de Cavalerie (1er Chasseurs à Cheval), achète cette propriété en date du 28 août 1939 pour un montant de deux cent soixante mille francs’, raconte Philippe Jacquet (1). L’acte d’achat mentionne

– une grande propriété de ville et de campagne dénommée ‘Villa Ainssy’ ci-devant ‘Villa Mary-Ann’ située avenue des Combattants, numéro 152, contenant en superficie un hectare vingt-sept ares nonante neuf centiares quarante neuf dix-milliares, comprenant jardinet devant l’habitation, entrée carrossable vers le garage, maison d’habitation à deux étages avec toutes dépendances, habitation du chauffeur avec dépendances, jardin, verger, pré et étang, limitée vers le fond par la rivière la Lasne

– une propriété étant la villa dénommée ‘Villa Raymond’ située à côté de la propriété précédente, cotée avenue des Combattants, ci-devant rue Neuve, numéro 154, contenant une superficie de 6 ares cinquante quatre centiares nonante neuf dix-milliares comprenant jardinet devant l’habitation, maison d’habitation à deux étages, jardin et dépendances.

La maison dont question était peu de temps avant une pension de famille, annexe du ‘Family Hotel’ de Bruxelles, situé rue des Drapiers aux numéros 22 et 24. Elle était alors située, comme on le voit sur d’anciens documents, au numéro 132 de la rue de la Station (jusque 1912 environ) et par la suite au même numéro de la rue Neuve ».

Philippe Jacquet poursuit : « Ma maman, Marie-Thérèse Van Welssenaers, a toujours gardé un très bon souvenir de cette maison qui contenait quelques belles tapisseries et fresques intérieures, sur les murs et les plafonds, et de superbes vitraux. Le salon se trouvait au 1er étage et traversait ce dernier de part en part. Côté rue, il donnait sur un petit balcon, et à l’arrière, sur la vallée de la Lasne. Cette maison existe encore aujourd’hui, mais a été divisée. On y compte deux boîtes aux lettres au numéro 154 et cinq au numéro 152 ».

« La tour centrale est ornée d’une fresque en céramique représentant un paysage de campagne (voir Objectif Rixensart).

« C’est dans cette maison qu’ont eu lieu, au printemps 1941, les fiançailles de ma tante, Anne-Marie Van Welssenaers avec Émile Windal, avocat (et plus tard bâtonnier à deux reprises) au Barreau de Nivelles, et futur Bourgmestre de Genval (le dernier avant la fusion des communes).

Pendant la guerre, mon grand-père a logé maintes fois chez lui des jeunes gens en partance pour l’Angleterre. Ces jeunes arrivaient chez lui la veille de leur départ pour l’Angleterre, et quittaient la maison très tôt le lendemain. À plusieurs reprises, la gestapo est venue fouiller la maison, sans doute sur dénonciations. Elle venait cependant chaque fois vers 8 heures, et les jeunes s’étaient alors déjà envolés. 

Petite anecdote qui me fut contée par l’ancien boucher Collée, qui tenait sa boucherie quelques maisons plus bas : il avait, pendant la guerre, acheté une vache dans les Ardennes, qui devait lui être livrée pendant la nuit pour éviter tout problème avec la Gestapo qui occupait une maison toute proche. Une nuit, un camion vint donc lui livrer la marchandise. Stupeur en découvrant le chargement du camion : ce n’était pas une vache qu’on venait lui livrer, mais tout un troupeau ! Ne sachant où mettre ce troupeau à l’abri, il décida de l’amener dans le jardin de mes grands-parents, qui le découvrirent le matin en se levant. Cela avait visiblement beaucoup amusé Monsieur Collée …

Mes grands-parents revendront cette propriété le 8 septembre 1944, pour un montant de cinq cent septante cinq mille francs ».

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(1) Ancien Président de l’Espace culturel de la Pommerage asbl

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1912 – Villa Ainssy, rue Neuve 132 à Genval

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11.2011 © Monique D’haeyere