Rue Haute, direction Quai du Tram

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début XXe siècle | La rue Haute à Bourgeois est en travaux © Elisabeth Taburiaux 

A gauche, une fontaine publique. Au centre, l’habitation d’Edouard Taburiaux et Joséphine Desteinbachberick, tous deux enseignants à l’école publique de Bourgeois.

début XXe siècle ↔ 2014 © Monique D’haeyere

Rue Haute 1923 coll. Jean-Louis Lebrun

1923 | Rue Haute, direction Quai du Tram, coll. Jean-Louis Lebrun

86. Rue Haute à Rixensart - Le Bourgeois Collection Michel Nauwelaers

début années ’60 | Rue Haute … bétonnée, coll. Michel Nauwelaers

En remontant la rue Haute, à gauche au n° 112 … le club de tennis Parival, qui fut créé en 1951, en association entre RIT et les Papeteries de Genval. Cet acronyme, Parival, est facile à reconstituer : PApeteries, RIt et GenVAL (1).

Au n° 33, – la boulangerie Ernaelsteen actuelle, était installé le maréchal-ferrant ‘Gustave el Marchau’. Ce haut lieu du fer et du feu faisait l’admiration des enfants, écrit Paul Buffin. A côté de la boulangerie, au n° 35, résidait depuis la fin des années trente, le peintre Van Den Eeckhoudt (1875-1945). Influencé par le fauvisme, son style était très monumental. Il peignit de nombreux portraits dont certains sont conservés au Musée d’Art Moderne à Bruxelles (2).


→ RÉTRO RIXENSART | Rue Haute, direction Merode


(1) BUFFIN Paul, Portrait des rues de l’ancienne commune de Rixensart, 1996
(2) Ibid.

Rue Haute, direction Merode

Rue Haute Bourgeois Phototypie 9 rue de Chambéry Bruxelles coll. Jean-Louis Lebrun

1913/1920 | Rue Haute à hauteur du Quai du Tram (à gauche), coll. Jean-Louis Lebrun

Initialement, chemin du Glain, ensuite rue Longue (1883), et ‘el Rèwe’ (la rue en wallon), l’artère devint la rue Haute (1).

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1913 | Rue Haute à Bourgeois, coll. Monique D’haeyere

1913 ↔ 2014 © Monique D’haeyere

1919 Un groupe de villas Bourgeois rue Haute coll. Jean-Louis Lebrun

1919 | coll. Jean-Louis Lebrun

Au bout de la rue Haute, la Maison Van Luppen-Broymans marque le paysage.

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1922 | La rue Haute et ses pavés, coll. Jean-Claude Renier

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1925 | coll. Francis Broche

1925 ↔ 2014 © Christian Petit

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1926 | coll. Serge Watté  

Venant du Quai du Tram au Bourgeois, la rue Haute se prolonge jusqu’à l’avenue de Merode. Au bout, on aperçoit le Café du Coin (anciennement Maison Van Luppen-Broymans)

A gauche sur la photo, la villa ‘La Taupinière’ (2), sise au n° 19. A l’époque, il y avait une petite chapelle (à gauche de la personne qui se trouve au milieu de la photo), explique Serge Watté.

1950 Rue Haute Bourgeois coll. Jean-Louis Lebrun

avant 1950 | coll. Jean-Louis Lebrun

Dernière photo des pavés de la rue Haute.

Rue Haute Bourgeois B coll. Jean-Louis Lebrun

vers 1950 | La rue Haute … bétonnée, coll. Jean-Louis Lebrun

180723 Course cycliste le 23 juiillet 1950 à l'entrée du Bourgeois rue Haute Collection Cercle d'Histoire de Rixensart

23 juillet 1950 | Une course cycliste passe rue Haute (Bourgeois), coll. Cercle d’Histoire de Rixensart

Selon le CLEP (3), le Guidon Rixensartois avait organisé le 5 juillet 1950 une course cycliste pour débutants. A gauche, le salon de coiffure pour hommes Herent, sis rue Haute 7 à Rixensart, signale un lecteur, habitant rue Haute.

1950 ↔ 2014 © Monique D’haeyere


→ RÉTRO RIXENSART | Rue Haute, direction Quai du Tram


(1) BUFFIN Paul, Portrait des rues de l’ancienne commune de Rixensart, p.129, 1996
(2) actuellement, la villa ‘Les Abeilles’
(3) CLEP – Cinquantième anniversaire du Cercle Local d’Education Populaire 1938-1988

Villa Adrienne, un coin de la Bruyère

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1914 | Villa Adrienne, sise à l’angle de la rue du Tilleul (à gauche) et de l’avenue du Bosquet à Genval, coll. Cercle d’Histoire de Rixensart (CHR)

« Elle appartint avant-guerre à la famille Windal et fut la maison familiale de mon oncle Emile Windal (1911-1998), depuis son mariage et durant toute sa carrière. Il fut le dernier bourgmestre de Genval (1) avant la fusion des communes. J’ai connu dans ma jeunesse de superbes moments dans cette maison avec mes cousins et cousines et pour de nombreuses fêtes familiales », raconte Philippe Jacquet. « Je garde de lui l’image d’un homme intelligent et extrêmement cultivé. C’était aussi un bon vivant qui ne comptait que des amis. Il aimait beaucoup sa commune et ses habitants » (1). ll fit une carrière exceptionnelle au barreau de Nivelles et occupa les fonctions de bâtonnier à deux reprises, de 62 à 64 et de 68 à 70 (2).

vers 1920 | Villa Adrienne, coll. CHR ↔ mars 2015 © Monique D’haeyere

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vers 1920 | coll. Cercle d’Histoire de Rixensart (CHR)


(1) Vers l’Avenir, Emile Windal, dernier maïeur de Genval, avait aussi été élu deux fois bâtonnier, 31 janvier1998
(2) Ibid.

La sablière de Rosières, réserve communale

Chemin de la Carrière 8.2008 © Eric de Séjournet-013 (1)

août 2008 | La sablière, chemin de la Carrière © Eric de Séjournet

A Rosières, au bord du chemin de la Carrière, existe une ancienne sablière désaffectée. Propriété de la commune de Rixensart, la sablière de Rosières est située à environ 250 mètres à l’ouest de l’autoroute E 411. La sablière a été creusée dans le flanc droit d’un vallon situé dans le versant nord de la vallée de la Lasne. On y a exploité des sables tertiaires du Bruxellien, essentiellement lors de la construction de l’autoroute (1958-1962). Après des années d’abandon, la sablière est devenue un site de grand intérêt biologique et est répertoriée comme ‘zone centrale ouverte’ au Plan Communal de Développement de la Nature (PCDN) de Rixensart. En effet, la sablière de Rosières abrite des espèces végétales et animales caractéristiques des milieux sableux à végétation rase et clairsemée, devenus rares en Brabant. Le site hébergeait une colonie d’hirondelles de rivage, qui nichaient dans la falaise jusqu’en 1993, date à laquelle la commune de Rixensart prit malencontreusement l’initiative de taluter cette dernière, ‘pour des raisons de sécurité’ (1).

Pratique des sports moteurs dans la Sablière de Rosières 2008 montage photos © Eric de Séjournet copie

octobre 2008 | Sablière de Rosières © Eric de Séjournet

Malgré le panneau communal interdisant la pratique des sports moteurs dans ce site naturel protégé, les dégradations y étaient légion.

« Le fond de l’excavation et les talus sont fort dégradés par le passage d’engins motorisés (motos, quads et même tracteurs); au moins cinq pistes ont été créées au niveau du talus sud. La majeure partie du site est ainsi ‘labourée’ par ces engins et est par conséquent dépourvue de végétation », dénonça Julien Taymans déjà en 2006 (1).

Chemin de la Carrière Rosières 5.2012 © Eric de Séjournet-007

2013 | Sablière de Rosières © Eric de Séjournet

En 2010, le Service Environnement de la Commune de Rixensart annonça que « cette zone centrale ouverte du réseau écologique de la commune de Rixensart a fait l’objet de travaux visant à restaurer les biotopes de grand intérêt biologique présents dans la sablière. Ces travaux ont consisté en : – la restauration de zones sableuses favorables à une série de plantes, d’insectes et d’oiseaux à protéger, – le creusement de deux mares favorables aux batraciens et à la vie aquatique, – la clôture d’une partie du site, en vue d’éviter, à l’avenir, les dégradations dues aux engins motorisés. Ce projet fut élaboré par les membres bénévoles du Plan Communal de Développement de la Nature (PCDN) en collaboration avec l’administration communale. Ce projet est financé par la Commune de Rixensart ».

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2015 | Diaporama de la sablière de Rosières © Christian Petit

Sablière de Rosières chemin de la Carrière 5.2015 © Christian Petit 0

2015 | Sablière de Rosières, chemin de la Carrière © Christian Petit


→ PCDN | La sablière de Rosières
→ OBJECTIF RIXENSART | Chemin de la Carrière


(1) TAYMANS Julien, Note concernant l’intérêt biologique de la sablière de Rosières, septembre 2006

La grange-église de Froidmont, dédiée à Saint-Etienne

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1974 | Entrée de la Ferme de Froidmont © Jean-Claude Renier

Sur l’ancienne porte de la ferme, un écriteau prévient : « Défense de circuler sur les chantiers sous peine d’amende », marquant un moment crucial de l’histoire de ce lieu : sa transformation et sa rénovation.

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juillet 2015 © Monique D’haeyere

avant 1976 Renovation de la grange de la Ferme de Froidmont © Maurice Goethals 1

avant 1976 | Ferme de Froidmont, avant la transformation de la grange © Maurice Goethals

Le 24 décembre 1972, les familles Demeure et Dubost, ayant décidé de lotir les terres cultivées par les fermiers de Froidmont, firent donation de la ferme à la fabrique d’église de la nouvelle paroisse St-Étienne (1).

On en parlait depuis 1965, mais c’est le 17 octobre 1966 que la nouvelle éclata au Conseil paroissial de Sainte-Croix : M. l’abbé Jacques Hemeleers, vicaire à Notre-Dame du Sacré-Cœur à Etterbeek, était nommé chapelain de la paroisse en création. Grâce à l’amabilité de M. et Mme Delacroix, le chapelain put dire la messe dans un petit local, le ‘garage’ de la rue Albert Ier (ndlr. actuellement dénommée rue du Monastère). Tout aussitôt, deux autres endroits sont ouverts à la célébration eucharistique : le salon de M. et Mme Dechamps, avenue de Merode et celui de M. et Mme Leloup, rue de l’Augette. Le 7 octobre 1967, la nouvelle chapelle provisoire en bois avenue Françoise (ndlr. au n° 9)(2) est inaugurée solennellement par Mgr Lagasse, vicaire général (1).

Eglise Saint-Etienne Abbé Hemeleers et projet architecture Kroll coll Maurice Goethals 7413

L’Abbé Jacques Hemeleers pose devant projet de l’architecte Lucien Kroll
avant 1976 © Maurice Goethals

Le chapelain, devenu entretemps curé à part entière, envisagea avec le bureau paroissial de créer un centre religieux à Froidmont, en association avec la communauté des Dominicains de la Sarte à Huy. L’architecte, M. Lucien Kroll, réalisa un projet pour transformer la grange en église (3), dont le budget fut approuvé par le Conseil Communal. Dans la foulée, le Conseil de la Fabrique d’église de St-Étienne fut créé le 19 novembre 1970. De 1971 à 1972, trois côtés de la ferme de Froidmont furent aménagés pour abriter une communauté chrétienne formée de religieux dominicains, de couples et du curé de la paroisse (1).

avant 1976 Renovation de la grange de la Ferme de Froidmont © Maurice Goethals 3

1976 © Maurice Goethals

1976 © Maurice Goethals

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1976 | Diaporama de l’extérieur de la nouvelle église Saint-Etienne © Maurice Goethals

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1976 | Diaporama de l’intérieur de la nouvelle église Saint-Etienne © Maurice Goethals

Ce fut un rêve qui devint une idée, une idée qui devint un projet, un projet qui se réalisa, écrivit André Cordy, Président du Conseil de Fabrique (4).


(1) UNITÉ PASTORALE SAINT-ETIENNE, Froidmont, naissance d’une paroisse
(2) BUFFIN Paul, Portrait des rues de l’ancienne commune de Rixensart, p.60, 1996
(3) Son acoustique, très étudiée et sa disposition intérieure permettent des représentations théâtrales et des concerts de haute qualité (2)
(4) CORDY André, Naissance d’une paroisse, in Venez à Froidmont … Trente ans déjà, Louvain-la-Neuve

Comte Félix de Merode, appel au peuple

Comte Félix de Merode, coll. Monique D’haeyere et coll. Paul Gilson

Félix de Merode naquit le 13 avril 1791 à Maastricht, deuxième fils de Charles-Guillaume et de Marie d’Ongnies de Mastaing. Il passa ses premières années en Allemagne avant de rentrer avec sa famille à Bruxelles en 1800. A l’âge de 18 ans, il épousa Rosalie de Grammont (1792-1823), nièce du marquis de La Fayette. Après le décès de son épouse qui, ‘repose en terre de France’, il s’intéressa davantage aux questions religieuses et politiques de son époque. C’est ainsi qu’en 1828 il signa, avec son père et son frère Henri, la pétition des catholiques et libéraux belges qui réclamèrent les libertés d’enseignement et de presse. En 1829, il commença à collaborer au journal le ‘Catholique des Pays-Bas’ (…) et défendit le catholicisme et la liberté face au régime absolutiste de Guillaume Ier. En 1830, il est rappelé à Bruxelles, lors du décès de son père et ce retour va lui permettre de vivre les événements de la Révolution belge (1).

Le gouvernement provisoire belge de 1830, par Charles Picqué Source L’Illustration nationale, 1880

Gravure reproduisant un tableau du Gouvernement provisoire de Belgique,
d’après le tableau réalisé en 1830 par Charles Picqué (2)

Le 24 septembre 1830, le comte Félix de Merode, Sylvain Vandeweyer et Alex. Gendebien, membres composant le Gouvernement provisoire, lancent l’Appel au PeupleAux armes ! Braves Belges. Les Hollandais ont osé attaquer Bruxelles : le peuple les a écrasés. De nouvelles troupes peuvent tenter une seconde attaque. Nous vous conjurons, au nom de la Patrie, de l’honneur et de la Liberté de voler au secours des Braves Bruxellois.

Comte Félix de Merode lithographie par Charles Baugniet

Comte Félix de Merode, Ministre d’Etat, membre de la Chambre des Représentants, lithographie par Charles Baugniet

En 1831, il épousa en seconde noces Philippine de Grammont, soeur de sa première épouse, fille de Théodule, marquis de Grammont, et de Rosalie de Noailles (3).

Félix de Merode fut l’homme qui, par son exemple, son intelligence, sa force de caractère, son courage, participa très activement et très efficacement à l’éclosion de notre pays. A nos yeux de Rixensartois, il reste par sa carrière d’homme d’Etat, le gentilhomme qui réinstalla effectivement son illustre famille à Rixensart, un lieu qu’il chérissait (4).

Détail Monument Comte Félix de Merode

Détail du Monument Comte Félix de Merode,
sis rue de l’Église à Rixensart

L’annonce de sa mort en 1857 causa une grande émotion dans le pays tant dans le monde officiel que dans celui des petits. Après les funérailles nationales durant lesquelles le peuple montra toute sa tristesse, le corps fut ramené à Rixensart par un train spécial tendu de noir (5).

La foule l’aperçut de loin, tant le convoi s’acheminait lentement. Il y avait d’abord le ‘remorqueur’ (ndlr. la locomotive) pavoisé de drapeaux tricolores et de drapeaux noirs. Suivaient douze voitures dont la première était une voiture funèbre tendue de draperies noires et blanches, parfaitement décorées pour la circonstance et surmontées d’une croix. Après avoir franchi la gare de La Hulpe, voici celle de Rixensart. Autour de cette dernière règne le silence. Et tandis que le train ramenant de Bruxelles la dépouille mortelle du comte de Merode entre en gare, la foule se recueille. Il est 10h30 en ce jeudi 12 février 1857. Dans le train ont pris place les plus importantes personnalités du royaume. Le comte a droit à des funérailles nationales. La Chambre des Représentants a même suspendu ses travaux. Elle assiste en corps aux funérailles. (…) Le train funèbre entre en gare et le clergé entonne le chant des morts. Le cortège s’apprête à traverser le village dont les chemins suivant l’usage sont jonchés de paille. La foule est considérable et recueillie nous apprend le ‘Journal de Bruxelles’. Partout sur le passage du convoi, les villageois se découvrent, partout, ils s’agenouillent. Et puis, c’est l’arrivée à l’église castrale. Elle est tendue de noir et ornée des armoiries des Merode. De nombreux cierges y brûlent. L’atmosphère est solennelle. Le corps du comte Félix repose désormais à Rixensart où pourtant il n’aurait jamais habité (6). 


→ CERCLE D’HISTOIRE DE RIXENSARTUn bicentenaire à Rixensart : Félix de Merode
→ MEUWISSEN Eric | Les Merode ou le syndrome de la peau de chagrin à Rixensart
→ RÉTRO RIXENSART Monument Comte Félix de Merode
→ OBJECTIF RIXENSARTMonument Comte Félix de Merode


(1) PINSON Colette, Rixensart et la Famille de Merode, Cercle d’Histoire de Rixensart, septembre 2005
(2) De gauche à droite : 
Alexandre Gendebien, André Jolly, Charles Rogier, Louis de Potter, Sylvain Van de Weyer, Feuillien de Coppin, Félix de Merode, Joseph Vander Linden, Emmanuel van der Linden d’Hooghvorst. Source : Musées Royaux des Beaux-Arts de Belgique (acquis en 1864)
(3) D’HOORE Baudouin (Archives Générales du Royaume I 571), Inventaire des archives de la famille de Merode Westerloo (I. Papiers personnels de la famille de Merode, p. 398, Bruxelles 2014
(4) MONET Vally (membre de l’Association des écrivains belges), Rixensart à travers les âges, in Les Ardennes brabançonnes, Cercle d’Education Populaire de Rixensart, 1959
(5) GILSON Paul, Un bicentenaire à Rixensart : Félix de Merode, in Rixensart Info 118 de février-mars 1991, p.23
(6) MEUWISSEN Eric, Les Merode ou le syndrome de la peau de chagrin à Rixensart, in www.ericmeuwissen.be

Monument Comte Félix de Merode

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Monument sobre et géométrique, érigé en 1930 au bout de la Drève du Château à Rixensart, coll. Jean-Claude Renier

Ce monument honore la mémoire du comte Félix de Merode (1791-1857), membre du gouvernement provisoire de 1830 et frère de Frédéric de Merode, héros de la Révolution belge mort à Malines en 1830. De style ‘Art déco’, la stèle a été réalisée en 1930 par l’architecte rixensartois Ad. Debecker (1), et inaugurée le 5 octobre 1930, précise Colette Pinson, présidente du Cercle d’Histoire de Rixensart (2). Selon Paul Gilson (3), en septembre 1930, pour la commémoration du centenaire de l’Indépendance, tous les élèves de l’Ecole Communale du Centre reçurent une cocarde tricolore et participèrent au défilé et à l’inauguration du monument.

On ne peut que se réjouir que la commune lui ait érigé un monument digne du grand rôle qu’il joua, écrit Vally Monet, membre de l’Association des écrivains belges dans ‘Rixensart à travers les âges’. 

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1936 | L’Eglise et le Monument du Comte Félix de Merode, coll. Francis Broche

Lorsque la Drève du Château devint publique, le monument fut déplacé pour occuper sa place actuelle (2), à l’intersection de la rue de l’Eglise et de la rue des Ecoles, face au château de Rixensart et à l’église Sainte-Croix.

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1953 coll. Jean-Claude Renier ↔ 2018 © Monique D’haeyere

Sur la stèle en pierre blanche est gravé un hommage au comte Félix de Merode (1) : « Comte Félix de Merode / Membre du Gouvernement Provisoire et du Congrès National en 1830 / Représentant de l’arrondissement de Nivelles de 1831 à 1857 (4) / Né à Maestricht le 13 avril 1791, Mort à Bruxelles le 6 février 1857 ».

Une des marches de l’escalier en pierre bleue porte la mention ‘Monument érigé par souscription publique’. La face antérieure du pilier de gauche affiche le nom de l’architecte ‘Ad. Debecker Arch. Rixensart’ tandis que la face latérale du pilier de droite affiche ‘F.J. Bouffioux Court-Saint-Etienne’ (probablement le nom du sculpteur ou de la firme qui a réalisé le monument)(1).

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Rue de l’Eglise, coll. Magguy Van Goethem

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2014 © Francis Broche

Une imposante stèle aux lignes géométriques, frappée d’un médaillon orné du profil comtal, domine les quelques marches d’accès (5). La base de la stèle est ornée d’une frise de cannelures réminiscences de l’art gréco-romain. Il est précédé de deux courts piliers de section carrée portant, à gauche, le blason de la maison de Merode et le nom du comte Félix de Merode et, à droite, le blason et le nom de sa seconde épouse, Philippine de Grammont (1).

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2017 © Eric de Séjournet

Situés à l’arrière du monument du Comte Félix de Merode, deux Hêtres pourpres (arbres remarquables) montent la garde (6).


→ OBJECTIF RIXENSART | Monument Comte Félix de Merode
→ ARBORESCENCE | 2 Hêtres pourpres, rue de l’Eglise


(1) MARDAGA Pierre, Le Patrimoine monumental de la Belgique, Bruxelles, Volume 1B, Pentagone E-M, 1993, p. 447
(2) PINSON Colette, Rixensart et la Famille de Merode, Cercle d’Histoire de Rixensart, septembre 2005
(3) GILSON Paul, Chronique d’une école 1840-1875-1925-2000, Rixensart, p11, mars 2000
(4) Selon Eric Meuwissen, « c’est une erreur. Il ne le fut que de 1833 à 1857. De 1831 à 1833, il fut bien député, mais de Bruxelles » (Le Soir, 26 février 1991).
(5) de GHELLINCK Bénédicte, Liste des biens repris dans l’Inventaire du Patrimoine Immobilier Culturel de la commune de Rixensart, Wallonie DGO Aménagement du territoire, Logement, Patrimoine et Energie
(6) ARBORESCENCE, association citoyenne

La Lasne pittoresque, rue du Moulin

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avant 1904 | Le Moulin

Assis sur la Lasne, à la limite entre Genval et le Bourgeois, le moulin de Genval est cité dès 1655 (1). Sur l’arrière-plan, on distingue l’église Saint-Sixte.

Vanne du Moulin de Genval, coll. Jean-Claude Renier
1912 | Phototypie Marcovici

Pittoresque à souhait, ce site inspira de nombreux peintres avant de retenir l’attention du photographe, artiste à sa façon (2).

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1906 | La vanne sur la Lasne est dénommée ici ‘Cascade de la Lasne’

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Chemin du Bourgeois

Ecluse du Moulin 1907 coll. Jean-Louis Lebrun

L’écluse au Moulin, coll Jean-Louis Lebrun

La Vallée de la ‘Lasnes’, coll. Francis Broche ↔ 2013 © Monique D’haeyere

Vues sur l’église Saint-Sixte de Genval et le pont sur la Lasne, rue du Moulin. Lasnes est orthographiée avec un ‘s’.

La Vallée de la ‘Lasnes’, coll. Jean-Claude Renier ↔ 2014 © Christian Petit

Vue sur l’ancien moulin de Genval, abritant actuellement une institution pour jeunes.

Moulin de Genval, coll. Paul Gilson (3)
Un coin de la Lasne, coll. Jean-Claude Renier

Paysage pris du moulin 1911 coll. Jean-Louis Lebrun

1911 | coll. Jean-Louis Lebrun

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1924 | coll. Francis Broche

2016 © Monique D’haeyere ↔ 2018 © Bruno Marchal (PCDN)

D’importants travaux de reméandrement de la Lasne furent réalisés durant l’été 2018 à la hauteur du pont de la rue du Moulin. Ce nouveau tracé facilite la libre circulation des poissons, permet un recul de la zone d’inondation et restaure le charme originel de la rivière. Une nouvelle passerelle piétonne fut également installée. Les travaux liés au déplacement de la rivière ont été réalisés par la Province du Brabant wallon et la passerelle a été financée par la commune (4).

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janvier 2019 | Diaporama du reméandrement de la Lasne © Bruno Marchal


→ OBJECTIF RIXENSART | La Lasne, rue du Moulin


(1) PINSON Colette et GHYSSENS Roger, Le patrimoine rural du Brabant wallon, in E.C.H.A.R.P. (Entente des Cercles d’Histoire et d’Archéologie du Roman Païs), Centre Culturel du Brabant wallon, Court-Saint-Etienne, 1996
(2) RENOY Georges, Genval, La Hulpe et les environs en cartes postales anciennes, Bibliothèque Européenne – Zaltbommel, Pays-Bas, 1972
(3) extrait de ‘Le Brabant en images’
(4) PCDN, Quand la Lasne change de lit …, 2018

La Perche couverte, de la construction au classement

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1925/1928 | Construction de la Perche couverte, coll. Cercle d’Histoire de Rixensart

L’histoire du tir à l’arc à Genval remonte à 1922. Auguste Lannoye, patron des Papeteries de Genval, eut l’idée de créer un site où ses travailleurs pourraient s’adonner à ce sport plutôt qu’aller dépenser leur salaire dans les nombreux bistrots des alentours. En 1925 débutèrent les travaux de construction d’une tour de 36 mètres de haut destinée au tir sur perche.

L’entre-deux guerres paraît bien avoir été la dernière période de gloire des sociétés de tireurs à la perche et c’est à cette époque que se construisent, de ci de la, des perches couvertes. En gros, cela consiste à entourer une perche d’une enveloppe suffisamment importante à la base que pour permettre à plusieurs tireurs de s’y regrouper, suffisamment haute que pour surmonter une perche de près de 30 m, suffisamment étanche que pour la mettre à l’abri des intempéries et suffisamment solide que pour ne pas s’écrouler au premier coup de vent. La Wallonie en connut quelques-unes, en Hainaut, en Tournaisis et, plus proches de nous, la perche couverte des ‘Trois Colonnes’, qui disparaîtra en 1945, et la perche ‘semi-ouverte’ à proximité de la gare de La Hulpe.

Genvaloise, la dernière perche couverte du Brabant wallon surplombe depuis 1928 le site des anciennes Papeteries. On y dispute encore des concours de tir à l’arc vertical. Dans tous les villages du Brabant wallon, avant guerre, on trouvait 2 ou 3 perches de tir à l’arc en plein air, rappella René Vandiest, secrétaire du Cercle des Archers de Rixensart-Sainte-Croix. Il suffisait d’un arbre planté dans le sol sur lequel se balançaient les ‘oiseaux’ (…). Les gens des Papeteries avaient leur équipe d’archers, et j’en faisais partie. On pouvait gagner alors des caisses entières de papier peint. À l’époque cela valait une fortune (1).

1925/1928 coll. Cercle d’Histoire de Rixensart ↔ 2015 © Monique D’haeyere

Genval Vue panoramique Maubroux Exclusivité Au Cyclamen 20 rue de Rosières Genval partie 1 originale c Christian Lannoye

entre 1927 et 1935 | Splendide vue panoramique de Genval

De gauche à droite : l’avenue des Combattants, la rue des Lilas et la villa d’Auguste Lannoye et son épouse Marie Stévenart, la Perche, l’avenue Gevaert et la rue de Rixensart.

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coll. Philippe Godin

Photo prise à partir du clocher de l’église de Maubroux. A gauche la Perche. A droite, la tour à charbon, qui alimentait les locomotives à vapeur assurant le transport des marchandises des Papeteries de Genval.

1948/1950 coll. Philippe Godin ↔ 2011 © Bruno Marchal

Vues panoramiques des Papeteries de Genval, prises depuis le clocher de l’église Saint-Pierre de Maubroux. Au centre de la photo, la rue de Rixensart et ses maisons. A droite, la Perche couverte.

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mai 1951 © Dominique Delbrassinne

Cette vue panoramique des Papeteries de Genval a été probablement prise à partir de l’avenue Gevaert. Au centre, on reconnaît la Perche. On distingue à l’horizon la rue de l’Institut et le château d’eau de Rixensart. A l’avant-plan, encaissé dans la rue du Vallon, le Collège Notre-Dame des Trois Vallées ne dévoile que ses toits.

1990 coll. Cercle d’Histoire de Rixensart ↔ 2015 © Monique D’haeyere

Vues depuis la Colline du Glain sur l’actuel rond-point Yvonne Londoz (Gailly), la rue de Rixensart et les avenues Albert Ier/Franklin Roosevelt.

1995  coll. CHR ↔ 2013 © Monique D’haeyere

Étrange bâtiment que cette grande tour grise qui surplombe encore aujourd’hui le site des anciennes Papeteries de Genval. Construite entre 1922 et 1928, elle leur appartenait jadis avant de devenir la propriété de la commune de Rixensart. Un peu tordue, pas vraiment d’équerre, elle fut élevée avec les moyens du bord : 6 colonnes de béton ceinturées de poutres en bois lui assurent pourtant une assise solide. Les plaques d’Eternit qui la recouvrent à l’extérieur lui donnent même des allures de bâtiment industriel (2).

Ayant subi les assauts du temps, la tour couverte – seule à subsister en activité encore en Wallonie, devait être remise en état.

avant 1998 coll. CHR ↔ 1999 coll. Hommes et Patrimoine

Devenue propriétaire du site, la Commune de Rixensart décida pour des raisons de sécurité et de préservation de patrimoine de la rénover avec l’aide de la Région wallonne. Coût des travaux : 124.000 euros.

Architecte, je me suis occupé en 1998, de la rénovation indispensable de la Perche couverte pour le compte du Service travaux de la commune. La vue à 34 m était à couper le souffle. Le club existe toujours et un petit musée est accessible sur place, écrivit Pierre Gheux en mai 2015.

1999 © Josette Verbois-Thonnard ↔ mai 2016 © Monique D’haeyere

Depuis le rond-point Yvonne Londoz, prises de vue de la ‘dernière double perche couverte en activité en Wallonie’. De 35 mètres de haut, elle sert aux entraînements du tir à l’arc sur perches verticales à 33 mètres (3).

2008 | vue depuis la rue Auguste Lannoye © Eric de Séjournet
février 2013 © Christian Petit

Cette tour abrite deux perches permettant la pratique du tir à l’arc ou tir à l’oiseau. Cette construction se situe à l’arrière d’une petite maison villageoise occupée par le local du ‘Cercle des Tireurs– Rixensart Sainte Croix’ et par le musée du Tir à l’Arc de Rixensart. La tour, de plan carré et haute de plus de 27 m, est entièrement bardée d’ardoise, écrit Bénédicte de Ghellinck en 2009 (4).

Le 30 janvier 2019, le Conseil communal de Rixensart décida d’émettre un avis favorable sur le classement, comme monument, de la perche couverte (tir à l’arc), sise rue Auguste Lannoye 32 à Genval, considérant hormis les critères de rareté, d’intégrité et d’authenticité :

– l’intérêt social du bien : la pratique du tir à la perche incarne une culture traditionnelle et populaire vieille de plusieurs siècles, et la perche couverte dont question constitue un témoignage de la pratique du tir à la perche, activité populaire apparue au Moyen Age et particulièrement florissante jusqu’au milieu du siècle dernier

– l’intérêt paysager de la perche couverte qui s’intègre particulièrement bien à l’environnement paysager urbain de Genval et qui constitue pour les habitants un point de repère haut de trente mètres


→ OBJECTIF RIXENSARTLa Perche
→ VISAGES DE RIXENSARTMusée du Tir à l’arc 


(1) WILLOT Isabelle, La perche couverte de Genval, in Le Soir, 18 août 1995
(2) Ibid.
(3) Chroniques CHR n° 26 – 2ème trimestre 1996, p17
(4) WALLONIE DGO Aménagement du territoire, Logement, Patrimoine et Energie, Liste des biens repris dans l’Inventaire du Patrimoine Immobilier Culturel de la commune de Rixensart
(5) Conseil communal de Rixensart, Projet de classement, comme monument, de la perche couverte (tir à l’arc) sise rue Auguste Lannoye 32 à 1332 Rixensart, 30 janvier 2019

Les sapinières à Rixensart

190130 une vue sur les sapinières 1931-1933 c jcr bou

1931 | Une vue sur les sapinières (Bois du Héron), coll. Jean-Claude Renier

Entre 1806 et 1829, plusieurs semis de sapins furent effectués dans tous les bois de Rixensart. C’est en 1815 qu’ils sont réalisés dans certaines coupes du Bois du Héron. Le plan cadastral de P. C. Popp (1855) fait la distinction entre bois et sapinière. C’est ainsi que nous découvrons qu’un tiers du Bois du Héron (1) comprend des conifères. 

Au début du XXe siècle, la ‘route provinciale’ (actuelles avenues Franklin Roosevelt, John Kennedy et de Villefranche) reliant Bruxelles à Villers-la-Ville coupa le bois en deux. C’est à partir de ce moment que le bois fut progressivement démantelé, quadrillé de rues et loti … (2).

Lucienne Van Neck partage ses souvenirs : En 1924, il y avait des emplacements couverts de bruyère en face du Bois du Héron (…). Dans le Bois du Héron, divisé en terrains à bâtir, on pouvait, suivant la saison, y cueillir des fleurs diverses, anémones, ficaires, chèvrefeuille, jacinthes, des muguets également (…). Toutes les bruyères ont disparu ainsi que les genêts. La ‘route provinçiale’ était seulemen tracée, le sol de sable, et bordée des buissons sauvages, de mûriers (…). Cette route menait vers une large étendue de bois, de sapinières près de la ferme Anspach. En juillet, nous allions également y cueillir des myrtilles. Dans les sapinières poussaient de merveilleux champignons qui nous servaient de modèle pour nos dessins ‘d’après nature’ (3).

1777 | Carte Ferraris (4)
1911 | Sapinières à Bourgeois (Grande Bruyère), coll. Anne-Marie Delvaux


(1) Ce qui est aujourd’hui devenu parc communal était en réalité la tête nord de l’ancien Bois du Héron, le vivier Monseigneur, ainsi que quelques anciennes prairies et terres arables.
(2) SCHOUTERS Marianne (Cercle d’Histoire de Rixensart), Le parc communal : hier et aujourd’hui, in Rixensart – lnfo 156 de décembre 1995, p. 18 et 19
(3) BRION Liliane, Le Bois du Héron, son histoire
(4) de FERRARIS Joseph (comte), Carte de Cabinet des Pays-Bas autrichiens et de la Principauté de Liège (échelle 1:20 000), 1777 (en ligne sur Bibliothèque Royale de Belgique et rééditée en 2017 par les Editions Lannoo)

 

Les Sapinières, avenue de Merode

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début XXe siècle | Villa Les Sapinières – coll. Francis Broche

… au temps où les facteurs effectuaient leur tournée à pied (1), … dans l’actuelle avenue de Merode.

début XXe ↔ janvier 2019 © Monique D’haeyere

avant 1929 | Villa Les Sapinières, coll. Francis Broche

A gauche, la ligne vicinale longe l’avenue de Merode et descend vers le ‘Fond du Bois’. Ne distinguant pas de trace de troisième rail, on peut estimer la photo d’avant 1929, car un troisième rail fut placé en 1929 pour l’acheminement de wagons au gabarit des chemins de fer (écartement 1.435m) de la gare de Rixensart (2) vers les Soieries de Maransart (3). Ce rail fut enlevé en 1931 suite à la faillite de la soierie en 1930.

avant 1929 ↔ 2011 Avenue de Merode © Monique D’haeyere
Villa ‘La Sapinière’, coll. Jean-Louis Lebrun ↔ 2011 © Francis Broche


(1) CLEP, Cinquantième anniversaire du Cercle Local d’Education Populaire 1938-1988
(2) STEVENS Paul, De Braine-l’Alleud à Wavre … du temps du vicinal, Editions PRO-TRAM asbl, 12/1998
(3) Cercle de Généalogie et d’Histoire de Lasne, SA Les Soieries de Maransart

L’avenue Gevaert touchée par un V1

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26 janvier 1945 | Imprimerie Delbrassine, touchée par un V1 (avenue Gevaert)
coll. Cercle d’Histoire de Rixensart

A 3 ½ h. du matin par un affreux temps de neige un V1 désemparé venant de la direction du Nord tombe avenue Gevaert à 200 mètres de l’église. Deux maisons sont entièrement détruites; beaucoup sont endommagées. A l’église le maître autel en marbre a été un peu ébranlé, les fenêtres des fonts baptismaux et des sacristies sont abîmées. Aucune personne n’a été tuée ni blessée (1).

Je me souviens, – j’étais un gamin de six ans, raconte Daniel Alost (2). A cet âge on apprend vite. Rien qu’au bruit des moteurs, on pouvait déjà identifier quels types d’avions ou bombardiers survolaient Genval. Ils faisaient l’aller-retour vers et de l’Allemagne. Dans la nuit du 25 au 26 janvier, nous n’avons pas fermé l’œil, car en plus des avions alliés, Genval était survolé par des V1, ces terribles bombes volantes qui terrifiaient la population. On écoutait attentivement le bruit caractéristique de ces engins, car tant qu’il ronronnait … Puis, cette nuit-là, j’ai entendu un V1 qui commençait à toussoter … puis le moteur s’est arrêté. Mon père nous a crié de sa chambre : « Tous sous les couvertures ! » En chutant, le V1 siffle … terrifiant … il est tombé avenue Gevaert à quelques dizaines de mètres de notre maison, avenue des Combattants. Puis il y eu le souffle … heureusement sans suite pour notre famille.


(1) TONNET Adrien (curé de Genval), dans sa Monographie de Genval,  p 73
(2) Membre du Cercle d’Histoire de Rixensart

Genval, origine du nom

190125 place communale genval 7.2009 © eric de séjournet-012 (1)juillet 2009 | Maison communale de Genval © Eric de Séjournet

En 1224, on retrouve le lieu dit Juseneval (wall. ‘juzaine’ ‘inférieur’, bas lat. jusana) et réfère à la vallée basse de la Lasne et de son affluent l’Argentine, qui forment en cet endroit des étangs (1).

L’étymologie provient, d’une part, du préfixe ‘Jusenne’ contracté en ‘Gen’ et signifiant ‘en bas’, d’autre part, du radical ‘val’. Le ‘val d’en bas’ désigne donc sans doute la vallée de la Lasne qui depuis des temps immémoriaux servit de limite entre Genval, Rixensart et Rosières (2).

Quant au comte Henry Carton de Wiart (3), il avance qu’une ancienne tradition situe dans le charmant vallon de Genval (vallée Geneviève) les principaux épisodes de l’histoire de la duchesse Geneviève de Brabant, qui nous est contée dès le XIIIe siècle dans la ‘Légende Dorée’ de Jacques de Voragine (4)(5). Lire l’extrait ci-après en (6).


(1) JESPERS Jean-Jacques – Dictionnaire des noms de lieux en Wallonie et à Bruxelles, Ed. Racine, Bruxelles 2005, p. 281
(2) Commune de Rixensart
(3) Henry Carton de Wiart, homme politique belge et écrivain (1869-1951)
(4) GHYSSENS Roger, Genval-les-Eaux de 1895 à 1935, Editions de la Page, 2003 (p. 200)
(5) de VORAGINE Jacques, Légende Dorée, XIIIe siècle
(6) EXTRAIT | Geneviève, épouse de Siegfried de Trêves, Duc de Brabant, vit son mari partir pour une Croisade. Le Duc, son mari, la confia, ainsi que son jeune enfant, à la garde de son Sénéchal, nommé Golo. Ce dernier, profitant de la longue absence de son maître, tenta de séduire la belle Duchesse. Celle-ci le repoussa indignée. Pour se venger, Golo envoya au Duc un message accusant la jeune épouse d’adultère. Aveuglé par la colère et par la confiance en Golo, le Duc condamna Geneviève à la peine de mort. Emmenée par ses bourreaux en Forêt de Soignes, ceux-ci eurent néanmoins pitié d’elle et de son enfant et, au lieu de la tuer, ils l’abandonnèrent au cœur de l’épaisse forêt. Guidés par une biche, Geneviève et son enfant trouvèrent un gîte au fond d’un vallon, près d’une source d’eau pure et vivifiante. Ils y vécurent de longues années. Un jour, le Duc, chassant dans la forêt, aperçut la biche et l’enfant et il les poursuivit. Il se retrouva alors face à Geneviève qu’il reconnut aussitôt. Des témoignages ayant déjà éveillé ses soupçons envers la traîtrise de Golo, il le fit pendre le jour même. Le Duc avait honte d’avoir été aussi injuste et cruel envers son épouse et son fils. Il les ramena en grande pompe au château, ainsi que la biche, et rendit hommage à la vertu de Geneviève.

Sergent aviateur Robert Huens, ‘le Teuton’ de la ‘Three-Five-O’

2a4ce-03-thumb-1Robert Huens (1919-1945)

Le Sergent aviateur Robert Huens fut abattu par la ‘Flak’ (défense antiaérienne allemande) à Heckhalenfeld, près de la frontière belge, le 23 janvier 1945. II avait 25 ans (1).

Fils d’Alphonse Huens-Materne, Robert naquit à Rixensart le 12 septembre 1919 et y habita rue de la Station 8. Il était déjà membre de l’Aéronautique Militaire belge avant le début de la Seconde Guerre mondiale. En effet, élève-pilote appartenant à la ‘78e Promotion 01.09.1938 à Wevelghem’, il obtint le brevet élémentaire le 15 mai 1939 et le 18 août de la même année, le brevet militaire. En septembre 1939, il fut affecté à la 6/3/2Aé. La 2Aé, c’est la chasse avec douze ‘Hurricanes’ et des moins modernes, les ‘Gladiators’ et les Fiat. Ses terrains se situent à Schaffen et à Nivelles (2).

Le 10 mai 1940, il fut envoyé du Zoute à Vissenaeken (3) et subit le 13 mai suivant le bombardement de Vissenaeken. Il se replia sur Moerbeke-Waes. Le 14 mai, il fut détaché en renfort au 3 Aé à Aeltre, et le 18 du même mois il partit en France rejoindre le 2Aé à Frejorgues (Montpellier).

On sait également que Robert Huens rejoignit la Grande-Bretagne et qu’il fut incorporé à la Royal Air Force (matricule RAF 1899804) le 29 juillet 1943. A partir du 7 août 1943, il suivit une formation de pilote de chasse au R.A.F. College de Cranwell. On le retrouva le 31 janvier 1944 à la 5 (Pilot) Advanced Flying Unit à Ternhill. Dès le 3 avril 1944, ‘Bob’ compléta son entraînement à la 53 Operational Training Unit, basée à Kirton-in-Lindsey. Le 12 juin 1944, il fut affecté au 350 ‘Belgian’ Squadron de la R.A.F., la célèbre escadrille belge sur Spitfire, qui opéra depuis Westhampnett dans le West-Sussex. Dès août 1944, de nombreux pilotes du ‘Three – Five – O’ se distinguèrent en détruisant également de nombreuses bombes volantes V1.

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Les pilotes du 350 ‘Belgian’ Squadron de la Royal Air Force et un Spitfire Mark XIV + ‘Bob le Teuton’

En décembre 1944, l’escadrille déménagea en Belgique et fournit des patrouilles offensives pendant la Bataille des Ardennes. Lors d’une mission de reconnaissance (‘armed recce’), ‘Bob’ Huens, surnommé ‘Le Teuton’ par ses collègues pilotes, fut abattu le 23 janvier 1945 sur Spitfire Mk XIV n° NH711 par la défense anti-aérienne allemande, près de Saint-Vith.

Selon Albert De Cock (4), il se trouvait au centre d’une formation de trois Spitfires, quand son appareil fut touché par la flak au cours d’une mission de mitraillage d’une colonne allemande en retraite. Robert Bladt (5), qui le suivait, pense qu’il a été tué sur le coup. Son avion s’abat à Heckhalenfeld, près de la frontière belge. La famille est avisée que ‘son appareil a été abattu et qu’on espère qu’il ne lui est arrivé d’autre malheur que d’être fait prisonnier’. L’Ambassade belge à Londres a été informée de la mort de Robert Huens, en vue de prévenir les proches, mais elle ne donne pas suite et la famille est laissée dans l’attente et l’incertitude. C’est le 28 février 1946 seulement que les siens seront officiellement avisés du ‘décès présumé’ de Robert. La certitude n’en sera acquise qu’en mai 1947 grâce à l’intervention à Londres du comte de Laurens, chez qui Robert avait séjourné à Castelnaudary en 1942, mais l’avis officiel du Ministère de la Défense Nationale ne parviendra à la famille que le 27 novembre 1948 ! Le père de Robert se rendit sur la tombe de son fils, à Heckhalenfeld, et la trouva entretenue et fleurie par la femme du Bourgmestre de l’endroit, une maman qui espèra qu’on en aura fait autant pour ses deux fils disparus sur le front de l’Est. Après que les Anglais eurent regroupés les corps de leurs soldats tombés en Allemagne, autorisation fut donnée de rapatrier Robert Huens en Belgique.

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Les funérailles religieuses et l’inhumation dans le caveau de famille à Rixensart eurent lieu le 18 avril 1949. Les honneurs militaires lui furent rendus par un détachement de la Force Aérienne belge (6).

Le 18 juin 1949, le Conseil communal de Rixensart décida de dénommer ‘Rue Aviateur Huens’ la partie de la rue de la Station comprise entre le pont du chemin de fer et la place Jefferys. Robert Huens était né au numéro 8 de la rue qui porte son nom » (5).


(1) BUFFIN Paul, Portrait des rues de l’ancienne commune de Rixensart, 1996
(2) LEVO Jean-Marie, Les sacrifiés du Canal Albert
(3) DILLIEN André, Promotions de pilotes militaires belges, Bruxelles, 2005-2010
(4) Robert Bladt, pilote de chasse et fondateur de la Patrouille des Diables Rouges, Rixensartois d’adoption
(5) DE COCK Albert, L’Adjudant-Aviateur Robert Huens, in Chroniques du Cercle d’Histoire de Rixensart, n° 19 d’août 1994, p. 3 à 5.
(6) légendes et sources iconographiques | photo 1 : Sergent aviateur Robert ‘Bob Le Teuton’Huens (album de feu Gaston Wardemer, propriétaire durant la guerre du restaurant belge ‘Chez Gaston’, à Londres / coll. André Bar – Musée Royal de l’Armée et d’Histoire Militaire de Bruxelles – Section Air et Espace) | photo 2 : Pilotes de la 350 ‘Belgian’ Squadron de la R.A.F. et un Spitfire Mark XIV (album de feu le Lieutenant-Général Aviateur e.r. Baron Michel ‘Mike’ Donnet D.F.C. / coll. André Bar – Musée Royal de l’Armée et d’Histoire Militaire de Bruxelles – Section Air et Espace) | photo 3 : Robert Huens, assis dans l’habitacle d’un Spitfire Mk V (album de feu Arthur Patiny / coll. André Bar – Musée Royal de l’Armée et d’Histoire Militaire de Bruxelles – Section Air et Espace) | photos 4 et 5 : cérémonies en la Maison communale de Rixensart et en l’église Sainte-Croix à Rixensart (coll. Cercle d’Histoire de Rixensart)
(7) cette notice de Rétro Rixensart a été rédigée avec l’aide de Mehdi Schneyders

Téléscopage sur la ligne vicinale, la boxe en deuil

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21 janvier 1942 | Deux trams de la ligne vicinale Waterloo-Wavre se télescopent entre Bourgeois et Renipont, coll. Cercle d’Histoire de Rixensart

Près de la rue de la Bassette, dans le virage de la voie du tram vicinal, un tragique accident se produisit début 1942 (1). Les signaux réglant le trafic sur la voie unique défaillirent et deux trams se trouvèrent face à face. Les avants des plates-formes se chevauchèrent. Deux passagers décédèrent dans la journée, d’autres furent blessés, un des conducteurs perdit une jambe. Les secours furent rendus difficiles par la neige en cet endroit peu accessible (2).

Le choc fut si important qu’un des wagons dérailla et se renversa dans le fossé, écrit le journal alostois De Volksstem le 24 janvier 1942 (3)(4). Les riverains portèrent rapidement secours aux passagers blessés. Entre-temps les médecins de la région furent alertés, ainsi que les hôpitaux bruxellois, qui dépêchèrent plusieurs auto-ambulances sur place. Dix-huit personnes furent gravement blessées et évacuées vers différents hôpitaux. Plusieurs d’entre elles seraient dans un état critique. Une douzaine d’autres voyageurs furent moins touchés, et reçurent les premiers soins sur place et furent ramenés chez eux. Parmi les blessés graves se trouvait le jeune boxeur, Albert Robbe, de Rixensart. Selon le journal, il succomba à ses blessures le soir même dans la clinique de la rue Jourdain, où il fut évacué souffrant d’une fracture du crâne et d’un bras arraché. Albert Robbe appartenait à nos jeunes espoirs en boxe poids lourds.

coll. Cercle d’Histoire de Rixensart

Albert Robbe, alias Lolo, naquit le 15 février 1916 et habita à Rixensart. En 1936, il s’aligna en boxe dans la catégorie des poids lourds aux Jeux Olympiques de Berlin. Il y fut battu le 11 août 1936 par le Hongrois Ferenc Nagy (4).

Les funérailles du boxeur rixensartois eurent lieu en l’église Sainte-Croix. Il fut inhumé à Rixensart (5).

Un journal francophone titre le 22 janvier 1942 ‘Deux tramways vicinaux se télescopent à Bourgeois-Rixensart’ et publie les noms des huit personnes gravement atteintes et hospitalisées à Bruxelles : MM. Verspeten, Omer; Bovenisty, Jean; Dellens, Pierre; Robbe, Albert; et Mme Delpierre, tous de Rixensart. En outre, M. Moeremans, Charles, sous-chef de station de et à Lasne; M. Valentin, Simon, et Mlle Roth, tous deux de Lasne.


(1) 7 janvier, selon Paul Buffin (2); 21 janvier, selon le Cercle d’Histoire de Rixensart. Qui plus est, les extraits de presse 
datent du 22 (pour la presse francophone) et du 24 (pour De Volksstem)
(2) BUFFIN Paul, Portrait des rues de l’ancienne commune de Rixensart, 1996
(3) DE VOLKSSTEM, Trambotsing te Rixensart, 24 janvier 1942, p. 2
(4) BOXREC, Albert Robbe
(5) PALLAS, Photos des funérailles d’Albert Robbe (« Frei gegeben durch Zensur »), 2 février 1942