Avenue Paul Terlinden, depuis 1933

181001 Avenue Paul Terlinden Rixensart 1943 © Jean-Louis Lebrun
1943 | coll. Jean Louis Lebrun

Le nom de Paul Terlinden (1858-1935, fait baron en 1927) fut donné à l’avenue créée en 1933. Il fut bourgmestre de Rixensart de 1884 à 1917 (ndlr. : et de 1918 à 1921)(1), régisseur du domaine du comte de Merode. Il habitait au château comme son beau-père, Jules Bosquet.

> RÉTRO RIXENSART | Paul Terlinden, régisseur-bourgmestre

Début de l’avenue Paul Terlinden
> 1933 | coll. Jean-Claude Renier <> 2010 © Monique D’haeyere
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> 1933 | coll. Jean-Claude Renier

Entrée de l’avenue Paul Terlinden, à hauteur de la rue des Ecoles en direction de la gare de Rixensart.


(1) en 1917, il fut arrêté et emprisonné par les Allemands

Paul Terlinden, régisseur-bourgmestre

Paul Terlinden (1858-1935)
(coll. Commune de Rixensart)

Paul-François Terlinden, éc., naquit à Gand le 4 octobre 1858, fils de Charles, éc., président de Chambre à la Cour d’Appel de Bruxelles, et de Marie Blanquaert. Docteur en droit, il devint bourgmestre de Rixensart en 1884 (1).

Régisseur du domaine du comte de Merode, habitant le château de Rixensart pratiquement délaissé par ses propriétaires, il eut le plus long majorat de l’histoire contemporaine de Rixensart (2). Le cumul des fonctions de bourgmestre et de régisseur lui valurent les critiques du mouvement ouvrier, relayées par Paul Wynants, professeur émérite à l’Université de Namur (3) :

"L’influence de la famille des Merode, les principaux propriétaires fonciers de Rixensart est grande (...). Ce patrimoine englobe tous les bois situés dans les limites du village, la plupart des prairies bordant la Lasne et les autres cours d'eau, ainsi qu'une notable fraction des terres arables (...)".

Le leader socialiste Emile Vandervelde publia en 1898 une monographie critique sur Rixensart : "Le domaine de Rixensart est un exemple typique de ces propriétés d'origine féodale, assez rares aujourd'hui, qui appartiennent encore aux descendants, plus ou moins directs, des anciens seigneurs (...). La section tout entière [de Rixensart-village], sauf quelques insignifiantes parcelles, appartient aux Merode. Les propriétaires, absents, ont délégué leurs pouvoirs à un régisseur, avocat et bourgmestre, qui tient tout le village dans sa main. Les éléments étrangers, suspects de libéralisme, sont écartés avec un soin jaloux. Pour obtenir la moindre parcelle de terre, soit en propriété, soit à charge de rente annuelle, il faut montrer patte blanche. Les pauvres vivent sous la perpétuelle menace de se voir fermer, s'ils votent mal, l'accès des bois de monseigneur. Par contre, ceux qui sont bien notés jouissent de certains avantages. Quand ils se bâtissent une maison, on leur fournit le bois de charpente, gratuitement ou à très bon compte. On occupe, dans les bois ou dans les champs, à travailler aux chemins ou à étendre les bouses de vache sur les pâtures, assez bien de vieux ouvriers, repoussés de partout ailleurs. Quand ils deviennent tout à fait impotents, on leur donne des secours, voire même une petite pension de 20 francs par mois. Bref, nous trouvons en action, sur les terres de Rixensart, le système de protection et de dépendance dont Stuart Mill a fait si magistralement la critique (...). Les ouvriers qui n'ont pas de travail dépendent absolument du seigneur ou de son intendant : tandis que les habitants de La Hulpe ont le choix entre beaucoup de propriétaires, ceux de Rixensart, suivant l'expression d'un ouvrier de ce village, sont littéralement ‘attachés par la patte’. Sous peine d'être privés de la terre qu'ils cultivent et dont ils ont impérieusement besoin, ils doivent être, ou plutôt paraître, du même bord que l'unique propriétaire du village". 

Et Paul Wynants de poursuivre : "Qu'il y ait ou non pression sur la population, la famille de Merode exerce en tout cas une influence indéniable sur les autorités communales. En 1863-1864, le bourgmestre de Rixensart est un de ses principaux fermiers. Dans le dernier tiers du XIXe et au début du XXe siècle, les premiers magistrats de la localité, Jules Bosquet et Paul Terlinden, sont également régisseurs du domaine. Bien plus, la municipalité et la collectivité villageoise dépendent largement des ‘’bienfaits’ des châtelains (...). Mais la situaion socio-politique se complique à Rixensart. Le ’système de protection et de dépendance", mis en place jadis par la famille de Merode, est repoussé par certains habitants. Le régisseur-bourgmestre, Paul Terlinden, voit son autorité, jusqu'alors très étendue, remise en cause lors de scrutins locaux".

Emile Vandervelde rapporte à ce propos : "C'est ainsi qu'à Rixensart, aux élections communales de 1895, il s'en est fallu de bien peu, grâce au secret du vote, que la liste présentée par la Ligue ouvrière du Bourgeois ne l'emporte sur celle du bourgmestre. On nous disait même que les gens du village avaient voté contre ce dernier avec plus d'ensemble que ceux du hameau". La tension ne diminue pas au cours des années ultérieures : en 1899, un scrutin destiné à renouveler partiellement le conseil communal assure l'élection de trois socialistes et seulement de deux catholiques. En 1908, la zizanie s'installe au sein même de la majorité catholique. A en croire la supérieure du couvent de Rixensart, une partie des conseillers, que Paul Terlinden a fait lui-même élire quelques mois plus tôt, se retourne contre le bourgmestre. Ce dernier refuse tout compromis. S'il n'est pas suivi par les autres membres de la municipalité, il menace de fermer les écoles de Rixensart et du Bourgeois, ainsi que l'église de l'Exaltation de la Sainte-Croix, qui appartiennent aux Merode. Le ton monte entre les protagonistes de cette rivalité villageoise. Des conseillers osent dire à Paul Terlinden ce que beaucoup pensent, sans doute depuis des décennies : "Il y a trop longtemps que nous dépendons du comte de Merode. Nous ne voulons plus de ses classes, ni de son église".

"Une partie du conseil communal envisagea de fonder de nouvelles écoles, qui appartiendraient à la municipalité", rapporte in fine Paul Wynants.

Gendre de Jules Bosquet, à qui il succéda (ndlr. après le 3 juillet 1887) dans sa charge d’intendant du domaine, Paul Terlinden présida en 1902 aux travaux de consolidation du clocheton de l’église de Bourgeois.

La situation de la commune de Rixensart est toutefois loin d’être idéale en ce qui concerne l’alimentation en eau et l’état de la voirie (4). C’est ainsi qu’en 1906, ‘L’Union libérale’, journal hebdomadaire de l’arrondissement de Nivelles, critique avec virulence la politique du bourgmestre qu’elle qualifie ironiquement de ‘grand premier‘, d »illustre magistrat‘, de ‘gravure de mode‘ et de ‘potentat aux moustaches fines et artistement cirées‘. « Le maïeur est plus rare que les jours ensoleillés (…). Et dire que la commune marche (…) en pataugeant dans la boue (…). Les routes sont dans un état épouvantable (…). L’eau s’est absentée pendant plus de six semaines (…). Et comme il est aussi régisseur du château, on lui reproche d’être soumis à ses employeurs : « Un domestique en chef reste un domestique même s’il est aussi premier du village » (5) (6).

Les comptes-rendus des conseils communaux sont également des sources intéressantes. Celui du 20 mars 1915, par exemple : « Les ressources communales étant épuisées, c’est de ses deniers personnels que Monsieur le Bourgmestre a fait, depuis le commencement de la guerre, l’avance de tout ce que la Commune a à payer jusqu’au 15 mars (ndlr. 1915), charbon, bois, paille, lumière, fournis aux troupes allemandes, grains, farines, etc. et il a payé également de ses deniers les sommes dues à des tiers, au Comité national d’alimentation, les journées d’ouvriers et en général toutes autres dépenses. Ces avances se sont élevées à fr 28000, environ, mais par suite des subsides reçus du Comité national d’alimentation et d’autres recettes, sont actuellement ramenées au chiffre dont il sera parlé plus bas (…). Ce compte arrêté au 15 mars 1915, solde en sa faveur par fr 18000,81 ». La priorité du Conseil communal était d’éviter misère et famine à Rixensart-Froidmont et Bourgeois-Glain (7).

Paul Terlinden remplit la fonction de bourgmestre jusqu’en 1917, puis à nouveau du 20 décembre 1918 à 1921. Pourquoi cette interruption entre 1917 et 1918 ? C’est le journal néo-zélandais The Evening Star édité le 5 juin 1917 à Dunedin qui nous l’apprend (8) :

Emprisonnée pour avoir répliqué aux Allemands | Un Américain, écrivant une lettre du Havre à Chicago, relate une réplique, singulièrement acérée, adressée à un Allemand, ayant provoqué l'incarcération de l’auteur. Il raconte qu'un incident bien authentifié est survenu récemment lors d'une cour martiale allemande en Belgique. M. Paul Terlinden, bourgmestre de Rixensart, a comparu devant le tribunal, accusé d'avoir protégé un Français blessé, fait pour lequel il a été condamné à 12 mois de prison. Sa fille, la baronne De Coninck, une jeune femme mariée dont le mari (9) est au front, était présente au procès. Un officier allemand s'assit à côté d'elle en disant : «Je crois, Madame, je vous ai déjà rencontrée». La baronne De Coninck répondit : «Vous vous trompez. Je ne vous connais pas, monsieur». L'Allemand a persisté en disant : «Je me trompe peut-être, mais vous ressemblez beaucoup à une Anglaise que je connaissais bien». «Vous parlez évidemment de Miss Cavell», rétorqua la baronne. Pour cette réponse, elle fut condamnée à un mois de prison (traduction libre de l'anglais).

Le 28 novembre 1918, il devint parlementaire pour l’arrondissement de Nivelles en remplacement de Emile de Lalieux de la Rocq, décédé en exil à Onchy-Lausanne, le 7 septembre 1918, des suites d’une longue et pénible maladie contractée pendant sa captivité en Allemagne (10). Paul Terlinden occupa le mandat de député catholique jusqu’aux premières élections législatives d’après-guerre en novembre 1919.

Le 20 décembre 1918, Paul Terlinden « reprend sa place de bourgmestre, place qu’il avait dû quitter par ordre des boches » (11). Pendant son internement, les fonctions de bourgmestre furent assurées, de 1917 à 1918, par N. Walescotte, qui exploitait la ferme de Froidmont (12).

Pendant la Première Guerre mondiale, Valentine Bosquet (1862-1941)(13), l’épouse de Paul Terlinden, travaillait comme infirmière dans les hôpitaux militaires derrière la ligne de front. Le 21 avril 1919, le Conseil communal de Rixensart décida  » à l’unanimité d’adresser un télégramme de félicitations à Madame Terlinden qui est rentrée quelques jours à Bruxelles pour se reposer après plus de quatre années de service à l’armée belge où elle a rempli les fonctions d’infirmière avec dévouement admirable, sacrifiant sa vie et sa famille en s’exposant à tous les dangers du front pour soigner malades et blessés et en reconnaissance de quoi sa Majesté le Roi des Belges vient de la décorer de la Croix de Chevalier de l’Ordre de Léopold » (14).

Sur la photo ci-dessus provenant des archives de la Commune de Rixensart, Paul Terlinden est vêtu d’un habit-frac : grand costume en drap bleu du roi, doublé de soie blanche; collet droit; une rangée de neuf boutons en argent; broderies en argent. Culotte et gilet à une rangée de boutons, de casimir blanc; souliers à boucles d’argent. Chapeau à la française, à plumes blanches pour les bourgmestres, à plumes noires pour les échevins, avec ganse en argent à graine d’épinards et cocarde nationale. Epée droite le long de la cuisse (nacre et argent).

Lors du Conseil communal du 21 mai 1921, Paul Terlinden fit le bilan de l’exercice, félicitant « les conseillers élus du succès qu’ils ont obtenu, leur souhaitant la bienvenue, leur fait l’historique des mesures qu’a dû prendre l’ancienne administration durant la guerre, les œuvres qu’elle a créées, des travaux qu’elle a fait exécuter pour donner du travail et des ressources à la population. Il fait remarquer également que si les finances communales sont dans une situation très obérée, Rixensart jouit de tous les avantages des grandes villes, tram vicinal, eau, électricité, bonne voirie, qui donne une plus-value aux propriétés » (15).

En 1925, Paul Terlinden contribua financièrement à la transformation de l’église de Bourgeois (16).

Le 8 octobre 1927, il fut créé baron par le roi Albert Ier et décéda à Saint-Gilles (Bruxelles) le 11 avril 1935. Il est inhumé à Rixensart et son nom fut donné à une avenue rixensartoise, créée en 1933.


(1) VAN MOLLE Paul, Het Belgisch Parlement 1894-1969, N.V. Drukkerij Ersmus – Ledeberg-Gent, 1969, p. 314).
(2) de WALQUE André, Un siècle à Bourgeois (Rixensart) 1877-1977, Rixensart, 1977, p. 32-35
(3) WYNANTS Paul, Une fondation de la famille de Merode : l’école des filles de Rixensart, in Revue d’histoire religieuse du Brabant wallon, Vol.1988. T.II, Numéro 4, p. 253-282
(4) PINSON Colette, Rixensart et la Famille de Merode, in Chroniques du Cercle d’Histoire de Rixensart, n° 34 de septembre 2005, p. 52)
(5) Ibid.
(6) L’Union libérale du 21 janvier 1906, 3 juin 1906, 22 avril 1906, 21 octobre 1906, 9 juin 1907
(7) Rixensart Info d’avril 2014, p. 17
(8) THE EVENING STAR, 5h of June 1917 | Gaoled for retort to Germans | An American, penning a letter from Havre to Chicago, mentions a singularly sharp retort to a German, which caused the speaker incarceration in a gaol. He says that a well-authenticated incident which occurred recently during a German court martial in Belgium has just become known in Havre. M. Paul Terlinden, Burgomaster of Rixensart, appeared before the court, charged with shielding a wounded Frenchman, for which he was condemned to 12 months imprisonment. His daughter, Baroness De Coninck, a young married woman, whose husband is at the front, was present at the trial. A German officier sat down beside her, saying : « I believe, madame, I have met you before ». Baroness De Coninck replied : « You are mistaken; I don’t know you, sir ». The German persisted, saying : « Perhaps I am mistaken, but you greatly resemble an Englishwoman whom I knew well ». « Evidently you mean Miss Cavell », retorted the baroness. For this answer she was sentenced to one month in prison.
(9) Marie-Valentine Terlinden, ° Saint-Gilles 5 janvier 1891, † Bruxelles 1960, x Jean de Coninck de Merckem (baron), ° 29 avril 1890, †1979
(10) BEL MEMORIAL, de Lalieux de la Rocq Emile
(11) Rixensart Info d’avril 2014, p. 17
(12) de WALQUE André, Un siècle à Bourgeois (Rixensart) 1877-1977, Rixensart, 1977, p. 32-35
(13) Valentine Bosquet était la fille de Jules Bosquet (1833-1887), fondé de pouvoir de la comtesse de Montalembert, bourgmestre de Rixensart de 1870 à 1877.
(14) de WALQUE André, Un siècle à Bourgeois (Rixensart) 1877-1977, Rixensart, 1977, p. 32-35
(15) Rixensart Info d’avril 2014, p. 17
(16) de WALQUE André, Un siècle à Bourgeois (Rixensart) 1877-1977, Rixensart, 1977, p. 32-35

La maladrerie de Genval

2020 | Rue des Déportés n° 12 à Genval © Annick Dedobbeleer

En 1873, Jules Tarlier et Alphonse Wauters écrivirent (1) : « Le nom du ‘Chemin Ladrée’ indique qu’il a existé à Genval une ladrerie ou maladrerie ». Selon le Syndicat d’Initiative de Rixensart, « Genval avait sa ‘maladrerie’, située rue des Déportés n° 12 » (voir photo ci-avant).

Le Cercle d’Histoire de Rixensart (2) nous apprend, qu’en 1866 une épidémie de choléra a sévi dans la région, et notamment à Genval. Les nombreuses chapelles dédiées à Saint-Roch dans les environs en témoignent : « celle de Bourgeois (…), à Rosières (3), à Ransbeck, à Gaillemarde, la Marache … etc., toutes de dimensions assez conséquentes et toutes évoquant l’épidémie de choléra de 1866 ».

A Genval, « en retrait de la rue, la chapelle à chambre et chevet polygonal est une bâtisse de la seconde moitié du 19e siècle (…). Au-dessus de la porte au vantail de bois partiellement vitré, cartouche gravé du millésime ‘1866’ et surmonté d’une pierre portant la dédicace ‘ST ROCH PATRON CONTRE LES MALADIES CONTAGIEUSES / PRIEZ POUR NOUS’ (4).

« Le moins qu’on puisse dire, c’est que cette épidémie a marqué la mémoire collective », précise le Cercle d’Histoire, «  et on le comprend lorsqu’on sait que, si tous les malades ne mourraient pas, la proportion de décès était néanmoins importante. A Rixensart, 15 personnes furent atteintes (1 % de la population) et 13 moururent. A Rosières, on comptait 39 malades sur 611 habitants, mais la mort n’atteindra que 13 d’entre eux ! A Genval, il y eut 51 cas sur 1169 habitants et, parmi eux, 26 décès, soit la proportion la plus importante de l’arrondissement par rapport à la population (2,2 %) ». 

« Si les médecins et les curés des paroisses atteintes furent sur la brèche, un certain nombre d’habitants se dévouèrent également aux soins des malades et les sœurs Marie-Caroline et Marie-Rosalie Brabant furent du nombre. A l’issue de l’épidémie, elles firent construire cette chapelle en contrebas de leur maison » (5).

1902 | Chapelle Saint-Roch, Place communale à Genval (coll. Serge Watté)

(1) TARLIER Jules et WAUTERS Alphonse, La Belgique ancienne et moderne – Géographie et histoire des communes belges, Bruxelles, 1873
(2) CERCLE D’HISTOIRE DE RIXENSART, Aux environs de Saint-Roch, in Rixensart Info n°165 de janvier 1997, p. 22
(3) RÉTRO RIXENSART | Chapelle de la Vierge, Saint-Roch et Saint-Guidon (Rosières)
(4) de GHELLINCK Bénédicte (WALLONIE DGO Aménagement du territoire, Logement, Patrimoine et Energie), Liste des biens repris dans l’Inventaire du Patrimoine Immobilier Culturel de la commune de Rixensart
(5) CERCLE D’HISTOIRE DE RIXENSART, Aux environs de Saint-Roch, in Rixensart Info n°165 de janvier 1997, p. 22

Les sphinges du château du Héron

1974 | Les deux sphinges du château du Héron,
photographiées par Juliette Gardesalle (coll. Paul Tagnon)

Une large terrasse bordée d’une balustrade en pierre s’avance au rez-de-chaussée du château du Héron. L’entrée de celle-ci est surveillée par des sphinges (1), en pierre blanche, reposant sur des piles (2).

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1974 © Juliette Gardesalle (coll. Paul Tagnon)
2014 © Monique D’haeyere

> OBJECTIF RIXENSART | Les sphinges du château du Héron

(1) sphinge : statue colossale à tête droite, à face d’homme ou de bélier, de faucon, et à corps de lion, en position couchée, les pattes allongées parallèlement, représentant un roi ou une divinité, symbolisant la fécondité, la force protectrice, la sagesse, et qui se trouve généralement placée devant les temples (isolée ou en files)(3). 
(2) de GHELLINCK Bénédicte (WALLONIE DGO Aménagement du territoire, Logement, Patrimoine et Energie), Liste des biens repris dans l’Inventaire du Patrimoine Immobilier Culturel de la commune de Rixensart
(3) Centre National de Ressources Textuelles et Lexicales (www.cnrtl.fr)

Garage du Parc, hôtel pour automobiles ?

1927/1930 | Garage du Parc, avenue Normande 6-8 à Genval (coll. Alan vdH)

Situé avenue Normande, entre les anciens hôtels du Parc (Bigaré) et Palace (Belvédère), le Garage du Parc attire singulièrement l’attention, de par sa présence dans le cadre du Parc de Genval-lez-Eaux, ce dernier étant essentiellement dédié à la villégiature ou au secteur de l’Horeca. 

Si les immeubles furent pourvus de garages dès les années ’30, il fut quasi impossible de modifier les hôtels ou villas plus anciens afin que chaque visiteur ou occupant puisse y loger sa voiture et … éventuellement son chauffeur. Le plus souvent, les automobiles de l’époque s’accommodèrent à l’occasion de structures réalisées à d’autres fins – écuries, remises à fourrages, marchés couverts …. 

Pour les nombreux visiteurs motorisés du Parc de Genval, il s’agissait de louer ou acheter un emplacement dans un « hôtel pour automobiles ». C’est l’hypothèse avancée par Rétro Rixensart pour expliquer la présence du Garage du Parc à Genval. Elle est renforcée par les éléments suivants :

– l’immeuble est situé à l’entrée du parc, 

– il comporte deux ailes identiques, l’une permettant l’entrée et l’autre la sortie des automobiles sans qu’elles dussent se croiser à l’intérieur

– au centre, la fenêtre de la loge du gardien du garage donne directement sur le distributeur d’essence (il s’agit vraisemblablement de l’appareil sur colonne de type ‘Routier’ muni de deux jaugeurs en verre provenant de la Société Générale des Huiles de Pétrole, datant d’après 1923 … et qui débitait par multiples de cinq litres)(1)

– le bâtiment ‘tout en façade’ se transforme à l’arrière en hangar (2), des lanterneaux y assurant ventilation et éclairage 

– sur la devanture ne figure aucune inscription publicitaire, ni pour une marque de voiture, ni pour des services (l’activité ‘atelier’ devait y être restreinte),

– au rez-de-chaussée et/ou à l’étage devaient se trouver les bureaux du gérant et des employés. Toutefois, le nombre important de fenêtres laisse supposer que l’immeuble abritait ou logeait aussi les chauffeurs des personnes en villégiature dans le Parc de Genval.

Préfigurant l’émergence de garages dans le paysage urbain ou dans nos villages, les deux pignons arrondis qui ornent de part et d’autre la façade font penser à un style architectural (3) que nous retrouvons dans les colonies, ou à celui qui s’apparente au Cape Dutch, nom donné à l’architecture traditionnelle des Afrikaners, et qui rappelle le style hollandais des maisons d’Amsterdam. 

A l’arrière-plan, on distingue sur cette photo inédite la façade Sud-ouest de l’Hôtel Palace, qui deviendra l’Hôtel Belvédère. En 1940, ce dernier devint le siège de la Kommandatur régionale. On peut supposer que le Garage du Parc ait été réquisitionné par les Allemands, pour y entreposer leurs engins. Le soir du 3 septembre 1944, le poste de commandement de l’occupant fut la proie des flammes et … brûla avec les documents qu’elle contenait. Voir RÉTRO RIXENSART | Le Belvédère, du palace à l’enfer.

2018 | Avenue Normande 6-8 à Genval (Google Streetview)

Pour la période de 1945 à aujourd’hui, Rétro Rixensart a peu d’informations à partager. 

Par voie de presse, les Genvalois furent informés qu’

en 2002, le nouveau propriétaire des lieux choisit de rénover et de transformer le corps du bâtiment avant, afin d’y développer cinq logements et un bureau (4)

en 2004, le premier prix Rénovation (ndlr. octroyé par la Province du Brabant wallon) a consacré Hugues de Bellefroid et son architecte Bruno Erpicum, pour le nouveau visage du Garage du Parc, avenue Normande à Genval (5). 

Constituée le 22 avril 2004 et sise avenue Normande 6-8 à Genval, l’Association des copropriétaires reprit le nom ‘Garage Parc’.

Des questions subsistent évidemment. Aussi, Rétro Rixensart compte-t-il sur ses lecteurs pour compléter l’histoire de ce garage genvalois hors du commun. Ainsi apprend-on :

durant les années ’50/60, y étaient entreposées les réserves de caisses de Schweppes. Les gardiens s’appelaient Charles et Jeanne.

– avant la transformation du garage en logements, il existait une casse pour voitures qui s’appelait ‘Charlie Charlot’, situé sur un terrain le long de l’Argentine, après le tunnel ‘Marie Vatch’. Cette enseigne a ensuite déménagé dans le bâtiment ‘Garage du Parc’, avenue Normande pour y ouvrir un ‘comptoir/magasin’ de pièces automobiles.

– les hangars arrières sont toujours bien là, l’architecte ayant conservé la structure principale du hangar (toiture et poutres métalliques). Quatre maisons atypiques (style loft) y sont intégrées.


(1) Les premières pompes à essence de la Société Générale des Huiles de Pétrole apparaissent en 1923 (historique de BP France)
(2) comme en atteste la photo  ci-dessous
(3) Quelques façades genvaloises furent érigées dans un style qui s’en rapproche : Place communale 59 et avenue Gevaert 29 à Genval
(4) PLEECK Catherine, Architecture – Pour la septième année, la Province a remis son Prix de l’urbanisme. Carton plein pour Rixensart, in Le Soir, 29 octobre 2004
(5) DUMONCEAU Laurence, Le prix de l’Urbanisme du Brabant wallon le démontre à merveille, in La Dernière Heure du 3 novembre 2004

coll. Monique D’haeyere

Rue de La Hulpe, en long et en large

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1920/1923 | La Villa Berthe, rue de La Hulpe à Rosières
(coll. Cercle d’Histoire de Rixensart)
Rue de La Hulpe vue des bords de la Lasne (coll. Michel Delabye)
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Vue sur la rue de La Hulpe à Rosières et la Laiterie Les Herbages (coll. Michel Delabye)

> RÉTRO RIXENSART | Les Herbages, laiterie et pension de famille

début XXe | Rue de La Hulpe (coll. Michel Delabye) <> 2010| Rue de La Hulpe 45 © Michel Delabye
2009 | Crèche rue de La Hulpe à Rosières © Monique D’haeyere

> RÉTRO RIXENSART | Chapelle de la Vierge, Saint-Roch et Saint-Guidon

> RÉTRO RIXENSART | L’École des filles, rue de La Hulpe

> RÉTRO RIXENSART | Forge de Rosières, extinction des feux

années 1930 | Rue de La Hulpe à Rosières (coll. Michel Delabye) <>2010 © Michel Delabye

(1) Gery Bouckey fonde en 1889 la Fabrique nationale de cirage, à Dixmude. « Au début, seuls les cirages portent ce nom. Les produits d’entretien des poêles et des cuivres qui sortent de l’usine de Bouckey s’appellent Briol, Cito, Gloria. En 1918, vu le succès de l’appellation, tous les produits sont baptisés ‘Ça-va-seul' » (cfr Isabelle Dresse, Histoire de marques, Le Soir du 10 janvier 2004)

Les Tiennes, entrée et sortie de trois villages

L’Entrée du Village, coll. Philippe Godin <> 2010 © Monique D’haeyere

Photo prise au niveau du carrefour où convergent les rues de La Hulpe (sur Rosières), de Genval (sur Rosières) et la Parklaan (sur Overijse). Sur le terrain à droite se trouve l’actuel Café du Lac.

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1938 | Les Tiennes (1) à Rosières (actuelle rue de La Hulpe), coll. Cercle d’Histoire de Rixensart

2017 | Rond-point Fernand Gailly Genval © Monique D’haeyere

Le 26 septembre 2015, le Collège des Bourgmestre et Echevins de Rixensart y inaugurait le rond-point Fernand Gailly.

> RÉTRO RIXENSARTFernand Gailly, résistant de la première heure


(1) le tienne = pente, escarpement, colline, raidillon (du wallon ‘tiens’) (2), limite marquée par une colline
(2) ‘pitite montinne, avou li dzeu arondi’ (Dictionnaire explicatif wallon)

Le bassin de natation (Bourgeois)

Le bassin de natation (coll. Jacques Jans)

A l’initiative de Leur Abri, une piscine fut creusée dans une prairie du fond de la rue du Roi. Ce n’était qu’un bassin en béton de 80 mètres carrés, peu profond, sans douche ni cabine. Enfin, on y nageait mieux que dans la Lasne ou les étangs. La création de Renipont-Plage, en 1937, enleva tout intérêt au petit bassin (1). Quant à André de Walque, il qualifie ce ‘bassin de natation’ de modeste mare aux canards (2).

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1925/1936 | Sentier de la Bassette (coll. Jean-Claude Renier)

La rue du Baillois était naguère le chemin ou sentier de la Bassette (Bourgeois) (3). A gauche, le ‘bain’.

1930 | coll. Jean-Claude Renier <> juillet 2020 © Annick Dedobbeleer

→ RÉTRO RIXENSART | Sentier de la Bassette, en droite ligne au bassor


(1) BUFFIN Paul, Portrait des rues de l’ancienne commune de Rixensart, 1996
(2) de WALQUE André, Un siècle à Bourgeois 1877-1977, Rixensart 1977

(3) POPP Philippe-Christian, Plan parcellaire de la commune de Rixensart

Ancienne école et maison communale de Genval

1905 | Ecole et Maison communale de Genval (coll. Imelda De Thaey)

Dès le début de 1826, il fut question d’établir une école primaire au centre de la commune de Genval. En effet, J.J. Pigeolet proposa de vendre la moitié de sa maison « couverte en tuiles de Hollande, pour 814 florins ». Et, il exista également un compte au Mont de Piété à Nivelles où s’accumulèrent des économies en prévision de la construction d’une école, mais sur lequel on puisa aussi lorsqu’il s’agit de dépenses « imprévues » : les châssis du presbytère, une nouvelle cloche, …. (1).

En décembre 1830, Auguste Joseph Jeanson (2), maïeur de Genval informa les autorités supérieures qu’à Genval, il n’existait « aucune école primaire, sinon une particulière ». Bien que dirigeant, paraissait-il, une école particulière, l’instituteur en fonction Michel Joseph Dufey fut nommé par une commission d’instruction avec un brevet du 7 mai 1829. Il disposa d’une indemnité de logement de 15 florins et bénéficia sans doute de rétributions d’élèves dépendant du bureau de bienfaisance (…). Dans un rapport de novembre 1830, il était précisé qu’il enseigna à 15 garçons et 16 filles (3).

avant 1913 | Maison communale et école de Genval (coll. Cercle d’Histoire de Rixensart)

Le procès-verbal de la séance du 22 septembre 1838 mentionna l’achat de la première maison communale à usage conjoint d’école, les enfants au rez, les mandataires à l’étage. La description qui en fut faite lui donne un furieux air de famille avec celle que Pigeolet proposa douze ans plus tôt. Toujours est-il que, selon la matrice cadastrale de 1850, cette bâtisse se trouva au sommet de la Place communale, presque à l’angle de la rue J.B. Stouffs actuelle, qu’elle ne fut pas bien grande et que la totalité du site, terrain et maison commune, fit à peine 2,2 ares (4).

Elle accueillit les enfants de Genval pendant 30 ans jusqu’au jour où le nombre d’élèves (113 garçons – 80 filles en août 1867) ainsi que les besoins du Conseil communal, rendirent indispensables de nouveaux locaux (5).

En fait, les discussions commencèrent dès le début des années soixante et, en janvier 1867, la commune se dit bien décidée à commencer en cours d’année. Logique avec lui-même, le Conseil communal refusa une augmentation d’indemnité de logement pour l’instituteur M. Barbiaux, puisque des logements étaient prévus dans la nouvelle école pour lui, d’une part, et l’institutrice d’autre part, une Demoiselle Cornet (6).

En juillet 1868, le Bourgmestre insista auprès du Gouverneur de la Province pour obtenir la garantie de subsides couvrant les 2/3 des frais, sinon « le conseil n’ose se hasarder de la moindre entreprise » … Ce qui n’empêcha pas par ailleurs d’assurer « qu’on est en train de faire les briques ». En avril 1869, il fut question de PV d’adjudication, et en juin, de vente de l’ancienne école sur base d’une estimation de l’architecte Emile Coulon (1825-1891) (7) qui fut par ailleurs auteur des plans de la nouvelle … « en voie d’exécution ». En août 1869, l’école fut à hauteur d’étage, en septembre, sous toit.

1905 | A gauche, la Maison et l’école communale (coll. Cercle d’Histoire de Rixensart)

Inauguré en 1869, ce bâtiment servit comme maison communale jusqu’à la veille de la guerre de 14-18. A l’avant, au rez-de-chaussée, se trouvaient les logements des instituteurs et au premier la salle du conseil communal. A l’arrière, se trouvaient les classes. 

Après la guerre de 14-18, il continua son rôle d’école jusqu’à la fin des années 1990.

1992/1995 © Michel Wautot (Hommes et Patrimoine)

Le bâtiment à front de rue abrita une crèche dans un des deux logements des instituteurs. L’autre, vide, servit de bureau de Poste. A l’arrière et dans l’autre bâtiment, l’association ‘L’enfant des Etoiles’ y occupa un atelier (8). 

Bénédicte de Ghellinck (WALLONIE DGO Aménagement du territoire, Logement, Patrimoine et Energie) fit une description détaillée de cette bâtisse jumelée de type néo-classique tardif : « Le bâtiment principal s’organise en quatre travées sur deux niveaux, sous une bâtière de zinc. Des annexes basses l’encadrent. La partie centrale, en léger ressaut, abrite les deux portes d’entrée sous un cordon de pierre ourlé et deux fenêtres jumelées à l’étage, encadrées de pilastres portant une arcade en plein cintre. Cette partie de la façade se termine par un petit fronton, ouvert d’un oculus surmontant le cartouche millésimé. A l’arrière, des bâtiments accolés dédoublent la superficie » (9).

En 2008, la commune de Rixensart envisagea la destruction de l’ancienne maison communale et école de Genval.

juillet 2009 © Eric de Séjournet

Lorsque le bâtiment principal fut désaffecté, la Commune fut partagée entre deux options. La première était de mettre en vente le bien, la seconde de construire des logements sur ce site. Des habitants, des commerçants et des associations se mobilisèrent pour empêcher la démolition de ce bâtiment emblématique de la Place communale de Genval … et obtinrent gain de cause. 

« Tous les matériaux en pierre bleue de l’ancienne façade doivent encore être démontés, stockés, protégés et replacés dans la nouvelle façade », souligna l’asbl Hommes et Patrimoine en juin 2011.

décembre 2012 | Démolition de l’ancienne crèche et poste © Virginie De Winde

Fin de la démolition de l’ancienne école des garçons et maison communale de Genval.

février 2018 © Monique D’haeyere

Inaugurés le 22 septembre 2017, une crèche et un bâtiment de logements érigés par ‘Notre Maison’ ont remplacé l’ancienne école et maison communale de Genval.


> CERCLE D’HISTOIRE DE RIXENSART | L’actualité d’aujourd’hui copie celle d’hier


(1) GHYSSENS Roger, L’actualité d’aujourd’hui copie celle d’hier, in Rixensart Info 173 de septembre 1998, p. 32 et 33
(2) Augustin Joseph Jeanson fut nommé maire (ce terme était toujours d’application) le 6 septembre 1815 et le resta jusqu’à son décès le 24 juin 1857.
(3) GHYSSENS Roger, L’actualité d’aujourd’hui copie celle d’hier, in Rixensart Info 173 de septembre 1998, p. 32 et 33
(4) Ibid.
(5) Ibid.
(6) Ibid.
(7) BERTRAND Mathieu, Les églises paroissiales de l’architecte provincial Emile Coulon (1825-1891)
(8) AVENUE DES COMBATTANTS À GENVAL (Comité de quartier), Non à la destruction de l’ancienne école communale, 21 novembre 2008
(9) de GHELLINCK Bénédicte (WALLONIE DGO Aménagement du territoire, Logement, Patrimoine et Energie), Liste des biens repris dans l’Inventaire du Patrimoine Immobilier Culturel de la commune de Rixensart, 2009

Rue des Bleuets, aux confins de Froidmont

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14 aout 1974 | Aux confins de Froidmont © Jean-Claude Renier

Le point de vue est superbe. En effet, nous sommes à l’altitude de 110m. J’ai pris ces deux photos avec le mémorable appareil ZEISS IKON 4.5 format 60×90 et agrandies dans mon petit labo photo. La première photo a été prise rue des Bleuets, vers Profondsart. Les champs étaient cultivés, commente Jean-Claude Renier. Ce sont des betteraves que l’on voit en avant-plan. Actuellement, le champ est clôturé pour le pâturage de bestiaux. Dans le fond du champ, à la lisière des bosquets, on aperçoit des petites bâtisses, chalets ou caravanes qui servaient aux vacanciers.

On devine le déblais et ses versants boisés de la ligne du chemin de fer Bruxelles – Ottignies. Les premières maisons de Profondsart apparaissent à l’horizon. Heureusement, jusqu’à ce jour, le paysage n’a pas trop changé, mais pour combien de temps !

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14 aout 1974 | Aux confins de Froidmont © Jean-Claude Renier

Cette photo est la transversale de la première, vers la rue des Bleuets. Il y a déjà plusieurs maisons construites. De ce côté du champ, on a semé du blé.

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avril 1978 | Rue des Bleuets à Rixensart © Jean-Claude Renier

A cette époque, explique Maxime Delpierre, le champ qui longeait la rue des Bleuets était la propriété de la famille Leclercq. A l’avant-plan, le tracteur Ford est conduit par quelqu’un de la ferme Dujardin (anciennement ferme de la Bourse). Par la suite, ce champ fut exploité par le fermier Vanneste dont la ferme se trouve à côté du pont du Pèlerin ».

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mai 2015 © Monique D’haeyere

> OBJECTIF RIXENSART | Rue des Bleuets
> OBJECTIF RIXENSART | Vallée de Herby

Château du Bois La Haut, berceau de la vaccinothérapie

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1905/1908 | Château Dubost (Dubosck) ou du Bois La Haut, coll. Jean-Claude Renier

Ce château fut bâti à la fin du XIXe siècle, à l’angle de la rue de l’Escalier (rue du Monastère) et du sentier de la chapelle Robert (l’avenue du Baron Dubost n’existait pas encore). Le baron du Bost (1), vice-président du Sénat (2) l’acheta aux de Merode.

Château Dubost, puis Château du Bois La Haut, coll. Jean-Claude Renier

Les Allemands occupèrent le château pendant la Seconde Guerre mondiale. Les champs à l’arrière du château servirent de terrain de parachutage d’armes pour la résistance. Lors de l’offensive du passage de Rhin (3) un planeur allié tomba dans le champ juste derrière le château. Vingt commandos britanniques en sortirent … surpris de constater qu’ils étaient en territoire libéré (4).

La société pharmaceutique RIT (5) acheta le château du Bost en 1956, avec 1,3 hectare de terrain. Elle le fit complètement transformer pour 12 millions de fr. en 1957 et l’occupa à partir de 1958 (6). De 1955 à 1963 il servit de laboratoire et le vaccin contre la poliomyélite y fut conçu. En 1963 eut lieu la vaccination de la population belge par le vaccin oral développé exclusivement par RIT (7).

Entrée du Château Dubost <> 2010 | rue du Monastère à Rixensart © Eric de Séjournet

Jean-Claude Renier se souvient : Dans les années 60, le soir, je pouvais voir les fenêtres du château Du Bost éclairées par de la lumière bleue. Cela donnait un atmosphère spécial, de mystère! En fait, il s’agissait de lumière ultra-violette pour assainir les locaux où l’on faisait des tests de vaccins sur des singes (8).

Le château fut démoli en 1967; un terrain de football (8) occupa l’emplacement de 1969 à 1996 (9).

Durant l’été 2020, les Rixensartois ont pris connaissance du dernier projet d’urbanisation de la S.A. Danneels. Sur un terrain d’environ 3ha 62a 58ca situé rue du Monastère et avenue Boulogne Billancourt, le promoteur vise à y créer 27 logements unifamiliaux, un immeuble de 5 appartements, 1 bâtiment ou espace collectif, l’aménagement des abords (placette, voiries, sentier privé … ) et la création de trois bassins de rétention d’eau. Cet espace compte 24 Arbres Remarquables … (10).


→ ARBORESCENCE| Rue du Monastère (Stade Hamendice), 6 + 18 Arbres Remarquables
→ ARBORESCENCE
Marronnier d’Inde, rue du Monastère
→ ARBORESCENCECèdre de l’Atlas, rue du Monastère


(1) Casimir, baron du Bost (1855-1945), docteur en droit, notaire (1888-1919), élu sénateur de l’arrondissement de Bruxelles (1908-1932), créé baron en 1933, fils de Casimir et de Barbe Demanet x 1885 Jeanne Eliat-Eliat (1866-1938), dont six enfants.
(2) DELOOZ Roger, A la découverte de La Hulpe et de Rixensart, 1999
(3) L’Opération Varsity débute le matin du vendredi 24 mars 1945. Elle est la plus importante opération aéroportée des Forces alliées pendant la Seconde guerre mondiale, impliquant 16000 parachutistes et plusieurs milliers d’avions et planeurs. Objectif : aider les troupes terrestres à établir une tête de pont à Vessel, sur la rive droite du Rhin.
(4) DELBRASSINNE Robert, Souvenirs de mes Cartes Postales, 2006-2007
(5) R.I.T. = Recherche et Industries Thérapeutiques
(6) DELOOZ Roger, A la découverte de La Hulpe et de Rixensart, 1999
(7) BUFFIN Paul, Portrait des rues de l’ancienne commune de Rixensart, p. 66, 1996
(8) La société RIT, en pleine croissance, a fusionné avec la société Smith Kline en 1968 et en 1989 avec un des leaders pharmaceutiques : Beecham.
(8) Stade Hamendice (> TV COM | Rixensart perd son terrain de foot)
(9) DELBRASSINNE Robert, Souvenirs de mes Cartes Postales, 2006-2007
(10) ARBORESCENCE, association citoyenne, 20 août 2020

Le Poteau, un panorama à 360° !

1985/1990 | Vues depuis le château d’eau de Genval (photo F. Chauffoureaux, coll. Cercle d’Histoire de Rixensart)

> RÉTRO RIXENSART | Le Poteau, du réservoir aux châteaux d’eau

Le Poteau, du réservoir aux châteaux d’eau

ca 1930 | Ancien château d'eau de Genval (coll. Cercle d'Histoire de Rixensart) CHR

Une épidémie de fièvre typhoïde, qui entraîna environ 200 cas et 9 décès, amène les Genvalois à envisager l’établissement d’une distribution d’eau potable. En juillet 1895, il apparaît que c’est ‘la Compagnie générale des Conduites d’eau à Liège’ qui est adjudicataire de la distribution d’eau sur le territoire de la commune de Genval. En septembre 1895, l’Administration communale demande au Conducteur principal des Ponts et chaussées l’autorisation de construire un réservoir (1) sur la parcelle B433f, le long de la route menant de Genappe à La Hulpe (2).

Quant au premier château d’eau, sa construction fut décidée en 1919 pour remplacer le réservoir sis au même endroit. Ce château d’eau sera opérationnel en 1924 (3).

1956 | Vue sur l'ancien château d'eau de Genval vu depuis l'arrière du garage Melebeke, aujourd'hui Aert - L. Melebeke facit (coll. Cercle d'Histoire de Rixensart)
1956 | Vue sur l’ancien château d’eau de Genval – photo prise par Louis Melebeck depuis l’arrière du garage Melebeck (coll. Cercle d’Histoire de Rixensart)

A l’été 1960, la Commune de Genval lance le recrutement d’un fontainier. Le Moniteur Belge du 14 juillet 1960 (p. 5406) publie les conditions d’admissibilité : il faut être âgé de 21 ans minimum, être en possession du diplôme des études primaires, avoir des connaissances assez approfondies pour la surveillance et l’entretien du château d’eau, la surveillance et l’entretien des pompes élévatoires et du tableau de commande électrique, l’entretien des conduites mères, l’établissement de raccordements particuliers, la réalisation de certaines extensions, la réparation et le remplacement des compteurs d’eau, … être à même d’effectuer le relevé périodique des compteurs d’eau, habiter la commune dans le délai d’un an à dater de la nomination définitive.

1969 | Ancien château d'eau de Genval photographié depuis le nouveau château d'eau
1969 | Ancien château d’eau de Genval, photographié depuis le nouveau château d’eau (coll. Cercle d’Histoire de Rixensart)
1965/1969 Construction du nouveau château d'eau de Genval - Roger Javaux-Dubois facit (coll. Cercle d'Histoire de Rixensart)
1965/1969 | Construction du nouveau château d’eau de Genval (photo de Roger Javaux-Dubois, coll. Cercle d’Histoire de Rixensart)

Selon Bénédicte de Ghellinck et Bruno Merckx (4), ce château d’eau en béton précontraint, d’aspect évasé, a été réalisé par l’architecte J. Gusto. Ils réfèrent à Wim Van Craenenbroeck, auteur de ‘La Belgique des châteaux d’eau’, édité en 1991.

1969 Fin de la construction du nouveau château d'eau de Genval (coll. Cercle d'Histoire de Rixensart)
1969 | Fin de la construction du nouveau château d’eau de Genval (photo de Roger Javaux-Dubois, coll. Cercle d’Histoire de Rixensart)

Ce château d’eau de Genval constitue une réserve d’eau de 900.000 litres située en hauteur (ici 46 mètres) pour alimenter 9.000 habitants (5). Il permet de distribuer l’eau à une pression suffisante sans recourir à des pompes (principe des vases communicants). La pression d’eau reste donc constante même en cas de panne d’électricité (6).

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1970 | Démolition de l'ancien château d'eau de Genval (abattage de la partie centrale du réservoir) - Roger Javaux-Dubois facit (coll. Cercle d'Histoire de Rixensart)
1970 | Démolition de l’ancien château d’eau de Genval (abattage de la partie centrale du réservoir) (photo de Roger Javaux-Dubois, coll. Cercle d’Histoire de Rixensart)

Deuxième château d’eau de Genval, au lieu dit Le Poteau
2011 | 2015 | 2016 © Monique D’haeyere


→ OBJECTIF RIXENSART | Château d’eau de Genval


(1) Le réservoir est généralement installé en hauteur par rapport aux habitations. Il a pour particularité d’être enterré ou semi-enterré comme celui sis rue du Réservoir à Rixensart.
(2) CERCLE D’HISTOIRE DE RIXENSART, Eléments d’histoire de La Place communale de Genval du 18e au 20e siècle, in Chroniques N° 36, septembre 2008
(3) CERCLE D’HISTOIRE DE RIXENSART in Rixensart Info 168 de mai 1997, p. 19
(4) WALLONIE DGO Aménagement du territoire, Logement, Patrimoine et Energie, Liste des biens repris dans l’Inventaire du Patrimoine Immobilier Culturel de la commune de Rixensart
(5) RENSON Yves (Directeur du Département eau potable, inBW), La consommation d’eau historiquement élevée en Brabant wallon, in TVCOM, 26 mai 2020
(6) inBW

L’Argentine, ses méandres et ponts

L'Argentine carte postale art nouveau litho de Paul Cauchie Genval-lez-Eaux

1900 | Très belle carte postale représentant les méandres de l’Argentine (dessin ‘art nouveau’, Paul Gauchie pinxit).

Aux abords du lac, le ruisseau d’Argent s’appelle plus volontiers l’Argentine. Question de goût. Argent ou Argentine, sa poésie est semblable et semblables sont ses eaux (1).

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L’Argentine dans le parc (rive Nord), coll. Jean-Claude Renier

La passerelle donna accès à une villa, qui se situa vraisemblablement sur la rive Nord du lac de Genval (Overijse), le long de l’Argentine.

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Pont d’Overyssche et l’Argentine dans le Parc, coll. Francis Broche

Aujourd’hui, l’Argentine coule paisiblement sur la rive nord du lac de Genval … sur le territoire d’Overijse.

coll. Universiteitsbibliotheek Gent ↔ janvier 2016 © Monique D’haeyere

Old Cottage à ‘Genval-les-Eaux’ (Meerlaan à Overijse) ↔ avril 2018 © Olivier Ruytenbeek

Sur la rive nord du lac de Genval (commune d’Overijse), on atteint le Rallye Saint-Hubert en empruntant un pont en briques au-dessus de l’Argentine. Ce café-restaurant fut construit par l’architecte N. Lacroix de Genval.

Cette habitation, aujourd’hui rénovée, est située au bord de l’Argentine, sur la rive Nord du lac de Genval.


(1) RENOY Georges, Genval, La Hulpe et les environs en cartes postales anciennes, Bibliothèque Européenne – Zaltbommel, Pays-Bas, 1972


Rue des Cailloux, longue terre

Panorama Bourgeois 1930 Ed. Pâtisserie Lebleu Bourgeois coll. Jean-Louis Lebrun

1930 | Vue sur la rue des Cailloux à partir de la Grande Bruyère
(Ed. Pâtisserie Lebleu Bourgeois)
coll. Jean-Louis Lebrun

La rue des Cailloux à Bourgeois (Rixensart) est nommée par Popp chemin du Caillou où seulement huit maisons sont construites vers 1850. En 1756 et 1787, le lieu est désigné comme terre aux cailloux, champ de cailloux ou longue terre. Cette rue en forte pente dans sa partie inférieure est tracée sur une crête caillouteuse qui sépare deux vallons très prononcés (1).

Panorama pris des bruyères Bourgeois c Anne-Marie Delvaux

coll. Anne-Marie Delvaux

Panorama Bourgeois B coll. Jean-Louis Lebrun

coll. Jean-Louis Lebrun

Preuve irréfutable de l’infinie poésie du lieu, toutes les cartes postales anciennes du Bourgeois ont le même caractère pittoresque et sont autant de tableaux (2).

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Rue des Cailloux à Bourgeois et le clocher de l’église Saint-François-Xavier.

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1904 | Villa Alice, sise rue des Cailloux
coll. Jean-Claude Renier

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1908 | Villa Alice
coll. Jean-Claude Renier

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2011 © Francis Broche

181002 Rue des Cailloux Bourgeois 1922 coll. Jean-Louis Lebrun

1922 | Rue des Cailloux
coll. Jean-Louis Lebrun

Rue des Bruyères à Bourgeois c Anne-Marie Delvaux

‘Rue des Bruyères’ (en fait, la rue des Cailloux) à Bourgeois-Rixensart
coll. Anne-Marie Delvaux

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janvier 2016 © Monique D’haeyere

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1924 | coll. Jean-Claude Renier

A l’horizon, on distingue la silhouette de l’église Saint-Sixte de Genval.


(1) BUFFIN Paul, Portrait des rues de l’ancienne commune de Rixensart, 1996, p. 107
(2) RENOY Georges, Genval, La Hulpe et les environs en cartes postales anciennes, Bibliothèque Européenne – Zaltbommel, Pays-Bas, 1972

Rue du Pont, puis rue Robert Boisacq

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avant 1940 | Rue du Pont à Rixensart, coll. Jean-Louis Lebrun

Après la Seconde Guerre mondiale, la rue du Pont fut rebaptisée ‘rue Robert Boisacq’, en hommage à Robert Boisacq (1904-1943), droguiste et résistant. Celui-ci fut arrêté par l’occupant, lors de la rafle du 18 décembre 1942 et fut fusillé le 6 janvier 1943. Les Allemands avaient trouvé, lors de leur perquisition, un fusil caché dans un puits de son jardin (1).

Rue du Pont <> Rue Robert Boisacq
avant 1940 | coll. Jean-Louis Lebrun <> 2011 © Monique D’haeyere

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années ’50 | Garage Pigeon, coll. J. Pigeon

Albert Pigeon fait la maintenance d’une VW ‘Coccinelle’, modèle antérieur à 1953 à deux vitres arrière. Remarquez les deux pompes ESSO : celle de gauche délivre de l’essence Esso Extra et celle de droite du Diesel. Entre celles-ci, la vitrine où l’on peut apercevoir des produits pour l’entretien des autos. Sur la porte du garage, une affiche publicitaire pour les pneus Michelin, commente Jean-Claude Renier. Le garage Pigeon se situait au n°3 de la rue Robert Boisacq à Rixensart, à hauteur de l’ancien magasin Colruyt. Louis Pigeon acheta le bâtiment vers 1930. Avant et pendant la guerre il tenait un garage dont une compagnie de Taxi-bus. Son fils Albert (1919-1995) reprit le garage. Il était concessionnaire des marques Opel, Chevrolet, DKW. Dès 1960, la marque Audi devint prioritaire. La démolition du garage date des années 1974/1976.

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après 1964 | coll. J. Pigeon

Afin de situer ce garage, sis rue Robert Boisacq, signalons que le tram vicinal reliant Waterloo à Wavre passait derrière le garage, entre la DKW et la Citroën DS. Les deux bâtiments que l’on aperçoit ont fait place pour des appartements et des magasins, ceux situés rue Boisacq. A droite du garage, l’abri bus indique que l’on est bien dans l’ère post-tramway. Les pavés en C1, mènent vers le café ‘Le Matchi’ et indiquent le début de la rue Alphonse Collin, précise Jean-Claude Renier. Sur le pignon du garage Pigeon, on voit la réclame pour la marque AUTO UNION AUDI (2) et au-dessus de la porte du garage, une enseigne Auto Union DKW. Le long du trottoir de l’avenue Boisacq, de gauche à droite, une voiture DKW Junior (modèle F11 ou F12 produites de 1963 à 1965), une Citroën DS et une Fiat 1500. Sur le parking on voit aussi une voiture Morris et une DKW (modèle F91 à 94, années de production 1953 à 1959). Sur le battant gauche de la porte d’entrée du garage, une affiche mentionne : « Ici, contrôle gratuit de vos pneus. Faites régler vos phares ».

Aujourd’hui, ce bâtiment n’existe plus et le terrain est occupé par une friterie.

Rue Robert Boisacq
1992/1995 © Hommes et Patrimoine <> 2014 © Monique D’haeyere


(1) BUFFIN Paul, Portrait des rues de l’ancienne commune de Rixensart, 1996
(2) AUTO – UNION – DKW : La production industrielle des voitures automobiles de marque DKW a débuté en 1928 avec le modèle P15 à transmission sur les roues arrières. En ce temps-là, DKW était déjà un constructeur bien établi dans le domaine des motocyclettes. Le siège de l’usine se trouve alors à Zschopau, en ex. RDA. Dès l’après-guerre, cette usine passa dans le giron du constructeur nationalisé IFA, qui y produisit les motos MZ (Motorradwerk Zschopau) jusqu’à récemment. De l’origine à 1932, DKW était une marque autonome dont le fondateur, J.S. Rasmussen, est d’origine danoise. C’est en effet lors de la crise industrielle du début des années ’30 que quatre constructeurs allemands virent leur salut dans une association qui prit le nom d’AUTO-UNION. Nous parlons ici de Audi, DKW, Horch et Wanderer, unis dès lors sous le sigle des quatre anneaux. La légende dit que ce logo fut inspiré des anneaux olympiques, dont les JO se déroulaient justement en l’an 1932. Après la guerre, seule la marque DKW fut en mesure de relancer une production industrielle, grâce à ses modèles autos et motos économiques et de prix avantageux. Les alliés Horch, Audi et Wanderer qui avaient misé sur le moyen et haut de gamme avec des moteurs de 4 à 12 cylindres, furent évincés du marché qui se remettait alors des lourdes pertes de 39-45. Ce n’est qu’en 1966, avec le montage d’un moteur à quatre temps d’origine Mercedes sur la DKW F102, que cette dernière reprit le nom d’AUDI, marque que nous connaissons aujourd’hui. (cfr DKW)

Hôtel de Bruxelles, puis presbytère

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avant 1911 | Route de la Gare, coll. Jean-Claude Renier

A l’angle des actuelles rues de la Station et de Rosières à Maubroux (Genval), le café-restaurant ‘A la Ville de Wavre’.

A l’instar des sources et eaux de Genval, les Papeteries de Genval prennent dès 1904 une extension rapide sous l’impulsion d’Auguste Lannoye. Ainsi se développe le hameau de Maubroux (1).

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1911 | Hôtel de Bruxelles à Maubroux (Genval)

Genval comporte deux sections qui forment deux paroisses : le centre d’une part, constitué par le village proprement dit, et la section de Maubroux, d’autre part, et qui n’est autre que le quartier de la gare (3).

< 1934 | Rue de la Station à Maubroux ↔ 2013 © Francis Broche

A cet emplacement sera construite par Auguste Lannoye l’église Saint-Pierre, et … la cure s’installera dans les murs de l’ancien ‘Hôtel de Bruxelles’ (4). Selon la paroisse Saint-Pierre, Auguste Lannoye acheta le vieux café restaurant ‘A la Ville de Wavre’ et le transforma pour un faire un presbytère.

1934 | coll. Jean-Claude Renier ↔ 2014 © Monique D’haeyere


(1) Paroisse Saint-Pierre
(2) GHYSSENS Roger, Genval-les-Eaux de 1895 à 1935, Editions de la Page, 2003
(3) RENOY Georges, Genval, La Hulpe et les environs en cartes postales anciennes, Bibliothèque Européenne – Zaltbommel, Pays-Bas, 1972
(4) GHYSSENS Roger, Genval-les-Eaux de 1895 à 1935, Editions de la Page, 2003

Ferme Terfosse, abritée des vents du nord

Ferme Terfosse 1992-1995 © Hommes et Patrimoine
1992/1995 | Basse-cour de la Ferme Terfosse à Rosières © Hommes et Patrimoine

Située à l’Ouest du Chemin des Deux Fermes à Rosières, – de l’autre coté de l’autoroute E411 à l’écart de la zone urbanisée, la ferme Terfosse fut bâtie au XVIIIe siècle et connut plusieurs graphies : Ter Fosse ou Del Fosse, et encore Del Fos. Abritée des vents du nord par le relief, elle groupe ses bâtiments autour d’une cour rectangulaire (1)(2).

Encadrant une cour pavée à fumière centrale et desservie par deux simples portails, les différents bâtiments, construits en brique et pierre, sont chaulés (à l’exception de la grange) et reposent sur un soubassement goudronné. Des bâtières de tuiles en S couronnent ces volumes peu élevés. Face au portail principal, le logis s’ouvre par une porte de la première moitié du XVIIIe siècle, à encadrement de pierre blanche (arc en anse de panier, à clé saillante sous fine archivolte), et par quatre fenêtres dotées d’un encadrement de calcaire très mince, aux montants monolithes entaillés d’une battée avec gonds de contrevent et marques de tailleurs de pierre ‘ABD’. Dans le mur gouttereau arrière, cinq fenêtre étroites et rectangulaires. A droite de la cour, longue aile d’étables sous fenil, entre pignons débordants, remontant à la première moitié du XVIIIe siècle mais remaniée. Outre les nombreuses ouvertures rectangulaires et lucarnes passantes, trois portes à encadrement de pierre blanche sous linteaux bombés. A gauche du portail, grange du 19e siècle ou de la première moitié du 20e siècle, sous une bâtière débordante à demi-croupes. A l’extérieur du quadrilatère, fournil composé d’un simple volume, anciennement chaulé, sous bâtière (3).

Ferme Terfosse 2.2019 © Annick Dedobbeleer
2019 | Ferme Terfosse © Annick Dedobbeleer

Ces constructions du XVIIIe siècle ont subi de nombreux remaniements au cours des deux derniers siècles (4).

avril 2014 | Ferme Terfosse © Eric de Séjournet
avril 2014 | Ferme Terfosse © Eric de Séjournet

Le paysage qui encadre la Ferme Terfosse donne encore une bonne idée de ce que pouvaient être nos campagnes il y a un peu plus d’une centaine d’années, si l’on oublie le bruit constant de l’autoroute toute proche (5). Début 2019, le bâtiment semble abandonné …

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2020 © Monique D’haeyere

Le 6 mars 2020, la SA Finances et Industries, – dont le siège social est situé rue de Tombeek 5 à 1331 Rosières, introduisit une demande de permis unique pour un projet de rénovation et transformation de la ferme de Terfosse pour l’accueil d’activités d’artisanat alimentaire, de bureaux et espaces de co-working, exploitations agricoles, ainsi que l’aménagement des abords, comprenant un forage en vue d’une prise d’eau souterraine, et ce sur des biens sis chemin de la Carrière, n°5 à Rosières. Présentation du projet par la SA Finances et Industries : cliquez ici.


→ OBJECTIF RIXENSART | Ferme Terfosse


(1) DUBUISSON Paul et Madeleine, Le nouveau canton de Wavre, Au fil de l’histoire, Ed. du Brabant wallon, Chaumont-Gistoux 1972
(2) PINSON Colette et GHYSSENS Roger, in E.C.H.A.R.P., Entente des Cercles d’Histoire et d’Archéologie du Roman Païs, Le patrimoine rural du Brabant wallon, Centre Culturel du Brabant wallon, Court-Saint-Etienne, 1996
(3) de GHELLINCK Bénédicte et MERCKX Bruno (
Agence wallonne du Patrimoine),  Inventaire du patrimoine culturel immobilier, 20 avril 2010
(4 ) PINSON Colette et GHYSSENS Roger, in E.C.H.A.R.P., Entente des Cercles d’Histoire et d’Archéologie du Roman Païs, Le patrimoine rural du Brabant wallon, Centre Culturel du Brabant wallon, Court-Saint-Etienne, 1996
(5) Ibid.

Rue de l’Augette, de Froidmont au Bourgeois

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coll. Marc Collin

Depuis plusieurs siècles, la rue de l’Augette, – ici encore pavée, relie Froidmont au Bourgeois. Elle a gardé son tracé ancien, sinueux, étroit, encaissé par endroits.

Selon Paul Buffin, une logette serait un chemin creux dont les arbres des talus se rejoignaient en formant une voûte de feuillage. Cette définition correspond bien à la rue étroite et sinueuse.

La rue de l’Augette fut dénommée « chemin de Brame en 1651, Hauzette en 1732, tienne Guéraude et Huigette en 1756, l’Hauzette en 1780, Lauzette en 1784, puis Lozette, Laugette, Logette, chemin de Renipont et, d’après Popp, chemin de Bourgeois (1).

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Carte Popp (1842-1879)

RÉTRO RIXENSART | Rue de l’Augette, l’élégante
RÉTRO RIXENSART | Rue de l’Augette, la fervente
OBJECTIF RIXENSART | Rue de l’Augette
ARBORESCENCE | Chêne, rue de l’Augette


(1) BUFFIN Paul, Portrait des rues de l’ancienne commune de Rixensart, 1996