540. Avenue de Merode

Avenue de Merode © Monique D'haeyere.JPG 

Vers 1930 – La Maison Wéry

Ce tronçon de l’avenue de Merode, entre l’avenue de Montalembert et la Place de la Vieille Taille (au fond de la photo) se développe à partir de 1925. ‘Une famille, les Wéry, est à l’origine de cette expansion’. Paul Buffin (I) raconte en 1996 :

‘En 1925, les parents Wéry achètent la maison de l’imprimeur Van Hecke (n° 27 et 29 actuels), conjointement avec une soeur. Lui, le père, ancien paveur est plié en deux, courbé par des années de travail sur les rues des villages environnants. Elle, la mère, Marie, surnommée D’jinleu, est entreprenante. Son surnom vient de son village d’origine, Genleau qui se prononce Ginleu en wallon. En plus de la maison, ils acquièrent les terrains nus qui s’étendent entre le n° 7 et le n° 25 actuels.

Les parents Wéry ouvrent une laiterie-épicerie dans leur maison et commencent la distribution de lait dans le village, aidés par leurs enfants. Cette boutique, comme toutes celles du village, au cours de ces années là, embaume dans la pénombre. L’épicerie se débite en vrac, dans des sachets, pour le sucre, le café… ou dans le récipient du client, pour la moutarde et l’huile. Le savon noir, stocké dans un seau, est servi dans un morceau de papier brun. On trouve de tout dans ces magasins. De la confiserie: un caramel coûte 5 centimes, un bâton sûr ou un chocolat diable 25 centimes, un bâton de chocolat 1 franc. En plus, il y a des sabots, des brosses, du tabac, du fil à coudre, des aiguilles, de la laine, quelques vêtements… Ce sont de très, très petits supermarchés avant la lettre.

rixensart,merode 

2010 © Monique D’haeyere

Avenue de Merode 2011 © Monique D'haeyere.JPG 

2011 © Monique D’haeyere

 

Dans les années qui suivent, cinq des huit enfants occupent le terrain familial.

– Le premier, Henri, qui a un tas de briques dans le ventre, construit une maison au n° 11 qu’il revend à Ginion, cordonnier et marchand de chaussures. Henri bâtit ensuite son salon de coiffure au n° 13.

– Son frère Jules ouvre sa boucherie au n° 15 (Adriaans actuellement).

– Une soeur, Julie, épouse le boulanger Delpierre qui s’installe au n° 17 (aujourd’hui Jasmine).

– En 1941, Robert, le cadet, pharmacien, ouvre une officine dans une pièce de la maison familiale qu’il occupe et agrandit en 1962.

– Albert reprend le commerce de laiterie-crèmerie peu avant guerre et s’installe au n° 23 (le Baluchon actuel). Sa fille et son mari reprendront le commerce et se fixeront au n° 21. La laiterie-crèmerie est devenue la fromagerie Rossi.

La famille Wéry constitua donc, à elle seule, le noyau de l’avenue commerçante’.